‹ La fille de ioroChapitre 20 sur 98 · ACTE I. — SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE I. — SCÈNE V

Ornella.

A une femme? Alle^ en paix,

moissonneurs de Norca. Cherche^

ailleurs. Moi, je retourne à mon métier :

car une course de navette

qu'on perd ne se regagne plus.

Dieu vous gard' de faire péché,

moissonneurs de Norca, et donne,

à vous, la force de moissonner

tout votre champ avant le soir,

et à moi pauvrette, d'ôter

la chaîne des lices.

Tout à coup, dans le haut, à la fenêtre grillée, on verra deux poings velus saisir les barreaux et la face bestiale d'un moissonneur apparaître.

Le moissonneur, hurlant.

chef, la femme est là !

Elle est dedans, elle est dedans ! La fillette

voulait 710US berner; elle voulait nous berner, la fillette!

La femme est là ! Oui, elle est là, là, dans le coin. Je la vois, je la vois. Et les époux y sont, y sont; et la parenté X est avec les corbeilles, tous réunis pour Voffrande du grain.

Ah ! chef, que de poulardes !

Le chœur des moissonneurs.

— Si la femme est là, ouvre^.

C'est honte à vous de lui prêter asile.

— Jete:{-la dehors, jete:{-la dehors, que nous lui donnions le vin doux.

— Vite, ouvre^ et livrez-la-nous.

— Livre!^-la. Nous la voulons.

— A la meule ! A la meule ! A la meule !

Ils heurteront et vociféreront. A l'intérieur, les femmes s'agiteront, épouvantées. L'inconnue restera là-bas, dans l'ombre, et paraîtra faire effort pour s'ensevelir dans la muraille.

Le chœur des parentes.

— Assiste-nous, Vierge sainte !

— C'est toi qui nous donnes cette vigile, ô saint Jean-Baptiste !

— C'est toi qui nous fais cette misère, et en ce moment, ô Décollé !

— As-tu perdu Vesprit, Candia ?

— O Candia, que fais-tu, qu'attends-tu?

— Es- tu hors de ton bon sens, Ornella ? et tes sœurs aussi ?

— Elle a toujours été quelque peu folle.

— Mais jete^-la donc, jete^-la donc à cette canaille enragée !

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