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Le coftre-fort sortant des ateliers de l'usine, un des ouvriers ayant collaboré à son exécution n’en avait-il pas surpris le secret, et ne se serait-il point servi de cette connaissance pour voler ?
—Richard Vernière était un inventeur distingué et un mécanicien de promier ordre... dit M. Savanne. Est-ce sur ses plans que le cofire-fort a été ex. écuté ?
—Je 1 crois, monsieur, répliqua Puieur,
—Mais sans l’affrmer...Claude Grivot le contremaître serait mieux à même que moi de vous renseigner sur ce point...
—Claude Grivot ? répéta L'aniel.
—C'est lui que M. Vernière avait chargé de l’exécution du travail
Daniel et le chef de le sûreté échangèrent un regard, puis le premier dit à Berthanut :
—Allez chercher Claude Grivot, en quelque endroit qu'il se trouve, et amenez-le-moï...
Berthaut sortit aussitôt pour s'ler exécuter l’ordre du juge d'instruction
Le docteur-magnétiseur O'Brien avait remis au mardi matin sa visite à son chef direct, afin de lui donner connais.
sance du rapport de l’agent Schultz qui pendant trois jours avait surveillé l’entrée de l'usine de Saint-Ouen,tandis que son compère Blucker exergait une surveillance pareille, avec un collègue, aux abords du ministère de la guerre et de celui de la marine.
C'était le matin, avant dix heures, qué le baron Guillaume Schwartz recevait les renssignements des espions à la solde de la Prusse.
Cet important et actif personnage se levait de bonne heure et son premier travail était de prendre connaissance des journaux du matin, soulignant au crayon bleu sur chaque feuille les taits pouvant intéresser son gouvernement toujours en éveil au sujet de ce qui se rapporiait à notre armée et à notre flot-
Il venait de déplier le # Petit Journal. ”
En tête de l’une des colonnes de 1e première page, un entrefilet attira son attention, sous cette rubrique :
4 Grand incendie et assassinat à Saint-Ouen ‘!
Le nom de Saint-Ouen, où il savait que par son ordre une surveillance é.
tait exercée, lui fit lire les lignes suivantes :
‘ À la dernière heure, nous apprenons ‘ que l’importante usine de l'ingénieur “ Richard Vernière est en feu. Le grand « industriel aurait été assassiné, nous dit- ‘ on, Le vol a été le mobile du crime, À 4 demain des détails,”
Le baro: fronçga ses épais sourcils et “ne un s ‘" Gadferdum ?” ! gutural,
Laissant là le ‘ Petit Jourñal ” il en prit d’autres et s'empressa de les dépliér et de les parcourir pour y chercherla confirmation de la nouvelle que nous venous de reproduire,
Aucun neput satisfaire sa curiosi-
Tous restaient muets au sujet de l'incendie et de l’assassinat de Saint- Ouen.
Il était impossible, cependant, d’ad. ,
mettre la vossibillité d’une fause nouvel.
le, personne n’ignorant que les reporters du ‘ Petit Journal ne se livrent jamais à des information fantaisistes, démenties le lendemain,
C'était imprimé, donc c'était vrai.
Guillaume Schwartz avait quitté son fauteuil, et tout en mâchonnant un é6norme cigare allait et venait dans son‘
cabinet de travail où il recevait ses subordonnés,
Un singulier soupçon venait de lui traverser l’esprit.
On frappa à la porte,
Entrez... fiteil,
LEE Te
\ > . 2 5 Fe <: ; + + L t De N ve ÿ 5 a | À ; ?
