ACTE I. — SCÈNE V
Le moissonneur, accroché aux barreaux.
e plaît-il, berger, à tes épousailles, de garder che:; toi la brebis galeuse?
Crains qu'elle n'infecte ton troupeau et ne donne la contagion à ta femme.
O Candia délia Leonessa, sais-tu qui tu accueilles dans ta maison avec ta bru nouvelle ?
C'est la fille de Jorio, la fille du sorcier de Codra aile Famé, garce de haie et de bois, catin de f en il et d'étable, c'est Mila, entends-tu? Mila di Codra, la guenipe qui a servi de drapeau à toutes les meules.
Chaque bande la connaît.
Aujourd'hui est venu le tour des moissonneurs de Norca.
Jete:f-la dehors ^ jet e^- la dehors :
nous voulons la connaître!
Aligi, très pâle, s'avancera vers la malheureuse qui se pelotonnera dans l'ombre; et, arrachant le mantel, il lui découvrira le visage.
Mila di Codra.
on, non, ce nest pas vrai! Mensonge, mensonge ! Ne le croye:; pas, ne le croye^ pas, ce chien !
c'est soti vin, son vin maudit
qui lui regorge dans la bouche.
Si Dieu l'a entendu, puisse-t-il en sang noir lui convertir ce vin qui se caille et l'étouffé! Non, ce n'est pas vrai! C'est mensonge!
Les trois sœurs se boucheront les oreilles avec les paumes, quand le moissonneur recommencera ses invectives.
Le moissonneur.
catin, ils te connaissent,
ils te connaissent, les talus des fossés.
Sous toi mille fois, ô louve.
l'herbe foulée s'est roussie.
Tous les hommes t'ont jouée
à coups de faucille et de fourche.
Attends, Candi a, attends ton homme,
et tu vas voir. Il te revient avec un bandage^
tu sais! Ce matin, dans le champ
de Mispa, il s'est querellé
avec Rainero dell'Orno,
pour qui? pour la fille de Jorio!
Garde-la donc sous ton toit,
fais qu'il la trouve ici, ton homme,
et mets-les coucher ensemble.
Et vous, Aligi, Vienda di Giave,
donnez-lui, donnez-lui votre lit.
Et vous, les parentes, coînmères,
versez-lui le grain sur la tête.
Et nous, un peu plus tard.