‹ La Fille de l'officier de Marine [microforme]Chapitre 18 sur 84 · AVAN · texte numérisé non relu

AVAN

B ma s’ef.

vous

ntro-

1 Ver Gi

onsi-

tien

it le \ique üustri.

Roier , peu grane M pê= chai-

d'mèe

y exe fille

gnonment utre- , prit uestierni ) par e bâl’usie

—Toi 1 C’est bien toi! s'écria-t.il en ouvrant ses bras au marin,

Gabriel s’y précipita et les deux hom.

mes s’embrassèrent avec effusion.

Véronique s'était aussitôt retirée, par discrétion, et avait regagné son pavillon ® elle se mit à table avec sa petite fil.

Richard Vernière entraîna l'officier de marine dans son cabinet, et de nouveau ils s'embrassèrent dans un irrésistible élan d'amour fraternel,

Ah ! c’est qu’il s’aimaient bien ces deux hommes qui s'étaient connus et qui a.

vaient commencé, à s’aimer sur les bancs du collège, et dont l’aftection, doublée d’estime, n’avait fait que grandir, à me.

sure que les années s’écoulaient,

—Gabriel... mon cher Gabriel. C’est bien toi !.. ne cessait de répéter Richard Vernière dont la joie débordait... Après une absence si longue... interminable. .

près de huit ans 1... te voilà enfin de

retour |. Ah ! que je suis heureux de te revoir |

—-Et moi donc, mon ami, mon meile leur ami, mon cher Richard !.… répondait le capitaine non moins. ému que l'industriel,

—Tu va diner avec moi, n'est-ce pas? à

—Oui, certes !

—Bravo ! Combien je te sais gré d’6.

tre venu ainsi me surprendre... Et com.

me nous allons causer, car nous devons avoir beaucoup de choses à nous dire,

—Oui beaucoup. Moi du moins,

— Nous causerons longuement, Mon seul souci c'ert que tu dineras assez mal... la fortune du pot... N’étant pas prévenu, tu comprends... j'allais diner seul... Enfin deleine saura bien s'arranger pour que nous ne mourrions pas de faim... Permets-moi de la prévenir.

—Fais-le si tu veux, mais c’est bien inutile.

Je suis certain que ton repas, tel quel aurait été plus que suffisant,

—Mieux vaut ne pas s’y fier !

Richard Vernière appuya le doigt sur le bouton d’une sonnerie £lantsio

: STUSTIGUS communiquant avec son a partement.

Puis, poussant un fauteuil près de la

ns 01

cheminée dans laquelle pétillait un feu ami :

Il s'installa en face de lui sur son fau.

teuil de bureau, et entama l'entretien Par cette question :

—Depuis quand es-tu à Paris ?

Gabriel avait des raisons pour ae pas répondre la vérité, ce qui aurait nécessi.

té des explications,

—Depuis trois jours, fit.il

—Henri,ton fils, que j'ai vu avant.

hier ne m’a point prévenu de ton arri.

vée,

—Il ne la connaît pas,

Richard Vernière regarda son ami a.

veo une surprise manifeste, et il allait j'estionner de nouveau quand la porte

u cabinet de travail s'ouvrit ; la ser.

vante Madeleine parut obéissant à l’ap.

pel de la sonnerie électrique, et se posa en point d'interrogation,

—J’ai un convive inattendu, ma fille, lui dit l'industriel... Arrangez-vous Pour que le menu ne soit pas trop mes.

quin,

—Je vais faire sauter un poulet chas.

seur, monsieur, et mettre cuire les écre.

visses que j'ai dans le bassin... Qa sauf.

firait.il ?

—Je le pense...

mr éd diner toujours pour huit heu.

res

—Mettons huit heures et demie. Ça vous donnera plus de temps,

—Bien, monsieur, Je remercie, mon.

sieur,

Et Madeleine se retira.

Richard Vernière renoua aussitôt l'entretien en, demandant :

—Comment se fait.il que ton fils ne soit point prévenu etque tu ne l’aies pas vu depuis ton arrivée ? Un enfant qui avait seize ans lorsque tu partis, et qui, pensant à toi sans cesse, ne parlant que de toi, est Jevenu un homme que tu devrais avoir hâte de connaître, d'embrasser, de féliciter de sa conduite dont ton irère et moi nous t’avons parlé dans nos lettres, en louant, comme il conve.

nait, les rares qualités de son âme et de 500 CŒU.

Cea pa Vs, et surtaut le ton avec les

Quaient un bläm Gabriel le sentit et répondit :

quel elles étaient Prononcées, impli.

MOn arrivée, mais je ne le pou.

vais pes et je ne le voulais pas, — e 16 voulais pas ?

ne

—Pourquoi ?

—Tout à l’heure tu le comprendras,

Au moment où je te parle, personne e connait ma présence à Paris,

ne surprise de Richard Vernière gran.

Il demanda :

—Tu n’as donc pas vu ton frère ?

— Mon frère non plus.

—Après une si longue absence ! Je ne comprends pas,

—Tu Comprendras, je te le répète,

—Au moins es-tu aljé au cimetière t'a.

8enouiller sur la tombe où ta femme re.

pose 7,.....ta pauvre Jeanne, morte en V'appelant, dix-huit mois après ton dé.

3 “Ÿ sur ses joues bronzées par le #6: 1, les vents de la mer, roulèrert ::::. Hr'hs8es larmes,

Il gardait le silence, mais le: lirmes répondaient pour lui,

An il n’était point allé au cimetière

Ce fut avec stupeur cette fois que l’industriel regarda sOn ami,

leut le Pressentiment d’un mal.

eur,

— Enfin, que se Passe-t:il donc ? mur.

Mura-t-il très ému i

Vas-tu me révéler ?

Le capitaine de vaisseau fit un effort Pour se ressaisir avant de répondre,

Nos lecteurs savent déjà combien lui était pénible ]a démarche qu’il faisait auprès de Richard Vernière,

ne, Y88 tout apprendre... dit.il enfin d’une voix sombre.

—Parle 1 parle vite, car tes paroles et ton attitude m'épouvantenht,

‘officier serra Convulsivement les Mains de Richard qui sentit les siennes brâlantes, fiévreuses,

—Je viens auprès de toi chercher des \ Consolations,......, butia-t.i

u et en même temps me confesser faute

—Te confesser d’une faute mai ?

—D’un crime...

—C'est impossible Féstciesss s’écrin l'in.

génieur,

Un crime ? toi! allons donc 1... Tu n'en a pas commis ].....

—H as !, .…

Et Gabriel courba Ja tête, comme 4.

crasé par un fardeau trop lourd, Richard

t LLLELITTTT

d'une

LULELPTTTI à

neur par excellence, dont la loyauté 6.

tait proverbiale 1... dont l'esprit juste et droit commandait à tous le res.

pect et l'admiration, Allons donc Ga.

briel !...Ce que tu me dis là est insensé ] CELIITTT TI encore une fois, c'est impossi-

—Cela est, cependant... répliqua

et le crime que j'ai commis était odieux, lâche, le souvenir évoque en moi des remords qui ‘dureront autant que ma vie 1... On vantait ma loyauté, dis-tu, mon esprit

! je me suis con-

ou deux secondes de réflexion, expli- Quons-nous..., Tu dois être dupe en cé moment d’un point d'honneur c'est exagéré, et prendre une peccadille pour un crime...

Gabriel Savanne secoua la tête,

—Non ! répliqua.til, c'est en vain que ton affection s’éflorce de me justifier le crime existe...

Le visage de Richard s’assombrit, Une ride profonde barra son front.

