‹ La Fièvre typhoïde et les paratyphoïdesChapitre 47 sur 53 · VACCINATION MIXTE · texte numérisé non relu

VACCINATION MIXTE

La nature de la vaccination doit être évidemment subordonnée à celle des maladies épidémiques que l’on a à combattre. Dans les épidémies où la fièvre typhoïde existe seule, on emploie le vaccin antityphoïdique.

La coexistence des fièvres paratyphoïdes dans une même agglomération exposée à la contagion doit avoir pour conséquence l’emploi d’un vaccin mixte, ou l’injection successive des

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■vaccins différents. Les deux méthodes ont été appliquées dans l’armée française avec des résultats semblables.

Castellani a vacciné à la fois contre la fièvre typhoïde et les paratyphoïdes, et aussi contre la dysenterie ou le choléra, un certain nombre de sujets, à l’aide de vaccins combinés.

C’est cependant soit le vaccin double, antiparatyphique A -4-B, soit le vaccin triple, antityphoïdique et antiparatyphique A + B, qui sont le plus communément employés. L’emploi du vaccin triple désigné sous le nom de vaccin T. A. B. (vaccin à l’éther) a été fait, pour la première fois, dans l’armée française, en 1910 et 1911.

C’est ce même vaccin mixte qui a été utilisé en 1911, lors de la première application officielle de la vaccination, au Maroc Oriental. 11 en a été envoyé en 1912 dans les sections d’infirmiers ainsi que dans plusieurs garnisons de la Métropole, à Casablanca et à Oudjda. Des vaccinations avec le vaccin triple ou T. A. B. ont été renouvelées au Maroc Oriental, en 1913 et 1914.

En 1914 et en 1915, le vaccin triple à l’éther a été également appliqué, en grand, sur plus de 100000 hommes parmi les troupes stationnées en Algérie par Ed. Sergent et L. Nègre. Son emploi s’est étendu davantage depuis que les statistiques ont signalé la fréquence relative des fièvres paratyphoïdes parmi les armées combattant sur le front, pendant la présente guerre.

Enfin, le même vaccin triple ou T. A. B., stérilisé par l’éther, et préparé à l’Institut de Milan, a été appliqué, en 1912 et en 1913 parmi les troupes italiennes combattant en Lybie et en Cyrénaïque, ainsi que dans la garnison de Brescia et à Careno (F. di Cavallerleone, Santoliquido).

Depuis l’année 1911, des essais successifs ont été faits dans l’armée française, avec des proportions variables de bacilles typhiques et de bacilles paratyphiques, afin de déterminer quelle est la composition optima du vaccin triple, c’est-à-dire celle qui donne le moins de réaction avec le maximum d’effets immunisants. 11 a été constaté que le mélange en proportion égale des trois antigènes typhoïdique et paratyphiques, détermine des réactions plus nombreuses. Le vaccin mixte utilisé dans l’armée française, contient, par centimètre cube, 500 millions de bacilles typhiques, plus 250 millions de chacun des paratyphiques A et B. Le titrage quantitatif des bacilles est fait au

Laboratoire de l’Armée, pour les divers vaccins T.,A-t-B ou T. A. B., à l’aide de l’opacimètre à radiations sélectionnées de Vies (*), préparateur à ce laboratoire. Cet appareil est exactement étalonné avec des émulsions de bacilles en suspension dans l’eau physiologique, et dont on a déterminé par la numération préalable, le titre en bacilles.

Le Laboratoire de l’Armée prépare également des vaccins antiparatyphiques A ou B, et des vaccins mixtes A -+-B, ayant une teneur microbienne de 500 millions pour les premiers et de 1000 millions (500 millions de chaque bacille), pour le second, c’est-à-dire le vaccin A-H B (®).

Outre le vaccin antityphoïdique simple, Chantemesse etWidal emploient aussi le vaccin triple chauffé (antityphoïdique et antiparatyphique A et B).

