ACTE DEUXIEJIE
Paris cette maudite goutte qui vous retenait à la campagne... Vous avez beaucoup souffert?
THÉODORE
Non!...
FRANÇOISE
Pourtant un accès qui dure trois mois...
THÉODORE
Je n'ai pas eu le moindre accès... Ce mal qui nous exilait n'avait qu'un but : te laisser t'implanter sans algarade... Le médecin m'a guéri le jour où je t'ai jugée sufflsamment forte, et tu l'es; j'en ai déjà la preuve.
FRANijOlSE.
Vraiment?
THÉODORE
Imagine-toi qu'un billet m'attendait à la maison; un billet de (juillerand.
FRANÇOISE
(Iiiilbn-and ! Le ministre de l'Intérieur?
THÉODORE
Lui-même. Il me priait de lui fixer un rendezvous dès mon aiaivée. Tu penses bien que cinq minutes après, il était avisé que je l'attendais...
FRANÇOISE
Il est venu?
Sans pcidre une minuit'. Ta tante s'est arrangée
5 s LA FIGURANTE
pour le leccvoir et lorsque j'ai été prévenu (pi'il m'attendait au salon, elle avait déjà eu le temps de conférer avec lui. Lorsque nous avons été seuls il m'a dit : Ma visite devient tout à fait superflue ; j'étais venu pour vous prier d'intervenir auprès de iM. de Uenneval cpii nous menace d'une grave interpellation sur le canal de Gascogne. Ma'lame de Monneville m'a très charitablement promis de mettre à lu raison cette mauvaise tète et je n'ai, par conséquent, plus rien à vous demander.
FRANÇOISE
Oh! mon oncle, que d'ennuis! Il faut que l'interpellation ait lieu ! Henri est h la veille de rem{>.)rter une grande victoire.
THÉO: ORE
J'ai répondu à Guillerand : « Mon cher ministre, l'influence de madame de Monneville est-elle précisément la meilleure à invoquer? Vous avez une femme, Renneval a une femme; pourquoi ces personnes d'esprit ne se rencontreraient-elles pas? Croyez-moi, c'est un conseil d'ami que je vous donne . » Pour le coup, Guillerand a compris qu'on ne se laisserait pas berner. En un clin d'œil son parti a été pris: Madame Guillerand viendra te voir cet aprèsmidi, sous couleur de te raconter je ne sais quelles balivernes, en réalité pour t'offrir la paix avec de belles indeumitésde guerre. Sois indulgente et douce, tu la tiens.
FRANÇOISE
Mais c'est peut-être le portefeuille des affaires