Ses mains quittèrent les mains de son ami,

mm

en 98

—Un crime comporte deux acteurs, | songes sur wensonges, cher des le criminel et la victime ! Quelle estla | mon nom à celle qui de psssssese tienne ! demanda.t.il, time, et ce nom eil r d'une — Une femme, ,,. murmura l'offici. | mais,

à er de marine, Gabriel Sayvan

— Une femme 1... répéta l’insdustri.

tant pour essu el, la tienae, Peut-être,..,,, la sainte sueur, TT et chère créature ? Richard, silenc FiA l ne —Non, … une autre... pressé, atten Tu —Une autre femme que la tien. | ;ole,

ne Ps,

l:+.... Une jeune fille,,, une in-

nocente enfant...

me ds --Accable-moi, méprise-moi,.… je le mérite... mais accorde-moi ta pitié, et

L | peut-être jamais ; aide-moi à réparer le mal que j'ai ‘“ À Toulon, a , ho fait. je reçus l'ordre d ! nome -#i c’est possible, je suis prêt, tu Je | del xtrôme-Orient. imé et sais biën........ Que faut-il pour ce. Je devais d'hon. la 7... voulais faire até 6- —Ecoute-moi,....., Tu vas tout sa. « Alors, pour la esprit voir... Pris l’énormité de . Ga à Gabriel ue se recuellit Cr ne moi-même. e i i È« … lensé | La qimedr pr ea we a “ L'ordre de départ brus posai- En 1888, tu dois te le rappeler, j'ha. | Venu ne me laissait pas le ñ bitais Paris, détaché à l'état-major du | surerle pain quotidien à cett pliqua ministère de la marine... A mère, mais e que —Oui, première escal pou —Jeanne, ma pauvre femme, était | prendre les mesur * qui malade depuis deux ans déjà d'une ma- ‘et. + On ladie de langaeur qui nous séparait et Malheureusem sprit qui devait l'emporter quelques mois | au cours de la Feu avant mon départ, ne pus descendre à t ur et Une jeune fille se trouva sur mon Gabriel Savanne mme chemin. —Ma convalescence “ Elle était de la condition sociale Ja | enfin Je pus reprendre cet plus modeste, mais absolument pure et | ment du navire confié NAN Cchaste, travaillant Pour vivre à côté de ! pendant ma maladie, Ai sa mère, 4 La fatalité carie “Pour moi, misérable, cette enfant Hanoï je fusse Di aurait dû être sacrée ! Du moment que | te, et pendant pi jeme sentais attiré par elle, il fallait | fièvres paludée en uir... séquences de cette b 4 : Je ne le pouvais déjà plus... j'a- | impossible de rosgnis

vais cessé d’être maître de moi-même instant, ( ses j6 VOUlAÏs que cette enfant m’ap. pour ma raison

; partint, nue ‘ Je ne te raconterai point la vul- | la santé, j’éc er | gaire] histoire d’une faute que line | reçus de vous q | nocence absolue de la jeune fille et ma es événements, grande expérience rendaient relative. mbien j

son ment facile,

vers là maiheure “J'entassai iâchetés sur lâchetés, men. |

je cachai jusqu’ Vait être ma vio:

e ne le connut ja.

ieux, péniblem ‘ADS prononcer

mois de sé our rallier ds

abandonner cell

ent je tombai malade ée et, à l’escale, je e

je l’aisu d

ais 6t4 Coupable en.

use qui avait cru en aimé, qui m’avait suivi

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tt qui se trouvait abandonnée, sans ressources, avec un enfant de deux ans, le mien | :

& Le remords s’empara de moiet l’6normité du crime commis m'apparut dans toute son horreur.

Qu'était devenue la pauvre fem-

me |

w Qu'était devenue l'enfant ?

“ J'écrivais lettre sur lettre, Toutes restèrent sans réponse. .

& À Toulon, je ne connaissais que des officiers de marine ou des attachés à l'administration de la préfecture mariti- MOeseeJ 6 n'osai charger aucun d’eux de faire des recherches, Je n'osais avouer ma lâcheté, ma fourberie.

4 Je g"llicitai un congé.

“ Les circonstances ne permirent pas de me l’accorder.

“ J'aurais voulu mourrir, me faire tuer ! j :

“ Ce futen vain que je cherchai la mort !

w Dieu me punissait en me forçant à vivre.

« Je ne pouvais qu'attendre,

“ Sept ans et demi s'étaient passés quand je requs l’ordre de rallier mon port d'attache. L

“ Je n’avais plus qu’un objectif, retrouver celle que j'avais perdue et qui devait traîner une existence de misère et de douleur avsc mon enfant,

“ Aussitôt après mon débarquement à Toulon, je commençai mon enquête dont je n’avais osé confier le soin à per.

sonne, et j’appris des choses navran-

“ La pauvre abandonnée avait eu une fille peu de semaines après mon départ, et tandis qu'on la scignait, bien malade, à l'hôpital où il avait fallu la transporter, l’argent laissé par moi et qui devait au moins assurer son existence pendant quelques mois, avait disparu, perdn ou volé, de telle sorte qu'en sortant ds l’hô pital avec sa petite fille, elle s'était trouvée sans asile et sans un seul sou !

“ Ma faute devenait un crime dont les conséquences me faisaient pâlir d'é-

uvante !

“ J'appris que la Providence avait permis que ls malheureuse rencontrêt

un digne prêtre qui lui fit la charité et la conduisit dans une maison religieu.

se où on lui rendit un peu de courage en lui procurant du travail,

# Quel travail !!

“ A peine lui fourniesait-il le moyen de satisfaire aux pluslabsolues nécessités de l’existence, tout en usant le peu de forces qui lui restait ! !

“ Alors, et dans l'intérêt de sa petite fille autant que obéir à sa conscien.

ce, elle résolut d’obtenir le pardon de sa mère qu'ulle avait quittée pour me suivre. :

“ Elle partit pour Paris où les aumônes de quelques âmes compatissantes lui permirent de se rendre.

“ Il y a sepi sns de cela.

& C'est à Paris que je devais,donc continuer les recherches commencées à Tou.

# J'y vins, pensant que chez sa mère, qui sans ‘loute n'aurait pas eu la cruauts de la repousser, je pourrais la rejoin.

dre, où tout au moins savoir ce qu'elle était devenue, explinuer mon long si.

lence, obtenir mon pardon, :

“ Une nouvelle et effroyable décep.

tion m'attendait.

“ Dans la maison qu’elles avaient habitée on ne savait même pas si elles ex- Rod rene par la disparition d

‘ Fo par la di n, de sa fille, la mère, portée presque morte à l'hôpital, avait disparu en sortant, après un séjour de plusieurs mris,

# Aucune trace n'existait, et à oette heure, je ne sais où chercher mes malheureuses victimes.

Comprends-tu mon supplice, Richard...les angoisses de mon cœur ? les tortures de mon âme ? Comprends-tu l’étendue du crime dont je m’accuse à toi et dont le remords empoisonne ma vie?

# À côté de l'enfant, riche, instruit, entouré d’affection, ayant droit à l’estime de tous pour le nom respecté qu'il porte, il existe une pauvre enfant,— ma fille, —qui n’a pas de nom, qui n’a pas de tion sociale, qui n’a peutêtre pas de | ! — Il existe une m:'heureusée femme trompée, abandonnée,

ayant souflert, pleuré, travaillé, pour :

nouvris Let jour gatta enfant

arité et eligieu e courage

moyen censitée eu de

, petite mscien.

don de pur me

aumô.

issantes

nc conxs à Tou:

a mère, à CrUAUe rejoin.

qu'elle ong Bie

décep.

jent halles ex-

| de sa norte à t, après

à oette »s mal-

Es

k mr

la mienne,—dont mon premier devoir d’honnête homme était d'assurer l’existence !.….

‘“ Comprends.tu, Richard ? Par ma faute deux créatures innocentes végàtent peut-être dans la plus noire misè.

re sur quelque misérable grabat ! |—Cette pensée me rend fau, et je me demande si certains criminels que les jürés en-

- voient au bagne ne le méritent pas

moins que moi ? ?

Un sanglot brisa la voix de Gabriel Savanns et un flot de larmes coula sur ses joues.

En face de ce désespoir si poignant Richard Vernière se sentit remué jusqu'aux mœælles et il se sentit pris de Compassion pour le coupable qui expiait si durement sa faute.

ré aetans ta main, Gabriel, ...—

it-i e

— lu me pardonnes ?—balbutia le marin en pressant avec reconnaissance la main que son viel ami lui tendait,

—Je te condamne et je t’absous en même temps...—Ton crime, car c'en est un, est de ceux pour lesquels le monde est indulgent...— Tu es plus sévère que le monde, et.tu as raison, mais enfin

Dieu lui-même pardonne au repentir et

tu te repens !...— Maintenant dis-moi comment je puis alléger ta peine, en quoi je puis te venir en aide pour apaiser ta conscience, pour essayer de réparer le mal que tu as fait ?

Je vais te le dire....— A peine dé-

barqué je dois partir...

Richard

Vernière eut un geste de surprise, abriel continua :

—Je vais rejoindre l’escadre en oser vation dans la mer des des Indes...

—Mais, pourquoi Késses —Je l'ignore. ...— a gt l’oficier de marine, —Je n’ai pas à di cuter, mais à ObEir..s co Le 2 janvier mon navire appareillera, il faut donc que le 2 janvier je sois à Toulon..…..— voya- &e sera le dernier pour moi,— J’ai le

pressentiment que là-bas je trouverai la eu si souvent cherchée et appelée en V LL 1]

— Les pressentinents ne signifient rien | — Féoris Richard,

et DE de

—Ce n’est point mon avis...

—Je n’y crois pas !

—Moi j'y crois... Peu importe d'ail.

leurs...—Ce qui est écrit arrivera, com. me disent les Orientaux...— Je vais quitter Paris et la France pour aller où le devoir m'appelle, et nous ne nous reverrons plus, mais avant de m'’éloigner

Je veux assurer l'avenir de ma victime

et de sa fille...

—Conserves-tu donc l’espoir de les retrouver 7...

