DR PA TIRR TUE
#i dans la nuit terrible de la veille, elle avait vu ou entendu jee chose qui pat guider la justice dans ses recher-
La petite fille répondit d'une façon ‘très précise
“À demi réveillée, elle avait entendu un coup de feu,
Descendant aussitôt de son lit, prise d’épouvante, et ne voyant passa grand’.
mère, elle s'était élancée vers la fené.
tre.
Les flammes dévorant l'usine l’avaient fait reculer atterrée ; et elle avait, de toutes ses forces, appelé au secours.
Du reste, elle n'avait vu personne.
Dans ce récit rien ne pouvait fournir un indice, :
Magloire emmena Marthe, et M. Savanne poursuivit 809 enquête en interrogeant le gardien chargé de surveiller la porte de l’enclos s’ouvrant sur l'ex.
trémité de la rue Hardoin,
Le brave homme n'avait rien à déclarer, sinon qu'ayant fermé la porte le samedi soir, 1l s'était conformé à la règle établie en apportant la clef à la gardienne.
On marchait en pleines ténèbres.
—Mme Soilier pourra seule nous gui- . der....….répéta Daniel qui se leva, et suivi du chet de la Sûreté, alla dans la cour ho Claude se tenait sans cesse aux écou- —Monsieur Grivot......lui dit-il...
rassemblez ici tout Le personnel de l’usine... J'ai à parier à ces braves gens,
Quelques instants après, le juge d’instruction était entouré par tous les ouvriers et leur ixisait ce petit discours :
Une grande catastrophe vient de vous atteindre, mes 2mis.......{’incendie a détruit l’usine et le patron qué vous aimes tous est mort assassiné !,....
La justice le vengera.... Il vous faut chercher du travail dans d’autres ateliers...…. Mile Vernière, complète.
ment ruinée, ne peut rien pour vous, mais j'étais l'ami de son père et, en mémoire de lui, je vous terai distribuer demain, par Prieur et par Grivot, une in.
aemnité de huit jours,
Au nom de tous mes camarades, je
vous remercie, monsieur |... 8'écria le vieux Simon... Vous êtes un vrai homme !
Et les ouvriers se dispersèrent.
Daniel reprit en s’adressant au caissier et au contremaître restés près de lui :
—Quantà vous, messieurs, je vous prierai de vous tenir à ma disposition pendant quelques jours eucore, Vous toucherez un mois de vos appointe.
ments
—0Oh ! quant à ça, non, pas un sou !
répliqua vivement Grivot. Le patron «a été trop généreux avec moi pour que je ne vous donne pas en souvenir de lui tout le temps que vous voudrez...
—Jeidirai comme Grivot, monsieur, fit le caissier à son tour, pas un sou, et tout à votre service, ||
Daniel Savanne leur serra la main à tous les deux, très ému, en murmyrant :
Au n0m du mort, je vous remercie se
Ensuite, il jeta un regard autour de
ui
Il pensait à son neveu Henri, à qui il avait télégraphié de venir, et il se de.
mandat :
— Pourquoi ne vient-il pas ?
Au moment précis où il se posait cet.
te question avec un com'nencement d'inquiétude, le jeune homne arrivait le visage pâle, les traits décomposés, et devant l’amoncellement de ruines qui s'offrait à se3 yeux, demeura comme frappé de stupeur.
Daniel fit queiques pas à sa rencontre.
—Mon Dieu, que s'est-il dono passé ?
balbutia Henri Savanue d’une voix à peive distincte,
—L'incendie...….
—Oui, je vois, mais ce n'est pas pour cela, mon oncle, que vous êtes venu ici cette nuit ?...
Notre ami Richard... commença Daniel,
Il ne put achever, Les sangiots l’étouffaient,.
Eh bien ! eh bien ! notre ami Richard:
ins nee Liansl masse
demanda ie joue bomme—Hlessé pou œtre,
+ ve
Ab ! s'il n'était que blessé, on garderait l'espoir.
Mort !
Oui,
Mort dans les flammes ?
Non ! assassiné ! :
Assassiné ! répéta le fils de Gabriel Savanne en chancelant,,,, Oh! mon Dieu lo MON Dieu l CELL] Pauvre Ali.
ne,
I1 semblait au moment de défaillir.
Le juge d’instruction le soutint, et l’entraînant vers le pavillon de Mme Sollier où ils entrèrent ensemble, lui fit gravir l’escalier conduisant à la chambre mortuaire et l’amena jusqu'au lit eur lequel Richard Vernière, le visago calme, dormait son dernier sommeil,
En face du cadavre de cet homme, la veille au soir plein de vie et de santé et auquel il avait serré pour la dernière fois la main, place de la Madeleine, en le quittant, Henri restait muet, atter.
ré
— Mort assassiné 1... bégaya-t-il
Et dos torrents de larmes ruisselérent sur ses joues.
Après cette crise de violente é6motion, le jeune homme parvint à se ressaisir,
Il se laissa tomber à genoux près du chevet du lit et, prenant une des mains glacées du cadavre, il appuya ses lèvres
.sur cette main.
— Assassiné !....... balbutia-t-il en-
. suite,
— Vous si bon, vous que tous aimaient !
Vous dont il me semblait parfois être le fils, et que j'aurais été si heureux de nommer mon père |!
* Ces derniers/mots firent tressaillir Daniel Savanne.
—Que viens-tu de dire, mon enfant ?
demanda-t.il en aidant le jeune homme à se relever,
—La vérité, répondit Henri avec une douleur poignante, Mon rêve 6tait de devenir le fils de l’honnête homme qui “xt mort, et il ne peut plus me donne; :::: fille !
; 1 aimes donc Aline ?
-=De tout mon cœur, de toutes mes
forces, ét depuis longtemps |...
Fe
di | Re AE A PR RSR A TN EE ER nn ns
—Le deuil qui la rage est immense, mais il se vient point détruire tes rôves d'avenir...
—Aline, qui aime son père à l’adoration,pourra-t-elle supporter un pareil
ha ?
e mourra-t-elle pas en apprenant sa mort ?
N'aurons-nous pas deux deuils à porter au lieu d’un ?
—Allons, mon enfant, sois calme et n'envisage point l'avenir, déjà bien noir, sous des couleurs plus sombres encore, Aline aime sonÿ père de l'affection la plus tendre, la plus profonde, la mieux méritée, et la nouvelle de sa mort peut causer, il est vrai, de grands ravages dans son orgauisation délicate .. Mais nous sommes là pour panser les blessures de sa pauvre âme endolorie et de son cœur brisé...Nous sommes là pour veiller sur elle, pour l’entourer de nos soins, pour lui prodiguer nos consola.
tions, pour lui donner le courage de supporter une perte irréparable ! Tu ai.
mes Aline, Tant mieux, cher enfant...
C’est une créature exquise, un ange. de candeur et de bonté....J’arrr::ve ton choix, comme ton père l':°;:vuvera lui-même... Ton amour, qu'elle doit deviner et qu'elle partage sans doute, peut-être à son insu, nous sera d’un grand secours pour calmer son déses:
poir et ia rattacher à la vie..…...Je n’en, frisonne pas moins quand je pense au coup gap va falloir iui porter,
—Quie chargera de lui dire la vérit6 ? la vérité tout entière, —-[oi. mon enfant.
—Moi !....sss’écria Henri avec un mouvement d'effroi, 7ous voules que je sois le messager de l':Frorsble nouvel.
—Il le faut, Il le jaut, justement pare ce que tu l'aimes ! Tu te concerteras avec Mathilde et tous les deux, avec les délicatesses, avec les ménagements que vous trouverez dans votre atiection pour elle, vous lui ferez connaître ‘son mal.
heur. Moi, je ne me sens point le courage de me charger d'une si pénible tàche,
—Eh bien soit ! fit Henri avec effort, la tâche-devant laquelle vous recuies,
je l'accepte, Mais !: cigares. 013 au moins, ce‘ui qui fut io meillou: de nos amis e* {aisait pour ainsi dire partie de . notre famille ? le veugerez.vous ? ajouta le jeune homme en désignant le cadavre de Richard Vernière.
— Pour le venger j'emploierai tout ce qu'il y a en moi d'énergie | Pour le venger, je donnerais, s’il le fallait, ma fortu. ne.
—Connaissez.vous l'assassin ?
—Non.
—Ete:-vous au moins sur une piste {
—Je snia ensore en pleines ténèbres, mais je compte eur Véronique Sollier pour m'apporter la lumière quand elle pour». parler,
—l’ourquoi ne parle-t.elle pas tout de suite ?
—Frappée par les assassins, comme Richard Vernière !
—-Dangereusement ?
—Il y a tout lieu de le craindre,
—Elle aussi ! Ah ! la pauvre femme !
Mais la petite fille, l’enfant de cette malheureuse Germaine, si cruellement trompée que va-t-elle devenir ?
—UÜn brave homme, un joueur d'orgue nommé Magloire, eu prendra soin
endant le séjour de Véronique Sollier Store Saint-Louis. ,
—Toujours là pour faire une bonre action, ce brave Magloire ! Et c’est sur Véronique que vous comptez, m’avezvous dit, mon oncle, pour que la lumiè.
re se fasse, pour que vou: puissier at.
teindre les criminels.
rs nee
Oui, si elle vit.
—Elle vivra ! Dieu est juste! Il ne permettra point que notres:ri ï1e soit
pas vengé. Quel a ét6 vicisemblablement, le mobile du crime ?
—Le vol, c'est certain ! Que ce vol ait été accompli, ou qué le feu ait anéanti les valeurs dans la caisse, l'incendie a.
yant détruit l’usine, Aline est ruinée,
Les assurances payeront,
—Non.
Pourquoi donc !
Parce que Richard, changeant de ‘‘cmpagnie, devait aujourd’dui signer les polices. Or, les polices n'étant point signées, la Compagnie ne doit rien,
uvre Aline |! murmura le jeune
Tr ém
homme en cachant son visage dans ses mains
Puis au bout d’un instant, relevant la tôte :
Heureusement je serai là, moi, et je lui éviterai la misère | ajouta.t.il avec une énerpie qui témoignait de son ae
in . père ne me refusera pas une uot pour l’offrir à la fille de son meilleur ami !
Le bruit d’une voiture entrant dans à cour de l’usine incendiée se fit enten-
re,
L'oncle et le neveu s’approchèrent de la fenêtre.
Un fourgon de pompes funèbres, dit Henri Savanne, On vient enlever le corps de M. Vernière.
Où va-t-on le conduire ?
À la Morgue.
Comment à la Morgue ! s'écria le jeune homme avec un geste d'effroi,
Dans les circonstances particulières où nous nous trouvons, l’autor a est in.
dispensables,
Deux employés des pompes funèbres entrèrent, portant un cercueil qu'ils déosèrent sur le plancher de la cham
re.
L'ivspecteur Berthaut les accompagnait.
Il interrogea du regard le juge l'instructien.
Faites | répondit celui-ci.
Les employés placèrent le cadavre
ns le cercueil qu'ils refermèrent, et descendirent avec leur lugubre far.
deau.
Le fourgon partit,
Monsieur le ch:f de la Sûreté, dit Da.
nici Savanne quuxd le roulement de la voiture funèbre eut cessé “e se faire en.
tendre, télégraphiez, je vous pr's, pour qu’ vous énvoie de la Préiecture de nouveaux agents afin que ceux qui ont passé la nuit 1ci puissent aller prendre an pos dont ils ont grand besoin ‘et do vous devez avoir grand besoin vous-même, Que la surveillance ne se ralentisse pas autour des décombres 2 couvrent le coffre-fort, et qu'aucun
tranger ne franchisse le seuil du pavillan restés dehont,
Après avoir donné ses ordres, M. Sa.
Fr
vanne monta en voiture avec son ne-
veu pour se rendre au Palais où le pro-
«ch de la Républibue devait l’attenre.
ZXLVII
Mathilde Savanne, la fille de Daniel, avait dix-huit ans révolus.
Elle était de quelques mois plus âgée qu’Aline Vernière, l’unique enfant du malheureux Richard,
Toutes deux avaient été élevées dans un couvent situé à Saint-Maur.des-Fos.
sés, et dirigé par les sœurs du Saint.Sa.
crement.
Ellesen étaient so:ues à seize ans, pourvues d’une instruction solide, qu’il ne s’agissait plus que de compléter dis leurs familles. °
Richard Vernière, veuf et complètement absorbé par la direction de ses vastes entreprises, comprit l'impossibilité dans laquelle il se trouvait de s’occuper d’Aline et de faire de la jeune fille une femme accomplie.
I1 demanda donc à son meilleur ami Daniel de le suppléer en cette occurrence et de prendre Aline chez lui où elle vivrait auprès de Mathilde et partagerait avec elle les leçons des professeurs chargés de compléter son éducation par l’étude des arts d'agrément,
Daniel aimait la ‘lle de Richard.
Il accepta la tutelle morale que lui of.
frait son ami,
Ce fut un jour de grande joie pour les jeunes filles que celui où elles apprirent qu’elles ne se quitteraient pas,que comme au pensionnat elles auraient les mémes maîtres, les mêmes distractions, et qu’elles pourraient échanger leurs pensées comme elles l’avaient fait depuis leur enfance.
—Jamais amitié ne fut plus vive, jamois confiance ne fut plus absolue que celle de ces deux jeunes âmes, de ces deux jeunes cœurs, si semblables dans leur candeur et dans leurs aspirations vers le bien.
Daniel et Richard étaient heureux de voire le lien qui les unissait se resserrer encore par la mutuelle affection de 6 iours Ailes qu'iis auvraiczs,
Mathilde était-vide, enjouée, rieuse et pleine d'abandon, Aline avait une nature plus cal-
me,
Chez toutes les deux les qualités du cœur et de l'âme étaient identiques.
Henri Savanne vivait auprès d’elles,
Quoiqu’ayant une chambre au dehors rue de Charenton, tout près de l’hospice des Quinze-Vingts, où son service l’appelait chaque jour, il possédait un petit appartement dans la maison qu’habitait son oncle chez qui il prenait régulièrement:ses repas.
C'est Daniel Savanne, nos lecteurs le savent, qui l'avait guidé avec un soin et une tendresse vraiment paternels depuis la mort de sa mère,
1 aimait profondément son oncle et sa cousine.
Pour Aline, il éprouvait plus que de l’amitié.
Nous avons entendu le secret de son amour s'échapper de son cœur devant la couche funèbre sur laquelle reposait le corps de Richard assassiné.
Comment n'eût.il pas aimé cette enfant si belle, si bonne, si parfaite, unissant au charme le plus irrésistible toute les qualités morales ?
Dans le premier moment, la mort de M. Vernière lui avait semblé un obstacle à la réalisation de son rêve. Quelques mots de Daniel Savanne avaient suffi pour le rassurer complètement,
C'était vrail Plus Aline devenait pauvre et malheureuse, plus il devait l'aimer, calmer ses soufirances en les partageant, et faire d'elle la compagne de &: vie.
Mais la tôt que venait de lui impo.
ser son “:0}2 l'opouvantait,
Il allait briser le cœur de celle qui 6= tait tout pour lui. .
Cette pensée lui donnait le fris- 8on.
Cependant, si pénible que fût cette tâche, il l'avait acceptée, et il fallait qu’il l'accomplit le plus promptement possible, *
—Tu te concerteras avec ta cousine lui dit Daniel Savanne
Mathilde, quoique d'une nature vir-
et d’un caractère gai, savait être sérieu.
se au besoin, et la maturité de son esprit était grande pour son âge,
Elle comprenait mieux qu’Aline les exigences de la vie, ses vicissitudes et ses douleurs, et s'était formée au con.
tact de son père et de son cousin qui traitaient souvent en sa présence les plus graves questions.
Aline n’avait point, comme elle, l'in.
tuition des sc:ftrances humaines,
Douée d’une extrême sensibilité, elle se sentait le cœur gros en voyant cou.
ler des larmés, elle pleurait elle-même devant un malheur apparent, mais elle ne cherchait point à pénétrer les cha.
grins, les amertumes qui se dérobent aux regards, les misères qui volontairement s'enveloppent de mystère et d'ombre et ne sollicitent ni un secours, ni une con.
solation.
Ceci d’ailleurs ne l’empêchait point d'être capable de tous les sacrifices et de tous les dévouements,
A cette âme vierge et malléable, pré.
te à recevoir toutes les empreintes, il ne fallait qu’un maître, un maître bien aimé, pour développer et mettre en va.
leur ses qualités natives,
Ce maître, elle l'avait entrevu dans ses rôveries d'enfant. Elle le revoyait
lus distinct dans ses rêves de jeune
C'était Henri,
Mais elle gardait son secret pour elie seule, et le cachait même à Mathilde qu’elle appelait sa sœur.
Nous n’aflirmerions pas bis serendit un compte bien exact du sentiment qu’elle éprouvait ; mais il suflirait d’un mot, d’un rien, d’une circonstance imprévue pour l’éclairer et lui faire donner à ce sentiment son véritable nom : a.
mour |!
Henri comprenait cela à merveille, mais il se serait reproché de faire jaillir l'étincelle avant d’avoir la certitude que Richard Vernière approuverait la tendresse mutuelle des deux jeunes
À ph MEN T7 qui, du.reste, ne ui
semblait nullement douteuse, Mais, maintenant que Richard n’existait plus, c'était par l'amour qu'il comp.
taitessayer de rendre Moins Schasante
la nouvelle de la catastrophe faisant d’Aline une orpheline.
En quittant l'usine incendiée, le jeu.
ne homme avait sorcnapagne son oncle jusqu’au Palais de Justice et l'avait at.
tendu dans la voiture,
Daniel Savanne, après avoir rendu compte au procureur de la République de ce qui venait de se passer et du peu de progrès faits par l’enquête, était venu rejoindre son neveu et prendre avec ve le chemin du boulevard Malesher.
En y arrivant Daniel avait dit :
—[1 faut que la pauvre enfant con.
paisse le plus tôt possible la terrible vérité....Je rentre dans mon cabinet où j'ai à travailler... C'est là que tu me trouvéras quand tu te seras acquitté de la douloureuse... dé l'eftrayante mission que je te confie.
Avant de sé séparer de son oncle, le jeune homme demanda :
—N'’alles-vous point faire connaître à mon pére par une dépêche la catastro.
phe dont son ami vient d'être victime.
—Ton père est certainement embarqué à l'heure qu’il est.....répondit Da.
niel, et ma dépêche ne lui parviendrait pas...il est l’âme sombre, hanté de fu.
nestes pressentiments...à quoi bon aug.
menter sa tristesse en lui prouvant combien ses pressentiments étaient fondés ?
Va prévenir Mathilde, et tous deux, trouvez dans votre cœur le moyen d’amortir le coup que vous allez porter à cette pauvre Aline, et sauvez-la de son désespoir qui, si elle était abandonnée à elle-même, pourrait amener des suites funestes pour sa vie ou pour sa rai.
son, *
Sans répondre, la tête basse, Henri quitta son oncle et se dirigea vers l’appartement que Mathilde et Aline occupaient en commun, mais où chacune d’elles avait sa chambre.
Il fit un effort surhumain pour domi.
ner l’émotion' qui l'écrasait et frappe à la porte du vestibule qui communiquait
avec les deux chambres et un petit sa.
lon servant de cabinet d’études.
Ce fut Mathilde qui vint lui ouvrir,
Elle était souis,
aisant —Où est Aline ? lui demanda le jeu- jeu- ne homme.
oncle —Elle prend sa leçon d'anglais ......
tot. répondit Mathilde.
—Où 1?
endu —Dans le etit BAlON 0.
lique D'ici elle ne peut nous enten- L peu { dre 1 »
ie : Mathilde regarda son cousin Avec é- 1 ag tonnement et inquiétude, = ri —Assurément non, fit-elle. Mais pour quoi me demandes-tu cela À Elle lui prit les mains et conti.
Fee nus !:
t où —Ton visage porte l'empreinte d'une me tristesse profonde. On croirait que tes 6 de yeux se détournent des miens. Viens gsion tu m’annoncer un malheur ?....... Estil donc arrivé quelque chose à mon pèe, le ref He HA 6 —Ue n'est point de lui qu'il #ait ...
+ > ” —Ah ! que Dieu soit loué ! tu me ime. nee ls Mais alors, qu'y at:
g à Chère Mathilde, écoute-moi. Je drait connais ton âme... elle a toutes les déli- , fu. catesses. Je connais ton cœur... il est aUg- capable de tous les dévouements.. Je vaut fais appel à ces délicatesses, à ces insfon- tincts de dévouement, ils te donneront la — gi rnps et le courage u'il nous faut eux pour apprenne dre à Aline... ; er à Henri ne put continuer. À gon Sa voix s'éteignait dans s0n gosinée | er et de grosses larmes coulaient sur 868 i ues.
LT | F disthilde était devenue soudain très f e, ‘enri ". —Mon Dieu... mon Dieu.. tu me l'ap- fais per | balbutia.t-elle en se laissant CCUu- tomber sur un divan où Henri vint s’asune | seoir à côté d'elle, Quelle terrifiante nouvelle avons-nous donc à apprendre mai. à Aline? < 8 à | Tu ne le “auras que Ho tôt... Mais uait sois calme. . Lois Forte. ous allons Be | avoir besoin de tout ton calme et de | . toute ta OrCE .esssese r. Mathilde se raidit contre l’épouvante = grandissante qui l'envahissait en enten-
dant parier son cousin.
mal aflermie. Je t'écouterai sans faibles.
se... Tu sais que j'aime Aline comme ai elle était ma sœur... Quel que soit le coup qui va la frapper j'aurai la force et le courage nécessaires pour l'aider à le ne vend Parle donc, je t’en prie car l’
leurs, ie m'attends à tout... Je prévois les pires malheurs... Son père n'est-ce
certitude est un supplice...D’ail.
as 1... Il a été victime de quelque cho-
se? Il est blessét... Dangereusement peut-être...
Son père est mort! répondit sourdement Henri,
Mathilde ne put retenir le cri de douleur et d'eftroi qui s’échappa deses lè-
vres.
Po ci dssococooe répéta-t-elle atterrée.
—Pas de gémissements ! pas de plain.
tes ! fit le jeune homme avec vivacité il ne faut pas qu’Aline puisse t’entendre .… Tu m’as promis d'êtres forte ! Tiens ta parole !.….
Je la tiendrai... Mais pouvais-je &tre maîtresse d’un premier mouvement ?
Pouvais-je ne pas pose sous ce choc effroyabie ? Mort, le père d'Aline ! Mort notre ami !.. et comment ?
—Assassiné |...
Un frisson nerveux secoua le corps de Mathilde, la terreur agrandit ses
yeux.
Henri continua :
Et ce n’est pas tout !.. l'usine est incendiée... la fortune volée !.... c’est pour Aline non seulement le deuil,mais la ruine loose
—Le deuil et laruine ls. répéta d'une voix à peine distincte la jeune
{ fille, qui,malgré sa promesse de se mon-
trer énergique, sembiait au moment de perdre connaissance,
Henri lui saisit les mains et les pressa avec force dans les siennes comme pour lutter contre . la faiblesse qu'il voyait envahir sa cousine,
Elive ton cœur ! lui commanda-t-il si tu te laisses abattre ainsi comment nous aquitterons-nous de la mission dont mon père nous a chergés î Comment soutiendrons-nous Aline, si nous ne luitons point nous-mêmes ?.. Si nous pli-
* Je serai calme ditelle d'une voix | ons sous le choc, comment le suppor-
pren éme ntm ven ee M ce 77 Fo LU
tera.t-elle ?
Il la tuera !...
—Mathilde se redressa soudain,galva.
nisée par ces derniers mots.
—C'est vrai. .... dit-elle......il la tuera !...... Elle mourra peut-être de sa mort...
Elle aime son père comme j'aime le mien !
—I]l faut qu'elle vive !...C’est à nous de la forcer à vivre ! et d'abord c'est avec des ménagements infinis que nous lui révélerons l’horrible vérité,
La jeune fille secoua la tête.
—Aucune phrase, aucun ménagement ne pourront atténuer le fait, répliqua-telle...toutes les précautions oratoires aboutiront fatalement à cette conclusion terrifiante qu’elle est orpheline. La chère enfant, tu le sais bien, porte en elle le germe de la maldie de cœur dont est morte sa mère...à son âge, elle pour.
rait guérir, assurément, mais le
coup qu’elle va recevoir, et la crise qui suivra <= «vup, n’aggraveront-ils pas le mal au point de rendre la guérison impossible,
— Alors, je n'ai plus qu'à mourir ! fit Henri avec abattement,
—Mourir ! toi !.......bégaya Mathilde en jetant ses bras autour du cou de son cousin,
—Si Aline mourait, je mourrais, car tout serait fini pour moi dans la vie !
—Tu l’aimes ! s’écria la jeune fille qui venait de comprendre.
Ab, de toute mon âme !
—Eh bien : c’est dans ton amour pour elle que nous trouverons le salut, répli.
qua vivemsat la fille de Daniel Savanne Aline ne m'a confié ni ses pensées ni ses rêves de jeune fille, mais je suis fem.
me et, comme femme, j'avais deviné de.
puis longtemps qu’Aline t'aimait sans le savoir peut-être, car son amour pour toi devait lui paraître aussi naturel que sa tendresse pour son père, et maintenant voici ce que m’inspire mon instinct de femme : Avant d’annoncer à la pauvre enfant la foudroyante nouvelle, je lui app.endrai que tu l’aimes, non pas en ami, non pas en frère, mais an fiancé et que tu veux qu'elle soit ta femme, Nous pourrons ensuite avouer la vérité,
lui dire que son père est mort, sans craindre de la voir succomber à la dou.
leur, Ells comprendra que son devoir est de vrire avec toi,
A peine Mathilde venait-elle de prononcer ces derniers mots que la porte séparant sa chambre du petit salon qui servait de salle d’études s'ouvrit lente.
ment, et Aline, pâle comme un fantô- Eee soutenant à peine, parut sur le seuil,
—Je sais tout, bégaya-t-elle d’une voix brisée, j'étais là, derrière cette porte, j'ai écouté, j'ai entendu, je n’ai plus de père,
Ses jambes défaillantes fléchissaient, Elle allait tomber.
Lei et Mathilde s'élancèrent vers elle.
Lis n’arrivèrent point à temps pour la soutenir.
Elle battit l’air de ses deux bras et s’abattit comme une masse, à leurs pieds, sur le tapis.
En voyant Aline évanouie, Henri per.
dait complètement la tête,
Ce fut Mathilde qui, cette fois, lui rendit un peu de sang-froid.
—Sois calme et maître de toi, lui ditelle. Porte.-la sur son lit et cours chercher le médecin de la famille,
Henri obéit,
Vingt minutes plus tard, le docteur Arnaud, médecin attitré de la famille Savanne st habitant une maison toute proche, se trouvait au chevet de 1a jeu.
ne fille que Mathilde, aidée de sa femme, avait déshabillée et couchée.
Aline restait toujours évanouie,
Daniel Savanne, prévenu en peu de mots par son neveu, était au courant de ce qui se passait.
Le docteur Arnaud avait demandé les motifs de la crise subie par Aline,
On les lui expliqua,
—8i violente qu’ait 6té la secousse dit-il après un examen attentif, elle ne me paraît pas avoir causé daua l’organisme de cette chère anfant une révalnti.
on pouvant meti:e sa vie en péril... L'ac.
tion des calmants sera très rapide sur
te porai plus
saient, | vers y pour
ras et leurs
cette r.ture nerveuse et d'une extrême sensibilité...
Je réponds da Mile Vernière.…
Mathilde et Henri sentirent s’alléger le poide écrasant qui les oppressait,
Daniel Savanne remerciait Dieu d'a.
voir épargné la fille au moment où le pè-
re venait d'être frappé.
Le docteur écrivait une orionnance qu’il confia aux soins d'Henri et se retira en annonçant qu'il reviendrait le lende.
mai matin de bonne heure,
En somme, il se produisait une accal.
mie dans une situation si effroyable.
ment douloureuse,
—Elle sait que son père est mort sans que nous ayons eu besoin de lui appren.
dre.... pensait le fils de Gabriel. Elle sait que je l'aime et le médecin répond de sa vie... .
C’est à peine si j'aurais 056 espérer cela, il y a une heure,
Après le dîter auquel, on doit bien le Penser, une tristesso motone présida, le Juge d'instruction se retira dans 8on cabinet de travail,
Outre ses devoirs de magistrat, la mort de Richard Vernière lui imposait la tâche de prévenir son frère Robert et de lui faire comprendre que sa présence à Paris devenait nécessaire pour sauve.
garder dans la mesure du possible les intérêts de sa nièce,
Il écrivit donc une lettre très laconi.
que, ne disant pas un mot des projets que nous avons vu traverser son esprit relativement à la réédification de l'usi.
ne de Saint. Quen, il serait temps de lui parler àe ces projets lurequ'il se trouverait en présence,
A cette lettre i] en joignit une autre adressée à l’ambassader de France à Berlin.
Celle ci était pressante.
Le magistrat demandait avec instan. ce à notre représentant dans la capita.
le de l’Allemage de faire parvenir, ie pe promptement, la lettre destinée à
bert Vernière, dont il ne connaissait point l'adresse, mais qu'il savait habiter Berlin et s’être marié avec la suve du comte Henriot de Nayles,
Üeci fait, Juniei Savanne se dit que les Français résidant à l'étranger aiment
à se tenir au courant de ce qui se pas.
se dans leur pays et que, si par male.
chance sa lettre ne Parvenait pas au destivataire, Robert Vernière lirait sans doute le récit du crime dans quelque journal venu de Paris et se déciderait à se rendre France.
Il désirait en outre apprendre au pue blic que la justice ne perdait point de temps et que l'instruction de l'affaire de Saint-Ouen marchait à grands pas,
Séance tenante, il rédigea une note explicative détaillée, qu'il adressa à la préfecture de police, avec prière de la communiquer sans retard à toute la presse parisienne,
Ensuite, quoique brisé de fatigue, il se mit à relire les interrogatoires et los pièces de l'enquête qu’il avait empor:
tées en quittant Saint.Ouen, ainsi que les procès-verbaux du commissaire et le docteur Bordet.
A une heure du matin seulement il se coucha,
Quelque heures de sommeil lui suffi.
rent pour retrouver ses forces épuisées par la douloureuse et écrasante journée de la veille, ;
Debout dès le point du jour, il mit ses Papiers dans une serviette de maroquin noir à son chiffre, et envoya chercher une voiture.
Avant de parlir, il passe dans la cham.
bre d’Aline auprès de laquelle Mathil.
de et Henri avaient passé la nuit tout entière,
L'état comateux persistaut de la fille de Ricuard Vernière parut l’inquiéter,
Henri le rassura,
—Cet assoupissement, lui dit-il, est dû à la la potion opiacée prescrite par le docteur Arnaud, Il ne peut qu'être salutaire à le pauvre chère enfant dont il calme les nerfs, atténuant ainsi d’avance la gravité de la crise qui sans aucun doute aura lieu au moment du 6.
veil, lorsque la mémoire affaiblie reprendra toute sa force...
M. Savanne demanda : .
— Vas-tu à ton service ce matin ?
— Non, mon oncle. J'ai écrit au int, hier soir, au médecin en chef, l’avertis.
sant qu’un deuil imprévu m’enpêche.
rait absolument de paraître aujourd’hui à la visite,
Je sais que je puis compter sur sa bienveillance...
11 connaît d’ailleurs mon zèle et mon exactitude habituels, et m'excusera. Je tiens à être ici quand le docteur Arnaud va venir...
—Ne m’attendez point pour déjeuner reprit le juge d'instruction,
— Vous partez déjà, mon oncle ?
—Il le saut, Je vais d’abord à l’hôpi.
tal gg 4 savoir dans quel état se trouve Véronique Sollier, J'irai en suite au parquet et, de là, après avoir déjeuné sommairement dans in restaurant quelconque, je me rendrai à 7 où je dois me trouver à mi-
Daviel embrassa Mathilde, il effleura de ses lèvres le front d’Aline assoupie, serra la main de son neveu et par.
Lorsqu'il arriva à l’hospice Ssint.Jouis l’heure de la visite des médecins allait sonner.
Il se présenta au cabixet du directeur se fit reconnaître de lui et demanda des nouvelles de la blessée,
Etait-elle vivante ou morte ?
N'ayant pas encore reçu de rapport au sujet des dicès survenus pendant la nuit, le directeur ne put lui répondre avant de s'être renseigné auprès du surveillant en chef.
