‹ La Fille de l'officier de Marine [microforme]Chapitre 21 sur 84 · faut · texte numérisé non relu

faut

un égare-

e d’une fà.

—De quoi faut-il me souvenir l...

—Du peloton de laine de ta grand’waman Véronique.

—Ouisssssssse OUissssssss Je ME SOuviens ......

—Eh bien ?

—Grand’mère m'a dit: Ce peloton, si je mourais, tu le prendras, tu le porteras à M. Vernière, ou à notre bon ami le joueur d'orgue...

Mais grand’maman n’est pas morte, n'est-ce pas ?

—J’espère bien que non...... Mais elle est en danger, et M, Vernière est mort.

—Mort ! lui !.… Est-ce que c’est possible ?

—Ce n’est malheureusement que trop VTAlecosee

—Et grand’mère en danger... Alors, si elle meurt aussi, je vais rester seule,

. moi? toute seule 7...

—Non pas, seule ! Avec Magloire, ma mignonne... Avec Magloire qui t’aimera de tout son cœur, et qui trouvera moyen de te le prouver mieux que par des paroles... T1 faut penser à ton avenir, ma petite Marthe, Donne-moi le peloton ile laine qui contient le reçu de la grosse somme que ton père à versée pour toi...

—Oui... oui, mon bon Mazloire.......….

dit l’enfant, je vais te le donner comme grand’maman ma recommandé de le fai.

re... 7

Et s’approchant de la table à ouvrage où Mme dollier avait mis le peloton de laine dépositaire du précieux reçu, elle l'ouvrit, saisit le peloton et le tendit au joueur d’orgue.

—Prends. .. .prends........lui dit-elle puis elle retournn s'agenouiller auprès de la blessée, qui continuait à ne don:

mer aucun signe de vie,

Magloire glissa dans la poche de son vêtement le dépôt qu’il venait de recevoir, et murmura :

—A, moi, maintenant, de ‘veiller sur la pauvre mignonne si elle reste seule,

À son tour il se rapprocha de Mme Sollier, se pencha vers elle et prit une as ses mains Crispoes. :

Marthe pleurait, la tête appuyée sur la poitrine de sa grand’ mêre,

Le manchot voulait ouvrir la main qu’il tenait, afin de la détendre et de s'assurer ainsi que les membres n'étaient point rigides, que par conséquent la vie existait dans ce corps inerte.

Tout à coup il tressaillit,

Entre les doigts dont les articulations cédaient sans peive à sa pression, il voyait briller un objet de métal.

TL prit cet objet et l'examina.

C'était une breloque en or, un véritavle objet d'art représentant un lion tenant dans ses griftes une pierre précieuse sur laquelle se troavaient gravées deux initiales.

—Oh ! oh ! fit Magloire, voici quelque chose prouvant que la pauvre femme s’est trouvée en contact avec l'assassin qui était en même temps un voleur, qu'elle a lutté contre lui pour l’empêcher de fuir, et que ce bijou lui est resté dans la main quand on l'a frappée...

Cette breloque pendait à une chaîne...

C’est certain que l’anneau qui l’y fixait s’est brisé.C’est un indice, cela...Ça four.

nira peut-être le moyen de trouver une piste, si par malheur la pauvre maman Véronique, qui a dû voir le criminel, ne pouvait parler. Daus ce cas la justice ferait ses choux gras de ce bibelot,

Soudain les idées du brave Magloire prirent une autre direction, P

— La justice !..... répéta-t-il en se grattant la tête... Elle se trompe dix-neuf fois sur vingc!l.…. La police, souvent,-n'y voit goutte, malgré ses lu.

nettes à verres grossissants.,.. Avant de remettre ce bibelot'aux gens de ju3tice et de police, attendons que les médecins aient donné leur avis sur le cas de maman Véronique. Nous verrons ensuite de quoi il retourne.

Et le manchot glissa le bijou dans sa poche.

En ce moment arrivait un médecin, suivi bientôt du commissaire de Saint.

