LE POÈTE
Esprit des anciens jours , chaste et pieux génie Qui fis du peuple grec la mère-nation ! Pour les siècles vieillis de doul(! et d'ironie . N'as-lu plus un écho de ta simple harmonie ? De ton tlambeau sacré n'as-tu plus un rayon?
De la tombe ou tu dors, troidc .Muse inhumée, l^aigne entendre nos voix et surgir à nos yeux , Telle que l'on te vit , jeune de renommée , Fouler de l'Ilyssus la rive parfumée , Va 1,'ravir la montagne où s'assemblaient les dieux.
Toi qui , penchée au bord d'une sauvage cime , Pleuras sur Promélhéc , autour du grand larcin , De l'immortel vautour immorlelle victime , Va fis monter vers lui , du gouffre maritime , Les nymphes dont le Ilot berce l'humide essaim !
Vierge qui maudissais le destin , dieu néfaste , Dieu qui parmi les dieux s'élève tout puissant , Alors que des douleurs tu déployais le faste, Et qu'emmené par toi , le roi , fils de Jocaste , Au chemin de l'exil versait des pleurs de sang ;
Toi qui , vers la l'orèt , loin d'un amour profane , Entraînais Hippolyte , austère enfant des rois , Quand, détournant ses yeux de la sœur d'Ariane Il reprenait son arc à l'autel de Diane , Et conduisait la meute aux lisières des bois ;
0 Muse! permets-nous d'admirer en silence
La candeur de ton front blanc comme un marbre pur ,
De tes longs cheveux noirs l'onduleuse abondance ,
Tes beaux pieds nus , ton pas rythmé comme une danse ,
Et les étoiles d'or de ta robe d'azur !
LA FILLE D'ESClIYLi: