‹ La fille aux trois juponsChapitre 4 sur 24 · MADEMOISELLE GEORGETTE · texte numérisé non relu

MADEMOISELLE GEORGETTE

Dupont a été obligé de garder pendant huit jours la chambre. Il s'était logé dans un hôtel modeste de la rue de Seine. Pour passer ce temps, qui lui semblait long, notre provincial se tenait presque constamment contre sa fenêtre. Comme il logeait à un

troisième et que la maison qui sa trouvait en face de la sienne n'était pas haute, de sa croisée, Dupont voyait parfaitement chez une voisine, qui logeait en face dans les mansardes.

« Je n'ai pas eu de chance à Paris jusqu'à présent! se dit Dupont en se promenant lentement dans sa chambre, la tète entortillée de bandages. — J'ai fait ce que j'ai pu pour m'amuser... je n'y ai guère réussi; cependant, je dois constater que je dors moins... surtout depuis que j'ai reçu cette blessure à la tête!... Je n'irai plus au bal chercher des bonnes fortunes. Mais on va quelquefois chercher bien loin ce qu'on a tout près de soi!... car dans une de ces chambres mansardées en face, j'ai aperçu une jeune fille... fort gentille, ma foi ! et surtout fort bien faite... Je puis d'autant mieux en juger que je la vois dans un grand négligé, en camisole du matin et en petit jupon de futaine... autant que je puis en juger d'ici... Mais comme ce simple négligé est piquant!... Il permet d'admirer une taille bien prise, bien souple, et des hanches!... oh! comme cela est bien accusé!... Les belles formes!... il est impossible de ne point être amoureux de ces formes-là!.. »

Et Dupont, ouvrant sa croisée quoique le froid fût assez vif, s'y camne bravement et braque ses re-

gards sur la fenêtre de sa voisine. Cette fenêtre est fermée, mais les rideaux ne sont pas tirés, et il est facile d'apercevoir la jeune fille qui habite là, et qui alors est justement en train de se coiffer devant un petit miroir attaché à l'espagnolette de la croisée.

« Sa figure est drôlelte, se dit Dupont, des yeux bruns très-éveillés, un nez retroussé... de ces nez à la Roxelane...La bouche... hum ! la bouche n'est pas petite, mais elle est bien garnie... et puis elle sourit fort agréablement; au total, la figure n'a rien d'ex- ; aordinaire et je préfère la taille... Ah! bon, la voilà qui va et vient dans la chambre... toujours dans ce charmant costume, camisole blanche bien serrée à la taille, et ce petit jupon rayé qui se drape si bien sur ses formes arrondies... Je ne vois ni la jambe ni le pied, mais ce doit être admirable; une taille mince et bien prise annonce presque toujours une jambe bien faite... Décidément, je suis amoureux fou de celte taille-là ; il faut que je fasse con- -ance avec cette jeune fille... Elle a dû remarquer mon assiduité à la lorgner... Cela ne semble pas lui déplaire, son air n'a rien de farouche ; au contraire, il y a sur sa physionomie une expression de gaieté, même de malice... qui a l'air de vous encourager à faire sa connaissance. Ce doit être une ouvrière...

Dès que je sortirai, je m'en informerai chez le portier en face... Je sais comment on fait jaser ces gens-là. »

En attendant, Dupont, tout préoccupé de sa voisine, dort beaucoup moins et même passe quelquefois la nuit sans dormir. Ceci était déjà un progrès, et il se disait :

« Comme ma femme me trouvera changé quand je retournerai à Brives-la-Gaillarde!... J'ai seulement peur que là-bas l'envie de dormir ne me reprenne. »

Sa blessure étant guérie, Dupont peut débarrasser sa tête de tous les bandages qui l'entortillaient; il se hâte de quitter sa chambre, se rend dans la maison où demeure la jeune fille au jupon rayé, et entre chez le concierge, car, à Paris, les portiers sont tous devenus des concierges ; comme les boutiques sont devenues des magasins; les marchands de vin, des maisons de commerce; les coiffeurs, des salons où l'on rajeunit ; les épiciers, des entrepôts de denrées coloniales; les boulangers, des pâtissiers ; les marchands de confection, des tailleurs; les libraires, des cabinets de lecture; les cafés, des restaurants; les entreprises de bouillon, des traiteurs ; enfin, il n'est pas jusqu'à ces messieurs qui travaillent la nuit qui ne prennent le titre d'employés à la poudrette.

