COMMENTAIRE
mariée sont le plus souvent de couleur verte. Cf. de Nino, I, 26, 29.
Page 14, ligne 16. A la Plaia il faut que j'aille. — La Plaia est une petite montagne à l'est d'Introdacqua. Les habitants du pays ont coutume d'y monter pour la Saint-Jean; les caravanes se mettent en marche vers minuit, et, lorsque le soleil se lève, les plus favorise's voient apparaître à l'intérieur du disque le chef du Baptiste, tout ruisselant de sang. Dans la région de Sulmona, c'est au Monte Vergine qu'ils vont en troupe, la tête couronnée de roses et la taille ceinte de briones, pour contempler le spectacle miraculeux. Cf. de Nino, I, i; Finamore, i63- 164; ArchiviOy IX, 3bg.
Page i5, ligne 9. Candia. — Ce nom est imi diminutif de Candida.
Page 18, ligne 8. Lorsque à peine ma tête au flanc lui arrivait. — C'est à sept ou huit ans que les enfants des pâtres commencent l'apprentissage du métier paternel; et, lorsqu'ils redescendent pour la première fois au village, la coutume est que tous leurs parents et aussi leurs parrains et leurs marraines leur fas«ent cadeau d'une poule. Cf. de Nino, II, i3i.
Page 18, ligne 10. Avec des feuilles broyées. — Les feuilles que l'on broie pour arrêter le sang des blessures sont celles de 1' « erba mora »
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(morelle noire?) et de la ronce. Cf. de Nino, V,
Page 18, ligne i3. Le bâton du pâtre. — C'est un long bâton à crosse, presque toujours orné de figures que les pâtres sculptent pendant les longs loisirs de la solitude dans la montagne. Cf. A. de Nino, II, i32.
Page 21, ligne 9. Le roc ou est imprimé le pied de Samson. — Aux environs de Torricella Peligna, près d'une petite église dédiée à la Madone des Roses, il y a dans la montagne un roc qui porte une empreinte faite par le pied de Samson; et, sur le versant opposé, il y a un autre roc où l'autre pied a laissé sa marque. En juin, on va là en grand pèlerinage et, pour s'y rendre, les hommes, les femmes et les enfants, ont la tête couronnée de roses et de baies rosées. Cf. de Nino, II, 217'; et Triomphe de la Mort, 263.
Page 21, ligne 19. Tes sœurs ont tendu la ceinture. — Ce singulier usage existe encore dans quelques lieux, notamment à Péntima. Lorsque le cortège des parents arrive à la nouvelle demeure de la mariée, il trouve la porte barrée par un ruban ou par une ceinture de couleur, et contre cette faible barrière sont appuyés un hoyau et une quenouille, augures de postérité masculine et féminine. Alors le cortège s'arrête, et les gens de la maison ne le
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laissent entrer qu'après paiement d'un droit de péage. Cf. de Nino, II, i5. — En d'autres lieux, notamment dans les environs de Penne, l'usage est inverse : c'est aux époux que l'on barre le chemin de leur maison par des rubans tendus en travers, et on ne leur livre passage qu'après avoir reçu d'eux quelque présent. Cf. de Nino, I, 154.
Page 21, ligne 22. Le jeu du droit sillon. — A Sora, le jour de la Sainte-Marie, les jeunes laboureurs, ayant chacun leurs bœufs sous le joug, rivalisent à qui tracera le sillon le plus droit depuis le sommet de la colline jusqu'au fond de la vallée. Un jury proclame le vainqueur et lui remet le prix de la victoire. Ce prix est toujours un objet d'utilité et d'ornement, par exemple une ceinture, un chapeau neuf, etc. Cf. de Nino, I, 108-109.
Page 23, ligne 7. Aïa bru, ma bru, j'ai signé avec ce pain. — A Pratola Peligna et en beaucoup d'autres lieux, la belle-mère reçoit sa bru selon le rite décrit par le poète; et, après qu'elle lui a touché le front, la poitrine et les épaules avec le pain rompu, elle dit : « Puissions-nous nous aimer comme chrétiens et non comme chiens et chats! » Cf. de Nino, I, 3j; II, 10; de Gubernatis, Usi nu\iali in Italia, 196.
Page 24, ligne 16. Je les appelle en témoignage. — Les objets pris ainsi à témoin sont
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ceux qui, dans la maison, possèdent une mystérieuse vertu surnaturelle : la chaîne du foyer qui, jetée dans la rue, apaise l'orage; le mortier avec son pilon qui, placé sur la fenêtre, fait revenir le pigeon fugitif; le sel qui, pendu dans un sachet au cou de l'enfant, le préserve du vampire; les gonds qui ont été bénits pour arrêter les maléfices de la sorcière, etc. Cf. de^Nino, I, 20, 144; II, 128.
Page 25, ligne 2. Les moissonneurs sont fous. — Par droit coutumier, il est permis aux moissonneurs d' « aboyer » contre les passants, c'est-à-dire de leur adresser toutes les injures qu'ils veulent; et c'est ce que l'on appelle <* faire l'ameutement », fare Vincanata. Cf. deNino, II, iSô-iSy. — Sur les usages rituels de la moisson, voir Triomphe de la Mort ^ 362-365.
