‹ La fille d'EschyleChapitre 2 sur 36 · LE POÈTE · texte numérisé non relu

LE POÈTE

Esprit des anciens jours , chaste et pieux génie Qui fis du peuple grec la mère-nation ! Pour les siècles vieillis de doul(! et d'ironie . N'as-lu plus un écho de ta simple harmonie ? De ton tlambeau sacré n'as-tu plus un rayon?

De la tombe ou tu dors, troidc .Muse inhumée, l^aigne entendre nos voix et surgir à nos yeux , Telle que l'on te vit , jeune de renommée , Fouler de l'Ilyssus la rive parfumée , Va 1,'ravir la montagne où s'assemblaient les dieux.

Toi qui , penchée au bord d'une sauvage cime , Pleuras sur Promélhéc , autour du grand larcin , De l'immortel vautour immorlelle victime , Va fis monter vers lui , du gouffre maritime , Les nymphes dont le Ilot berce l'humide essaim !

Vierge qui maudissais le destin , dieu néfaste , Dieu qui parmi les dieux s'élève tout puissant , Alors que des douleurs tu déployais le faste, Et qu'emmené par toi , le roi , fils de Jocaste , Au chemin de l'exil versait des pleurs de sang ;

Toi qui , vers la l'orèt , loin d'un amour profane , Entraînais Hippolyte , austère enfant des rois , Quand, détournant ses yeux de la sœur d'Ariane Il reprenait son arc à l'autel de Diane , Et conduisait la meute aux lisières des bois ;

0 Muse! permets-nous d'admirer en silence

La candeur de ton front blanc comme un marbre pur ,

De tes longs cheveux noirs l'onduleuse abondance ,

Tes beaux pieds nus , ton pas rythmé comme une danse ,

Et les étoiles d'or de ta robe d'azur !

LA FILLE D'ESClIYLi:

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