Le * Re ee , Jour «L valet de chambre de montre et dit | Robert Vernière, porteur d’une sacoche de le en allemand : de voyage eb d’une valise, n'allait nul. ra son —M. le docteur O'Brien est à... 11 | lement à Saiat.Ouen. demande si monsieur le baron peut le —Et où allait.il aonc .........le savez. if recevoir pour des communication im- | vous ? à at yortantes, —Si je ne le savais pas, Schultz, qui | — Qu’il vienne..….....Je l’aitendais... | ne le perdait goint de vue, mériterait j Le valet introduisit immédietement d'être cassé aux ga;zes comme incapable | savait 0’Brien, et la porte se referm et par conséquent inutile... Notre à 1CS 6e Le magnétisseur semblait joyeux, kinme l'a suivi jusqu’au guichet où on | s süie Schwarts se réinstalla dans son fau. | délivrait les billets et l’entendu deman. ! teuil, fit signe au visiteur de s'asseoir et | der un ticket de première classe pour i PER ” lui demanda : ; erlin, ( Moiur —Y at-il du nouveau ? —Pour Berlin! répéta Guillaume il 5 grand —llyena, Schwartz. Roberi Vernière a pris hier k A Te —Quoi ? A . | soir un billet pour Berlin : 1 ime, À —Schultz a trouvé la piste de Roberi --Covine je viens d’avoir l'honneur Ed ime, des it Gin ee de vous lo sa | è —— 2’es ui qu'il s’agit 2... —L'agert Schuliz ne vo à 1808 rcils et fit le baron avec un tressaillement visi. p6 ? , Fo nm. | | gutu- po —Dans quel but l’aurait.il fait ? la À —Oui, Mais nous savons peu de cho- *—Et il est certain qu'après avoir pris {ii ‘il en ses... é ! f son billet, Robert Vernière est monté s dépli- —Tantpis !....….....Enfin, que savez. | dans le train partant pour l’Allemagne? rcherla vous ? \ ï Ne —Certain, oui.......Robert muni de ous ve- —C'est hier au soir, vers six haures, | son ticket, est allé aux bagages où il a que noire agent, dont tontes les recher. | fait enregistrer ses valises... et s’est urioBis ches jusqu’à ce moment étaient restées | rendu dans la salle d'attente dont les sans résultat, a mis la main sur Robert portes s'ouvraient pour le départ, hi de Vernière qui sortait d’un restaurant voi. — Et ensuite ? haine sin de la gare du Nord... : —Et ensuite, Schultz est venu comme —Schults ne surveillait donc pas 1 U- | c'était son devoir, rhe rendre compte de j sine de Saint-Ouen, ainsi qu’il èn avait ce qui venaii de/se passer. d'ad. reçu l’ordre ?
nouvel. —L’usine étant fermée et l'ingénieur XLV Tepore Richard Vernière absent, Schultz avait livrent cru pouyoir rentrer à Paris sans risqu:r Le grand chef du bureau des rensei. d'encourir un blâme, sa surveillance à gnements de l'ambassade de l’Allema. tes, dé- Saint-Ouen dans de telles conditions, ne gne prit sur la table le numéro du Pe. pouvait ê:re d'aucune utilité, rit Journal où se trouvaient les quelques, di —Enstite ? lignes concernant les événements a2.
—En voyant passer devant lui Robert | com lis à Saint-Ouen, au cours de la té son Veruière, notre homme le reconnut du | soirée et de la nuit précédentes, et met. (à uné- premier coup d’œil, et comme c'était , tant sous les yeux d'O'Brien l’article et ns s0n son devoir, se mit à le filer... qu’il lui désisnait du doigt lui dit : || es su- —Où ce filage le conduisit.il ? — Lisez cela, i
—AÀ la du Nord, , Le docteur abéit, ji lui tra. —Où sans doute il prenait le train —Quelle catastrophe 1... s’écria.t.il 1 pour aller à Saint-Ouen où Schults au- | après avoir pris connaissance de l’entre- il rait dû rester. et. N O’Brien eut aux lèvres un légor sou- —Cela vous frappe, n'est-ce pas ? 18 rire. , |. —Beaucoup, mais je ne vois pas quel. ‘Li —Monsieur le baron me permettra | le Connexion peut exister entre cette de lui dire qu’il fait erreur, répliqua-t.il,
SMART AE ARR Pr EG AA ROSE ANUS
. tout simplement unidiot !......S'il avait
nouvelle etle départ de Robert Ver:
nière,
Le baron eut un ricanement tout à la fois sinistre et comique, le ricanement de Méphisto dans le Petit Faust.
