‹ La fille d'EschyleChapitre 27 sur 36 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les I\IEIMES , LSLniLE , ïl arrive sans voir les personnages en scène. ESCHYLE.

C'en est fait ! tu n'es plus , ô ma gloire effacée ! Soixante ans d'une vie à te grandir passée , Soixante ans de labeurs et d'austères ennuis , Prolongés , sans repos , sous la lampe des nuits ; Soixante ans de succès parvenus jusqu'au faîte , Tout s'est évanoui dans une heure de fête ; Tout a jonché le sol , comme un temple divin Qui tomba sous la foudre et que l'œil cherche en vain. Quel était , malheureux , ton rêve , ton délire , Lorsque sur un tombeau tu voulais faire écrire : — L'athlète qui dort là ne fut jamais vaincu. — Ah ! je le sentais bien que j'avais trop vécu !

me'ganire.

Vous l'entendez , Sophocle ! est-ce à tort que je pleure?

ESCHYLE , toujours absorbé.

Dieux qui m'avez trahi , j'ai trop vécu d'une heure. Pourquoi dérobiez-vous , dans un péril récent , A la main des bourreaux le front de l'innocent ! Que n'a-t-elle , à propos , fermé là mon histoire ! Ou plutôt , dans un jour doré ^ar la victoire , Au champ de Marathon que ne fus-je compté Parmi ceux qui sont morts en criant : — liberté ! Le ciel voyait ma gloire avec un œil d'envie : Le ciel n'a prolongé ma déplorable vie Que pour mieux avilir , à mes derniers instants , Un nom dont la splendeur l'offusqua trop longtemps.

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