Auoun décès pe s'était produit, Donc Véronique était vivante,
Ce fut une heureuse nouvelle pour le magistrat, puisque dans les ténèbres épaissies autour de l'affaire de Saint- Ouen, Veronique seule était capable de le guider.
—Pourrais-je voir cette pauvre femme ? demanda-t.il au directeur,
Celui-ci répliqua :
—C'est au docteur Sermet, chef du service dens lequel a été placée la bles sée de Saint-Ouen qu’il appartient de de vous répondre, monsiour le juge d’inetruction... Maître absolu de son service, il décidera s’il peut vous autoriser à communiquer avec la mala.
—Veuillezdonc me mettre en rapport avec le docteur Sermet,.…….
—L'heure de la visite n’est point encore sonnée.…. il doit être en ce moment dans la salle d’attente des médecins...
Je vais l’envoyer prévenir...
—Ne le déranges pas... Faitesmoi seulement conduire auprès de lui.
Le directeur se leva et voulut guider lui-même le juge d'instruction jusqu'à la salle où se trouvait en effet le méde.
cin en chef entouré de quelques-uns de ses collègues et les internes de gservice,
Le docteur Sermet s’avança à la rencontre des nouveaux venus etserra la main du directeur qui lui dit :
—Jo vous présente M. le juge d'ins.
truction Daniel Savanne.,, Il vient vous demander des renseignements sur la blessée amenée de Saint-Ouen au cours de l’avant-dernière nuit et dans votre gervic®. .
Les deux hommes se saluèrent.
—On vient m'apprendre, docteur, que Mme Sollier vivait... fit le magistrat.
—Et j’espère bien, monsieur, qu’elle vivra longtemps encore. ,.. répliqua le médecin.
—La blessure est-ellé donc moins gra.
ve que ne le supposait le docieur Bordet qui a donné à la pauvre femme les premiers soins ?......
— La blessure quoique je ne la croie pas mortelle, est extiêmement grave et mon distingué confrère, le docteur Bordet qui est aussi un de mes amis, ne s’est point trompé en l’affrmant... Elle vécessitera une opération toujours dangereuse...
—Laquelle ?
—Celle du trépan... et je compte la pratiquer dès demain...
— M’autoriseres-vous, en ce moment, à interroger la malade ?
—(ela est la chose du monde la plus ira pôssible...
—Je n'aurais à lui adresser qu'une ou deux questions...
—Blle ne vous entendrait pas et, si elle vous entendait, elle ne pourrait
| vous répondre... Mon devoir, dans l’inté.
Po dau
2 rapport rêt de la justice autant que duos celui complet repos que rien ne vient trou. À de 1a malade, est donc de m'opposer à | bler.
point el une tentative inutile et dangereuse, Avez-vous pu déterminer, en voyant
e momen
8 mor —Je m'incline devant votre décision, | la blessure, de quelle srme l’essassin a édecins.…. docteur, dont je reconnais le bien fondé | fait usage 7 demanda M. Savanne,
| ; j'insisterai cependant, non certes pour Certes !..,,Je vais pauser la blessée, » Faites- que vous reveniez sur cette décision, | en expliquant à mes élèves le trajet du
uprès de MAIS pOur que vous me permettiez devoir projectile et en leur démontrant les ef.
en votre présence, Mme Sollier, Je con- lets... vous trouverez dans cette le. it guider nais cette excellente et dévouée créa- | çon orale le sommaire du rapport que n jusqu'à | ture..,,Elle était au service de mon | j'aurai l’honneur de vous adresser au le méde- meilleur ami, Richard Vernière, frappé lendemain de l’opération... En chirur. es-uns de à mort par les assassins qui ont voulu | gie de guerre le cas se présente assez de servi- | la tuer, elle aussi! Ce n’est pas le ma. fréquemment, ..... Je l'ai étudié avec
gistrat qui vous parle, mais un homme | mes maîtres dont les travaux font au.
à la ren-
| s'intéressant d’une façon toute particu. | torité....,, C'est sous leur direction serra la | lière à Mme Sollier, que j'ai acquis la grande expérience et —J'accède de grand cœur à votre dé- | l’habilité professionnelle que l’on veut
ge d’ias- sir, monsieur Savanne, Vous m’accom. bien none aujourd’hui... Ces nr à | de Saint-Ouen nes ent Par la blessée nommaient arrey Mere ed, 86 8 8 Î int. e , , au cours en MnI-Ouen que nous commence me et Chavasse, qui ont enrichi le mu- Ait es sommet de ie enter | M Va de-Uri0 des pièce ana. ” ques renseignements de vive vo , en paiph date En éo pour faire un grand d attendant le rapport que je vous prierai | &ica! pp p to hi gr à docteur, de faire remettre À mon cabinet sur l'é. | Pas en ce qui concerne les esgures de le magis- tat de la malade et sur ies particularités Les Le end Paru br r, qu’elle ce la Lesaure qui vont De erer à les dont Peffray À 8 pénétration amène r, & rad tenter la dangereuse opération du tré- deb noultats emribles r an, : + oins gra * Ausitt ue og faite, je vous a. 0 Dr ur DU d’un | esssrai CE ra , ; :
eur PE En ce ee le son d’une clnche se Pal fa ane ape ra og af. os fit entendre, k À : La visite, messieurs, dit le médecin en de » Men LR isolement numéro 1 la croie che‘ en s'adressant aux internes, puis il abord, dit-il à l'in héis e service, Es ns ous am nr neo | 4e Qu che l eu d'une pce dau eu se veuillez nous accompagner, ; i mis, ne Etle docteur Lens revêtu d’un sept, et que deux larges fenêtres pount... Elle and tablier de toile à bavette, d’une vaient inonder M clarté, quand les vo. urs dan- lancheur éclatante, tran chant sur sa | lets latérieurs et es rideaux de nuance Ego hu noire que et he . rouge, à Lg 6 qui les garnissalent étaient ouboutonnière, la rosette de la Légion compte Le re prit, mi, Daniel Savanne, 4 lis se soient en “g en Ban tête du petit cortége, 10is quarts fermés, e . une obsc noment, 1 vue de CoRPreNon à faire, reprit es rs régnait can *a cham- . le chirurgien parlant au magistrat, j'ai re Où reposait sur un e uer aux la plus fait placer la vs dans une chambre draps bien blancs, la gardienne de lu. où elle se trouve seule. C'était d'ail. | sine de Richard Vernière, u’une où leurs indispensable;....li importe qu’. — De la lumière, commanda le méde. elle ne perçoive aucun bruit, et la vive | cin en chef. ; ‘ s et, ai lumière de nos sailes :ui sernit funeste ! Lesrideaux furenütirés aussitôt, et les ie Dans ces chambres d'isolement fort bien | volets intérieurs entr'ouverts. as =.
aménagées, les malades jouissent dur, Daniel Savanne put apercevoir alors
Véronique dont le visage disparaissait
sous les entrecroisements des bandages du pansement fait la veille au soir par le docteur Sermet,
Le corps étendu de la blessée sem.
blait inerte comme si la vie ne l’animait plus.
d Mme Sollier respirait cependant, mais ea respiration était si faible qu’on pouvait craindre à chaque instant de la voir s’arrêter...C'est à peine ei un souffle s'échappait de ses lèvres gonflées par l’inflammation résultant de la blessure.
Les internes et les infirmiers entourèrent le lit, prêts à aider au nouveau pansement qui allait avoir lieu,
Le docteur Sermet, tout entier maintenant au devoir professionnel, ne s’occupait plus du juge d'instruction,
Contrairement aux habitudes reçues, qui laisse à l’interne de service le soin de mettre à nu la blessure, préparant ainsi le travail pour les observatious du maître, ce fut le chirurgien en chef qui défit les bandes, enleva les compresses, et découvrit entièrement le visage de Véronique Sollier.
L’aspect de ce visage était effrayant,
Le globe des yeux se noyait sous les paupières enflammées.
Les traits disparaiscaient, envahis par des boursouflures bleues et violettes.
Des points noirs et sanguinolents se distinguaient sur les deux tempes,
Daniel Savanne ne put contenir un mouvement d’horreur et de pitié,
—Oh ! la malheureuse ! la malheureuse |! murmura-t-il.
Les internes, si blasés qu'ils fussent sur de tels spectacles, ne pouvaient regarder sans up frisson cette face humaine qui n’avait plus rien d’humain.