Le vaccin chauffé triple, antityphoïdique et antiparatyphique A -I- B, employé par Chantemesse et Widal, contient 1 milliard et demi de bacilles par centimètre cube. 11 en est fait 4 injections aux doses ci-après : 1 c. c., 1 c. c. 1/2, 2 c. c., 3 c. c. Quand les circonstances le demandent, on fait trois injections, 1 c. c. 1/4, 2 c. c., 2 c. c. 1/2.

La technique des injections de vaccin est, sauf la région choisie, la même pour tous les vaccinateurs. L’injection est faite sous la peau, non dans le muscle, soit au niveau de la région

(*) Le principe de cet appareil est le suivant. Deux circuits lumineux émanés de la même source, traversent l’un le vaccin à expertiser, l’autre un système affaiblisseur (système de polarisation) au moyen duquel on peut varier l’intensité du circuit. Les rayons traversent un écran coloré qui ne laisse passer que la lumière rouge-orangée (X 615). Les rayons constituant les deux circuits viennent former deux plages juxtaposées dans l’oculaire d’une même lunette. On établit, comme dans un photomètre, l’égalisation des deux portions du champ et on lit la graduation. Celle-ci, qui dépend du système affaiblisseur, indique, grâce à l’étalonnage préalable, le titre en bactéries du vaccin examiné. Cet appareil permet encore de déterminer quelle doit être la dilution à faire subir à une émulsion mère de bacilles, pour obtenir un vaccin ayant le titre bactérien de rm milliard par centimètre cube.

(’) Il importe de savoir que certains verres ont une réaction alcaline notable (0,010 à 0,018 par litre en NaOH). Le vaccin préparé ou conservé dans les récipients ou ampoules fabriquées avec ces verres, se bactériolyse et s’éclaircit beaucoup. Il n’en a pas moins une tenem’ bactérienne normale.

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sous-claviculaire, soit à la face externe de la région deltoidienne, soit, plus en arrière, dans la région sous-épineuse. Cette dernière a été choisie parce qu’elle est moins riche en fdets nerveux et en vaisseaux, le vaccin pouvant parfois pénétrer dans un vaisseau et donner lieu, dans ce cas, à une l’éaction fébrile presque immédiate.

Les injections doivent être opérées aseptiquement. On s’assurera toujours de l’étanchéité des ampoules, certaines ayant pu se fissurer pendant le transpoi’t.

Les sujets vaccinés doivent être en état de repos. La fatigue précédant ou suivant l’injection de vaccin est, en effet, une cause importante de fièvre post-vaccinale. Elle s’accompagne d’ailleurs, ellé-même, d’une température atteignant ou dépassant 38“, en dehors de toute vaccination. C’est pourquoi on a constaté que la vaccination des soldats sur le front pendant la guerre éveille parfois des réactions fébriles beaucoup plus nombreuses que dans la zone de l’arrière. C’est surtout chez les hommes revenus des tranchées qu’elles sont plus fortes. Après un repos de plusieurs jours, elles deviennent au contraire fort rares. Il est arrivé assez souvent que des militaires vaccinés ont dû se battre quelques heures après l’injection, sans incident spécial.

Dans certaines armées étrangères, les hommes vaccinés se couchent. Cette pratique diminue évidemment beaucoup la proportion des cas de fièvre vaccinale.

Une autre précaution importante consiste à faire prendre un repas léger (potage et thé) le jour de chaque injection. Les sujets qui mangent à l’excès peuvent avoir des vomissements et de la diarrhée, en un mot une véritable indigestion, qu’il est possible, par conséquent d’éviter.

Pendant la saison froide, on prendra des précautions pour éviter le refroidissement des soldats, à l’occasion des vaccinations. Dans ce but, on ne devra pas les faire déshabiller longtemps à l’avance et on les fera attendre dans une salle chauffée.

