ACTE i>i:ij\ii:mk
Vnr chkBtbrr ie U aMiM» d'E*«bjl«. Aa fonii , «m porto outertc ««r U tMtibuU. A nmehe é» «pccUtovr , «n riJMu •« foriM <!• lertlar*. CttaroaM^ •pprpilaes «ut mut*. C«ll« rlumbr* , d'an guàt i I4 foi* étrcmi «t «éT^r* , •«t orn^* i'êWt'tottu poétiqar* H niliUirr*.
S<:foSE IMlKMlklŒ.
NKiiAMRr. , assise.
i.nnU'/. , mes pleurs , IremiRv. U' >4>l il»' moii asile. ÏA} iiiallieur a foiidu sur la iiiais4)ii (rMscliyle. Mon iMTe, iiKTiiiiiné par un pivlre en courroux , Pleure sa litH»rté sous d'inicpies verroux. Pour apprendre s'il faut qut le eaplif périss** , J'ai, dès le jour nais-sant , rnvo)»'» ma nourrice. (^)uels bruits rei-ueillera cet humble messii^er !.. Les lenteurs du retour accusent le dan>;er. O mes larmes , coulez , loml)ez en pluie amèrc ! Était-ce donc trop |)eu (pie , funeste a ma mère , lie jour où je nacpiis , manpi«> d'ini triste sceau , Kùl fait de son cercueil l'ombre d»* mon b*'rceau ! Les dieux , aux piinls des^iuels vainement je m'incline, Enviaient-ils encore un i)ere à l'orpheline ,
o(^ LA FILLE D'ESCHYLE.
Et devaient-ils jeter , pour briser ma raison , La première à la tombe , et l'autre à la prison !
[Elle se lève. ) Ah ! mon âme , sans doute , a connu l'allégresse. Quand j'ai vu^, tant de fois , devant toute la Grèce , Eschyle , qu'aujourd'hui sa gloire en vain défend , Dérouler sur la scène un drame triomphant ! Assise au premier rang du muet auditoire , Je semblais partager l'éclat de sa victoire , Et chaque jeune fille , en me cherchant de l'œil , Enviait justement mon légitime orgueil. . . Et puis , quel doux plaisir je ressentais encore , Quand, sous cet humble toit qu'un si grand nom décore, L'homme illustre rentrait , et , s'asseyant ici , Modérait son regard , pour moi seule adouci ! Quel bonheur de toucher, d'essayer sur ma tète Les lauriers que pour moi rapportait le poète , Lauriers qui , suspendus en festons tout flétris , Partagent maintenant le deuil de nos lambris.
( Elle se rassied. ) Pour charmer les ennuis de la fille sans mère » Le soir , il déployait le volume d'Homère , Et, dans un saint respect , courbé comme en priant , Il relisait les vers du divin mendiant ! . , . O beaux jours disparus ! voilà que , solitaire , Je languis sans soutien, sans espoir sur la terre :
( Se levant rapidement. ) Sans espoir ! . . , Si pourtant j'allais voir Théoclès. . . Si , courant le chercher jusque dans son palais , J'allais dire au pontife , auteur de nos souffrances :
a<:tk II r>7
•« C'est L'M Noii-> t|iirj'ai mis nn'> ><iiif>. »•>).< r.i m. r^.. » () pn-tre! oinroz l'orville au cri d'un av.ur pUiiiitil ! •» PnHie , soyez clément , délivrez le taplif ! » Oui , je dois écouter lu voix ({ui me conseille. Tel lendi^main ne peut ce (pi'aurait pu la veille! Ilàloris-nous ! — .Mais d'un pis j'ai reconnu le bruit : .Ma nourrice revient ! Dieu.x ! le prêtre la suit 1
SCfciNE II.
.MKGAMRE, EUUYiNOMK , TIIKOCLKS.
Mi;r.A>niK , n Eunjnoinf.
\'A\ bien, rapportes-tu des nouvelles certaines?
ELRY;N0ME.
Hélas ! j'ai parcouru tous les quartiers d'Athènes , El , si des bruits publics j'ai bien com|)ris le sens , Je le dis à rej,Tet , les darjgers .sont pressants.
mm;%muk.
Dieux iumiortels ! ainsi toute es[)érance avorte !
Allant Lrrs Théuclès qui entre. ) Ah ! tant de vœux au ciel , si le vent les emjïorte , (]'esl à vous maintenant (pi'il faut donc recourir ! Prêlit' , ave/ vnusjiiré (ju'Eschyle doit mourir?