Dupont aborde le concierge de son air le plus ai-

niable, lui glisse dans la main son argument irrésistible. Le concierge, qui se trouve alors être une femme, et qui ne demande qu'à parler, s'empresse de quitter sa petite feuille illustrée à un sou, et répond à ce monsieur sans reprendre haleine :

— La jeune fille qui loge au troisième, la seconde fenêtre à gauche, se nomme Georgette ; c'est une brodeuse. Oh! mais, elle a beaucoup de talent; il paraît qu'elle brode comme une fée!... Elle a, je crois, vingt ans, elle n'est à Paris que depuis peu de temps. C'est une Lorraine; elle est fort gaie, cause volontiers, et cependant je la crois très-sage... Après cela je n'en mettrais pas ma main au feu!... il ne faut jamais mettre sa main au feu pour ces choseslà !... on se brûlerait trop souvent. Mais enfin, je ne vois point d'hommes venir chez mademoiselle Georgette. En connait-elle dehors?... C'est ce que je ne sais pas. Vous comprenez bien que quand cette jeune fille sort, je ne la suis pas. Mais, du reste, elle mène une conduite assez régulière, ne va pas au bal, quoique ce ne soit pas, je crois, l'envie qui lui en manque, car je lui ai entendu dire plusieurs fois : « Qu'on est heureux de pouvoir s'amuser!... Quand donc aurai-je vingt mille francs de rente!... » Mais quoiqu'elle ne les ait pas, elle n'en est pas plus triste,

car elle chante toujours; voilà tout ce que je puis vous dire sur son compte, vu que je n'en sais pas davantage.

Dupont se gratte le front en murmurant :

— Vingt mille francs de rente! Diable ! ce n'est pas moi qui les lui donnerai.

Puis il reprend :

— Et cette jeune fille est brodeuse ?

— Oui, monsieur.

— Dans quoi ?

— Comment, dans quoi ?

— Je veux dire : que brode-t-elle ?

— Dame ! des cols, des mouchoirs, des bonnets, tout ce qu'on veut lui faire broder.

— Alors je pourrais la prier de me broder quelque chose ?. . .

— Vous en avez le droit.

— Très-bien... Je monte chez mademoiselle Georgette.

— C'est au troisième, monsieur.

— Oh! je sais.

— Oui, mais il y a plusieurs portes ; c'est celle où il y a une brosse à dents qui sert de gland de sonnette.

— Je m'en souviendrai.

Tout en montant l'escalier, Dupont se dit :

« Que diable pourrais-je me faire broder?... Ah ! une cravate!... Je crois que ce n'est pas la mode, les hommes ne portent plus de cravates brodées... n'importe, je dirai que c'est la mode à Brives~la- Gaillarde; et puis, qu'importe à cette jeune, fille... pourvu qu'on lui procure de l'ouvrage ? »

Dupont est arrivé au troisième, où il y a plusieurs portes, mais il aperçoit la petite brosse à dents attachée au bout d'un cordon de sonnette et il va hardiment la tirer.

C'est mademoiselle Georgette qui ouvre ellemême sa porte et qui sourit d'un air malin en appercevant la personne qui vient la voir. La jeune fille est toujours en camisole blanche et en petit jupon de futaine; ce costume lui sied beaucoup; il fait, valoir tous ses avantages ; si nous l'osions, nous dirions que ce costume-là sied à toutes les femmes... ajoutons, cependant : pourvu qu'elles soient bien faites.

