SCÈNE CINQUIÈME
Anna Onna entrera clopin-clopant, appuyée sur sa béquille, avec son sac de simples pendu sur le ventre.
Anna Onna, essoufflée.
// l'a délivré, femme de la plaine,
il l'a délivré! De dedans
le corps du possédé il a chassé
les démons ! Cosma est un saint.
Le jeune homme a poussé un grand C7'i
de taureau et il est tombé tout d'un coup,
comme si sa poitrine
éclatait. Ne l'as-tu pas entendu
d'ici? Maintenant il dort sur l'herbe;
il dort profondément, et les pâtres
sont autour de lui à le regarder.
Viens, toi aussi, viens le voir.
Mais oîi es-tu ? Je ne t'avise guère.
MlLA.
Anna Onna, fais-moi dormir !
Bonne vieille, je te donne ce baqueton qui est plein de manger et de boire...
Anna Onna.
Qui était celle qui fuyait?
Est-ce qu'elle t'a dérobé ton cœur dans ta
poitrine, pour que tu l'appelles ainsi?
MlLA.
ieille, écoute. Je te donne ce baqueton plein, qui est là, posé à terre, si, pour me faire dormir, tume donnes
de ces graines noires que tu sais...
de jusquiame... Et puis va, mange et bois.
Anna Onna.
Je n'en ai plus, je n'en ai plus dans mon sac.