Chez les vaccinés qui présentent de la courbature et de la fièvre, l’aspirine à la dose de 50 centigrammes, amène rapidement la sédation de ces symptômes. Ce médicament, ainsi qu’on le sait, peut déterminer des éruptions cutanées, plus rarement des lipothymies, une anurie transitoire, chez certains

sujets prédisposés. Ne pas donner d’antipyrine qui provoque plus souvent ces accidents.

Les causes les plus habituelles de réaction fébrile consécutives à l’injection de vaccin sont les suivantes : 1° la fatigue ou le surmenage ; 2» l’alcoolisme aigu ; 5“ l’absorption d’un repas trop copieux ; 4° toute maladie aiguë concomitante, et certaines maladies chroniques, depuis l’angine, jusqu’à la fièvre typhoïde ou la fièvre paratyphoïde, le paludisme, la grippe, la tuberculose, etc. ; 5» enfin, mais non constamment, une fièvre typhoïde récente, méconnue ou avérée.

Il y a lieu d’insister sur la réaction qui se produit lorsqu’on vaccine des sujets qui sont soit en incubation de fièvre typhoïde ou paratyphoïde, soit au début de ces maladies, ou atteints de formes ambulatoires. La fièvre qui se manifeste alors est analogue à celle que produit l’injection de tuberculine aux tuberculeux, de malléine aux morveux. En temps de guerre, et alors que les maladies typhoïdes sont si communes chez les non vaccinés, il importe, par conséquent, de bien connaître cet ensemble de causes déterminantes de fièvre (*), afin d’écarter ou d’ajourner ces malades et de donner aux réactions observées leur véritable interprétation. Un grand nombre des réactions constatées dans la zone de l’avant sont dues à la vaccination de sujets en puissance de bacilles typhiques ou de bacilles paratyphiques. Il est à noter, d’ailleurs, que beaucoup de sujets vaccinés pendant la période d’incubation échappent, grâce aux injections, à la fièvre typhoïde ou paratyphoïde, l’immunité obtenue pouvant précéder la phase d’infection générale.

Des observations précises qui ont été faites pendant des épidémies très graves, telles que celles d’Avignon, de Tours, etc., ont montré que, lorsque la vaccination est opérée au début ou même au milieu de la période d’incubation, le sujet vacciné a beaucoup de chances pour échapper à la fièvre typhoïde.

(*) Certains médecins ayant constaté des fièvres vaccinales en période épidémique, ont eu l’idée de prendre la température des militaires à vacciner, avant de pratiquer les injections, pendant des épidémies de fièvre typhoïde, de paratyphoïde, de grippe ou de fièvre éruptive. Le thermomètre a permis de constater parfois qu'un grand nombre d’hommes avaient de la fièvre et étaient déjà atteints de l’une ou l’autre de ces maladies. (Médecin principal Rouget; médecin-major Tournade, etc.). Des constatations identiques ont été faites pendant les épidémies de p'ippe. On a là l’explication d’un grand nombre de réactions fébriles qui sont non déterminées mais accrues ou mises en évidence par le vaccin.

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En prenant et faisant appliquer l’ensemble des précautions, d’ailleurs fort simples, qui viennent d’être indiquées, on limite considérablement la proportion des réactions fébriles et autres observées chez les vaccinés.

En réalité, par conséquent, le nombre des contre-indications définitives à l’emploi de la vaccination est restreint. Dans cet exposé, qui vise exclusivement le côté pratique de la question, il est nécessaire de préciser ces contre-indications.

