‹ La Fièvre typhoïde et les paratyphoïdesChapitre 5 sur 53 · CABACTÈRES CLINIQUES DE LA FIÈVRE TYPHOÏDE · texte numérisé non relu

CABACTÈRES CLINIQUES DE LA FIÈVRE TYPHOÏDE

tain âge. Elles se traduisent par une baisse de température, du ballonnement du ventre, puis des vomissements porracés. La colite peut masquer le début de la fièvre typhoïde ou se manifester au cours de celle-ci. « Dans ce cas elle serait le plus souvent provoquée par les lavements d’eau bouillie, qui ne sont pas isotoniques, et qui provoquent l’issue de glaires et de membranes dans les selles. Il suffit, pour que tout rentre dans l’ordre, de donner des lavements mucilagineux. » (Hutinel.)

On peut noter au cours de la fièvre typhoïde de l’enfant des réactions méningées (méningisme de Dupré), des méningites suppurées, des pyélites, des pyélonéphrites, ces dernières survenant quand l’enfant a eu, antérieurement, une atteinte rénale.

L’albuminurie est fréquente.

L’aphasie a été signalée, passagère, sans surdité verbale.

Les périostoses, au niveau des tibias surtout, ne sont pas rares. Les otorrhées sont assez fréquentes, entraînant la surdité et souvent même la surdi-mutité chez les jeunes enfants qui désapprennent de parler.

Outre la desquamation de la peau et la chute des chéveux qui sont dus, à un trouble trophique de même nature, on peut observer, chez les jeunes enfants, des érythèmes faisant partie du syndrome malin lié à la gravité de l’infection, à l’atteinte du myocarde, à la faiblesse extrême du cœur et à une altération des capsules surrénales. On note alors des ulcérations et des fissures des lèvres, des ulcérations du pharynx, des ulcérations cutanées à streptocoques. Le malade est cyanosé, sa température subit une chute brusque, sa tension artérielle est abaissée, son ventre est rétracté, il est absolument déprimé (Hutinel, Loiseau). Ce sont là des formes graves, affectant parfois un caractère épidémique.

D’une façon générale, excepté pour les tout petits, la fièvre typhoïde chez l’enfant a cependant un pronostic plus bénin que chez l’adulte, bénin surtout vers l’âge de 10 ou 12 ans.

Fièvre typhoïde des personnes âgées. — Bien que la fièvre typhoïde soit rare au-dessus de 40 ans, on en trouve cependant d’assez nombreux exemples (61-70-75-86-90 et 100 ans dans un cas de Guéneau deMussy). Elle évolue alors de façon anormale et son pronostic revêt une extrême gravité, en

raison, sans doute, des lésions viscérales, cardiaques, rénales, pulmonaires, artérielles, qui accompagnent souvent la vieillesse. « Le début est ordinairement insidieux; la faiblesse et les tremblements sont souvent les symptômes dominants; le type de la fièvre est essentiellement adynaraique. Les taches rosées, le délire aigu et la diarrhée pressante sont rarement observés. La pyrexie est habituellement prolongée, mais la température, même dans, des cas mortels, est rarement aussi élevée que chez des personnes plus jeunes, et plus souvent tombe au-dessous de la normale » (Murchison). Ajoutons que les phénomènes pulmonaires jouent un grand rôle et interviennent fréquemment dans la terminaison fatale.

La convalescence est toujours traînante, interminable, avec troubles gastro-intestinaux, intellectuels, perte de mémoire souvent définitive ou troubles cardiaques se terminant assez fré- , quemment par le collapsus.

Fièvre typhoïde au cours de la grossesse. — Les femmes enceintes peuvent contracter la fièvre typhoïde. La grossesse, n’est pas, par elle-même, une condition d’aggravation de la fièvre typhoïde. Mais la maladie, en retentissant sur le fœtus, peut, une fois sur trois environ, déterminer l’avortement ou l’accouchement prématuré. Une grossesse avancée prédispose plus spécialement à l’avortement, mais celui-ci peut survenir à tous les moments de la grossesse, que la fièvre typhoïde soit grave ou bénigne. L’avortement se produit indifféremment à toutes les périodes de la maladie depuis le pi’emier septénaire jusque dans les premiers jours de la convalescence (Hutinel).

Dans la grande majorité des cas le fœtus est expulsé mort ; cependant quelquefois l’enfant est vivant et son sang présente des propriétés agglutinantes (Widal et Sicard). La mort du fœtus a été attribuée, bien que rien ne permette de l’affirmer, à des hémorragies profuses d’origine endométritique ou à l’hyperthermie.

La présence d’agglutinines spécifiques ou du bacille typhique lui-même dans le sang du fœtus expulsé (Chantemesse et îiVidal, Legry, Étienne, Marfan, etc.) ou dans les organes, conduit à penser que le fœtus peut succomber à l’action directe de l’infection que sa mère lui a transmise. L’examen bactériologique et l’ensemencement permettent, seuls, de l’affirmer.

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