—J'ai confié mon secret au directeur de l’une de ces agences qui moyennant une forte somme sont toujours prêtes à vous servir pour des enquêtes difficiles J’ai pren dix mille francs et j'en ai versé cinq mille... je crois que les recherches seront faites en conscience, j'espère que le succès les couronnera, et c'est toi que j'ai désigné pour en con:

naître le résultat, quel qu'il soit.

—Moi ! s’écria Ric , Tu m'as dé.

signé ! !

—Oui, J'étais certain d’avance que tu ne me repousserais pas ! je comptais sur ton cœur généreux ! C’est donc ici que l’on vien pour toucher les dix

maille francs qui seront dus lorsqu'on :

t’apportera la preuve insdiscutable que celles dont il s’agit sont mortes, ou qu’.

elles sont vivantes et t jouir de la fortune que je leur destine et que je vais déposer entre tes mains.

Richard Vernière, âme tendre sous son enveloppe souvent brutale, éprouvait une profonde pitié pour ce marin qu’il dé (ONE Souau plein d’hon.

neur ei qui venait de se confesser à lui de A devant lui, "

.— Une ortune que tu vas déposer en.

tre mes mains { répéta.t-il pr Pan rt une nn plus ample,

Gabriel reprit.

—Je suis riche, Après ma mort Henri

sséders plus d’un million... J'ai cru ne

ui faire auoun tort et agir dans la plénitude de mon droit en prenant sur la sommes des intérêts accumulés depuis peur années une part que je veux

nner à ma fille et à sa mère... Cei

mon fils ne le saura inmais, il doi ie gnorer, et pour la mérnoire de sa mère et pour le respect de mon no,

‘ Je vais te remettre une somme de trois cent mille francs. :

mille francs { répéta Ri.

surpris de l'importance somme considérable ?

=—1Je te répète qu’elle provient des revenus accumulés que j sans scrupules si javais

nc, Je n’appauvris pas trois cent mille francs ne sont pas un placem pôt pour lequel tu ne térêts et que je te su

Tu trouves la

’aurais dépensés

dans tes mains ent, mais un dé.

Payeras pas d’in.

pplie d’accepter..….

“ J'ai vanne et où on te aflirmatce dépôt a fille si la , et tu payerais à celui nné les rerestant trois cent

retrouvé celles que M, Gabriel Sa m'avait enjoint de chercher ” te donnera Ja preuve de cet tion, tu remettras simplem la mère de ma fille, où à m mère était morte dont le succès a cherches les dix mille francs dus et que je vais joindre aux mille francs qui sont Jà.

ces derniers mots,

le roapie de banque touches deux ant ches son notaire et une solide envelo nous le répétons, me de librairie.

pter ce dépôt, dit

qui, serrés dans

pe représentaient,

—Je ne puis acce vivement l’industri

— Pourquoi done 1...

—Je ne puis l’acce les conditions que tu cent mille francs, pla représentant une rente mille francs ; je trouve inadm uctifer un pare ns de ne pas tenir

pter, surtout dans m'imposes.. Trois

vrait appartenir,

guise... répliqua Gabriel que tu feras sera bien

—Mais sion ne retrou ue tu cherches, ou si

elles étaient mo ?

—Dans ce cas tu remettrais cette s0m.

—Sans lui en india

dessus

eux

ne autre

—Mou robuste !

—A qu ais

—Oh ! cel

père À Lives il vait une Fo

je n'ai pas voulü voir ni mon MON arrivée à Paris, J dre crâint de me trahir devant

frère dès

le sur ta comptabilité

—Mais, si âge et avec ta santé Onc !... Avant ta mort temps si ma fille et tute seras débar.

tu sauras depuis ]

sa mère exit 1

rassé du dépô —Soit ! fit Ri:

ss je te donnerai un

i bon ? demanda le capitaine U

de vaisseau,

—Com dustriel,

ment, à quoi bon ? s'écria l'in-

—Avec un homme co Qu est bien inutil

—LEts

rais-tu, n'ayant auoun titre ?

Ï tou

non |

a régulari

“ Maintenant, Poussant son fau

ajouta l'industriel en reteuil en face de son bu.

commande par

V mA mort ji} ‘

iduite de son Jamais qu’il atie sœur est 'ar ma faute. .

u’il ignore ce-

Tasser avant e en agissant et avant que ais leur ré-

e figure sur

vas me re.

P ersonde contrô-

ec ta santé ant ta mort | ma fille et ras débar.

un instant Durage de ndes avec 0mpté sur On espoir arger des mains, Je viendront inerai un

capitaine cria l'inji un reisi que je

me.

ee Non !

LIT] iel en re.

son bu

reau... donne-moi des expliquations dé.

taillées.…, Et, prenant une plume et une feuille de papier il se prépara à écrire, atten.

dant que Gabriel parlât.

—Quelles explications 2... fit le marin,

—D'abord le nom du directeur de l’a.

&ence qui doit se présenter à moi pour toucher sa prime en m’apprenant le résultat des recherches...

— Hector Fauvette, rue du Faubourg:

Saint-Honoré, numéro 228,

Richard écrivit le nom et l'adresse, et poursuivit :

—Arrivons au princi ; tu n’as pas

rononcé une seule fois le nom de la

eune femme que le sieur Fauvette à

mission de chercher, pas plus que celui de ta fille...

—Ma fille se nomme Marthe.

L'industriel tressaillit en entendant prononcer ce nom,

C'était celui de la jeune fille de Véro:

nique,

Mais, à coup sûr, :1 ne devait y avoir là qu'une simple coïncidence,

Néanmoins il demanda vivement :

—Et la mère ?

—Germaine..

—Gerraaine quoi Téssdts

—Germaine Sollier...

Richard Vernière bondit, se dressa et jeta sa plume,

Gabriel le regardait avec 6tonne.

ment. |

—Tu as dit Germaine Sollier ! reprit l'industriel dont la voix tremblait.

—£t sa mère se nommait Véronique Sollier ? .

—J’ignorais ce prenom...

— Germaine, iorsque tu la connue ha.

bitait avec elle la rue de Miromes-

—Oui... répondit le marin au comble de la stupeur,Mais comment sais. tu ce. la 1... Tu la connaissais donc Pitanie

—Ah! malheureux] malheureux !

s’écria Richard Vernière tu viens trop tard ! Ger 6-est morte !.....

Gabriel Savanne pâlit, —Morte ! répéta-t-il atterré.

—Avant-hier on l’a conduite au cime.

ce d

tière, répondit l'industriel, et je suivais s0n cercueil... le cercueil des indigents, par la charité publique...

Chancelant, l'œil éteint, la phisiono.

mie hagarde d'un homme dont la raison

chancelle, le marin bégayai:, d’une voix .

u changée qu'elle était méconnaisse.

--Germaine.., morte...morte sans ue j'aie pu la revoir... lui demander pardon C’est ici que je pouvais la retouver,..…..

et je ne savais pas... et je ne suis pas venu...

Soudain une flam » ze ralluma dans ses prunelles voilées,

Il venait de penser à Marthe et #6.

cria : -

—Mais sa fille ?, ,sa fille ?...ma fille à moi ?

—Elle est vivante,

—Vivante 1... Ah ! que Dieu soit Lin qui m'épargne ce nouveau mal.

eur !

Où est-elle ?

—Ioi !

—A Saint-Ouen ?

—Dans ma maison. Près de sa grand’.

mère, Véronique Sollier, la gardienne de l’usine.….., celle qui t'a ouvert et t’a int'oduit.

—Ainsi, cette enfant que j'ai vue au.

près d'elle, c'est la mienne. c'est Mar.

the... c’est ma fille. . Voilà donc pour.

quoi dans ses traits il me semblait re.

trouver ceux de la pauvre Germaine !

Richard, il faut je voie ma fille, que je l'embrasse, qu’elle apprenne que je suis son père... .[l faut que je voie Véroni.

que Sollier,.....que je m’accuse devant elle et qu’elle me pardonne... Fais.la venir ! fais-la venir, je t’en prie... jeveux me jeter à ses genoux... je veux l’im.

plorer,

Richard Vernière appuya sur un des boutons de la sonuerie électrique placée près de son bureau et aboutissant à la.

loge de la gardienne,

is, se rapprochant de l'officier de marine :

—Rassemble tout ton courage, lui den, STRESS QUE La vas te trouver en fa. une honnête femme à qui tu as vo.

16 un enfant... En face d’une mère irréprochsble dont tu as brisé le cœur

EE RTE ; PONS rs «4 er D nes EE 52 ner F

empoisonné la vie ! Véronique Sollier a souffert par toi, pleuré par toi ! Pendant de longues années elle t'a maudit, toi qu’elle ne connaissait pas ? Maintenant qu’elle va te connaître, maintenant qu’.

elle va se trouver en face de l’homme par qui sa fille est morte, abandonnés et misérable, je ne sais pas si elle aura la sublime vertu de te pardonner.

