SCÈNE II
Les Mêmes, MARGUERITE.
MARGUERITE porte un pliant qu'elle déposé dans un coin, jette un livre sur
une table, et ôte son chapeau.
Que complotez-vous?
THÉRÈSE
D'empêcher papa de nous escorter à Dieppe... Nous désirons voler de nos propres ailes.
MARGUERITE
Grand Dieu, n*ôtes-vous pas assez libres?
THÉRÈSE
Il y a liberté et liberté.
Venez-nous en aide. Nous comptons sur votre influence.
MARGUERITE
Elle est nulle...
THÉRÈSE
la bonne blague!
MARGUERITE
Du moins, sous ce rapport.
ALICE
C'est dommage I... Ce serait si mignon de partir comme
trois sœurs, de loger sous la même clef, d'avoir les coudées franches.
MARGUERITE
Oh ! quant à cela, nous n'habitoDS jamais bien loin les unes des autres.
THÉRÈSE
Trop près ou trop loin, pas de milieu.
MARGUERITE
Plaît-il?
ALICE
Thérèse disait à l'instant que ce n'est pas la même chose d'aller seules avec vous, ou sous la surveillance de papa. Lui présent, vous prenez tout de suite dix ans de plus, et dame, nous aimons mieux vous traiter en camarade, que vous appeler notre ancienne.
MARGUERITE, riant.
Pour moi, je me résignerais à vous appeler mes anciennes; mais vous resterez mes cadettes, j'en ai peur.
Elle va pour sortir.
ALICE
Où allez- vous?
MARGUERITE
Faire la sieste. A plus tard...
£:iieion.
SCÈiNE III THÉRÈSE, ALICE.
THÉRÈSE, riant.
As-tu vu comme je lui ai fait dresser Toreille, à notre veuve inconsolée?