‹ La fille de ioroChapitre 78 sur 98 · SCENE IL · texte numérisé non relu

SCENE IL

Maria Cora.

Ahî elle dit les heures de la Passion,

Felàvia Ses ara.

Laisse\-la, laissez-la dire.

La Cinbrella.

Laisse!(-la : que son cœur se décharge.

MÔNICA DBLLA COGNA.

O Madone du Vendredi Saint, Aie pitié d'elle. Ora pro nobis.

Les femmes de la parenté s'agenouilleront, priant.

Candia.

Et voilà que la Mère se met en chemin ; au devant de son doux fils elle vient.

— O mère, mère, pourquoi es-tu venue?

Parmi ces Juifs il n'est point de salut.

— Je t'ai apporte une brasse de toile pour recouvrir ton pauvre corps si pâle.

— Ah! que ne m'as-tu apporté une gorgée d'eau !

— Mon fils, je ne connais ni route ni ruisseau;

mais, si ta tête peut vers moi se pencher, une goutte de lait je te vais donner; et, s'il ne sort pas de lait, je presse si fort que de mon sein ma viCy toute ma vie sort.

— O mère, mère, parle bas...

i5o LA FILLE DE JORIO.

Elle s'arrêtera quelques instants sur cette cadence; puis elle criera tout à coup, d'une voix désespérée :

MerCj mère, j'ai dormi sept cents ans,

sept cents ans, et j'arrive de loin.

De mon berceau je n'ai plus souvenance.

Frappée de son propre cri, elle regardera autour d'elle avec épouvante, comme si elle se réveillait en sursaut. Ses filles s'élanceront pour la soutenir. Les femmes se lèveront. On entendra, plus voisin, le roulement assourdi du tambour.

OHNELLA.

Ahï comme elle tremble, comme elle tremble

toute !

Elle s'évanouit; son âme succombe.

Depuis deux jours elle est à jeun, et elle

défaille.

Splendore.

Mère, qui parle en toi ? Qui entends-tu

parler en toi, dans tes entrailles ?

Favetta.

Prête-nous l'oreille, fais attention à nous, regarde-nous au visage. Nous sommes ici avec toi.

Femo di Nerfa, dans le fond.

Femmes, femmes, il approche avec la foule.

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