Les unes sont temporaires, les autres sont permanentes. Les premières n’ont qu’une importance secondaire, puisqu’elles ont pour résultat le simple ajournement de l’injection. 11 y a avantage, par conséquent, à faire un interrogatoire médical sommaire du sujet à vacciner et, s’il est souffrant ou fatigué, à le renvoyer à la semaine suivante. En procédant ainsi, on permet à l’indisposition ou à la maladie aiguë de disparaître ou de se déclarer d’une manière évidente. Cette simple précaution évite très souvent au médecin d’injecter un malade qui pourrait faire le jour même, une affection aiguë : pneumonie, méningite, fièvre éruptive, etc., à pronostic grave dont l’interprétation, ainsi qu’on l’a parfois constaté, s’éloigne par trop de la vérité. Elle réduit enfin, dans des proportions sensibles, la fréquence des cas de fièvres, par l’élimination provisoire des malades atteints d’affections légères : bronchite, angine, etc.

Les contre-indications permanentes sont les mêmes dans tous les pays et dans toutes les armées (Wright), savoir : les maladies organiques graves, la tuberculose, la pleurésie chronique, avec ou sans rétraction thoracique, l’artério-sclérose et 1 aortite, la myocardite, les endocardites non compensées, le diabète, la néphrite chronique avec signes d’insuffisance rénale, etc.

Le paludisme n’est nullement une contre-indication, exception faite pour les cas d’infection aiguë, d’anémie ou de cachexie palustres. En Algérie, en Tunisie, au Maroc, à Salonique, au Congo belge, où le paludisme est très fréquent, la vaccination est couramment appliquée à toutes les troupes. La seule précaution consiste à faire subir une cure de quinine aux hommes qui sont atteints de paludisme ancien, et à leur faire prendre 75 centigrammes ou 1 gramme de quinine la veille et le jour de chaque injection. L’expérience a montré la possibilité de

retours d’accès palustres, lorsqu’on néglige cette précaution.

La vaccination des syphilitiques ne comporte aucun inconvénient. Lorsqu’ils présentent des accidents en évolution, on attendra la guérison de ces accidents avant de faire la vaccination.

Dans certains cas on peut être embarrassé pour savoir si la vaccination doit être opérée, On pratiquera alors une injection d’essai d’un demi-centimètre cube avec le vaccin antityphoïdique ou le vaccin antiparatyphique, ou de 1 centimètre cube de vaccin T. A. B. On prendra la températre deux heures après et le lendemain matin. Si la réaction est forte, ne pas continuer ; ou bien vacciner à petites doses fractionnées. Cette injection d’essai rendra de grands services.

La vaccination des sujets délicats, mais ne présentant aucune lésion viscérale, est parfaitement possible. On constate fort souvent qu’ils supportent sans aucune réaction les injections de vaccin. On peut, au surplus, recourir à la méthode fractionnée et pratiquer des injections plus faibles et plus souvent répétées, de Oc. c. 75 par exemple, lorsqu’il n’y a pas urgence, le chiffre total des bacilles à injecter devant cependant être atteint.

De la même manière, on pourra vacciner les tuberculeux immobilisés, non ouverts, dont l’état général est satisfaisant, en prenant soin de les faire coucher le jour de chaque injection.

On a dit que la vaccination antityphoïdique prédisposait à la tuberculose, à la pleurésie. 11 ne paraît pas en être ainsi.

D’une part, la tuberculose est beaucoup plus rare chez les soldats en Algérie, où la fièvre typhoïde est fréquente, qu’en France où cette dernière maladie est beaucoup moins répandue. D’autre part, on ne constate pas un nombre plus élevé de cas de tuberculose aiguë ou chronique chez les militaires vaccinés que chez les non vaccinés. Cette observation a été faite souvent dans la guerre actuelle.

La vaccination contre la fièvre typhoïde ne crée aucune prédisposition aux fièvres paratyphoïdes, à la scarlatine, à la rougeole, à la méningite cérébro-spinale, etc.

Le bénéfice de la vaccination peut être assuré aux cardiaques compensés, en opérant dans les conditions précédentes, c'est-àdire à l’aide de petites doses plus nombreuses. Elle a, d’ailleurs,

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été pratiquée aussi avec les doses ordinaires (H. Vincent, Bardot et Ledoux-Lebard, etc.). Mais on ne devra pas la faire chez les malades atteints de lésions de l’orifice aortique, d’anévrismes, ni à ceux qui sont atteints d’œdème, de dyspnée, etc.

