ACTE I. — SCÈNE V
MÔNICA.
Et nous ? Coynment sommes-nous restées ainsi
avec nos corbeilles sur la tète ?
Maria Cora.
Ce serait de très mauvais augure
si à présent nous voulions les enlever
de notre tête sans faire l'offrande.
Maria di Giave, étreignant l'épouse.
Ma fille ^ Saint Luc te garde et Saint Mathieu avec Saint Antoninl Cherche dans ton sein le scapulaire, dis-lui trois Ave et serre-le bien fort.
Splendore aussi sortira du groupe et suivra ses deux sœurs. Les trois jouvencelles se tiendront debout en face de l'inconnue qui restera courbée dans l'angoisse.
Ornella.
u es hors d'haleine, créature.
Tu es pleine de poussière et tu trembles.
Ne pleure plus : tu es sauvée.
Tu brûles de soif et tu bois tes pleurs! Veux-tu une gorgée d'eau et de vin ?
Veux-tu te rafraîchir la face?
Elle prendra un petit gobelet, puisera l'eau dans la cruche, versera le vin de la bouteille, les mélangera.
Favetta.
s-tu de ce pays ? Et d'où ?
Venais-tu de loin, de très loin ?
Et oîi allais-tu, créature, seule ainsi, à travers le monde ?
Splendore.
Peut-être as-tu quelque mal, pauvre femme ? Tu as fait un vœu de douleur.
Tu allais peut-être à ITncoronata ou à Santa Maria délia Poten^a ?
La Vierge t'accorde la grâce !
La femme relèvera peu à peu son visage caché encore par le mantel.
Ornella, lui offrant le cordial.
Bois, créature de Christ.
On entendra venir de l'aire un piétinement de