SCÈNE IV
Les Mi::MEs , SUIMIOCLE.
SOPHOCLE
Pour que le prisonnier ait les dieux plus propices. J'ai rouL;i leurs autels de nombreux sacrifices , Et , par l'amour enfin ramené près de vous , Je viens nous demander le saint titre d'époux.
MLGAMKE.
Que dites-vous , Sophocle ! Eh quoi , lorsque mon père , Captif , de l'avenir sans doute désespère ; (^)uand je subis , moi-même, ici, plus d'un danger , Sous les lois de l'hymen j'oserais me ranger 1
SOPHOCLE
Eh , ce sont les dangers , qu'avec vous j'appréhende , Qui me font de l'hymen avancer 'a demande î Vmanl , je ne puis rien [xnir défendre vos jours; Epoux , j'ac(juiers le droit d'être un vivant secours.
MÉCA.MHK.
flélasî ne parlons plus d'amour ni triiyménée. Sachons courber le front sous l'àpre destinée. Aini, NOUS le savez, Eschyle est dans les fers; Toute pitié s'émeut aux maux par lui soufferts. Eorsipie, dans sii prison , touché île mes alarmes , Il "icii! voir r»»rplje!ine assise dans les larmes;
Quand il me croit déjh voisine du tombeau ,
Irais-je de l'amour allumer le flambeau?
Non , non ; n'irritons point , dans le deuil où nous sommes ,
La colère des dieux. ... et la haine des hommes.
Ajournons des liens qui , noués maintenant ,
Hâteraient du captif le trépas imminent !
SOPHOCLE
Qu'ai-je entendu i comment un hymen qui s'opère Pourrait-il abréger les jours de votre père?
MÉGANIRE.
Oui , du cher prisonnier ce serait le trépas. Mais ici plus longtemps ne m'interrogez pas.
SOPHOCLE
Quels étranges discours me faites-vous entendre ! Ce mystère ! . . .
EURYNOME redescend la scène ; bas à Méganire.
Il est là.
MÉGANIRE à Sophocle.
Vous allez le comprendre.
On m'annonce le fils d'un pontife abhorré , Par qui , sous notre toit , le malheur est entré. Gardez que ce perfide , admis dans mon asile , Ne soupçonne l'honneur de la fille d'Eschyle. Cachez-vous à ses yeux
SOPHOCLE
Qu'osez- vous exiger!
Que je me cache , moi , comme un vil étranger ! Qu'à ce lâche insolent je cède ici la place !
MÉGANIRE.
Quand vous saurez pourquoi , j'obtiendrai votre grâce !
ACTKII. i:
.lo vous prie ;i Korioux !.. sous ce ride.iu pcrid.int l'.issez vite — et ^Midoz un silence prudi-nl. 0!i î (le {^Tilce !
( Sophocle passK tlemere le riileau '