On ne doit pas vacciner les sujets atteints de myocardite. Cette affection sera recherchée chez ceux qui ont eu antérieurement une maladie infectieuse telle que la diphtérie, la pneumonie, la broncho-pneumonie, la fièvre typhoïde, etc.

Ces réserves faites, on peut estimer que le plus grand nombre des personnes peut être vacciné sans inconvénient.

L’âge même avancé n’est pas une contre-indication. Ce sont les maladies ou les lésions viscérales et artérielles qui peuvent s’opposer à la vaccination.

On a vacciné des sujets de 55 et de 60 ans, avant leur départ pour le Maroc. Sur le front, certains villages del’Argonne ayant été envahis par la fièvre typhoïde, on a vacciné les enfants et les habitants les plus jeunes. La fièvre typhoïde s’étant manifestée alors exclusivement chez les vieillards, la vaccination a été faite à ces derniers (60 à 70 ans) sans aucun incident particulier (Combe).

Ayant vacciné des albuminuriques et n’ayant constaté chez eux aucune aggravation de leur état, ni aucune fièvre, nous avons recommandé, au début de 1916, de vacciner les jeunes gens atteints d’albuminurie, lorsqu’ils ne présentent pas de symptômes d’insuffisance rénale. Faite dans un certain nombre de dépôts (Paris, Versailles, Issoudun, Périgueux, Libourne, etc.) la vaccination avec le vaccin triple ou T. A. B. a permis de constater que non seulement la fréquence de l’albuminurie n’a pas augmenté et même ne s’est pas maintenue, mais encore qu’elle a diminué dans la proportion de 80 pour 100 des cas, chez des jeunes gens ayant des quantités variables d’albumine (depuis des traces jusqu’à Oe',50, à 1 gramme d’albumine). Sur 141 albuminuriques ayant reçu quatre injections de vaccin T. A. B., l’examen de l’urine pratiqué huit à quinze jours après la dernière injection, par les médecins ou les pharmaciens des régiments, a montré la persistance de l’albuminurie seulement chez 21.

On voit, en conséquence, que le vaccin ,T. A. B. ou T. n’a aucune influence sur le rein normal. Certains sujets atteints d’hémoglobinurie paroxystique ont reçu les quatre injec-

tions (‘). Au Maroc, des prisonniers allemands ayant eu précédemment la fièvre bilieuse hémoglobinurique, ont été vaccinés sans inconvénient. On exclura cependant de la vaccination les sujets atteints de néphrite avec œdèmes ou symptômes d’insuffisance rénale, d’urémie, et ceux qui présentent des symptômes d’hypertension avec néphro-sclérose.

Widal et Méry ont vacciné des sujets hospitalisés albuminuriques, et n’ayant aucun des grands troubles fonctionnels du mal de Bright. Certains avaient eu des œdèmes, et l’un avait eu H grammes d’albuminurie dans les urines. Les vaccinations, avec le vaccin chauffé, ont été faites dans des conditions favorables, c’est-à-dire à l’hôpital, et chez des sujets souinis au repos complet, circonstances qui ne se présentent pas, il est vrai, dans la pratique militaire. La vaccination n’a pas fait revenir les œdèmes, ni une augmentation de la rétention azotée. L’un des malades eut un retour d’hématurie quatre jours après chacune des deux injections.

Widal et Méry concluent qu’il faut ajourner tout homme qui a des antécédents récents d’hématurie ou de néphrite aiguë, ou qui a plus d’un gramme d’albumine par litre, ou plus de 0,50 centigrammes d’urée par litre de sérum sanguin.