— Mademoiselle Georgette... brodeuse? dit Dupont on se donnant un certain air protecteur.

— C'est moi, monsieur.

— Mademoiselle... je venais. ..je serais bien aise... on m'a dit...

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■ — Entiez donc, monsieur, je ne reçois pas mes visites sur le carré.

Dupont ne demande pas mieux que de se rendre à cette invitation. Il pénètre dans une chambre qu'il n'avait encore entrevue que par sa fenêtre. Cette pièce est bien modestement meublée, mais il y règne une extrême propreté : le carreau est ciré et frotté ; les meubles n'ont point un grain de poussière ; le lit est bien fait et bien blanc, et tout cela fait déjà l'éloge de la personne qui l'habite. Démosthène, interrogé sur ce qui constituait l'orateur, répondit : l'élocution l'élocution, l'élocution. Un roi philosophe, questionné sur ce qui faittomber les remparts d'une ville, répondit : l'argent, l'argent, l'argent. Enfin Ninon, à qui l'on demandait ce qui fait la vraie parure des femmes, répondit : la propreté, la propreté, la propreté.

La jeune fille présente une chaise à Dupont; elle fait les honneurs de chez elle avec infiniment d'aisance et ne semble nullement intimidée devant ce monsieur. Alors, c'est lui, au contraire, qui, tout en voulant se donner de l'importance, devient extrêmement gauche et a beaucoup de peine à trouver ce qu'il veut dire, d'autant plus que mademoiselle Georgette semble attendre qu'il parle, d'un air où perce une grande envie de rire.

— Mademoiselle... je suis venu pour...

— Pour quelque chose, je le présume, monsieur.

— Oui, mademoiselle, on m'a dit... que vous brodiez...

— On ne vous a pas trompé. Vous avez quelque objet à faire broder?

— Oui... c'est-à-dire... Je ne sais pas si on porte des cravates brodées, à Paris?

— Non, monsieur, ce n'est plus la mode...

— Ah ! Et des manchettes ?

— Pas davantage...

— Et... des mouchoirs ?

■ — Pour les dames... oh! oui monsieur, on fait de fort belles broderies sur les mouchoirs...

— Ah ! très-bien ! On brode des mouchoirs !... Et Dupont, tout en causant, jetait fréquemment ses

regards sur les pieds de la jeune fille ; ces pieds étaient petits, mignons, bien cambrés ; la naissance de la jambe était très-fine et tout cela lui donnait des distractions; et il continue pendant quelque temps de murmurer :

— Ah ! on brode des mouchoirs !...

Et bientôt mademoiselle Georgette part d'un grand éclat de rire qui achève de déconcerter son visiteur, qui la regarde d'un air étonné, en disant :

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— Vous êtes très-gaie, à ce que je vois, mademoiselle.

— En effet, monsieur, je n'engendre pas la mélancolie.

— Et pourrait-on vous demander ce qui, en ce moment, provoque votre gaieté?

— Mais c'est vous, monsieur.

— Moi !... Ah! c'est moi qui vous fais rire?... Vous me trouvez donc bien drôle, mademoiselle?

— Drôle n'est pas le mot, monsieur... mais, franchement, peu adroit pour trouver un prétexte...

— Un prétexte comment? Je ne saisis

pas...

— C'est cependant assez facile à comprendre. Vous vouliez avoir un motif... une raison pour venir chez moi... car vous n'avez rien à faire broder.

— Qu'est-ce qui vous fait penser cela, mademoiselle?

— Est-ce que vous croyez que je ne vous reconnais pas, monsieur?

— Ah ! vous me reconnaissez ?

— Sans doute, vous demeurez dans le petit hôtel en face, d'où vous passiez votre temps à me lorgner... à me lancer des œillades...

— Ah ! vous avez remarqué cela ?