Gabriel tremblait de tout son corps.

Les paroles de Richard vénaient de faire tomber un bandeau de ses yeux.

La situation lui parut ce qu’elle était réellement, effrayante,

Qu’allait-il dire à cutte mère outragée et désespérée.

Quelles excuses ailait-il trouver pour atténuer J’horreur de son crime ?

Un ouragan de pensées confuses s’entrechoquaient dans son cerveau, il lui semblait qu’il était au moment de deveair fou.

) Richard comprit ce qui se passait en ui,

—Sois courageux, répéta.tsil et sur.

tout sois calme,

. On venait de heurter à la porte du ca-

binet.

—Entres, d'it l’industriel,

Gabriel n’avait plus qu’une gnutte de sang dans les veines,

La porte s’ouvrit.

Véronique Sollier, entièrement vêtue de deuil, s’avança vers Richard venant prendre ses ordres.

L'officier de marine, sanglotant, les yeux baissés, les mains étendues, fit deux pas au-devant C'elle et se laissait nr à genoux, sans prononcer un mo

La gardienne interdite, regerda cet homme qui s’agenouillait et pleurait à ses pieds, puis ses yeux se fixèrent sur Richard Vernière comme pour lui de.

mander une explication. +

L'industriel parut ne point comprendre cette interrogation muette,

Ce n’était pas à lui de parler,

Gabriel fit un effort, et de ses lèvres pâles et tremblantes tombèrent ces mots à peines distincts.

—Pardon, Pardon,

Véronique ne pouvait comprendre en.

Gore.

‘Comment aurait-elle deviné que cet

officier prosterns et suppliant était ce. .

lui qui lui avait enlevé sa chère Germaine ?

—Que dites-vous, monsieur ? balbu.

tia-t-elle, en étendant vers lui la main comme pour l'aider à se relever.

Gabriel saisit cette main, puis éperdu pris d’une sorte de délire, il bégaya :

—Je suis le père de Marthe.

Mme Sollier poussa un cri rauque, sauvage, un cri de mère qui voit son enfant menacé,

Elle dégagea violemment la main que Gabriel s’efforcait de garder dans les siennes et se rejeta en arrière,

—Pardon...….: pardon... — répétait le inarin,

La mère de Germaine, oubliant quel.

le se trouvait en présence de Richard Vernière, et ne songeant même pas à se contenir, eut une formidable, une effrayante explosion de colère,

Elle le connaissait donc enfin, elle’ le tenait, là, devant elle, l'homme qui lut avait fait tant de mai, l'infâme qui ava

abandonné sa fille, avec son enfant, les Vouant toutes les deux à la misère, à la honte, à la mort 1...

X cet homme, c'était l'ami de Ri.

” d Vernièrs, c’étaît le père de Henrl e Savanne, dont Marthe était la EŒUr inCONDUE.. ce

Cédent à une première impulsion, el.

le avait reculé,

Et vous 033 implorer le À a cpu de la enfant ! !

—C'est plus que de 1s lâcheté savez.vous } C’est de l'impudence..…, C'est de la folie !

—Accables-moi, inaultezmoi. ja 1 mérite 7— répondit Fabriél haletant —

i rauque; 1 voit son

iant qu’el- Richard ne pas à able, une

À n; elle le e qui lut qui ava

bee les sère, À la i de Ri.

de Henétait la ulsion, el

les dents les yeux cha vers lui jeta

oi, je le tant—

mais ne m’empêchez pas de réparer le mal que j'ai fait.

— Le mal que vous avez fait est irréparable ! ! — répliqua Me Sollier, avec un redoublement de rage— Est.ce que Vous pouvez ouvrir la fosse à peine fer.

mée et ressusciter la morte Posoni

sin, c’est votre abandon quia tué ns ! AT Dr est morte à la peine, de privations, de misère, pres.

que de faim ! Ce sont de re gens, des ouvriers aussi pauvres qu’elle qui lui ont fait l’aumône d’un cercueil !

ermaine est morte sans avoir embrase ser sa mère car je ne l'ai point revue vivante | Elle est morte laissant une fille qui n’a pas de nom1!— En face de Germainé morte, j'ai appelé sur l'in- C£nnu, cause de tant de malheurs, ia maladiction de Dieu ! | —Et vous venez me demander pardon à moi! !— Non, je ne pardonne pas, monsieur, et la haine que vous m’inspirez n’a d’égal que mon mépris ! — Sj au lieu d’être une femme j'étais le père de votre victime, je vous tuérais | !

e me repens | —Mensonge ! L'homme capable d'agir comme Vous avez agi n’a pas un cœur accessible au repentir !

—Madame Sollier, ayez pitiez de MOI, — Avez-vous eu pitié de moi, vous ?

re Avez-vous eu pitié de mon en.

an

—Mais Marthe est ma fille, et j'ai le droit...

Véronique, violemment, lui coupa la Parole,

— Votre fille 1 le droit 1... s'écrinct.

— Ah ! taisez-vous ! Quels doits pourries-Vous ayoir sur une enfant à qui Vous n'avez même pas donné votre nom Marthe 1... Votre fille | Kat-ce u’elle vous connaît seulement | EPA Hst-co qu’elle à vu votre visage penché sur son

U quand elle était petite ? Est-ce ag a entendu votre voix lui dire ces ouce paroles qu'un père’sait dire À sa fille ?,. Non ! non! sé DON | so6000 Vous êtes indigne dfâtre ! Marthe est mon enfant, à moi. rien qu’à moi !

..Je l’si et je la garde | Elle ne vous

connaîtra pas !....,Elle ne vous connat.

tra jamais

—Vous me permettrezs au moins d’assurer s0n avenir...

—Son avenir ! Vous y pensez mainte.

pant | Ah | oui, c’est vrai, vous êtes ri.

che 1... De l'argent ! vous allez offrir de argent 1..., Est.ce qu'il y a des crimes que l'argent rachète !

—$i rien ne les rachète ;ÿ le repentir les amoindrit....….

Monsieur, fit Mme Sollier, parvenant enfin à se contenir, je n’en entendrai pas davantage. Tant mieux pour vous si le remords est entré dans votre âme...

Je n’en augmenterai pas l’amertume en vous mettant en présence d’une enfant qui, malgré son extrême jeunesse, a presque la raison d’une femme et pour.

rait presque demander à quel titre vous

‘ lui offrez protection et argent... Vous lui diriez que vous êtes son père, n'’estce pas ?...

e à vu pleurer sa mère à cause de VOUS...

Elle a souffert, elle aussi, à cause de VOUS

Elle sait que sa mère est morte épui-

eée à cause de vous 1... Elle vous répondrait : “ Vous, mon père ! Vous avez tué ma mère !..,. Je ne vous con.

nais pas { rvoce

À la colère de Véronique un grand calme avait succédé.

n prononçant ces dernières paroles l’émotion la gagne,

Gabriel Savanne.écrasé, anéanti, comprenant tout l’odieux de ga situation, restait muet, immobile.

Richard Vernière, jusqu’à ce moment témoin impsssible de la terrible scène qui venait de se Passer sous ses yeux, pensa que s’il n’intervenait point, son ami ne pourrait d'aucune façon apaiser cette pauvre femme qui lui devait le

heur de sa vie.

—Ma pauvre Véronique, dit.il d’une voix grave et douce à la fois... depuis plas de trois ans que vous êtes dans ma maison, vous saves combien je vous ai témoigné d’estime et de bienveillance.

Coufident de vos chagrins je vous plai.

gnais, et par tcus les moyens en mon pouvoir je cherchais à les alléger.

Ah ! monsieur...répliqua Mme Sol.

‘lier VOUS AVez été pour moi la pro- ‘vidence......le salut... Vous avez été bon comme Dieu lui-même. Croyes bien que je ne l'oublierai jamais,

— Vous connaissez mes principes.

—Je sais qu’ils sont rigides... inflexibles... Aussi tout le monde vous respec-

—Vous me croyez un honnête homme ?

fe donc se permettrait d’en douter :

—Vous ne douteries pas de ma parode si je vous faisais un serment ?

—Douter de votre parole, mais ce se.

æait vous insulter, monsieur,

—Eh bien ! je viens plaider auprès de vous la cause de M. Gabriel Sayanne,

—Vous, monsieur Richard !....vous plaider une pareille cause ! !

—Oui, moi...…Je n’excuse point sa taute.....8on crime, ...et je comprends qu’il est des blessures si profondes que la cicatrisation en est, sinon impossible, du moins bien difficile, mais, comme vous l’a dit Gabriel... .et je suis de son avis, le repentir sincère amoindrit la faute,

—Rend-il la blessure moins douloureuse ? murmura Véronique d’une voix sourde.

—Non, mais il commande l’indulgence er celui qui l’a faite,

e So tête,

ilier hocha tristement la

Richard Vernière poursuivit avec 6motion, presque avec solennité.