On a indiqué précédemment les doses de vaccin chauffé et de vaccin sensibilisé à employer. Les doses de vaccin à 1 éther, pour l'adulte, sont les suivants ;

1“ Vaccin T (antityphoïdique) :

1 centimètre cube.

1 centimètre cube et demi.

2 centimètres cubes

OU bien, si l’on pratique la vaccination réduite, à 2 injections :

Vaccination ( 1" injection.t centimètre cube.

réduite. ^2* — .2 centimètres cubes.

Chez les sujets moins vigoureux, les dernières doses seront plus faibles : 0 c.c. 75 pour la première, et 1 c.c. et demi pour la deuxième injection. Mais il va sans dire que l’immunité par {*) Cette affection a paru assez fréquente chez les jeunes soldats.

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vaccination réduite sera parallèlement plus faible et moins durable.

Certains médecins ont pratiqué, suivant le degré de robusticité des hommes, deux injections de vaccin T, la première de 1 c.c. 1/2, ou de 2 c.c.; la seconde de 2 c.c. ou de 3 c.c., sans constater de réactions anormales (Méd. major J. Louis) (*).

2° Vaccin antiparatyphique A + B :

1™ injection.1 centimètre cube et demi.

2' — .2 centimètres cubes.

S" — (facultative).1 Centimètre cube et demi.

5° Vaccin mixte triple, antityphoïdique et antiparatyphique A4-B {vaccin T. A. B.).

f l'“ injection.1 centimètre cube et demi.

Vaccination 12' — .2 centimètres cubes.

complète, y 3* — . i.2 centimètres cubes.

(4* — .2 centimètres cubes.

Si l’on pratique la vaccination re'duite, on fera les trois premières injections :

i t” injection.1 centimètre cube et demi.

2* — .2 centimètres cubes.

3“ — .2 centimètres cubes à

2 centim. cubes et demi.

La vaccination antityphoïdique et antiparatyphique, isolée ou mixte, peut être faite chez les femmes saines en état de grossesse et chez les enfants. On a vacciné des enfants âgés de 2 ans et même de 18 mois.

Les enfants supportent remarquablement bien les injections de vaccin.

Les doses de vaccin antityphoïdique, ou de vaccin mixte à employer sont les suivantes :

Enfant de 2 à 4 ans : le quart de celle de l’adulte ;

De 5 à 7 ans : le tiers de celle-ci ;

De 8 à 12 ans : la moitié de la dose de l’adulte ;

De 13 à 16 ans : les deux tiers de la dose de l’adulte.

(*) Par erreur, des militaires appartenant à une compagnie du front ont reçu, en une fois, 20 centimètres cubes du même vaccin, sans autre accident que des réactions fébriles nombreuses et fortes. Cette dernière pratique ne doit évidemment pas être un encouragement à l’imiter. Un exemple d'erreur analogue avait été publié antérieurement. Une jeune fille ayant reçu 20 centimètres cubes, et deux enfants 10 centimètres cubes, ont eu une réaction fébrile moyenne (38“,6), mais une forte douleur locale. (H. Vincent.)

Dr Vl^■CENT.

On tiendra compte, pour ces doses, de l’état de développement des enfants.

Chez l’enfant, on peut ne faire que trois injections (les trois premières) *.

Pratiquées daus les conditions normales et avec asepsie chez des sujets jeunes, sains et non fatigués, non atteints d’une maladie en incubation, légère ou grave, et conformément aux prescriptions habituelles (repos complet, pendant 24 heures, repas léger, abstinence d’alcool ou de boissons alcooliques) les injections de vaccin ne donnent lieu qu’à une proportion faible de réactions fébriles, qui est, en moyenne, de 1 à 2 pour 100 injections. La sensation de courbature, la céphalalgie, cèdent très rapidement à un ou deux cachets d’aspirine, à 0,50 centigrammes. Un sujet sur 400 ou 500 fait une température égale à 40“ ; encore n’est-ce nullement constant. 11 arrive enfin, environ une fois sur 30000 injections, qu’une partie du vaccin pénétrant dans un vaisseau, il y a absorption immédiate de ce vaccin, et il en résulte aussitôt des frissons, de la fièvre, de la céphalée et des vomissements. Le repos au lit, la potion de Rivière et, lorsque les vomissements ont cessé, l’aspirine à petites doses (0,15 à 0,20 centigrammes) tous les quarts d’heure, font tomber la fièvre et arrêtent ces symptômes.