Daniel Savanne eut froid an cœur, Il ne puts’empêcher d'exprimer sa pensée, …[{t vous dites que: cette pauvre î murmura-t.il trisque j6 + espérais,
amonsieur,...répliqua le chirurgien en
DRE DER Pnogomnbeunbe dant
chef,.... et cet espoir ne m'abaudonne AS.
x —Cependant cette blessure, — Elle est affreuse, j'en conviens.
—E£n la regardant, je frissonne, —Mais, si affreuse qu’elle soit, elle ne m'épouvante aucunement .....L'aspect de la plaie me donne la certitude que je ne me suis point trompé dans l’ét tude que j'en ai faite.
—Messieurs........ajouta le chirurgien en s'adressant aux élèves et aux internes qui l’entouratent .....,.je puis vous fournir aujourd'hui des explications qui auraient été forcément, hier, prématurées, par conséquent incomplètes.
4 Le coup de feu qui a atteint notre malade a été tiré de côté...le projectile a! pénétré dans la région temporale droite an bord de l'orbite qu’il a traver- 86 de part en part et est ressorti un peu obliquement par la fosse temporale gauche en brisant les deux parois de l'orbite du côté opposé,
“ De l’absence de toute matière célébrale dans la suppuration des plaies résulte la preuve indiscutable que le cerveau n’a pas été atteint, mais le coma qui persiste chez notre sujet me donne la presque certitude que des esquilles, provenant des parois brisés des orbites ont été projetées par la balle jusqu’à la base du cerveau et mises en contact avec lui, ce qui pourrait ame.
ner des complications dangereuses ei peut-être mortelles... Une opération est donc nécessaire pour enlever ces esquilles .,..j'ai la plus grande confian.
ce en cette opération... Maintenant deux cas peuvent se présenter..…..Une balle du calibre de huit millimètres, comme celle qui a produit la perforation, a peut-être lésé les nerfs optiques en leur croisement... Dans ce cas l’opération serait impuissante pour empêcher la cécité.
—Véronique serait aveugle ! s’écria malgré lui le juge d'instruction,
- Ce n’est point une certitude... ré.
pondit le docteur Sermet à l’interruption de Daniel,....,Le projectile peut 8 voir épargné les nerfs optiques, et si ce.
la toit În era nauaîit mains mMmAaNGnÉE.
Î fr ONE ÊUe TUL DOCS DANS rer
mais il faut tout prévoir.
NT PE RL a A Rs
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iens,
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soit, elle ... L'ascertitude
; dans l’éè
hirurgien ux inter- )uis vous tions qui préematuces.
nt notre projectile emporale a traverti un peu emporale parois de
atière céles plaies e que le is le cosujet me o des 68° risés des la balle mises en ait ame- ‘euses eÿ opération er ces e8- > confianant deux ne balle , Comme ration, a 8 en leur | l'opéraempêcher
| s’écria
de
1de... ré 'interrupo peut %e , et gi ce.
menacée.
—$i la cécité suivait l'opération, demauda M. Savanne... serait-elle guérissable, ;
—Je n’oserais l’affirmer...…. Dans tous les cas la tentative nécessiterait une seconde opération, beaucoup plus dangereuse que celle de demain.....Un spécialiste de premier ordre, un oculiste sûr de lui-même pourrait seul entreprendre, et sans beaucoup de chances de succès,
—Quand apparaîtrait la cécité ?
— Elle existe déjà si les nerfs opti.
ques ont été intéressés, mais l’inflam.
mation de la face, chez la blessée, ne me permet pas encore de m’en rendre compte,
— Vous avez parlé tout à l’heure du calibre de huit millimètres ? demanda Daniel.
—Oui, et je suis certain de ne pas me tromper...le projectile qui a frappé la malheureuse femme était du même ca.
libre que ceux-ci,
Le chirurgien avait tiré de la poche de son gilet trois balles coniques et les Se ms dans le creux de sa main gau.
che.
—Pouvez-vous me remettre une de ces bailes ?,... reprit le juge d'instruc.
tien.
—Parfaitement.
Et M. Sermet tendit à Daniel le pro.
jectile que celui-ci réclamait,
— Puis il ajouta :
-—Au pansement, messieurs,
Et le pansement commença.
M. Savanne n’avait plus rien à faire à l’hôpital Saint-Louis,
Il remercia le chirugien de son excel.
lent accueil, et rejoignit la voiture qui l’avait amené,
—Aveugle ! se disait-il dars le fiacre roulant vers le palais. Elle pourrait être aveugle ! Pauvre femme ! Pauvre victi.
me !
Œofin, la cécité, ne l’'empêchera ni de se souvenir, ni de parler..,.Ïl me faut maintenani attendre sa guérison pour savoir... à moins que d’ici là le hasard, ce grand collaborateur de la justice, ne me vienne en aide ?
Après avoir coniéré avec le proou-
reur de la République et donné des in.
structions à son greffer en chef, Savanne alla déjeuner au restaurant Daguesseau d’une douzaine d'huitres et d’une tranche de pâté de foie gras, et prit avec le chef do ia sûreté le chemin de Saint.
Ouen où il allait continuer son enquête à l’usine incendiée.
Tout était prêt pourle déblaiement.
L’officier des pompiers, qui était en même temps entrepreneur de terrassements et de maçonnerie n’attendait plus que ses ordres pour commen.
cer.
Les décombres étaient parfaitement refroidis.
Les tombereaux attelés stationnaient dans la rue Hardoin.
Daniel et le chef de la Sûreté entrè.
rent dans ia cour de la fabrique,
Berthaut, qui s'était reposé pendant la nuit, avait repris son service dès le M: tin en compagnie de agent qu’il commaudait la veille.
Ayant commencé à “ marcher ” dans l'affaire, une affaire tout particulière.
ment curieuse et intéressante, il tenait à ne point la “ lâcher ”
Les ouvriers étaient réunis.
Claude Grivot et Prieur vinrent saluer les magistrats,
Le caissier pute à Dauiel la feuille de paie pour huit jours dressée par lui suivant ses ordres.
M, Savanne entra dans la loge et, ain.
si qu’il l'avait promis la veille, versa la somme nécessaire au paiement entre les mains de Prieur,
Celui-ci se retira, , , Je suis obligé do fâire de la mon.
naie, mes enfants, pour donner à cha.
cun son dû dit-il «aux aux ouvriers en leur montrant les billets de banque qu?il tenait. À ce soir, cinq heures, rendesvous chez la mère Aubin... Ça ne vous dérangera pas, puisque l'entrepreneur vous à engagée tous pour l’eulèvement
des décombres.. .
—À ce soir, chez la mère Aubin... ré.
pondirent les ouvriers.
Pendant ce temps, le juge d’inatruction expliquait à Berthaut, l'inspecteur de la Sûreté, ce qu’il allait avoir à fai.
re iaudis qu'on procéderait au déblaie.
ment,
—Combien avez-vous d’hommes ici ?
lui demandat-il,
Six, monsieur. :..
—Je vais donner l’ordre de commencer le travail... Deux de vos sous-ordres et vous surveillerez de la façon la minu.
tieuse l'enlèvement des décombres ; vous ferez mettre de coté et apporter dans cette loge tout objet qui vous semblera de nature à fixer notre attention.
.… Deux autres de vos hommes station.
neront auprès de l’endroit où on déchargera les déblais et où on étalera le con.
tenu de chaque tombereau. ... Si quel.
que objet intéressant avait passé ina.
pereu de vous, il n’échappera pas
un second examen.,,, C’est compris Berthaut, n'est-ce pas ?
—Oui, monsieur le juge d’instruction, et 1] me restera deux agents disponibles..
—Ïls interdiront l'approche des ruines à tout autre qu’au travailleur. .
—Bien, monsieur...
—Pries l’officier des pompiers de venir me parler...
Le brave homme était tout près.
Berthaut lui fit un signe,
Il entra,
—Monsieur le juge d'instruction, demanda-t-il pouvons-nous commencer ?
—Oui, Mais voici la consigne que les agents feront rigoureusement exécu.
ter,
Et Daniel lui répéta ce qu’il venait de prescrire à l’inspecteur
—Vous serez ponctuellement obéi, monsieur le juge d’instruction, répliqua.t-il,
—Je ne quitterai pas un seul instant mes hommes, et j'y tiendrai la main...
