ACTE I. -- SCÈNE III
Splendork.
Les moissonneurs sont Jous, par ce soleil
ardent.
Comme des chiens ils aboient aux passants.
' Favetta.
Jésus Seigneur^ c'est l'Enfer et son jeu l Dame Vipère se mord la queue.
Ornella.
! O Aligif es-tu dans ta mauvaise lune? Ou bien as-tu encore du sable dans lesyeux?
I Favetta.
! Tu la connais, la chanson revêche : ton pain ^ tu l'as mis dans la cruche, et ton vin dans la besace.
Splendore.
oici les femmes! Voici les femmes!
Elles arrivent!
Allons, allons, Vienda. Essuie tes larmes.
Mère, qtœ faites-vous? Elles arrivent. Laisser; votre bru.
Allons, tète d'or. Essuie tes larmes :
tu as trop pleuré, et tes beaux j-eux en souffrent.
Vienda essuiera son visage avec son tablier.
Puis, dans le tablier tenu par les coins, elle recevra de sa belle-mère le pain rompu.
Candia.
En aang et en lait tu dois me le rendre!
Et maintenant, viens. Assieds-toi sur l'escabeau.
Et toi aussi, Aligi. Viens. Réveille-toi.
L'un d'un coté, l'autre de l'autre. Asseyez-vous
ici, mes enfants, à la porte de votre chambre;
et qu'elle soit bien ouverte : car il faut qu'on aperçoive
le grand lit, si grand que, pour emplir
le sac, il m'a fallu, je vous assure, piller
toute une meule de paille; et il n'en est resté que l'âme,
la perche nue avec le pot au bout.
Elle et Splendore poseront deux petits escabeaux contre les chambranles, et elles feront asseoir dessus les époux qui, graves et immobiles, se regarderont. Ornella et Favella, sur le seuil de la porte extérieure, en plein soleil, seront aux aguets.