Ouen et de deux ou trois conseillers municipaux,

Revenant de Paris, ils avaient vu les lueurs de l'incendie et étaient accourus sur le lieu du sinistre.

Ja agentoourut à Îà rencontre au comuwissaire,

Monsieur le commissaire... dit.

il....,.nous sommes en présence de crimes épouvantables.,.... Ilya eu double assassinat, vol et incendie,

—Où sont les blessés !

— Dans la loge de le gardienne,

Le magistrat, escorté par le maire, gagna le petit pavillon resté seul debout au milieu du désastre général.

Ils y trouvèrent le docteur Bordet penché sur le corps de Mme Sollier auprès de Marthe sanglotant.

Est-0e bien un assassinat ? demanda le comuissaire.

- —Il est impossible d’en douter, répondit le médecin.

—M. Vernière.

—AÀ été frappé d’une balle en pleine poitrine,

—Dangereusement blessé ?

—Il est mort.

—Mort ! répétèrent avec épouvante le maire etle commissaire. .

Le docteur Bordet poursuivit, en désignant Véronique :

—Et cette pauvre femme, atteinte dans la région temporale par un proiectile, n’a peut-être plus que quelques heures à vivre et peut mourir d’un moment à l’autre.

—C'’était la gardienne de l'usine,

Oui, monsieur.

—Serait-il possible de l’interroger ?

—J'ignore si elle reprendra connais-

ce.

— Elle seule pourrait nous apprendre ce quis’est passé, Elle a dû voir, l’assas-

sin,

— Elle l’a vu certainement, mais pour.

ra-t-elle jamais le nommer ? Son état est des plus graves...La nécessité s’impose de Ja faire transporter immédiatement à l'hôpital.

Un agent reçut l’ordre d'aller chercher un brancard à la mairie,

Deux hommes de bonne volonté s’offrirent pour ‘’accompagner.

Vous voudrez bien dresserun procès-verbal, n’es-ce pas, docteur ? dit le commissaire au médecin. Quant au cadavre de M. Vernière, on ne peut le

. laisser étendu sur le plancher de cette lge...Où 7 at-ilun hé?

—Il y a, au premier re le lit de Mme Sollier... répondit Magloire qui

serrait contre lui la petite Marthe éplorée.

—Eh bien ! reprit le commissaire qu’on monte le corps au premier étage et qu'on l’étende sur ce lit,

L'ordre fut à l’instant même exécuté, On. souleva le ‘cadavre et on le transporta dans la chambre de , Véroni-

ue. > - —Je crois qu'il serait bon -de faire prévenir le parquet et la préfecture de police. ...... dit le maire au magistrat.

—Je vais envoyer un agent.

Et, \'rant un carnet de sa poche, le commissaire en détacha deux feuilles, sur lesqueiles il traça au crayon les ligues;suivantes :

‘6 Double assassinat, vol et incendie, à Saint-Ouen, à l'usine de A1. Richard Ver.

nière, une des victimes. — Présence du procureur de la République et du chef de la Sûreté urgente. :

KW Le commissaire de police de Saint- Ouer, ”

—Une de ces feuilles au Palais et l’autre à la préfecture... commanda le magistrat à uu de ses sous-ordres. Prenez une voiture si vous avez la chance d’en trouver une, et, dans tous les cas, hâtezvous !

L'agent partit au pas de course.

Le maire et le commissaire quittèrent la loge pour gagner la cour où les pompiers ne pouvaient, hélas! que voir les décombres.

L'usine n’existait plus.

De la fabrique de couleurs et verms il

ne restait guère que des pans de mur.

Les docks n’avaient plus rien à craindre. ÿ

C'est là que 89 trouvait l'habitation de M. Vernièré,,. demanda le commis.

saire en étendant la main vers un amonhcellement de ruînes fumantes et de poutres à demi corsumées.

Oui monsieur, répondit un ouvrier de.

l'usine dont les cheveux roussis témoi.

eu,

—Qui pourra nous renseigner ici re« prit le magistrat puisque la gardienne est hors d’stat da narlar ?