—Et je vous jure... vous entendez bien, je vous jure... que le repentir de M. Savanne est profond et sincère, que sa souftrance aüjourd’hui égale la vôtre, qu'il a honte de sa conduite, que le remords ie tue, et qu’il est devenu digne de pitié, digne de pardon.

ne sorte de frisson nerveux secoua le corps de Véronique,

Eile ne pouvait croire ce qu’elle entendait.

M. Vernières, se. l'homme qu'elle estimait le plus au monde... demandant grâce nour le bourreau de Germaine.

L'industriel continus, s’etforga nt. d°5. tre persuaaif,

—Gabriel Savanne, ignorant la mort de votre fille que vainement il faisait chercher partout, venait ici me confier son secret, ses douleurs, 805 remords.

‘ Au moment de son départ, il y a près de huit ans, mis par des oirconstances qu’on ne pouvait prévoir, et qui mesont connuss, dans l'impossibilité absolue d’assurer l’avenir de Gérmaine et de-son enfant, il revenait animé du désir ar.

dent de la retrouver, de lui faire oublier à force de tendresse les douleurs du passé, et enfin de réparer sa faute, maintenant que le veuvage l'avait rendu

libre,

‘ Hélas ! il était trop tard !

“ Germaine avait quitté Touion pour Mu d à Paris, et à Paris sa trace se per-

ait.

“ A peine débarqué et prêt à reprendre la mer, Gabriel Savanne venait aujourd’hui me raconter toutes les démarches faites pour rejoindre les pauvres abadonnées...En même temps il déposait dans mes mains une fortune pour Germaine et sa fille... Il ne les avait donc pas oubliées, les chères créatures, et il rêvait pour elles un bonheur aussi gant qu'avait été grand leur mal.

eur.

ü C'est ‘avec des larmes si amères, c’est avec un repentir si poignant que Gabriel fait l'aveu de son crime, que malgré la rigidité de mes principes j'ai eu pitié de lui,

‘“ Vous ferez comme moi, Véronique, Vous aurez pitié. Vous pardonnerez, :

—Psrdon |! oh! pardon ! balbutia Ga.

briel, tendant les mains,

Mme Sollier répliqua durement :

—Jamais |

Richard reprit :

. —Au nom de Marthe, votre petite:fil.

le, pardonne: !

—Au nom de Marthe l’enfant sans nom, je refuse |

—Je fais sppel à votre tendresse pour elle. Songes à son avenir,

—Son avenir ? répéta Véronique, il est près de moi! Nous ne nous quit-

- terons plusl!

Sans doute, mais n'oubliez pas que

“oi Vra ave

selon votre volonté 1... L'enfant ra |

—Je vais la chercher... ï

Et, d’un pas saccadé, elle sortit,

—Ah ! murmura l'officier de marine au désespoir, en la suivant de ses yeux pleins de larmes, cette mère est implacable !

Tu as été implacablo pour elle ! Ah le poids de la faute est lourd à porter, n'est-ce pas, quand la faute a produit de telles conséquences ! Enfin, je te dis Espère, Tu dois attendre le jugement de Marthe, C’est une enfant, mais dans ce corps de fillette il y a l’'Ameet l'intelligence d'une femme 1......

Gabriel,torturé par d’indicibles angoisses, tomba anéanti sur un siège et, le vi.

sage enfoui dans ses mains, il-fondit en larmes:

Les larmes appellent les larmes ; la vue de la douleur provoque la douleur.

Richard Vernière souffrait des souffrances de son ami et il aurait voulu pouvoir les calmer, mais il comprenait son impuissance, il le laissa pleurer silencieusement,

Tout à coup l'officier de marine releva la tête. ;

Des pas venaient de se faire entendre dans le couloir conduisant au cabinet de l'industriel,

La porte de ce cabinet s’ouvrit et V6.

ronique entra, tenant par la main Marthe étonnée,

Son autre main était appuyée sur la tête de sa petite-fille.

Elles formaient ainsi un groupe d’un asspect saisissant, :

Toutes deux se dirigèrent vers l’extrémité dé la pièce où se trouvait Gabriel Savanne.

Celui-ci en les voyant paraître avait brusquement quitté le siège sur lequel il s'était écroulé dans l'attitude d’un homme au désespoir, et debout, le visage livide, lés yeux voilés par les larmes, il regardait Marthe... sa fil-

6,...°°. AVEC un trouble, avec une émotion plus faciles à comprendre qu’à dé.

crire,

Son cœur battait à grands coups irréuliers, comme s’il allait briser sa poi- |

juge-

trine ;—ses veines lui semblaient char.

rier tantôt un feu, tantôt de la glace, et ses jambes tremblaient sous lui comme celles d’un fiévreux de la campagne de “TR

ut, pour se soutenir, s’a uyer d’une main au dossier d’un fautehil, et il resta comme en extase devant celle dont les traits lui rappelaient d’une façonfrappante ceux de la pauvre morte à qui 80n amour avait été si fuueste.

Elle était mieux que jolie, la petite Marthe, elle était douée d’un charme irrésistible sous ses vêtements de deuil dont la teinte noire faisait bien ressortir la pâleur mate de son visage, —L'intel.

pa rt se lisait sur sa physionomie at.

tristée et dans ses grands yeux bleus— lee yeux de sa mère—dant en ce mopos uue sorte de brouillard voilait clat.

Entre ces quatre personnages réunis ,

dans des circonstances si insolites, il y eut un moment de gêne,

Pendant quelques secondes règna un silence glacial,

Ce fut Marthe qui le rompit,

L'enfant ne savait rien de ce qui se passait et ne pouvait soupçonner le rôle qu’elle allait jouer dans je plus intime de tous :es drähes,

—Bonne maman m'a dit que vous dé-

siriez me voir, monsieur l'officier, fit.

elle en s’adressant à Gabriel Savanne,

De même que le ruarin avait subi le cha :e du visage de Marthe, de même i subit le charme de sa voix douce et k natimbrée.

« emué jusqu’au fond des entrailles, il oublia pendant un instant la raison d’une solennité terrible qui le mettait en présence Jde sa fille.

Hypuotisé par son regard aussi bien que parÿson organe;il fit un pas en avant les bras étendus comme pour saisir l'enfant et la serrer contre sa Poitrine,

Poussée par une instinctive ét incons.

ciente sympathie, Marthe, naïvement, allait allér à lui,

Véronique la retint,

—Mignonne,—lui dit-elle, — écoute.

moi, et regarde bien la personne à la.

quelle tu viens de parler...—Ce monsieur, cet ofMcier, reut que iu saches

pRæb a00 wa

nm pn

Pan, Pen

laient char.

, s'appuyer nnteull, et eyant celle t d’une fa.

uvre morte funeste.

, la petite un charme 5 de deuil en ressortir 2, —L'intelmomie atux bleus— nn ce moard voilait

ges réunis ,

lites, il y règna un

ce qui se ner le rôle 18 intime

> vous décier, —fit.

Savanne, it subi le de niême douce et

trailles, il la raison e mettait

uasi bien en avant ar Saisir poitrine, t inconsivement,

- écoute.

nne à la.

Ce mon- \ sachés

EEE NES MS vos ananas x DSP | NE SA Pr nd en

qui il est'et pourquoi il a demandé à te Mais, brusquement, l'enfant s'était voir...—[l veui qu'on t’apprenne quels arrêtée, et dans ses yeux si doux s'allu. liens inconnus de toit’attachent à ui... | maient des lueurs hostiles.

Il veut, lui, homme, ayant pleine cons- — Vous vous nommes Gabriel, n’est. ciences de ses actes, que toi, enfant, tu | ce Pas, monsieur ? demanda.t.elle d'une connaisses ses actes, et que tu les ju. | voix devenue presque dure,

ges —Me comprends-tu, ma chérie ?.. —Oui, Gabriel, ma fille bien-aimée...

