ACTE L — SCKNE V
nous reviendrons avec la musique, nous reviendrons pour la cruchée î
Le moissonneur lâchera les barreaux et disparaîtra en sautant à terre, parmi les clameurs de la bande.
Le chœur des moissonneurs.
— Donne:ç-nous, donnez-nous la cruchée î C'est l'usage.
— La cruchée^ la cruchce! et la femme!
Aligi demeurera les yeux fixés à terre, tenant encore par le bord le mantel qu'il a enlevé.
MlLA.
nnocence, innocence de ces jeunes vierges, tu n'as pas entendu, nony tu n'as pas entendu Viniquité !
Ah ! dis-moi que tu nas pas entendu^
toi au moins, Ornella, toi
au moins qui voulais me sauver!
Anna di Bova.
Ne t'approche pas, Ornella. Veux-tu te perdre ? Elle est fille de sorcier et fait nuisance à tout le monde.
MlLA.
Elle s'approche parce que derrière moi elle voit pleurer l'Ange muet,
le Gardien de mon âme.
Aligi se tournera soudain vers elle et la regardera fixement.
Maria Cora.
Ah ! sacrilège, sacrilège !
La Cinerella.
Elle a blasphémé, elle a blasphémé contre l'Ange du Paradis !
Felàvia.
Elle profanera ton foyer, Candia, si tu ne la chasses pas.
Anna di Bova.
Dehors ! Dehors ! Il est temps. 0 Aligi, empoigne-la et jette-la aux chiens.
La Catalana.
Je te connais, Mi la di Codra
Dans ton pays les gens t'ont pour fléau.
Je te connais bien. C'est toi,
c'est toi qui as fait mourir
Giovanna Camètra et le fils
de Panfilo délie Marane;
et Afuso, tu Vas rendu fou,
et tu as donné le mauvais mal à Tillîira.
Et c'est de toi qu'est mort aussi ton père,