Ici Dupont se rengorge ; il est content d'avoir été remarqué, il en tire un augure favorable. La jeune brodeuse continue :

— Oui, monsieur, j'ai remarqué cela... A moins d'être aveugle, comment ne l'aurais-je pas vu?... Encore l'autre jour, vous vous êtes mis à la fenêtre; il faisait un froid horrible... aussi vous aviez le nez bleu ! J'avais bien envie de vous faire des grimaces ! ..

Ici Dupont se pince les lèvres et ne se rengorge plus.

— Je ne l'ai pas fait parce que j'ai présumé, en voyant votre tète entortillée, enveloppée... que vous étiez blessé ou malade... et il faut avoir pitié des gens qui souffrent; mais il parait que vous êtes guéri maintenant?...

— Oui; mademoiselle, je m'étais battu en duel... j'étais blessé à la tète.

— Ah ! vous vous battez en duel, monsieur? Et peut-on, sans être trop curieuse, vous demander quel était le motif de votre duel?

— C'était une dame... très-distinguée, avec laquelle je me trouvais, et qu'un quidam se permet-Lit de regarder... de trop près.

— Se battre pour une dame! C'est fort bien cela... et cela me fait pardonner vos œillades ; mais, entin,

monsieur, pourquoi êtes- vous venu chez moi, aujourd'hui?

— Puisque vous devinez tout si bien, mademoiselle, vous devez facilement vous en douter... Je vous ai aperçue de ma fenêtre... je vous ai trouvée charmante, et je désirais faire votre connaissance.

— A la bonne heure, voilà de la franchise ! Et dans quel but voulez-vous faire ma connaissance?... vous espérez peut-être faire de moi votre maîtresse?

— Mademoiselle... je ne dis pas cela...

— Non, mais vous le pensez ! Est-ce que ce n'est pas toujours là où veulent en venir les hommes, quand ils rencontrent une pauvre fille assez faible, assez sotte pour les croire? Mais je veux bien vous avertir qu'avec moi vous perdrez votre temps...

— En tout cas, mademoiselle, il est difficile de le perdre plus agréablement que dans votre compagnie!...

— Ceci est fort aimable. Mais, monsieur, je vous avouerai que j'aime beaucoup à connaître les personnes que je reçois. Or, monsieur, je ne vous connais pas...

— C'est juste, mademoiselle, c'est très-juste, il faut savoir à qui l'on a affaire.

Et Dupont, qui avait préparé d'avance sa petite

histoire, se redresse sur sa chaise et poursuit :

— - Mademoiselle, je suis... Américain ; j'étais dans le commerce, je l'ai quitté; j'ai une fortune suffisante pour être heureux; je suis veuf, sans enfant, par conséquent maître de faire tout ce qui me plaît

— Fort bien, monsieur. Et vous vous nommez?...

— Je me nomme... Dupont.

— Dupont, c'est un nom bien français, cela ; je croyais que les Américains avaient des noms un peu anglais...

— Cela dépend de leur origine... ma famille était française. Maintenant que vous savez qui je suis, me permettrez-vous, mademoiselle, de venir vous faire ma cour ?

— Je n'y vois pas d'inconvénient... pourvu que vous ne m'ayez pas menti ! Car, je vous en préviens, je déteste les menteurs.

Dupont s'incline en se grattant le nez, et reprend :

— Mademoiselle, vous avez désiré savoir qui j'étais, j'ai satisfait à vos désirs. De mon côté, me serait-il permis?...

— De savoir qui je suis?... Oh ! ce sera bientôt dit : vous savez déjà que je me nomme Georgette et que je suis brodeuse. Je suis née à Toul, une jolie ville de la Lorraine, aux environs de Nanr>y. Mes

parents n'étaient point riches; nous étions trois sœurs; je suis la plus jeune. Mes deux aînées vinrent à Paris dans l'espérance d'y devenir plus heureuses et de pouvoir faire alors du bien à nos parents... elles n'ont pas réussi... Pauvres sœurs!... Alors... elles sont retournées chez nous...

