‹ La fille de ioroChapitre 8 sur 98 · ACTE I. — SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE I. — SCÈNE III

Favetta.

En pensant à celle qu'elle abandonnait.

Splendore.

O vous, prenez-la dans vos bras, Mère chérie, et console^-la.

Candia.

Ma bru, ma bru, j'ai signé avec ce pain le fils de mon sang; et voilà que je le brise, je le brise sur ta tète d'or.

Fais croître en abondance la maison, comme le bon levain qui toujours fait déborder la pâte hors de la huche. Apporte-moi paix et ne m'apporte pas guerre.

Les trois sœurs.

Ainsi soit-il ! Baisons la terre.

Elles s'inclineront, toucheront la terre avec leur main droite qu'elles porteront ensuite à leurs lèvres. Aligi sera prosterné comme un homme qui prie, à l'écart.

Candia.

bru chérie, pour ta maison nouvelle sois comme pour le fuseau le peson, comme pour l'écheveau le dévidoir, comme pour le métier la navette légère.

Les trois sœurs.

Ainsi soit-il ! Baisons la terre.

Gandia.

Ma bru, ma bru, Vienda, pour ton âme,

voilà que je te mets au milieu du pain bénit.

Les murs de la maison, les quatre coins,

— là le soleil en Dieu se levé et là il se

couche, là est la face du Midi et là celle du Septentrion, — le comble et la gouttière avec son nid, les landiers et les chaînes de la cheminée, je les appelle, et aussi le mortier qui pile le

sel blanc, et le coffret de buis qui le conserve, ô ma bru, je les appelle en témoignage : comme je t'ai mise au milieu du pain bénit, ainsi je te mets au milieu de mon cœur, pour cette vie et pour la vie éternelle.

Les trois sœurs.

Ainsi soit-il ! Baisons la terre.

La bru inclinera son visage en larmes sur le sein de sa belle-mère qui l'entourera de ses deux bras, tenant toujours dans chaque main les deux morceaux du pain. On entendra les cris des moissonneurs. Aligi tressaillira, et il se dirigera vers la porte. Les sœurs accourront.

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