‹ La fille de ioroChapitre 6 sur 98 · ACTE I. — SCÈNE IL ig · texte numérisé non relu

ACTE I. — SCÈNE IL ig

Mère, ou est le bâton du pâtre, qui, jour et nuit, sait les routes de l'herbe ? Je veux l'avoir, lorsque la parenté viendra, pour quelle voie comme je l'ai travaillé.

La mère ira prendre le bâton posé dans un coin, près du foyer.

Candia.

Tiens, mon fils. Regarde. Tes sœurs, pour la Saint-Jean, te Vont fleuri d'œillets rouges et de spicanards.

Aligi, montrant les figures entaillées.

ans le bois de cornouiller je les ai toujours avec moi, et à la main, mes trois sœurs, qui m'accompagnent sur les routes de l'herbe. Regarde^, mère : là sont trois jeunes vierges, et trois anges volent au-dessus d'elles, et trois étoiles comètes, et trois colombes; et pour chacune aussi j'ai fait une jleurette. Et cela est le soleil, et cela est la lune cornue, et cela est la planète, et cela est le Sacrement ; voilà le clocher de Saint-Biaise, voilà le fleuve et voilà ma maison.

Mais celle-là, debout sur le seuil, qui est-elle ?

Candia.

Aligi, pourquoi veux-tu me faire pleurer?

Aligi.

Et en bas, près du fer qui entre dans le sol, en bas sont les brebis et le berger, les brebis, le berger et la montagne.

A la montagne il me faut retourner, même si tu pleures, même si je pleure, mère.

Il s'appuiera des deux mains sur le bâton et penchera la tête, absorbé.

Candia.

Mais VEspérance, oît l'as-tu mise?

Aligi.

Je n'ai pu, mère, apprendre son visage

pour le portraiturer au vrai.

On entendra une sauvage clameur lointaine.]

Et qui donc, mère, crie si fort ?

Candia.

C'est la bande des moissonneurs qui aboie contre les passants.

Que Dieu les préserve de la folie du soleil, mon fils, et que le Baptiste les garde du sang !

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