—Abh ! vous ne voyez pas cela...
fit-il ensuite... mon cher docteur, vous qui passez pour 1n fin renard, vour un rusé compère, il y « des circonstances où vous vous laisæ ‘es jouer psrspy jambe en L'y voyant que: uu
eu !
—Monsieur le baron.........s’écria O’- Brien avec beaucoup de dignité...
—Il me semble que vous alles un peu loin !
—Non ! cent fois non lo. 16 ne vais pas trop loin... l'agent Schultz est
eu un peu d'intelligence il serrit entré dans la sal!: d'attente avec Robert Vernière, au lieu de venir vous apporter son raprort; l'aurait suivi jusqu’au wagon, l’y aurait vu monter et n'aurait quitté le quai d’embarquemei t qu'après le départ du train ?
O'Brien ne comprenait pas encore la pensée de son chef.
Celui-ci poursuivit en désignant de nouveau l’article,
riens avez bien lu n’est-ce pas ?
—Qui,
—Le grand industriel Richard Vernière a été... paraît-il, assassiné et son usine incendiée.... ,Le vol aurait le mobile du double crime,
— Vous avez lu cela, et vous conti.
nuez à ne pas comprendre |!
—Je l’avoue.
—Uela me paraît, à moi, clair comr:e le jour....Robert Vernière a simulé un départ et n’est point parti...... Il est l’auteur de l'incendie, du vol et de l'assassinat de Saint-Ouen.
—Simples suppositions, ne reposant sur aucunes preuves,
—Les preuves !...Elles abondent 1... Et d’abord son voyage à Paris sous .un faux nom......que venait-il faire 1...
lui, complètement ruiné, ne recevant plus rien de nous, et ne pouvant plus ion tirer de 84 feivme,...….ii Vénait demander à so frère de l'argent qui lui
manquait à Berlin...lui vendre ce qu'il a surpris des secrets de notre artillerié de terre et de mer...Richard Veranière, homme d’honneur et de conscience in.
flexible, a refusé de traiter aveé lui et l’a traité comme il méritait de lêt,e..
La déception, la colère, la cupidité ont poussé Robert au fratricide..;,...1l a tué pour voler, il & incendié pour anéantir le traces de son passage... Nous connai-sons l’homme...il est capable de tous
--Cela, je le crois csnme vous...Mais néanmoins j'hésite à accepter vos con.
clusions jusqu’au bout... Robert, si gre.
din qu’il soit, n’a pas le tempérament nécessaire, n'est pas d’une trempe . assez vigoureuse pour commettre de tels crimes |
—Chez lui la soif de l’or a remplacé le témpérament..…..,.Un accès de fièvre nerveuse causée par la rage lui. a dan.
né la force d’agir. Dieu veuille que mes suppositions soient justes !
—Quel bénéfice pobrriez-vous en tirer demanda le magnétis eur.
Le baron Schartz lui lançë un regard glacial et répondi' :
—Je n’aime pay qu’on m'interroge.
O'Brien baissa la tête.
Schwartz reprit :
—Il faut que nous sachions les moin.
dres détails ae ce qui s’éit passé à Saint Ouer, comment l’assassinat a été com.
mis, et le chiffre de la somme volée par l'assassin.
—Mettes en campagne dés aujcurd’.
hui vos agents les pius actifs etles plus intelligents, et souvenez.vous, mon cher docteur, que je ne me contenterai pac des informations recueillies et publiées par les journaux.
O'Brien salua jusqu’à terre et quitta son chef en.se d'sant:
—Les raisonneménts du baron sont spécieux, j'en conviens, inais je persiste à croire qu’en se moment il se fourvoie.