Vs + Nues ae messe +

Claude Grivot s’avança, les vêtements

uaient qu’ils avait vu de: très près le

igistrat.

che, le feuilles, | les li-

endie, à ard Vernce du chef de

e Saint-

alais et.

anda le . Prenez ce d’en 3, hâtez-

ittèrent 53 pomvoir les

vernis il

> mur, à Craine

bitation cOMMISe in AMOhNhy et de

vrier de:

s témoi-

près le

* ici re.

rdienne

tements

trerapés par l’eau des pompes, le visage noirel par la fumée.

—Je vous dirai ceque je sais, moi, monsieur, fit-il, J'étais un des premiers sur le lieu du sinistre. ‘

—Qui êtes-vous ?

—Le contremaître de l’atelier des ajusieurs-mécaniciens de M. Vernière,

—Que savez-vous.

—Malheureusement bien peu de cho-

se

—Je venais de me coucher dans la chambre que j’occupe à l'hôtel meublé de Mme Aubis et j'avais éteint ma bou.

gie, quand tout à coup je vis mes fené.

tres s’éclairer d’une grande lueur... Je sautai en bas de mon lit et j'aperçus une colonne de flammes qui montait dans ie ciel au-dessus de l’usine.... Je m'habillai à la hâte, je sortis en: appe.

lant au secours, en criant au feu, et en compagnie de quelques ouvriers qui buvaient encore chez Mme Aubin, je me r’écipitai de ce côté,

La porte de l’usine était ouverte !

—Non, monsieur.

—Alors, comment êtes-vous entré ?

—J'ai fait la courte échelle à Magloi.

re, le joueur d'orgue, qui franchit le mur et nous ouvrit,..... Désirant sauver, si faire se pouvait, les livres de commerce et la caisse de M. Vernière,.

nous nous élançâmes vers la maison en feu...Au moment de l’atteindre nous nous arrêtûmes épouvantés en voyant devant nous deux cadavres.

—Celui de M. Vernière et celui de la gardienne.

—Qui, monsieur,

—Avez-vous pu sauver les livres et la caisse ?

—Malheureusement non........le vent a tempête qui souflait activait l’incen-

Le toit de l’habitation s'écroula, ensevelissant tout sous ses débris...

—Outre la gardienne, M. Vernière n’avait-il pas une autre servante?

—La servante Madeleine, oui, mon.

sieur.

—$e trouvait-elle dans la maizon ?

= J0J'Ig00IS...

Quelqu'un couchait-il à l’usine.? |

…-Oui, monsieur, .

—Qui !

—Un palefrenier surnommé l'Ecre.

visse à cause de sa tignasse rouge..….., ik couchait à l'écurie, dans une soupente, auprès de ses chevaux, et j'ai grand peur qu'il n'ait péri surpris par les flammes car, ce soir, le pauvre diable 6tait ivre comme un Polonais !

—Les chevaux ont-ils pu être sau« vés?

—Non, monsieur, ce qui me paraît

rouver que l’homme est mort, Vivant il leur aurait ouvert la porte de l'écurie.

Ah ! monsieur, tout cela, c’est ur époux aantable malheur |...

M. Yernière assassiné et près de deux cents ouvriers sans travail, par conséquent, sans pain,en plein cœur d’hiver, à Claude Grivot jouait l'émotion avec un talent de premier ordre.

—Où trouver un renseignement qui nous guide ? Un point de départ quel.

conque ? se demandait le commissaire de police très perplexe,

Et il'questionnait les ouvriers, sans qu’un résultat appréciable lui permit de se former un commencement d'opinion.

Ce brave commissaire, nous devons l’avouer, n’était pas très fort en matiè« re d'instruction criminelle, mais un plus malin que lui y eût comme lui, perdu son latin.

Le maire, de son côté, n’y voyait gout

Ils durent se contenter de faire prendre des mesures d'ordre pour que la foule des curieux n’encombrât pas le lieu du sinistre et qu'on pût, sans crainte d'accidents, c.atinuer à noyer les dé-.

combres. :

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