Avec une adorable candeur Marthe | ton père... Appelle.mai ton père !

répondit : Et à son tour, ii s’avançait vers l'en. —Je comprends, bonne grand’mère, | fant,

en t’entendant parler ainsi, qu'il s'agit Elle recula et, éclatant en sanglots

de quelque chose de bien grave, Car ta | elle bégaya ‘

voix est triste ......—— Elle me rend — Vous avez été bien cruel... vous a-

triste moi-même .....,— Pourquoi ? | ves bien fait souffrir... vous aves bien tM ÏBeessce fait pleurer ms petite mère. | Véronique fit un effort pour par- Ces paroles de Marthe ravivèrent inse

ler, tantanément la colère et la haine de

On devine combien il était doulou. Véronique,

reux pour elle d'expliquer à sa petite. ETS, à fit.ell denient fille les motifs de l entrevue nollicité tu les as connues 1e pq pes Ep ta où plutôt exigée par Richard Verniè- petite mère !.......,Tu as vu ses larmes re,

l LLLATIITT] ne ant del d'une | Para La mines Le GuU voix mal affermie, ta petite mère t'a | près de son chevet, quand elle est mor. gere sans doute, ne fût-ce qu’une fois, te, épuisée, tuée par le travail, les pris | e l’homme qui l'avait aban onnée...… | vations et le chagrin, dt —Elle\m’en a parlé, oui, graud’mère, L'enfant sufloquait.

au moment où elle allait partir pour u ina dt ‘ aller vers lé bon Dieu... C'est à peine si elle put articuler ces

il | Ç ; : * | mots. jh Gabriel Sante lébrile Véronique désigne |" Gni oh | oui... elle a bien | abriel Savanne, . set n —Eh bien ! mon enfant—reprit.elle — panne de les bien souffert ma pauvre | l’homme que ta mère a aimé et qui a Implacable, Véronique continua : | | Ra 6 son amour par le plus cruel, par Auprès du lit de mort, ma chérie, tu | e plus injuste abandon...….....le voilà. étais seule..…...Où était-il, lni Pu

C’est ton père. l’auteur de tant de mal? Où était-il ? L'effet produit par ce: soudaine ré: | Son lâche abandon lui laisso-til aujour. vélation ne tut point ce: ui qu’attendait | G'hui Je droit de revendiquer une pa. Mme Sollier, ternité dont, pendant plus de sept ans, Y a-t-il autre chose qu’une fiction | iln’a pas daigné se souvenir ?...... Ac dans ces mots ivventés par les roman- t-il le droit de t'offrir aujourd’hui son ciers et les auteurs dramatiques : la argent, sa protection, quand hier il lais. * voix du sangf sait conduire au cimetière, sans lui a. - Toujours est-il qu’à peine Véronique | voir termé les yeux, ma fille, ta mère, avait-elle dit : C'est ton père! que Mar. | la pauvre Germaine, dont la charité pu. the, se dégageant de l’étreinte de sa blique à payé la tombe ?...... A-t-il le &rand’mère, un criet courut au | droit sous prétexte qu'il est ion père, marin en balbutiant 8, de te demander maintenant tu tendres. —Papa ! Papa | A se et tes baisers, lui qui n’a donné à ta A ce cri, qui l’enivrait dé joie, le ca- mère, à toi, que larmes et souffrances ? pitaine de vaisseau répondit : ‘Ia voulu être jugé prr toif.... Eh —Ma fille... Ma fille, bien ! mon enfant, souviens.toi de ta Et il ouvrit les bras, Croÿant que Mar: | mére ét, maintenant que tu sais tout, mA ‘the allait s’y jeter. sois le juge de cet homme ! ;

D Sn pre FL à o Dome UE. “NS

mn et ,

! F D Fe STONE IERRENR NE MRONEEr : SAR SEL DESSUS ESS UES Dg ns —

Un grand silence se fit, petite mère qui est au ciel., il faut que ; u es,

Toutes les poitrines étaient oppressées. ette fois la résistance de Mme Solli.

Marthe levait ses yeux humides sur | er se fondit, “ve Véronique et lui prit les mains, —Le jugement de l’enfant c’est le j1- —Grand’mère, Commenfa.t.elle d’une : gement de Dieu, fit-elle, Puisque la mè. trés basce et comme brisée, mais | re et la fille ont pardonné, je ne puis me qui s’affermit peu à eu, le matin du montrer implacable... Je pardon- Our où ma petite mère est morte, elle | ne... m'a parlé pour la première fois de mon —Oh ! merci! merci ! s’écria Gabripère...Elle a relu une lettre, ‘la seule | el en prenant la main de Véronique qu’elle eût gardée de lui... Puis, après | eten essayant de la porter à ses Jèavoir pleuré bzaucou » élle m’a donné vres, cette lettre en me dissant : Elle résista, avec douceur mais avec sé Lg .. il + SE le mal fermeté, qu'on nous à fait .. aman, alors, m’a —Non jeur, dit. serré sur son cœur et m'a embrassée Je ne OUR me pes 0ela de bien fort, prête à rendre le dernier sou. Mais il y aura toujours une tombe enpir, puis de sa voix qui s’éteignait, elle tre nous, EU + 4 Sois nique Sp Cgf ci Gabriel baissa la tête. ©, 2018 courageuse, s0is sage,reste tou. 1 renai jours une honnête pue 1 èta peti- Pda rer rent jen la mère de mère qui ne sera plus prie pour î jé i » :

elle, et si Dieu permettait que tu te EYE vu 98 étais possible, l'oubli ne vesun jour en présence de ton +. pardonne-lui comme je lui par-

Et Marthe, le visage inondé de pleurs

E > e votre demeure... ,, Gabriel Savan- Mes se Jeta dans les bras de Gabriel Savan- A et moi, nous avons à causer d'affaires nu ne a venait de tomber à genoux de- avec vou vantelle : f i À . toi

“A. vite: balbutint-elle où " VA ut la petite fille qu répon l’embrassant, c’est ma petite mère qui —Qui, monsieur, fit-elle, Je vais m'en che vous Agen AE à l'étoufler et | ler... e 1 riel serrait Marthe ufler e P ‘offici 2 le souris de baisers, Wu er ame vers l'officier de ma. ne] Ta Vernière essuyait àfla déro- —P j i, n’ Ln de grosses larmes qui coulaient une pas ? An Nr à es tem à une sur ses jous.

—QOui, ma chérie. .

Seule, éosique pâle et raidie dans —Demain 1... ÿ une immobilité de statuë, semblait ne —Demain oui, maie Pour bien peu de & avoir encure désarmé. temps, je serai obligé de quitter Paris i fl marin tourna vers elle un re- dans la soirée, vann gard implorant. — Quitter Paris ? répéta Marthe, pour. fille, the comprit la supplication muet. qui.

te contenue dans ce regard. Parce que je suis marin, ma chère eur I e marcha jusqu’à sa #rand’mère, la petite Marthe, et je dois reprendre la L rit par la main, et l’attirant avec une | mer un long voyage... Sollie Uceur irrésistible, la conduisit en fa- — Mais alors, passé demain, je serai seau, ce de Gabriel Savanne, : longtemps sans vous voir ? ce ser nne grand’maman... lui dit-elle Gabliel tressaillit, j'aime d’une voix en même temps émue et Pressentiments de mort pochaine âme... Câline, il faut que tu fasses comme ma | lui revenaient à l'esprit,

—Oui, longtemps, ma chérie, … ré- k —V

aut \ pondit.il, Mais il ne faut pas penser à tait venu me trouver... 7 me cela porte DOS nons reverrons des sur sa fortune une s0m 1e Solli. main met 6 francs.

. —Et, reprit l'enfant, nous irons, avec —Trois cent nil] t le jn- ne MAMAN nous agenouiler sur la | ronique, stupéfaite e la mè- tombe de ma petits mère, n’est.ce pas ? | © iffre, énorme po puis me 1 faut aussi jui demander pardon à —Il ena ardon- elle... ant de su | —Nous irons, le te le Promets...répon. | dre à son fi Gabri- dit l'officier en embrassant fiévreuse. d’ailleurs © onique ment sa fille. revenus qu'il aurait pu es lè- —Va, maintenant... fit Richerd Ver- 8ppauvrir ce fils... nière, entre te ; avec ‘ L'enfant Ohéissante, quitta je cabi- | fille de Germaine, elle net, | A mère, si elle eût véc cela. XXVII de nué.….. rer ru L'industriel, resté seul avec l'officier | ] industriel € marine et Véronique, prit aussitôt la ésir de Gab parole. Is Cent mille fr.

re. de —Madame Sollier, dit-il, ne parlons | & valoir ra A po AA plus du passé... La fille de Gabriel, je ne peux lui ref: à inspirée à coup sûr Par l'âme de sa mère cepte, et jutiliserai 'érhis vient d'effacer jusqu’au souvenir , des Payerai les intérêts scène fautes de son père... Vous l’avez Pour cent l'an, ce regae Compris, je vous en sais gré pour mon Marthe un revenu de Vans ami, et je vous en remercie pour moi- administré par vous Lis même... : sant pour l'entretien # En ce moment nOU; somme: réunis vous ne ne . tous les trois dans une pensée unique, Je suis certai po assurer le bonheur de Marthe, votre nomies qui SpA chère petite-fille or Menteront notableme “ M. Savanne vous l’a dit, il faut que —Ah | certes, oui. m le 2 janvier, dans trois jours, il reprene Dm ne la mer... il devra donc quitter Pa.

oi ris demain la soirée, pour arriver à éducation, tewps à son poste. On ne dépensers pas to “ La vie d’un marin partant pour un i lointain voyage est tre les mains de de Dieu... L'Océan est f tile en naufrages tention de ris il faut tout Prévoir. Gabriel 3e. qui viennent de vanne ne reverra peut.être jamais sa | ne quittassiez ur fille. ..., lez-vous !

