RÔLE DES MOUCHES
Le rôle des mouches dans la propagation de certaines maladies infectieuses a été démontré depuis longtemps. Attirées par les déjections des typhoïsants, par leurs vomissements, l'urine, le sang, le pus, les latrines, les fumiers, etc., les mouches
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y prélèvent, avec leurs pattes et leur trompe, le bacille typhique, et peuvent le transporter ailleurs. Le bacille typhique vit dans l’intestin des mouches (Celli, Odlum). Celles-ci sont donc de véritables vectrices de germes. Elle s’imprègnent de microbes infectieux, même à une distance éloignée, ou dans les maisons voisines, et ainsi chargées d’éléments de contagion, viennent les apporter dans les cuisines, dans les cantines, sur les aliments, les fruits, les pâtisseries, le lait, sur les mains, le visage. Elles sont contagieuses non seulement par leurs pattes et leur trompe, mais encore et peut-être surtout par leurs excréments, car elles défèquent très souvent.
Le danger vient également de leur nombre, qui peut être extraordinaire, surtout dans la saison et les pays chauds. On a ainsi certainement l’explication au moins partielle de la prédominance de la fièvre typhoïde pendant l’été et pendant l’automne, qui sont les saisons propices à la multiplication des mouches, ainsi que dans les villes ou garnisons du Midi, en Algérie-Tunisie, au Maroc, dans tous les pays riverains de la mer Méditerranée, où les mouches pullulent si abondamment. C’est encore une raison expliquant pourquoi les habitations pauvres, où les soins de propreté et d’hygiène sont trop souvent absents, et qui servent de réceptacle à des myriades de mouches, sont, pendant l’été, des foyers fréquents de fièvre typhoïde.
Dans les camps, et surtout en temps de guerre, la contagion par les mouches, leur fréquence excessive et leurs dangers sont signalés par les médecins militaires pendant l’expédition de Tunisie, pendant la guerre turco-russe (Dobroslavine), pendant la guerre de Cuba, la guerre du Transwaal, la guerre russo-japonaise, pendant la guerre des alliés contre les enapires centraux. La « peste des mouches », ainsi que l’appelait un médecin américain, Sternberg, a contribué à la fréquence si grande des cas de fièvre typhoïde constatée dans la guerre hispano-américaine. Compagnes inséparables de l’homme et des animaux, les mouches sont un intermédiaire puissant et redoutable, un facteur de contagion de premier ordre.
Le médecin militaire anglais Odlum a publié, en 1908, la relation d’une très grave épidémie survenue au régiment de Highlanders, à Nasirabad. Les mesures usuelles ayant échoué, on procéda à l’extermination systématique des mouches. L’épi-
demie, qui avait cessé en juillet et août, reprit lorsque les mouches réapparurent. A ce moment, on chercha et on désinfecta les repaires des mouches, dans les feuillées en particulier, et « l’on n’observa plus un seul cas de fièvre typhoïde ».
On mentionnera pour mémoire le rôle des puces et des poux, qui a été invoqué quelquefois, mais n’a pas été démontré réellement. La rareté, relative du bacille dans le sang des typhoïsants ne permet pas de penser à l’importance ou même à la possibilité de ce mode d’infection active.
Blanchard, Weinberg, ont pensé que les vers intestinaux, les tænias et les trichocéphales, en ouvrant des ulcérations dans la muqueuse de l’intestin, peuvent favoriser la pénétration du bacille de la fièvre typhoïde.