‹ La fille de ioroChapitre 25 sur 98 · ACTE I. — SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE I. — SCÈNE V

Felàvia.

N'as-tu pas entendu ce que le moissonneur racontait de La-^aro?

Mon ICA.

Resterons-nous jusqu'au vépre avec ces corbeilles sur la tête? Moi, je vais jeter la mienne à terre.

Candia observera son fils. Brusquement, une crainte et une colère l'assailliront; et elle criera d'une voix forte.

Candia.

a-fen, va-t'en, fille de sorcier! Va-fen aux chiens î Je ne veux pas de toi dans ma maison.

Aligi, ouvre la porte!

MlLA.

Mère d'Ornella, mère d' amour ^

Dieu pardonne tout; mais cela, non!

Si tu me foules aux pieds. Dieu te pardonne.

Si tu m'arraches les yeux et la langue,

si tu me coupes ces mains que tu crois

malfaisantes, Dieu te pardonne.

Si tu m'étrangles. Dieu te pardonne.

Si tu me casses les reins. Dieu te pardonne

encore.

Mais si maintenant (écoute, écoute la cloche qui sonne pour Saint-

Jean!) si maintenant tu prends

cette pauvre chair de douleur

qui fut baptisée en Jésus,

si tu la prends et la jettes sur l'aire,

sous les yeux de tes filles

immaculées, si tu la prends

et la jettes sur Faire à la curée,

si tu la livres au mauvais désir

des hommes, à V ordure et à la rage,

ô mère d'Ornella, mère

d'innocence, si tu fais cela,

si tu fais cela. Dieu te condamne!

La Catalana.

on, non, elle n'a pas eu le baptême.

Son père fut enseveli, non en terre sainte, mais sous un tas

de cailloux. Je l'atteste!

MlLA.

Le démon est derrière toi, femme,

et tu as la bouche noire de fraude.

La Catalana.

O Candia, Ventends-tu, l'entends-tu ?

Elle injurie, à présent! Tout à l'heure

elle te chassera de ta maison;

et il t'arrivera sans faute

ce que t'a dit le moissonneur.

Anna di Bova.

Vite, Aligiy traîne-la dehors!

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