‹ La fille de ioroChapitre 72 sur 98 · ACTE ni. — SCÈNE T · texte numérisé non relu

ACTE ni. — SCÈNE T

à la mère. Parle-lui donc intérieurement î

Quelques femmes sortiront du porche * pour

regarder.

Anna di Bova.

C'est le cyprès du champ de Fiumorbo,

Felàvia Sèsara.

C'est l'ombre du nuage à terre.

Ornella.

Ce n'est ni le cyprès ni l'ombre

du nuage, femmes. Je vois bien :

ni le cyprès, hélas, ni le nuage!

C'est l'étendard du Maléfice

qui l'accompagne. Il vient

pour l'adieu de mort,

pour avoir de sa mère la coupe

du réconfort et s'en aller vers Dieu,

Ah ! pourquoi ne mourons-nous pas toutes

avec lui ? Mes sœurs, rnes sœurs !

Les sœurs se tourneront vers la porte et regarderont.

Le Chœur des pleureuses.

\ieux valait, Jésus Seigneur, que cette maison périt! Ah ! trop grande est la douleur, Candia, qui te flétrit.

Sur la terre nue ton homme:

i38 LA FILLE DE JORIO.

V oreiller n'est pas permis!

Un fagot de sarment seul sous la tête on lui a mis !

Ah ! ah ! La^aro, La^aro, La^aro !

Ah ! quelle peine on peine pour toi !

Requiem œternam dona ei, Domine.

Splendore.

a, toi, Favetta; va et parle.

Va, toi; et touche-lui l'épaule, pour qu'elle sente et se retour ne. Assise sur la pierre du foyer, elle est là, les yeux fixes ; et elle ne bat point

des cils, et elle semble ne voir ni n'entendre, et elle semble n'être toute qu'une pierre. Vierge de miséricorde,

ne lui ôte pas sa raison, à la pauvre femme! Fais qu'elle nous regarde et que dans nos

yeux elle se reconnaisse, la pauvre femme!

Mais moi, je n'ai pas le courage de la toucher. Qui donc lui dira la parole ?

Va, ma sœur, et dis-lui : « Le voici qui vient. »

Favetta.

Moi non plus, je n'ai pas le courage. J'ai peur.

Je ne me rappelle pas comme elle était.

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