SCÈNE PREMIÈRE
Le cadavre de Lazaro sera couché dans la maison, sur le sol nu, la tête appuyée à un fagot de sarments, selon la coutume. Et les Pleureuses seront autour de lui, agenouillées. L'une d'elles entonnera, les autres vociféreront en chœur; et, pour pousser la lamentation, elles se pencheront l'une vers l'autre, front contre front. Sous le porche, entre la charrue et la cuve, seront les femmes de la parenté, et aussi Splendore et Favetta. Plus loin, Vienda di Giave sera assise sur une pierre, avec l'aspect d'une mourante.
i36 LA FILLE DE JORIO.
assistée de sa mère et de sa marraine. Ornella sera seule sous l'arbre, le regard tourné vers le sentier. Toutes en deuil.
Le Chœur des pleureuses.
ésus-Christ, ô Jésus-Christ, ton divin cœur l'a pu souffrir !
De cette mort scélérate La^aro devait mourir!
On a vu de cime en cime tout le mont, soudain, pâlir.
On a vu le clair soleil sans nuage s'obscurcir.
Ah ! ah ! La^aro, La^aro, La^airo !
Ah ! quel pleur on pleure pour toi !
Requiem œternam dona ei, Domine.
Ornella.
/ vient! Il vient! On aperçoit l'étendard noir et la poussière.
0 mes sœurs, ô mes sœurs, pense^ .
à notre mère : qu'elle se prépare...
que son cœur n'éclate pas...
Il arrive. Là-bas, au détour de la route, l'étendard noir est apparu !
Splendore.
Marie de la Pitié, par ton Fils
mis en croix, toi seule tu peux le dire