ACTE II. — SCÈNE VIII. 12g
Mais que regardes-tu par là ? Qu'est-ce que tu attends?
MlLA.
Je n'attends rien. Il ne vient personne.
Elle guettera, dans respérancede voir apparaître Ornella qui la sauverait. Elle essayera, en dissimulant et en gagnant du temps, de tromper cet homme.
Lazaro.
Tu es seule avec moi.
N'aie pas peur. T'es-tu décidée ?
MiLA, lentement.
J'y pense, Lazaro di Roio,
j'y pense, à ce que tu me promets...
J'y pense. Mais quelle est ma garantie?
Lazaro.
Ne t'écarte pas. Je tiendrai ce que je promets, te dis-je, si Dieu me favorise. Viens ici.
Mila.
Et Candia délia Leonessa ?
Lazaro.
Qu'elle bave une salive amère et qu'elle
en mouille le fil de chanvre et qu'elle torde.
j3o la fille de JORIO.
MlLA.
Et les U'ois filles que tu as dans ta maison, et ta bru ?lJe n'ai pas confiance.
Lazaro,
Viens ici. Ne t'écarte pas. Ici, écoute. J'ai vingt ducats cousus dans cette peau. Les veux-tu ?
Il palpera le bord de sa casaque de peau de chèvre. Puis il s'en dévêtira et la jettera aux pieds de la femme.
Tiens! Ne les entends-tu pas qui sonnent? Ce sont vitngt ducats d'argerit.
Je veux voir, d'abord; je veux d'abord
compter, Lazaro di Roio.
Je vais prendre les ciseaux et découdre.
Lazaro.
ais que regardes-tu ? Ah ! louve, tu es
sûrement à me préparer quelque traquenard, et tu crois que je me laisserai amuser.
Il l'assaillira pour la prendre. La femme lui échappera dans l'ombre et se réfugiera près du tronc de noyer.