—Pourquoi dites-vous cela ? imonsire eur Richard | s’écria Véronique. eur, si vous me 1 la - —Mon ami a raison de dire, © | s'écria la brave femme. Sollier..…….répliqus le capitaine de vais. server mon emploi de ai seau... jamais peutêtre. ... O6 sine } u’au i ce sera le châtiment que j'ii mérité, c&r lui j'aime déjà cette enfant u toute mon | pour moi, trop Le âme... sait, pour que je Vernière Poursuivit : Onnér sens césse d Î — Vous savez dés dans quel vut il é. | dévouement et de

e francs ! répéta Vé., par l'énoncé de ce.

le droit inccnte Ccomote à ren.

ue héritier, et

Savanne a déposé

c’est trop, cela.

à raison de qua qui constituera à douze mille fran et plus que suffi.

de Marihe, que res élever dans

Onsieur, dit Mme.

Sollier,...... avec une pareille

6 pourra recevoir une

et, quoique n’é u

—Vous êtes une digne créature, Véronique |!

En agissant ainsi, monsieur Richard, je ne ferai que mon devoir... C’est vous, monsieur, qui voudrez bien régler l'existence de ma petite-fille, puisque M. Savanne est obligé de repartir.

—J’accepte cette tâche, et mon ami m'en saura gré.

—Jusqu’à la mort ! s’écria Gabriel en serrant la main de Richard Vernière.… Et je te remercie de toute mon âme!

Personne au monde ne saurait diriger LEP que toi la vie de ma chère petite

—J’espère me montrer digne de cette confiance !,..Marthe aura donc un jour une dot fort belle, et quand viendra le moment de la marier, elle sera trop bien élevée, st trop charmantepour qu’une personnes intelligent songe à lui re procher l'irrégularité de sa naissance.

“Maintenant il ne faut rien abandonner au hasard,..on ne sait ni qui vit, ni qui meurt... accepte le dépôt, mais je An le reconnaître par un reçu motivé.

—Est:ce bien utile ?..….. murmura Gabriel Savanne, répétant ce qu’il avait déja dit au début de son entretien avec l'industriel,

—C'est plus qu’utile, c'est indispengable......répliqua ce dernier, La somme sera encaissée par la maison Vernière, engagée dans mes travaux, j'en payerai les intérêts, et il faut bien que les trois cent mille francs inscrits sur mes livres représentent le compte de quelqu’un.

—C'est vrai....dit l'officier de marine...

—Mais ici l'embarras commence...

reprit Richard...….Comprenez-moi bien Véronique : Il faut, pour la famille de M. Savanne, pour la mémoire de sa fem.

me morte, pour que reste intact le respect du fils ignorant la faute paternelle, il faut que personnè au monde ne puisse soupçonner l’existence d’une enfant qu'Henri Savanne pourrait appeler sa sœur,

—Uh ! oui, que le secret soit gardé, bien gardé, non pour moi, mais pour mon üis, pour mon frère qui ne UT raient me conserver leur estime ! s’écria

Li 186 =

Gabriel... Madame Sollier, je fais appel à votre générosité |!

—Le secret sera bien gardé, monsieur ie vous le promets....répondit Véroni.

que.

—EÆEn quelque circonstance que ce soit ?

—£u quelque circonstance que ce soit, oui, monsieur | Je vous le jure sur la tombe de ma pauvre Germaine et sur la tête de Marthe !

—0Oh ! merci ! merci !

— Ceci ne tranche pas le moins du monde la difficulté...…..dit Richard Vernière.

La mention : Dépôt d’un inconnu, ne sufñrait-elle pas sur les livres ? demanda Gabriel,

—Ce serait irrégulier... Les livres d’u:

ne maison comme la mienne doivent être clairs, les céritures précises, n'ouvrant la porte à aucun commentaire, à aucune suspicion.

—Pourquoi n’aurais-tu pas reçu en dépôt, des mains de Mme Sollier la somms en question ?

Richard haussa les épaules.

—Parce que—répliqua-t-il—personne en pleine possession de son bon sens, n’admettrait que la gardienne de cette usine, notoirement sans fortune et touchant des appointements modestes, ait pu verser dans ma caisse trois cent mille france...

—Monsieur Vernière a cent fois rai.

BOD...—appuya Véronique.

Pourquoi il doit y avoir un moyen de concilier les choses sans tomber dans l'invraisemblance....…...

—Seruit-il inadmissible qu’un philanthrope très riche, une âme charitable, un protecteur de l’enfance, connu de toi mais ne voulant pas être nommé, ait versé dans tes mains un capital au profit de Marthe Sollier, orpheline ?

Sans répondre à cette] question, Richard vint s’asseoir à son bureau, prit une feuille de papier à lettre portant l'en-tête de l'usine, et traça ces lignes :

“ Reçu d’une personne Pésirant rester inconnue la somme de trois cent mille francs, déposée dans ma maison au nom de Âilie Marthe Soilier, fille de Germaine Sollier, décédée, et à qui je

appel

nsieur éroni-

le ce

6e ce re sur 10 et

ns du 1 Ver-

1u, ne nanda

oivent

n'ouaire, à

qu en a 80M-

"sonne | sens, > cette t tou- Les, ait t mille

Dis r'Ai-

moyen r dans

philan. itable, nu de mé,ait LU PrO-

on, Riu, prit Jortant igues :

15 re8is cent maison ile de qui je

payerai, à partir de ce jour, les intérêts

à raison de quatre pour cent l’an,

“Je m'engage à rembourser la dite somme à Mademoiscile Marthe Sollier ou à ses ayauts droit, sur la simple présentation de ce reçu.

“Saint-Ouen, le 30 décembre 1893,

Fe “RioHaRD VERNIBRE, .

“6, rue Hardoin.—Saint-Ouen, 4 Seine,’

Ceci écrit, l'industriel apposa sur le papier un timbre à reçu qu'il oblitéra avec le timbre de sa maison,

—L’'idée que tu m'as : :: 16e tout À l'heure était excellente- it-il à Ga.

briel Savanne—et voici le reçu que j'ai rédigé en me basant sur elle.

Il lut à haute voix ce qu’il venait d'écrire,

—C’est absolument bien ! — déclara l'officier de marins, — Rien n'est plus simple et plus logique que cette façon de procéder.

—Chacun est libre de disposer d’une somme quelconque en faveur de quelqu’un, de confier cette somme à qui bon lui semble pour la faire valoir, et de garder l’anonyme..….…..

—C'est indiscutable, — appuya Ri.

chard Vernière, Puis il ajouta :— C’est donc à Mme Sollier que je vais remettre ce reçu explicatit et bien en règle...

—A moi ! | — s'écria Véronique avec un geste de refus.

—£h |! oui, certes, à vous et à nul au.

tre dit vivement l'officier de marine, Vous êtes la tutrice naturelle de votre petite-fille... c'est vous qui devez Ja représenter en toute occasion... Prenez donc ce reçu, madame Sollier.… C'est l’avenir de notre chère Marthe que vous aurez dans les mains!

Richard tendit le reçu à la gardienne de l’usine en lui disant :

— N'oubliez pas, Mme Sollier, que si je venais à mourir avant la majorité ou le mariage de Marthe, votre de.

voir serait de réclamer immédiatement cette tortune à ma succession ... Votre devoir absolu, vous attendez bien...

—Je le ferai, monsieur, puisque c’est

|" L | LR mon devoir... répondit Véroni- |

ue.

Elle prit le papier et ajouta en s'a.

dressant à Gabriel Savanne :

—De là-haut, maj pauvre Germaine vous voit ; elle est heureuse de ce que vous faites pour sa fille et vous en re.

mercie par ms bouche.

En ce moment la servante Madeleine entrait dans le cabinet de son maître et venait lui annoncer que le diner était servi.

—Nous montons,ma fille, répliqua Ri.

chard,

—Que Marthe soit prête demain de bonne heure, je vous en prie... dit Ga.

briel à Véronique... ,., Je viendrai la prendre et nous irons nous agenouiller ensemble sur le tombeau de sa mère.

—Soyez tranquille, monsieur, l'enfant sera prête.

Et Mme Sollier se retira, marchant comme dans un rêve, pouvant à veine ajouter foi aux événements imprévus qui venaient de se succéder en si peu de temps.

Gabriel Savanne ne sembluis plus le même homme,

Une expression presque joyeuse avait remplacé le sombre découragement de son regard,

—Ah ! Richard ! Richard, s'écria.t.il avec abandon... comment te témoigner jamais assez ma reconnaisance ! Main.

tenant ma conscience est apaisée et le calme rentre dans mon âme !...Je puis aller embrasser mon fils et serrer la main de mon frère sans crainte qu’ils lisent sur mon visage le remords qui me torturait !

