LA H LIE
bàlon soliJeniciil fii-li''- dans iino ciilraillc du roc l'avait lelcnii. Par nioiaonl il se coucliail sur la croule durcie cl lisse de Ja neige et se laissait glisser au hasard. D'autrefois il rampait coniuie une couleuvre et les arêtes du rod.er écorchaienl ses niend)rcs, mais il ne sentait jias la douleur, et il lemercia Dieu lorsqu'il arriva sanplaiil 1 1 Ijrisé au fond du ra\iu La vieille daiuo gisait c'vauouie; sa fille pleurait couchée sur lUie roue du carrosse ;<juaul au comte Lorcnzo, il geignait comme un damiu', i:ne jambe engagée sous le ventie de son cheval.
L'n faillie sourire illumina l.' visage pàlo du Christine, en reconnaissant Perrier.
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— C'esl vous! ninrmura-t-elle; est-ce donc un lève ou une réalité ! ne croyais-je pas tout à l'heure, quand mes yeux se sont fermés de lassitude, de froid et de peur, que nous allions mourir abandonnés. Oh ! mais vous êtes donc notre ange gardien. Chose singulière! en me sentant tomber dans la nuit profonde qui n'a point de réveil terrestre, je croyais me rapprocher de vous. C'est la vie qui nous sépare, et non la mort, ù ami loyal et dévoué. Pour moi la mort commençait ainsi qu'un rêve confus dans lequel je voyais llotter votre image et ma pensée vague se reportait à ce jour heureux où vous nous défendiez contre le féroce marquis deLaogalle-
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r'ic. Aussi n'était-ce pns l'offroi de mourir jeimciruneagoniesolitairool lente qui me brisait le cœur, c'était la douleur de voir ma mère se débattre anxieusement sous mes yeux, dans les aiïres de la mori, en essayant ilo me troni|ier [lar un Taux sourire. Mais vous êtes là, bon François, elle est sauvée.
— Sauvée'! ré[)éta-l-il. II. -las! je voudrais [tonvoir vous doimcr celte cerliuide, mademoiselle". Dieu sait que je dévouerai ma vie pourelle coMime pour vous. Pauvre femme! elle e.sl encore assou|tii' dans sa torpeur. Ne la réveillez pas, je vous en supplie, pour lui iusjiirer une menteuse espélance.
DK L'Avirci.t: Wi
La jeune Qlle récouiait avec une surprise croissante ; ellerepi'enait peu h peu loule sa présence d'espril; les ombies du rê\ e fuyaient de son cerveau aux accents de la voix triste et grave du jeune peintre; déjà Christine se repentait de l'élan sin. cère et presque passionné qui avait dicté ses premières paroles ; elle avait saisi la main de sa" mère pour faire passer dans son cœur une joyeuse confiance au salut inespéré et pour avoir un témoin de ce dangereux entretien, — mais obéissant à la prière de François, elle la laissa retomber.
— Comment, s'écria-t-elle ; vous n'osez
pas essayer de remporter hors de ce ra- 1 ' 10
l 'tC 1)1. i.A vire i.K
vin; vous l'abiiiiiluiiiicz aussi lùclieiuenl que le coinle Lorenzo! Mais pounjuoi donc a!t)rs ^-les-vous distendu jusqu'au fond du goulFre. Rcpondiz, François, rcpondez, car viainioni n.a | auvre tèle s'y perd cl je ne conipronds rien à loul ce-
— Madcnioisolli', reprit Porricr d'une voix sourde, je ne puis sauver qu'une seule viclinie de ce désastre...
— Une seule! dit C.iirisline en liisonnanl, mais en fixant sur lui un rej,'ard lier et serein.
— Si je tentais de vous sauver lentes deux, pomsuivit-iljla nei^e s'(, lïondferail
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à coup sûr, sous nos pas c4 nous serions engloutis ensemble.
— Eli bien! monsieur, ne perdez pas (le tenîps, murmura la jeune fiile, prenez ma mère dans vos bras. Je saurai mourir seule, mais je ne saurais pas mettre ma vie au prix de l'abandon de ma mère.
Quelle opinion avez-vous donc conçu de moi, François, pour croire que j'accepterais ce bontcux marché? Yous qui restez fidèle à votre serment de servir un vieil aveugle, comment osez-vous me proposer un abandon i)lus vil et plus inlàme que la trahison de Judas! Ma mère auraitété dure et cruelle pour moi que ce serait un crime de ma pari de déserter son dernier
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soiifllo, cl cetlf saillie rciiimc a <'l(' plus douce, plus lendie, plus faihlc pour sa filli^ que le plus doux ange du Paradis.
François Perrier pâle comme la neige qui touiliillunnait sur leurs lûtes it''jili(iua doucement: — Vous méjugez niai, mademoiselle; je vous l'ai déjii dit, ma vie est à votre mèio comme à vous. Lorsque vous serez en surelé, je reviendrai la clierclifr, et si je succombo à la tâche, eh bien, je Il ourrai juès d'elle.
— Pour(pii>i donc ne pas la sauver tout d'abord, monsieur? diMuanda (lluisline avec un accent d insi^t.nme. Je suis jeune cl lorle, je puis résistci' plus looglciuds
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qu'elle an froid et à la tourmente. Fi\mçois, je vous en prie, notre sauveur, notre ami, emportez la sans tarder plus longtemps.
Cependant Lorenzo Vitelli avaitaltenlivement écouté l'entretien des jeunes gens; en entendantcelte supplicat'ondécliirante il laissa échapper un ricanement moqueur :
— Je parie deviner pourquoi ce généreux champion des dames hésite à vous ohéir, helle Christine! 11 a peine à croire que vous ne ressembliez pas à toutes ces charmantes don/.ellesqui profitentdu sommeil de leurs mères pour se laisser tomber du haut de leurs balcons dans les bras de