‹ La fille de ioroChapitre 5 sur 98 · ACTE I. ^ SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I. ^ SCÈNE II

Puisse Christ te parler, et puisses-tu Ven-

tendre !

Avec un petit pain, la mère fera le signe de la croix sur le fils qui sera tombé à genoux devant elle.

Aligi.

' me suis couché et j'ai vu Christ en

rêve.

Christ m'a dit : <* N'aie pas peur. » Saint Jean m'a dit : a Aie confiance.

Tu ne mourras pas sans cierge. »

Il a dit : « Tu ne peux mourir de maie mort. » Et c^est vous qui m'ave^ donné mon sort, mère; cette vierge, vous l'ave^^ choisie pour votre fils ; et à votre maison bénie, mère y vous me l'ave^ conduite pour qu'elle mange avec moi dans l'écuelle, dorme avec moi sur l'oreiller.

Je paissais le troupeau dans la montagne; à la înontagne il me faut retourner.

La mère le touchera au front avec sa paume, comme pour en chasser une ombre funeste. Candia.

Lève-toi, mon fils. Tu parles d'une façon bien étrange!

Ta voix est changeante comme l'olivier sous le vent.

Le fils se lèvera, égaré.

i8 LA FILLE DE JORIO.

Aligi.

Et mon père, où est-il? Je ne le vois pas.

Candia.

7/ est à moissonner avec la bande,

à faire des javelles, par la grâce du Seigneur.

Aligi.

J'ai moissonné dans l'ombre de son corps

lorsque à peine ma tête lui arrivait au fianc.

La première fois, je me coupai la veine,

là ou est la marque. Avec des feuilles broyées

on étancha le sang qui coulait.

« Mon fils Aligi, me dit-il, mon fils Aligi,

laisse la faucille et prends le bâton du pâtre;

fais-toi berger et va sur la montagne. »

Et gardé fut son commaridement.

Candia.

on fils, quelle peine t'afflige ?

Le rêve incube est-il venu sur toi?

Ta parole est comme quand la nuit

tombe et qu'au bord du fossé un homme s'assoit et ne poursuit pas son chemin : car il connaît quUl ne peut arriver là ou est son cœur, quand la nuit tombe et que l'on n'entend pas

VAve.

Aligi.

A la montagne il me faut retourner.

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