—C’est par le pavillon qu’habitait M, Verr ère qu’il faudra commencer... C’est sur ce point principalementique doivent porter nos recherches,
—Bien, monsieur le juge d’instructi.
on,...
C'était mon intention d'ailleurs de commencer par là...
pompier-entrepreneur eut vite fait d'organiser ses équipes, et les tra-
1 me Lnnmmsss sais vailleure se mirent à ls besogne sous |
PT Le eu LE de a D
PSE ra DE PNB Re A EL par PL rene , . L
la surveillance de Berthaut et de deux agents,
Lorsque le premier tombereau chargé de gravois partit, deux autres agents suivirent le conducteur jusqu’à l’endroi où la la décharge devait être faite, et exigèrent que les ordres du juge d’instruction fussent ponctuellement exécu.
tés.
Quand la nuit vint interrompre le travail, un grand nombre de tombereaux 6taient enlevés, et cependant on n’avait pas encore atteint le sol, à l’endroit où se trouvait le cabinet de travail et le coffre-fort de M, Vernière.
On pensait pouvoir mettre à nu, dans la matinée du lendemain, cette partie du pavillon,
Daniel Savanne se promettait d’être présent à la reprise des travaux,
Le chef de la Sureté donna des ordres de surveillance pour la nuit à son inspecteur, et les deux magistrats regagnèrent Paris.
Vers dix heures du matin, le docteur Arnaud était venu visiter sa jeune ma.
lade,
Aïine se trouvait encore dans l'état où M, Savaune l’avait laissé au moment de son départ,
Henri et Mathilde attendaient avec une impatience facile à comprendre la visite du médecin,
Celui-ci fut un peu surpris que le sommeil quasi léthargique provoqué par lui n’eut point cessé,
Il examina la jeune fille et posa en.
suite quelques questions à Henri dont il savait que les études médicales avaient été sérieuses, avant qu’il abordât la branche scientifique spéciale dans ia.
quelle il se distinguait déjà,
— Vous avez veillé toute la nuit !...lui demanda:t.il,
ui,
—Qu'avez vous remarqué ?
—Des psp nerveux, et à plusieurs reprises, des contractions de la face,
— Avez-vous consulté le pouls.
—À trois reprises différentes,
—Quelles indications ?
— Fièvre asses violente d’abord, mais s'étant vite atténuée.
AUCUN GGUTS ?
haie che +:
D ———" ÛÛU
de deux
a chars agents l’endroi faite, et e d’inst exécu.
ele trareaux 6n'avait iroit où , et le
u, dans > partie
s d’être
8 ordres nn insegagnè-
docteur ne ma-
| l’état Loment
it avec dre la
que le qué par ja en.
i dont avaient rdât la ns ia.
t!...lui
usieurs ce,
, Mais
Le
ae +
—Aucun,
—Allons, ce que j'avais pressenti se réalisera... Au réveil nous n’aurons certes pas un calme absolu, mais nulle crise,violente ne me paraît probable.
Des larmes, beaucoup de larmes, au moment où la mémoire viendra, et ce sera tout... Ne vous inquiétes donc point outre mesure au sujet de cette Chère enfant... Endormesz sa douleur en lui prodiguant des consolations, et fai.
‘tes en sorte qu’il lui soit impossible de
s’absorber dans une pensée unique... Je compte mille fois plus sur votre affec.
tion pour elle que sur tous les médicaments du Codex... Je vais donner ce.
pendant la formule d’une potion dont vous lui ferez prendre une cuillerée environ aussitôt après le réveil, avant mé- .me que la mémoire, engourdie par le somuifère, ait recommencé à fonction.
ner.
Le docteur écrivit son ordonnance et ge retira,
Henri envoya le valet de chambre chez le pharmacien,
Mathilde se trouvait seule au chevet de son amie.
Elle était épuisée de fatigue, pourtant elle pe voulait point quitter Ja fille de Richard Vernière... Sa profonde tendres.
se pour Aline la retenait à son chevet et aussi avouons-le, une,curiosité bien féminine.
En entrant dans la chambre où son cousin venait de lui apprendre la sinis.
tre nouvelle qui les mettait tous en deuil, Aline avait dit :
—Je sais tout... ...
Usoorse
Donc elle se savait aimée par Henri Savanne. Elle connaissait le secret de ce Cœur qui ne battait que pour elle,
Qu'’allait-elle lui dire lorsqu'elle aurait repris connaissance, lorsquelle aurait re.
saisi ses pensées momentanément paralysées par son évanouiscement ?
Mathilde éprouvait pour son cousin, une amitié très vive, amitié de sœur,mélée d’une véritable admiration, Elle appréciait ses qualités rares, la noblesse de son âme, l’étendue de son intelli.
j'ai tout enten.
gente ia délicasesse exquise de son
cœur.
Mn TES US. Cd rt
Il avait dit :
Si Aline mourait, je n'aurais plus qu’à mourir |
Prononcées par lui, ce n'étaient point
de vaines paroles.
Mathilde avait été frappée par l'inten.
sité de ce désespoir,
À coup sûr, Henri Sayvanne éprouvait
pour Aline plus que de l'amour se |
c'était un cuite, c'était de l’adorati- ON.csoer ‘
Quelles souffrances n’éprouverait-il pas ci cette affection sans bornes n'était point partagée ?
11 serait mort à la mort d'Aline.....s.e Ne mourrait-il pas de son indifférence LL LL 12
Henri était.il aimé comme il méritait de l'être
Mathilde brâlait de savoir, et voilà pourquoi elle attendait avec une impa.
tience fiévreuse le réveil d’Aline, et sur« tout le réveil de sa mémoire.
Henri reparut, apportant la potion ordonnée par le docteur Arnaud,
u ce moment une sorte de frisson léger agitait la malade,
Ses bras, inertes depuis bien des heu.
res, 89 soulevèrent lentement,
Ses paupières battirent.
Un soupir profond s’échappa de sa poitrine. «
— Elle revient à elle... murmura Ma.
thilde à l'oreille de son cousin dont une soudaine pâleur envahissait le visa.
ge.
—Oui... répondit.il d’une voix étrane glée cur l'émotion violente qu'il éprouvait et qui lui serrait la gorgs.
Aline venait d'ouvrir les yeux.
Ses regards, fixés au plafond d’abord s’abaissèrent et s’arrêétèrent sur ceux qui se trouvaient près d'elle, mais elle ne parut pas les voir...
—La potion..,vite ! fit Mathilde, n’oublions pas...
Henri, d’une main un peu tremblane te, versa dans une cuillère d'argent une partie du contenu de la fiole.
Mathilde la prit et souievant la tête de son amie, elle lui dit d’une voi: douce comme une caresse :
—Bois cela, ma chérie... Bois...
en 3 SE nn
FL
fi
lais entrer, la voix d'Henri a frappé mon oreille... .J avais écouté sans en avoir conscience, Mon père est mort | Mon père est mort.
Un long sauglot sgouleva la poitrine de l’orpheline et; tandis qu'il mon tait à ses lèvres, un flot de larmes jaillit de ses yeux.
C'était bien 1a crise prévue, la crise de larmes, mais elle ofirs it plus de violence que Le docteur Arnaud ne l'avait supposé.
En présence du désespoir de s#0n &mie, Mathilde ne put dominer s0n prore chagrin, et pendant quelques instants les deux jeunes filles, mêlant leurs cg et leurs sanglots, offrirent un taleau navrant qui déchirait le cœur d'Henri Savanne.
En vain Mathilde cherchait des mots, des phrases, pour consoler l'enfant 6plorée.
Elle ne trouvait rien.
L'intensité même de la crise l’empècha de se prolonger.
Les larmes s'arrétèrent, les sanglots g’affaiblirent puis cessèrent tout à fait mais un tremblement convulsif secouait le corps de la pauvre Aline,
Mn entendait ses dents'se heurter.
La plus poiguante de toutes les douleurs l’étreignait.
Brusquement, d'un mouvement nerveux, saccadé, elle saisit le poignet de Mathilde.
Je veux savoir qui à tué mon père, Jui dit-elle, js veux connaître le nom de l'assassin, On l’a cherché, on l’a trouvé, on l'a arrêté, n'est-ce pas {9 Ll est en
Aline n'était plus évanouie, mais n'a yait pas encore repris possession d’elle-' même.
