ACTE I. — SCÈNE V
Felàvia.
N'as-tu pas entendu ce que le moissonneur racontait de La-^aro?
Mon ICA.
Resterons-nous jusqu'au vépre avec ces corbeilles sur la tête? Moi, je vais jeter la mienne à terre.
Candia observera son fils. Brusquement, une crainte et une colère l'assailliront; et elle criera d'une voix forte.
Candia.
a-fen, va-t'en, fille de sorcier! Va-fen aux chiens î Je ne veux pas de toi dans ma maison.
Aligi, ouvre la porte!
MlLA.
Mère d'Ornella, mère d' amour ^
Dieu pardonne tout; mais cela, non!
Si tu me foules aux pieds. Dieu te pardonne.
Si tu m'arraches les yeux et la langue,
si tu me coupes ces mains que tu crois
malfaisantes, Dieu te pardonne.
Si tu m'étrangles. Dieu te pardonne.
Si tu me casses les reins. Dieu te pardonne
encore.
Mais si maintenant (écoute, écoute la cloche qui sonne pour Saint-
Jean!) si maintenant tu prends
cette pauvre chair de douleur
qui fut baptisée en Jésus,
si tu la prends et la jettes sur l'aire,
sous les yeux de tes filles
immaculées, si tu la prends
et la jettes sur Faire à la curée,
si tu la livres au mauvais désir
des hommes, à V ordure et à la rage,
ô mère d'Ornella, mère
d'innocence, si tu fais cela,
si tu fais cela. Dieu te condamne!
La Catalana.
on, non, elle n'a pas eu le baptême.
Son père fut enseveli, non en terre sainte, mais sous un tas
de cailloux. Je l'atteste!
MlLA.
Le démon est derrière toi, femme,
et tu as la bouche noire de fraude.
La Catalana.
O Candia, Ventends-tu, l'entends-tu ?
Elle injurie, à présent! Tout à l'heure
elle te chassera de ta maison;
et il t'arrivera sans faute
ce que t'a dit le moissonneur.
Anna di Bova.
Vite, Aligiy traîne-la dehors!