Page 25, ligne 16. Voici les femmes, voici les femmes ! — Un peu avant l'heure du repas nuptial, toutes les femmes de la proche parenté se réunissent chez la mère de l'épouse, d'où elles partent ensuite à la file, ayant chacune sur la tête une corbeille de grain garnie de rubans et surmontée d'un pain et d'une fleur; c'est la mère qui ferme la marche. Lorsqu'elles sont entrées dans la maison de l'épouse, elles enlèvent de leur tête la corbeille qu'elles gardent à la main, s'approchent de la jeune femme et lui répandent une poignée de grain sur la tête en disant : « Ceci est le pain que t'envoient Dieu
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«t la Madone. Puissiez-vous devenir vieux ensemble! » Ces rustiques présents de mariage se nomment donora. Dans certains lieux, la mère offre une poule noire, symbole de fe'condité. Cf. de Nino, I, 84-85, 143; II, 12. — Sur l'antique origine des souhaits de fécondité symbolisés par le grain , par la poule, etc., cf. de Gubernatis, Usi nu:^iali, 174.
Page 38, ligne 9. L'Incoronata, Santa-Maria délia Potem^a. — Deux sanctuaires célèbres, sur la Majella. Cf. de Nino, I, 87.
Page 41, ligne 16. Sabbat soit pour les sorcières. — Les gens du peuple ne nomment pas volontiers les sorcières; mais, lorsqu'ils sont obligés de les nommer ou lorsqu'ils les entendent nommer, ils ont soin de dire : Sabato 5/a, Sipiore ! » parce que, le samedi jour duSabbar, les sorcières ne peuvent rôder dans le pays. Cf. de Nino, II, laS.
Page 46, ligne 26. Et vous^ les parentes, commères. — Le compérage et le commérage se contractent de maintes façons, si bien que, dans un groupe d'hommes ou de femmes, ce titre s'applique toujours proprement à de nombreuses personnes. Outre les compères et les commères de baptême, de confirmation et de matiage, il y a ceux qui se sont liés par la promenade faite trois fois autour de l'autel, par le bouquet offert le jour de la Saint-Jean, par le cheveu mutuel-
ig2 LA FILLE DE JORIO.
leinent arraché, par l'entrelacement des petits doigts, etc. Le lien ainsi formé prend un caractère mystique et on ne peut le violer sans sacrilège. Cf. de Nino, I, 17, 42, 48; Finamore, i65, 168; Archivio, I, 214.
Page 47, ligne 7. Donnez-nous la cruchée ! C'est Viisage ! — Le soir d'un mariage, les jeunes gens du pays viennent chanter une sérénade aux époux, et c'est ce que l'on appelle cantare la fiasca. Ils louent les beautés et les vertus de la mariée, font des souhaits pour les parents et les amis; mais la conclusion est toujours la même : « Donnez-nous la cruchée ; c'est l'usage ! » Alors la porte de la maison s'ouvre et le père du marié donne aux chanteurs une grosse bouteille de vin, un fromage et un pain; après quoi, la porte se referme. Cf. de Nino, II, 11.
Page 47, ligne 25. L'Ange muet, le gardien de mon âme. — Générale et profonde est parmi le peuple des Abruzzes la croyance en la réalité de l'Ange gardien qui assiste chaque âme tt est le médiateur de la Providence divine. Les invocations à cet ange tutélaire sont très fréquentes. C'est par le sourire et par les larmes que l'Ange vigilant et taciturne exprime son jugement sur les actes humains. Voici quelques dictons qui se rapportent à cette croyance : « Si tu oublies d'être juste, l'Ange pleure. » « Si tu fais pleurer ta mère, tu fais pleurer l'Ange muet. »
COMMENTAIRE. ig3
H Si tu veux juger (le mérite de) l'oftense, regarde derrière l'épaule droite de l'offensé. »
Page 52, ligne 20. — La racine de lasterpuse. — La racine de cette plante magique, appelée aussi sterlondia, ressemble, paraît-il, aux tubercules de la pomme de terrre. Mais A. de Nino dit, V, i3, qu'il n'a pas réussi à s'en faire montrer un échantillon.
Page 60, ligné 18. Je ferai... autant de croix avec ma langue. — Sur le supplice votif des croix faites avec la langue, voir Triomphe de la Mort^ 3 1 1-3 12 : « Plusieurs femmes, à quatre pattes sur le pavé, soutenant avec leurs coudes ©t avec fts pouces de leurs pieds nus le poids de leur corps horizontal, avançaient peu à peu vers l'autel... Par moments les mains, secondant l'effort des coudes, tremblaient autour de la bouche qui baisait la poussière, près de la langue qui dans la poussière traçait des croix avec la salive mêlée de sang. Et les corps rampants passaient sur ces traces sanglantes sans les effacer, tandis que, devant chaque tête, un homme debout frappait le pavé avec la pointe d'un bâton, pour indiquer le droit chemin vers l'autel... »
Page 64, ligne 6. La croix bénite le jour de l'Ascension. — Dans la nuit de l'Ascension, le ciel s'ouvre et Dieu avance le bras pour bénir le monde. C'est pourquoi tous les objets qu'on expose alors sur les fenêtres deviennent sacrés.
et les plantes médicinales cueillies ce matin-là ont une vertu particulière. Pendant la procession, on pend de petites croix de cire dans des endroits élevés; et ces croix, placées ensuite près de la porte, acquièrent le pouvoir de préserver la maison contre les sortilèges. Cf. Finamore, 144; de Nino, I, 143.