— Et vous êtes venue à Paris à votre tour. Je m'étonne que vos parents aient consenti à vous laisser partir... Ils devaient craindre que vous ne fussiez pas plus heureuse que vos sœurs!...

— Oh! mais, moi, j'ai voulu venir à Paris... je l'avais résolu... et quand je veux une chose, il faut qu'elle se fasse.

— Ceci annonce du caractère.

— Oui, monsieur, j'en ai, et beaucoup.

— Et depuis que vous êtes à Paris, vous y plaisezvous?

— Comme cela... pas trop!... Certainement, il va bien de quoi s'amuser à Paris, on peut y prendre tant de plaisirs!... Les spectacles, les bals, les promenades, les concerts, tout cela est charmant pour ceux qui peuvent se procurer ces agréments... Mais quand on reste dans sa chambre tout le long de la journée et que l'on passe sa soirée à travailler ou à lire, on ne jouit guère du séjour de Paris.

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— C'est fort juste. Mais qui vous empêche de connaître tous ces plaisirs qui vous font envie?

— Est-ce qu'une femme qui est seule peut aller courir les spectacles et les promenades?

— Non, sans doute ; mais vous n'avez pas dû mnnquer de cavaliers qui vous ont offert leur bras?

— En effet, mais je ne vais pas avec tout le monde, moi, monsieur; je n'accepte pas le bras du premier venu! Certainement, si j'avais voulu écouter tous ces jeunes gens qui ont déjà suivi mes pas... qui m'ont accablée de leurs sottes déclarations d'amour... amour qui leur avait pris tout de suite en me voyant passer dans la rue... oh ! les occasions ne m'auraient pas manqué!... Mais ce n'est pas cela que je veux!...

Dupont se caresse le menton, se disant en luimême :

— Elle est difficile... elle ne veut pas sortir avec un gamin!... Elle veut faire la connaissance d'un homme comme il faut... Toutes les chances sont en ma faveur.

Mademoiselle Georgette avait repris sa broderie, tout en regardant en dessous la figure que faisait son visiteur. Celui-ci regarde son ouvrage et s'écrie:

— Mademoiselle, vous brodez dans la perfection...

— Vous trouvez, monsieur. Est-ce que vous vous y connaissez?

— Oui, j'ai ma fe... j'ai ma sœurqui brodait aussi»

— Elle est en Amérique?

— Oui... elle y est restée.

— Moi, monsieur, il n'est pas étonnant que je sache broder assez bien, je suis d'un pays dont les broderies sont renommées. C'est à Nancy que l'on fait ce qu'il y a de mieux en ce genre.

— Et vous êtes de Nancy ?

— Non, mais Toul en est tout proche. Eh bien! décidément, faites-vous broder des mouchoirs?

Dupont se met à rire, puis répond :

— Ma foi ! non ; et puisque vous avez si bien deviné que je n'étais venu que dans l'espoir de faire votre connaissance... eh bien! mademoiselle, serai-je assez heureux pour que vous me permettiez de la cultiver... de revenir vous voir... et même de vous offrir quelquefois mon bras pour vous mener au spectacle ou à la promenade?

Mademoiselle Georgette réfléchit quelques instants, regarde encore Dupont, et lui dit :

— Vous ne m'avez pas menti dans tout ce que vous m'avez dit de votre position ? Vous êtes bien libre et veuf?

Et Dupont répond sans hésiter :

— ■ Non, mademoiselle... je ne vous ai pas menti!...

— En ce cas, monsieur, venez, me voir... je le veux bien.

— Ah! mademoiselle, vous me rendez le plus fortuné des hommes?

— Mais il ne faut pas faire vos visites trop longues... cela pourrait me compromettre.

Dupont se lève, salue la jeune brodeuse et s'éloigne en se disant ;

— Elle est à moi !... Ce sera peut-être plus long que je n'aurais voulu, mais ceci n'est plus qu'une question de temps. Elle est à moi!... et je n'ai plus du tout envie de dormir.

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