ACTE I. - SCÈNE V
Ils m'arracheront d'ici, de votre
foyer (Dieu ne pardonne pas!),
de votre foyer bénit,
(Dieu pardonne tout, hormis ce péché!)
Je suis une dme baptisée.
A l'aide, à l'aide, par Saint Jean,
par Marie des Sept Douleurs,
par mon dme, par la vôtre!
Elle sera seule près du foyer. Toutes les autres femmes se seront réunies du côté opposé. Vienda se serrera contre le flanc de sa mère, et près d'elle sera sa marraine, Teodula di Cinzio. Aligi sera debout, hors du groupe des femmes, et il regardera, sans battre des paupières, appuyé sur son bâton. Tout à coup, Ornella se précipitera vers la porte, en fermera les battants, mettra la barre. Un murmure hostile courra parmi les parentes.
\h ! dis-moi comment tu t'appelles, que je puisse louer ton nom quand je m'en irai par les campagnes,
toi qui fus la première à la pitié,
toi qui es la plus jeunette !
Brisée, elle se laissera tomber sur la pierre du foyer; et, toute courbée sur elle-même, le visage presque entre les genoux, elle éclatera en sanglots. Mais les femmes demeureront serrées
à la façon d'un troupeau, défiantes. Seule Ornella fera un pas vers l'inconnue.
Anna di Bova, à voix basse.
Qui est-elle, ô Sainte Vierge ?
Maria Cora.
On entre donc ainsi, maintenant, che^ les gens qui ont la crainte du Seigneur ?
MÔNICA DELLA CoGNA.
Et toi, et toi, Candia, que dis-tu ?
La Cinerella.
Laisseras-tu la porte close ?
Anna di Bova.
A la dernière de tes filles est donc passée l'autorité ?
La Catalana delle Tre Bisacce.
Elle t'apporte le mauvais sort, cette chienne errante, à coup sur.
Felàvia Sèsara.
s-tu vu ? Elle est entrée au moment où la Cinerella répandait sur Vienda la poignée de grain;
et Aligi n'en a pas eu sa part.
Ornella fera un autre pas vers l'affligée. Favetta sortira du groupe et la suivra.