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— Il m'a jini' qii' I rovicmlrail la cliorclicr et je 1 i crois; mais cela ne siilîit pas, répondit-olle. *
— J'ose vous assiirei-, moi, qu'il n'espère pas la rclrouver vivante, rpi'il n'espère pas niêii:e pouvoir revenir an foml du r.ivin une seconde fuis, car le ravin sera condjié par la r.eige. 11 ne croil pas à son propre sermenHJiristinc, tandis que vous y avez foi, vous, pauvre fille. S'il en est a;ilreme!Jl qu'il le jure donc sur l'âme de sa mère.
Christine regarda vivement François comme si elle alten lait de lui un prompt déiuoiiti ;i celle ac u-^alinn, mais il resla
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immobile cl les yeux baissés coiiimc un honiine pris eu faute.
— Vous voyez! reprit Loreuzo d'un air de triomphe; notre valet d'aveugle est bien certain qu'il ne pouria sauver plus d'une victime. Or il a fait son choix et ce n'est pas votre mère qu'il a chois e, ce n'est pas pour elle qu'il a risqué sa vie. Comprenez-vous maintenant pourquoi il résiste avec cette opiniâtreté cruelle à vos ordres, à vos prières, à vos supplications?
- Hélas, non, comte Lorenzo! dit douloureusement la pauvre fille en laissant tomber ses bras incites le long de sou corps.
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— Tais-loi! lais-l(ji, mauilil! .s'i'cria cncoro Per licr en sonanl son Làlon dans SCS mains à 1(3 briser.
— Pour(|iioi donc? pourquoi abandonnc-l-il ma mère? répéta Cbrisline d'une voix désespérée.
— Paicc qu'il l'aime ce vagabond, qui t'Sl moins qu'un nundiant, qui esl le valcl d'un mendiant.
Cbrisline et Fiançois restèrent étourdis de cette terrible paiole comme d'un coup de massue. Tous deux rou{,'ireiit de boute et de confusion en se vovanl airacbor le secret inavoué de leur cccur, profané par nue Ixtucbe audacieuse el hostile, sali
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comme uu lambeau de pourpre lombé par mégarde dans la fange et la boue.
La neige tourbillonnait de plus en plus éjiaisse et froide. Lorsque le jeune bourgnignon osa lever les yeux sur Christine qu'il redoutait de trouver hautaine et irritée contre lui, il la vit grelotter comme si elle eùtété saisie de fièvre. Il regretta un instant de n'avoir pas brisé le crâne de l'implacable Lorenzo, mais ce dernier qui semblait savourer ses tortures lui dit avec la giavité d'un juge :
— Nieras-tu mon accusation, chevalier du bàlou! oscras-tii jurer que tu n'aimes pas ma fiancée?
— GenlilhoiDine pervers et hypocrite,
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r('|ili'jiia lo pcinlio exaspéré, comiiienl as tu la l):issesse de souillfi- de paioils roproches l'àme de celle chaste cl |iiiie demoiselle, qui est en danger de mort et qui i!!iji!orc le salut de sa nièio. Va quand niêuîe jerainicrais, ne [.ourrais-je avouer cet amour à la face du ciel? Quel seraii mon crime, si je respecte celle que j'aime à l'égal d'une sainlo, si cet aniuur silencieux no roilciise jamais par un regard, par une parole, par un soupir, si je lexilo au fond de mon cœur et ne m'en S(niviens que pour lui duinicr nion sai.g au besoin. Ali! vous voulez liro do celle [tassion d'enfant et de gueux, n'esl-ce pas, monsieur; vous avez voulu m'en tirer l'aveu Je
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force pour me rendre ridicule et ai»^prisable peut-être aux yeux de votre belle fiancée. Sachez donc que je ne suis pas si facile à berner et que je relève le gant. Oui, j'aime celte charmante demoiselle, non pas seulement à cause de sa beauté de madone, qui peut bien tourner la tête à un peintre, non pas à cause de sa fortune qui ne m'importe guère, à moi qui ne saurais devenir son mari, mais parce qu'elle a un de ces cœurs rares et élevés dont la providence n'est pas prodigue en ce monde, seigneur comte. Elle est courageuse et bonne, car elle aime sa mère au point de la préférer à elle-même. Elle est modeste
et pieuse, car elle ne méprise pas le pau- 1 11
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vie. Elle pardonne les injures, car sans elle je ne vous aurais pas fait grâce. Yoilà pourquoi je l'aime et pourquoi je la sauverai.
La neige en ce moment redoubla de violence cl le Bourguignon craignant déjà d'avoir trop lardé s'avança vers Christine el essaya de la séparer de sa nièro à laquelle la pauvrf enfant s'attachait obslinénionl.
— laissez-moi mourir avec elle, François, puisque vous ne voulez pas maccorder sa vie, puisque vous l'avez condamnée!
— Moi! s'écria douloureusement Terrier.
— Oui, vous! c'esi vous seul, vous seul
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qui la tuez, François, mais vous nous tuerez ensemble. Oh ! je suis forte, allez, et je ne vous suivrai pas.
Le jeune peintre , fou de de'sespoir, voulut la détacher violemment de ce lien sacré et meurtrit le bras de Christine dans ses eiïoris, en s'écrianl :
— Oli ! je vous sauverai malgré vous.
Votre résistance sera vaine. Je ne verrai pas vos larmes. Je n'entendrai |)as vos cris. Je suis sourd, muet, inexorable, Christine. Que je vous arrache de cet abîme et vous me haïrez après ; mais laissez-moi vous sauver. Je voudrais vainement vous obéir, voyez-vous. Je ne puis lâcher votre main. Si j'emportais votre
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mère, en vous laissant sous celte trombe de neige , mes genoux fléchiraient, mes pieds trébucheraient, ma vue se troublerait; je me sentirais, enlraîiié invinciblement à retourner vous chcrclier, car votre vue seule peut doubler ma force et exalter mon courage.
Cette bitte horrible faisait sourire Lorenzo.
— Mallieuieux! dit la jeune lille brisée partant d'émouous, je vous avais pourtant levé si généreux et si bon. Vous voulez me rendre votre souvenir odieux. Ah !
vous avez encore du sang de votre oncle dans les veines, car vous abusez comme lui do votre force coiitro moi... Aiirais-je
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jamais cru qu'un jour viendrait où je pourrais vous haïr !
— Me haïr! dit Perrier en cessant de l'entraîner. Être abhorré de vous, mon Dieu! Oh! mais c'est impossible! Le voyageur surpris par le froid maudit aussi le compagnon fidèle qui l'arrache violemment au sommeil, mais plus tard quand son sang réchaulVé circule dans tout son corps, quand il atteint l'asile où il trouve le sd elle f u, sa colère se change en sourire et ses menaces en bénédictions.
Venez, mademoiselle, venez.
Mais Christine avait senti sa puissance. Elle savait que sa voix vibrait dans le rnpiir du pauvre Bourguignon comme