TIIKOCLIIS.
iMé^anire , écoutez : votre père est coupable.
Ce n'est pas sans raison que le ilestin l'accable :
lia, devant le peuple , en des chants indi.screts ,
Du culte d'Eleusis divuli^ué les .secrets ;
Et moi , de la diMJSse Inérophante austère ,
Moi , commis par les lois aux soins «lu j^rand mystère ,
J'ai dû , prompt à punir un acte audacieux ,
Venger sévèrement les intérêts des cieux.
Mais les dieux quelquefois sont cléments, et le prêtre ,
Instruit par leur exemple , aime toujours à l'être.
C'est toujours à regret que sa rigueur punit ,
Et son cœur ne fut pas taillé dans le granit.
MÉGAMRE.
Tout n'est donc pas perdu , si votre cœur m'écoute ! On peut sauver mon père! . . . .
THÉOCLÈS.
On le pourrait sans doute.
Tout combat contre nous ! l'honneur de mon emploi , La colère du peuple et celle de la loi. Sans habiles détours , sans adroites instances , On ne peut attendrir les rigides sentences; Sans péril contre moi , par moi-même excité , Je ne puis révoquer l'arrêt que j'ai dicté. Il faudra , je l'avoue , employer l'artifice. Mais, enfin, si mon zèle accepte cet office, Si l'amitié ramène Eschyle dans vos bras , N'aurai-je, à mes périls, sauvé que des ingrats? Le dévoûment , où va s'exposer ma puissance , Peut-être obtiendra bien quelque reconnaissance.
MÉGANIRE.
Oh , laissez-moi tomber à vos genoux amis , Car, mon père vivra ! vous me l'avez promis !
THÉOCLÈS la relevant.
Non , je n'ai point encor donné cette promesse. Il existe un secret qu'il faut que je connaisse.
ACTK 11 50
mk(;amrk.
l'i» bccrcl, diles-voiis ? <iui \Hiul le révéler .'
TllKO<:Lt..S.
Vous.
mk(;a!sihk.
Moi 1
riit'OCLks.
Vous-im^mc.
Mr.(;\MHK.
Eh bien, je suis prtHe a parler.
THKOCLÈS.
Mon lils vous est eonnu : la cité le renomme.
Vous savez que lon^l^^'ups , j,'rave et nol)le jeune homme ,
D'une llamme épurée il a brûlé pour vous ;
Vous suivez que son vœu fut d'être votre époux.
Ce choix devait llalter ror}j;ueil de votre race.
Maintenant, sans détour où l'esprit s'embarrasse,
Dites-moi quel motif a dicté follement
lin refus , où le père est blessé dans l'amant !
MKGAMRE , embarrassée .
lin refus!
IIIKOCLKS.
Oui , j'ai dit un refus , Méj;anire.
MK(;A.NniK , à iHtrt.
(^)ue réfjondre !
I iir.(M:Lt:s.
i'arle/.
mk<;amhk.
(^)ue pourrais-je vous «lire ".' Je NOUS écoute en Nain d'un es|)rit attentif.
J'ignorais ce refus, j'ignore le motif.
THÉ0CLÈ9.
Vous le savez trop bien , et , cherchant une ruse , ïl'ouvez-la plus adroite , afin qu'elle m'abuse. EURYNOME , à part. ( Elle se tient debout et immobile, sur le second plan, à droite. ) O Dieux , secourez-la dans ce pressant danger !
THÉOCLÈS
J'aurai peu de loisirs pour vous interroger.
MÉGANIRE.
En vain dans le passé ma mémoire se plonge.
THÉOCLIES.
Ne mentez pas , les dieux punissent le mensonge.
MÉGANIRE blessée.
Seigneur !
EURYNOME , à part.
De tant d'orgueil châtiment mérité , Que ne puis-je à son front jeter la vérité !
THÉOCLÈS.
A des retards moins longs ma bonté vous invite.
MÉGANIRE , toujours plus troublée.
J'ai répondu. . . .
THÉOCLÈS.
C'est bien : pour en finir plus vile , Je vais, en peu de mots , mettre en votre pouvoir Le salut de celui que vous voulez revoir : Mon fils Oromédon viendra, dans la journée , Vous demander lui-même un serment d'hyménée. Préparez-lui, madame, un souriant accueil. La iillc du captif doit abdiquer l'orgueiL
ACTK II. il
Il suffit do CCS mots, si vous daignez comprendre'. Adieu ! r.iutol in'ap[)elle.
ELUY.NOMK.
II osera s'y rendre !