—Quand iras.tu chez Daniel ? deman.

da l’industriel,

—Demain, aussitôt après ma visite au cimetière de Saint-Ouen, ... Je serai sensé être arrivé le matin même à Pa.

ris.

—Je dînerai demain, comme tous les autres dimanches, chez Daniel où je verrai ma fille,

Je m’y rencontrerai avec toi,

—Ne me trahis pas, .,,,, Accueille.

moi comme si tu ne m'avais point enco.

re vu. à

—Sois sans crainte...,Pour t'obliger

Gi an 2 5

je trouverai la force de mentir, ce quine m'était jamais arrivé.

—Dieu te pardonnera ce mensonge | fit Gabriel en souriant.

nt repars-tu, exactement, pour n

—Je dois appureiller le 2 janvier à midi, pour sortir du port à quatre heu.

res du soir. ... .Je prendrai donc je train de Nice-express, le ler janvier à sept heures du soir... Je serai le lendemain à Toulon à dix heures, et avant de gagner mon bord j'aurai à voir le préfet maritime qui me remettra des

‘plis cachetés et des instructions.

—Bien...,le ler janvier je passerai la journée entière chez Daniel, en famil.

(= PA % —Nous te reconduirons tous à la gare de Lyon,

Tout en parlant Richard, Vernière avait pris le paquet soigneusement enveloppé placé par le marin sur son bureau, et contenant les trois cent mille francs destinés à Marthe et les dix mille devant payer Nestor Fauvette,

Sur l’enveloppe il traça, pour mémoi.

re, ces mots au Crayon rouge :

4 Débôr GABRIBL SAVANNE

—Ne vérifies-tu pas ? lui demanda Pofficier.

—Tu es sûr du compte des billets ?

—Je l’ai vérifié chez le notaire.

—Alors, il est parfaitement inutile que je recompte après toi. :

L'industriel ouvrit sa caisse, plaça le paquet de billets.de banque sur le por. tefeuille renfermant une partie de ses valeurs à lui, referma le coffre-fort et dit joyeusement :

—Maintenant, sions dîner,

Et il conduisit Gabriel dans son appartement,

Etant donnée l’heure tardive à la.

quelle on l'avait prévenue de constituer un pes aussi confortable que possible, Madeleine avait réalisé un véritable tour de force,

Son diner improvisé fat déclaré exquis, et il l'était réellement,

Une gaièté relative régna entre les deux convives,

Madeleine ne connaissait pas Gabriel Savanne, absent de France depuis sept.

années, et dans les circonstances parti.

lières et mystérieuses qui motivaient sa.

présence à l'usine, Richard Vernière eut grand soin de ne point prononcer

| devant elle le nom de son ami,

XXIX y

Véronique, en rentrant dans son logement, avait retrouvé Marthe qui li.

sait en l’attendant,

Elle prit l'enfant dans ses bras, la.

pressa contre son cœur et lui dit avec:

un attendrissement profond :

—Ton avenir est assuré, ma chérie. .

tu ne conbaîtras ni les humiliations, ni les privations de la misère... Tu se ras riche un jour...riche et instruite, et tu pourras prétendre au bouheur que n’a jamais eu ta pauvre petite mère,

—Tu dis, grand’maman, que je serai riche...fit l'enfant dont ces mots avaient.

éveillé la curiosité naïve.

—Oui, ma mignc une,

Tu iras en pension et tu deviendras demoiselle, une belle demoiselle.

—Mais je ne te quitterai Pas, cepen..

dant, grand’mère ?

—Jamais ! jamais ! ma chérie !

—Et comment ça se fera.t.il que je serai riche ?

a père t’a donné une fortune.

—AÀ

Véronique, montrant à Marthe le reçu que M. Vernière lui avait remis, ajouta :

—Tiens, la voilà, cette fortune,

—Cette feuille de papier, grand'mère fit la petite fille étonnée,

—Oui, ma chérie,

—Alors, elle vaut de l'argent, cette feuille ?

—Oui, beaucoup, beaucoup d'argent ... ©b nous allons la mettre dans un lieu sûr, \

—Dans ton armoire, grand'mère,

Mme Sollier réfléchissait et des appréhensions de toute nature envahissaient son esprit,

—Pon.…. non... murmurs-t.elle, 3e parlant à elle-même, s'il m’arrivait un accident... si je mouraia de tort

PÉPON a 2

Celle-ci et Marthe, en grand deuil, étaient prêtes et l’attendaient,

L'officier de marine alla serrer la main de son ami et rejoignit sa fille et la mère de Germaine que Madelaine, la servan-

te de Richard Vernière, devait rempla- |

cer pendant son absence.

Le lendau franchit rapidement la distance séparant l’usine du cimetière de Saint-Ouen dont les portes venaeint seulement de s'ouvrir.

Ce fut Marthe qui conduisit Gabriel Savanne à la tombe de sa mère devant laquelle tous les trois s’agenouillèrent en pleurant.

prièrent longuement avec ferveur.

Etouffé par les sanglots qui lui secouaient la pcitrine, le marin se leva et a.

près avoir murmuré une derniere fois ces mots : * Pardon ! Pardon ! ” su:

la froide pierre couvzant le corps de Germaine il entraîna sa fille.

Mme Sollier les suivit.

En quittant la cité des morts,Gabrielle Savanne entra chez un marbrier,

Là il commanda un tombeau de marbre noir, feriné par une porte de bronze et calcula avec le malbrier à combien s’éieveraient les frais d’une concession de cinq ans faite grâce à l'intervention du brave Magloire, la construction d’un caveau et l'installation du mausolée.

Ces comptes établis il paya le marbrier et reconduisit Marths et Véronique rue Hardoin.

Il fallut se dire adieu.

Marthe se mit à sangloter.

# Gabriel serra sa fille contre sa poitrinè l'embrassa fiévreusement et, s’arrachant à cette effusion paternelle qui lui meurtrisait le cœur, il reprit le chemiu de Paris en se demandant :

—La reverrai-je jamais. ?

Et il lui semblait entendre une voix intérieure répondre négativement.

L'officier de marine avait mené à bonno fin la tâche qu'il s’était imporée, et, la conscience soulagée d'un À cv coup, rien ne l’'empêcherait plus d'aller boulevard Malesherbes chez son frère Dani-

el, Alors eut lieu une scène touchar:te, Les denx hommes, dans las bras l’on de l'autre, mêlaient leurs exclamations

entre-coupées et leurs embrassements dans une étreinte fraternelle.

Enfin, à cette explosion de tendresse, une accalmie succéda, et Daniel put questionner son frère, après avoir en.

joint au valet de chambre de prévenir Herri Savanre de venir le rejoindre dans son cabinet dès qu'il serait rentré de la clinique, et de faire la même recommandation à sa fille et à Mlle Ver.

nière, quand elles reviendraient de la messe qu’elles allaient entendre chaque dimanche à l’église de la Trinité,

Le valet de chambre se retira,

Nous ne ferons point assister nos lecteurs à l'entretien des deux frères,

Ils ‘eavent que l'officier de marine était forcé de mentir à son frère eu lux affirmant que débarqué l'avant.veille à Toulon, il venait seulement d'arriver à Paris, et que s’il ne lui avait point adressé de dépêche pour le prévenir, c’est qu’il tenait à jouir pleinement de 88 surprise,

La surprise était grande, en effet,

pour Daniel qui adorait son frère aîné.

Mais à sa joie du premier moment

succéda une profonde déception quand

il bd à qué Gabriel n'avait qu’un seul

jour à passer auprès de lui, et que le

lendemain il le quitterait de nouveau

ur un temps indéterminé,

Seulement, homme de devoir lui-mé-

me, il comprenait trop le devoir pour se

révolter contre cette douloureuse mais

immuable nécessité.

Longuement il parla d’Henri Savanne ot mit son frère au courant des études

du jeune homme que lui-même avait di-

rigées, et qui, à vingt-quatre ans, très

estimé pour sa science,pour son caractè re, très aimé pour les qualités de de sun cœur et de son esprit, était sans le

moindre doute appelé au plus brillant avenir,ce qui rendit l'officier de marine

très heureux,—il nous paraît superflu de l'aflirmer.,

Ils s’entretinrent aussi des affaires de:

famille gérées par Daniel pendant l’absence du On 6voqua le souvenis de la pauvre Jeanne, morte si jeune en bénissant son.

fila eten = En son mari.

Les deux avaient tant de cho-

ses à 86 dire, aprés une séparation de Le juge d'instruction conduisit son près de huit années, que le temps pas. | frère en face d’un Couvert placé entre. sa Comme un éclair. ceux d’Aline et de Mathilde

Midi allait sonner lorsque Henri Sa. —Tu vas...fit-il...prendre la place de vanne, sa cousine Mathilde et Aline | notre ami Richard... Ordinairement il Vernière, la fille de Richard, firent ir. déjeune avec nous le diman ruption dans le cabinet de travail de iun)i son oncle,

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