Après expérience faite sur des millions d’individus, on peut estimer que la vaccination antityphoïdique est inoffensive (Bousquet, Ameuille et Brulé, Maurange, Chalchat, etc.).

Les accidents qui ont été signalés dans les armées de divers pays concernent, en réalité, des hommes atteints au moment ou peu après leur vaccination de maladies infectieuses aiguës ou chroniques à pronostic grave (méningite cérébro-spinale, pneumonie, broncho-pneumonie, péricardite suppurée, péritonite suppurée suite d’appendicite, myocardites chroniques, aortites chroniques, néphrite, pleurésies) qui n’ont aucun rapport avec la vaccination ou avec le vaccin.

Il faut savoir que des constatations nombreuses et identiques ont été faites, chez des militaires non vaccinés, et inscrits sur les

(!) Des enfants de 11-12 ans ont été vaccinés, pendant une épidémie, dans la zone des armées du Nord, par le D'' Pilod, avec le vaccin T. A. B., et ont reçu sans inconvénient les mêmes doses que l’adulte. Il en résulte qu’on pourrait, chez l’enfant de cet âge, augmenter les doses prescrites et ne faire que deux injections.

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•les

listes de vaccination ou sur le point d’être vaccinés. Il est advenu que ces hommes sont tombés tout à coup malades quelques jours avant ou même la veille ou quelques heures avant la date de leur vaccination et qu’ils ont succombé presque aussitôt. Les lésions constatées ont été également celles de la méningite, de la congestion pulmonaire, rénale, delà pneumonie, de la broncho-pneumonie, de la péritonite suppurée, delà néphrite aiguë ou chronique, etc. Douze fois sur 100, les lésions étaient insignifiantes, malgré l’intensité et la rapidité d’évolution des symptômes observés pendant la vie chez ces non vaccinés.

Ces faits montrent qu’il faut toujours, en présence de symptômes anormaux observés chez un vacciné, rechercher leur cause dans un état morbide ou infectieux concomitant, indépendant de la vaccination. On ne saurait trop se garder d’attribuer à celle-ci les maladies qui peuvent survenir pendant les huit, quinze ou vingt et un jours que demande la pratique de l’immunisation.

Les résultats préventifs, si efficaces, donnés par la vaccination antityphoidique, sont connus.

Dans l’armée et dans la marine française, dans les armées anglaise, italienne, japonaise, toutes les publications sont unanimes à faire ressortir la protection très remarquable assurée par les vaccins.il en a été de même pendant la guerre actuelle.

La vaccination antityphoïdique a été appliquée, à la suite des mémorables essais de A. E. Wright dans l’armée anglaise des Indes. L’armée allemande en a fait tardivement usage, en 1904-1907 à l’occasion de son expédition contre les Herreros. Pendant la guerre russo-japonaise, un certain nombre de vaccinations ont été opérées dans les formations sanitaires russes.

Aux États-Unis, la vaccination antityphoïdique est obligatoire dans l’armée et dans la marine, depuis le 28 août 1911.

Dans l’armée anglaise, avant la guerre, la vaccination antityphoïdique, quoique facultative, était appliquée à 90 pour 100 des soldats des Indes. La fièvre paratyphoïde s’y est manifestée par des cas peu nombreux. La fièvre typhoïde a diminué dans des proportions considérables.

Dans l’armée française, il a été dit que la vaccination triple avec le vaccin antityphoïdique et antiparatyphique A-I-B a été

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