Et pourquoi falt.il avec moi le mysté. -
térieux !... Robert Vernière pourrait.
il ts utile aux intérêts de l’Allemae —}Et il rentra chez lui afin de trans.
mettre à 868 agents les Ordres qu'il ve nait do recevoir.
ee bé big = Sol M
à 2 à D PT mo RP
L'attaché s'était réinstallé daus son fauteuil devant son bureau et 11 écrivit une longue lettra chittrée, qu’il mit sous enveloppe avec cette suscrip.
tion,
‘ Monsieur Frédéric-Hermann Schmith, négociant “rue Alsace-Lorraine, “ Berlin, ”
Ue Schmith était un agent chargé de faire parvenir au bureau des renseigne.
ments du grand état-major certaines communications de l’attaché de Paris,
Cette lettre envoyée à la poste, il se rendit à l'ambassade d'Allemagne où il alla chaque jour faire lui-même son rapport au premier secrétaire de l'abassa.
deur.
Retournons à Sairt-Ouen,
Claude Grivot, réclamé par le juge d'instruction, s'était aussitôt rendu au.
près de lui,
La mort de M. Vernière, l'incendie de l'usine, étaient des complications que le contremaître était bien loin de a quand il combinait avec Robert e plan de l’expédition nocturne qui devait les enrichir .ous les deux.
Ces complications... naturellement.
le préoccupaient et l’inquiétaient beau.
coup.
L'arrivée du caissier et l’interrogatoi.
re qu’on aliait lui faire subir l’alarmaient d’une façgnn tonte spéciale,
Un vieux proverbe dit : * Un homme averti en vaut deux !
—Ll était averti, il s'attendait à tout ei ce fut avec ls plus grand calme ap.
arent qu’il se présenta pour ia secon-
e fois devant le magistrat instructeur.
! Daniel Savaune, sans chercher à déguiser sa pensée sous d’inutiles précau.
tions oratoires, aborda carrément le nouvel interrogatoire qu'il se proposait de faire subir au contremaître.
1i débuta ainsi :
—V'est vous, nous a dit M, Prieur, qui
ur les indicatiocs de M. Vernière, avez
fait construire, dans les ateliers dont vous étiez le chef, le coffre-fort qui se trouvait dans le cabinet de votre patron ?
La question était directe.
Claude comprit qu'un soupçon allait planer sur lui s’il ne répondait pas *« veo assez d’habileté pour empêcher ce soupçon de naître, ou du moins de grandir.
—Oui, monsieur... répliqua-t. iles. Mais VOUS faites erreur sur un point... ÿ
—Lequel ?
—C'est moi, et non M. Vernière, qui ai donné les indications pour construire ce coffre-fort,
— Vous ?
—Oui, monsieur, En causant mécani.
que avec M, Richard, je lui dis qu’il pourrait ajouter une branche à son in.
dustrie et faire concurence aux grandes maisons qui ont en quelque sorte le monopole de cet article, en fabriquant des coffres-forts à secrets dont javais remar.
qué les dispositions Spachélés dans une usine où j'ai été employé en Amérique pendunt quelques mois, et pour lesquels j'avais inventé des perfectionnements,
—Alors, c’est bien vous qui avez présenté un plan à votre patron ?
—Oui, monsieur, et il }’approuva :
“ Construisez une caisse d’après oes données, me dit-il et no18 verrons s’il y a lieu d’exploiter votre invention ”.… J'e me mis au travail e:, le coffre-fort ter.
miné, M, Veruière s’en montra très ga tisfait mais curame nous avions d'immenses commandes à exécuter, il jugea que le moment n’était point favorable pour lancer l’usine dans uns entreprise nou.
velle......…., Il remit la tentative à plus tard, et Gr 4 par mon coffre-fort la caisse dont il s'était servi jusque-
-- ‘otre coffre-fort était *’-essaire.
meu: à secret... (e 8e: consis.
tait-il en une combinaisons & ; .sttres ou de chifires ?
—Non, monsieur,
—Ætait-il facile à découvrir ?
La question était dangereuse.
Un maladroit eût tergiverss,
Sans hésitation Claude répondit :
RE res Résa DE VENT DEN
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