Le son de la voix de Mathilde arrivait confusément à son oreille.
Ses yeux étaient noyés de brumes.
Elle entr’ouvrit cependant se8 lèvres d’une façon toute instinctive et but le breuvage tout à La fois calmant et récon fortant qu’on lui présentait . Henri, la sueur au front, laissait agir Mathilde.
Il ne pouvait détacher ses regards de ce pauvre visage pâli dont la fièvre avait, en quelques heures, décompasé les traits charmants.
La malade, après avoir bu, laissa retomber sa tête en arrière et 888 paupières s'abaissèrent de nouveau sur 868 ru nelles.
En même temps un pli se creusait entre les deux sourcils.
Le travail, ou plutôt le réveil de la mémoire annoncé par le docteur Arnaud commençait à 8e faire.
Le fils de Gabriel Savanne eb sa QU gine suivaient avec anxiété sur là figure de l'enfant la marche de ce réveil.
Tout à coup Aline se dressa sur 801 géant,
Ses yeux 8€ rouvrirent,
Un flot de sang montant à ses joues remplaçe sà pâleur livide,
Elle regarda tour à tour Henri et Ma:
thilde, et tendant les mains à celle-ci,
Mon père ! Mon père.
Mathilde, lui jetant ses bras autour du cou, l’enlaça ei l'attira sur son cœur, mais SANS trouver une parole. ei Messi sentant bien d’ailleurs que, si elle es- Henri prit la parole. sayait de parler, 508 ganglots éclate- I1 balbutia : raient. —Chère Aline, c’est à mon oncle,
Aline continua, soudain remise en c'est au meilleur ami de votre père que
possession de toute la lucidité de 80n la justice à confié le soin de découvrir esprit : les coupables.
Mon père esi mort less MON père —Eh bien | s
mort !.. Henri te le disait et j'ai en- Ai-je besoin de vous dire avec quel: tendu. [Li est mori assassiné. .-: « Des | le ardeur mon oncle s’acquitte de cette
gaisérables ont tué. MON père! J étais | tâche f ii irouvors 122 smisérables, il n’en derrière la porte dé ta chambre... J'al- doute pas, mais jusqu'à cette heure ils
nri a frappé outé sans en e est mort!
a la poitrine 8 qu’il mon” e larmes jaillit
évue, la crise it plus de vioaud ne l'avait
oir de s0n aminer s0n pro- , quelques 1nses, mêlant leurs offrirent un tahirait le cœur
chait des mots, Der l'enfant é-
la crise l’empè-
nt, les sanglots rent tout à fait onvulsif secouait Aline,
ntstse heurter.
e toutes les dou-
mouvement nersitle poignet de
ai a tué mon père, yanaître le nom de erché, on l’a trout-ce pas ? Il est en RCE | paye- mon père À Mais oi vous taisez-VOUS 1 ok
est à mon oncle, i de votre père que soin de découvrir
dire avec quel:
e's'acquitte de cette == misérahles, il n’en
qu'à cette heure ils
ARR on aq A AB 0 DS
ne sont pas escore sous la main de la justice.
—Et on les laissera s'échapper, s’écria l’enfant, le crime monstrueux ne sera pas puni ! Mon père ne sera point ven-
LÉ les, Oh ! mon Dieu 1... Mon ï
Dieu !
—Aline, chère mignonne... fit Ma.
thilde qui reprenait tout son sang-fraid, calme-toi, je t’en supplie !..... Le coup effroyable qui te frappe nous frappe en même temps que toi... Tu sais com.
bien nous l’aimions, tou père, et notre cœur se brise comme le tien, en pensant que nous ne le verrons plus, mais la raison doit commander au plus terrible, au plus légitime désespoir !.. Tu n’est pas isolée en re monde,..nous som.
mes là près de toi, nous qui te chérissons, pour t'aider à supporter ta souftrance que nous partageons avec toi.
L’aftection de mon père, notre tendres.
se sans bornes, sont des asiles sûrs: où tu dois te réfugier... Tu es entourée de dévouements qui ne te manqueront jamais. ... Mon père t'aime comme si tu étais sa fille......je t’aime comme si tu étais ma sœur ..,, et Henri t’aime autrement.......il t'aime bien plus en.
core.
Ces derniers mots firent tressaillir l'orpheline,
Ses grands yeux humides se tournè.
rent vers le jeune homme, et dans le regard qu’ils échangèrent une lueur sembla passer.
Aline lui tendit la main.
Henri la saisit, mais dans les circonstances douloureuses où on se trouvait, il n’osa point la porter à ses lèvres.
Il y eut un moment de silence, puis la jeune fille reprit, d’une voix lente et douce :
—{Qui, je connais les affections qui m’entourent, les dévouements qui veillent sur moi, et cette autre tendresse différente et pue vive encore... Car cela aussi, je l’avais entendu... M is si dans l'avenir de ma vie il y a place pour un rayon de soleil, dans le présent ily a cette poiguante douleur, cette pensée désespérante Mon père est mort |
— Aline ! chère Aline ! s’écria le fils
de Gabriel Savanne.. mon âme, mon cœur, mon existence entière sont à toi et mon amour sera le soleil de ton ave.
air, mais tu as raison, ne pensons en ce moment qu’à pleurer notre ami, le meilleur des hommes et le meilleur des pères, mais en même temps faisons ap.
pel à tout notre courage et disons.nous qu’il sera vengé.
—Il le sera, n'est-ce pas ?
—Oh ? je te le jure !.., Commande-toi donc d'être forte, d'être calme ! Un ne vit pas avec les morts... Garde-toi pour ceux qui t’entourent et qui t’aiment,
—Oui...répondit la jeune fille, je vi.
vrai pour vous........je vivrai pour toi, Ma vie désormais t’appartient..….. Par l’aveu fait à Mathildeet que surpris, en même temps que je surprenais la nouvelle de la mort de mon pauvre père, tu m'as révélé l’existence du sentiment encore ignoré de moi, qui vivait au fond de ton cœur.....Tu as dit que je mou.
rais, tu mourrais...Je comprends bien, moi, que si tu mourais je ne te survivrais.... Je comprends, maintenant, pourquoi la mort ne m'a point frappée quand tu as dit à Mathilde que j'étais orpheline. C'est qu’à côté de la douleur qui pouvait, qui devait me tuer, tu at.
ténuais la violence du coup par cette révélation inattendue que de ma vie dé.
. pendait ta vie !...Henti, j'aurai toute la
force que tu me demandes, tout le courage que tu exiges de moi, situ me jures de m’aimer toujours comme en ce moment.
—Toujours ! toujours !... mon Aline chérie !
Quoi qu’il puisse arriver ?
—Quoi qu’il puisse arriver, oui, j’en fais le serment... et toi ?
— Moi, je suis ta fiancée, je serai ta fermme....... je t'aimerai jusqi'à la mort |!
Cette scène imprévue, où le deuil et l'espoir se mêlaient étrangement, avait
épuisé la jeune malade que la fièvre ne.
soutenait plus.
Elle tendit son front à Henri et Ma.
thilde.
L'une y déposa un baiser de sœur, l’au.
tre nn baiser de fenck aussi chocte qu
un baiser de frère.
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—Maintenant, balbutia Aline d’une voix faible, ne me parles plus.
—'lu veux dormir !
Non, j'ai besoin de prier pour mon
re.
Et de nouvelles larmes inondèrent 80n pâle visage.
Mathilde etHenri quittèrent la cham.
bre pour un instant,
—Elle est sauvée !...s’écria avec une joie profonde la fille du juge d’instruction,
Henri serrant avec eflusion sa cousine dans ses bras, répliqua :
—Sauvée par mOn AMOUr |... El m'aime | Nous lui ferons oublier ses Chagrins,e.ssssse
Le chef de la Sûreté, obéissant aux ordres de Daniel Savanne s'était empressé de communiquer à la presse la note à lui remise par le magistrat le soir du jour où il avait commencé son enqué-
Aussi tou: 1 jurnaux parisiens, à la date du& :::1+ 1894, publiaient-ils en bon: :::. \« note que nous allons reproduu:; x :ellement et sur laquel.
le ce titre à “‘{et attirait l’attention des lecteurs :