ACTE I. — SCÈNE V. 5i
à sanctifier les épousailles.
Tu vois les corbeilles du ^rain
et la fleur dans le pain bénit.
Toi, tu es entrée tout d'un coup,
nous apportant tracas et deuil.
L'offrande de la parenté,
tu l'as interrompue; et triste est le présage
que tu as jnis au cœur de tous;
et mes entrailles pleurent,
et mon âme pleure en dedans.
Le bon blé s'est fait baie vide!
Et l'on peut craindre encore pis.
Il y a donc nécessité que tu t'en ailles,
que tu t'en ailles avec Dieu qui certainement
t'aidera, si en lui tu mets ta confiance.
Créature, tout mal a sa cause.
La volonté de te sauver, nous l'avons eue.
Et maintenant, va-t'en de tes pieds lestes,
afin que nul d'entre nous ne te touche.
Mon fils va f ouvrir la porte.
La victime écoutera avec humilité, la tête basse, toute tremblante et blême. Aligi s'approchera de la porte et tendra l'oreille. Sur son visage se manifestera sa grande angoisse.
MlLA.
ère chrétienne, la terre, je la baiserai sous tes pas.
Et je te demande pardon, pardon,
avec mon âme dans la pauîne
de ma main, pour cette peine
que je t'apporte, moi misérable!
Mais ce n'est pas moi qui aicherché ta maison.
Tétais aveugle, aveugle d'épouvante.
Sur le chemin du salut je fus conduite
par le Seigneur qui voit,
afin que, près de ton foyer,
moi pourchassée, je trouvasse
la pitié qui sanctifie le jour.
Aie pitié, mère chrétienne,
aie pitié; et pour chaque grain
du blé qui est dans ces corbeilles
Dieu t'en rendra plus de mille.
La Catalana, à voix basse.
e V écoute pas! Celui qui V écoute se perd. Elle est l'Ennemie!
Je sais que son père, pour lui rendre
la voix douce, lui donnait la racine de la stcrpuse.
Anna di Bova.
Ne vois-tu pas comme Aligr
la couve d'un regard étrange?
Maria Cora.
Prends garde, prends garde qu'à lui ne s'attache la fièvre maligne, dont Dieu le préserve!