‹ La Fille de l'officier de Marine [microforme]Chapitre 26 sur 84 · LE TRIPLE CRIME DE · texte numérisé non relu

LE TRIPLE CRIME DE

SAINT-OUEN ASSASSINAT-VOL—INOENDIE Trois victimes ë

4 Dans la nuit du 1er au 2 janvier entre dix et onze heures du soir, l’im- “ portante usine de M. Richard Vernière “ ingénieur-mécanicien, constructeur “ pour la marine, située à Saint-Ouen, a 4 été la proie des flammes,

“ L'impétuosité du vent qui soufilait “ en foudre et l'arrivée tardive des se- ‘ cours, retard causé par les fêtes du “ jour de l'an, n’ont pas permis de met- “tre obstacle à la dévorante impétuosi.

“té du fleau.

“ Malgré le zèle et le courage des pompiers de Saint-Ouen, de Saint-De-

% nis, de Clichy, de Gennevilliers, d’Au- “ bervillliers, rien n’a été sauvé, sauf un w pe pavillon servant de logement ‘ à la gardienne de l’usine, que sa situ.

‘ ation mettait à l’abri du feu.

La maison d'habitation et les ate- 4 liers, occupant une surface de plus de “ trois mile mètres, ne présentent plus ‘ qu'un amas de décombres fumants.

Tout à été détruit en moins d’une ‘ heure. Ni la caisse, ni les livres de “ comptabilité n'ont pu être sauvés,

& Une fabrique de couleurs et vernis, # mitoyenne de l’usine Vernière a couru “le plus gran i danger, Le feu l'atta- & quait déjà, Heureusemerent im à pu la ‘ préserver. Les dégâts sont, melative.

“ ment, sans importance.

{{ Ce n’est qu’à une heure fort avan.

“ cée de la nuit que M. le procureur de “la République, tardivement prévenu “ s’est rendu sur le lieu du sinistre, ac- ‘ compagné d’un juge d'instruction, du ‘“ chef de la Sûreté et de quelques a- “ gents, sous la direction de l'inspec- “ teur principal Berthaut,

& Là, ils ont ouvert une enquête relati- “ yement aux causes de l'incendie qui 4 laisse plus de cent cinquante ouvriers ‘ saus travail.

4 Des premières constations faites, les ‘ premiers témoignages aecueillis, n’ont 4 laissé subsister aucun doute sur ces “ causes.

‘ Le cadavre de M. Richard Vernière “et le corps de la gardienne de l’usine, “ victime de son dévouement, frappés # chacun par une balle de revolver, a-

“ vaient été relevés dans la cour par de ‘

& braves gens du pays, accourus pour & prêter secours au maître de la mai- “ son.

4 L’assassinat et l’incendie avaient “ eu le vol pour mobile.

& Par suite de circonstances toutes 4 particulières, le coffre-fort de l’indus- ‘“triel renfermait cette nuit-là une ‘“ somme très considérable... Plus 4 de cinq centmille franc...et c'était, à “coup sûr, pour s'emparer de cette “ somme que les voleurs ayaient péné- “ tré dans l'usine, ouvrant à l’aide de ft fausses clés une porte située sur le bas:

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* sin des docks, très loin, par consé.

“ quent, du pavillon de la gardienne.

‘ Nous disons : les voleurs, car il est “ prouvé que les deux victimes n’ont 4 point été frappées par des balles du “ même calibre... Donc ces balles ne “ pouvaient sortir de la même arme,

‘“ M. Vernière, quand ila été relevé, “ne donnait plus signe de vie.

“ La gardienne de l’usine n’a pas 6t6 # tuée sur le coup.

“ Transportée à l'hôpital Saint-Lo “elle n'a point reprit connaissance.

“ Il est plus que douteux qu’elle survive “à sa Lans.

‘“ La troisième victime est un pâle.

“ frenier,

“ Couché dans l'écurie, il a péri au “ milieu des flammes ainsi que les che.

‘ vaux dont il avait la garde.

“ Etant données les places où se trou- ‘ vaient étendus les corps de l’indus- “ triel et de la gardienne, la justice sup- ‘ pose que les malfaiteurs, surpris en “ flagrant délit de vol par M. Vernière, “ revenant de Paris à l'improviste, se “sont défendus…..Que l’un d’eux a “ tué Richard Vernière et que la gar- “ dienne, éveillée par le premier coup “ de.feu et accourant à Paide de son “ maître, a été frappée par le second as.

‘ gassin,

“ La mort de M. Vernière avait dû fi être instantanée,

“ Cette mort est un deuil public.

“ Le grand industriel était estimé et ‘ aimé de tout le monde à Saint.Ouer, ‘aussi les dévouements ne lui. ont-ils “ point été marchandés.

“ A citer, parmi les plus intrépides “ dans leur lutte contre le feu, le con- ‘ tremaître principal de l'usine, Claude “ Grivot, dont la conduite a été digne # des plus grands éloges, Simon, Lepic, “et'icrriel, ouvriers de la fabrique, “ Magloire, ancien soldat de l'infanterie “de marine, mutilé, décoré de la mé- “ daille militaire, les pompiers Contet, “ Daval et Guillemain de Saint. Ouen.

‘“ Le service d'ordre était parfaite.

“ment organisé par ie maire,. par le “ commissaire de police et par les gen- “ darmes de la commune,

“ L'enquête se poursuit activement,

‘ Malgré le mystère qui entoure ce ‘ triple crime, la justice est sur la trace “ des coupables, ”

Cette note rédigée en style administratif...., si nous pouvons nous expri.

mer ainsi... avait fait une sensa.

tion.

Au ministère de la marine et au mi.

nistère de la guerre, avec lesquels Ri.

chard Vernière avait signé des traités pour des fournitures importantes, on se demanda si le vol était bien le seul mobile du crime et si les assassins, les in.

cendiaires, n'avaient pas été soudoyés par des mains étrangères.

Dans le monde industriel l'émoi ne fut pas moins grand,

L'impeccable loyauté de M. Vernière était connue, il était de ces hommes a.

vec lesquels on aie à se trouver en rapport d’affaires

Le magnétiseur O'’Brien, l’un des chefs de l’espionnage allemand à Paris lut la note comme tout le monde et crut y voir la preuve que le baron Schwartz se trompait absolument en accusant d’avoir joué un rôle dans le triple crime, Robert Vernière, parti pour Berlin le ler janvier à 6 heures 112 du soir, par conséquent plusieurs heures a.

vant les assassinats et l'incendie,

Les renseignements que lui apportè.

rent, le soir du jour où parut la note, les agents envoyés par lui à Saint.Ouen, ne manquèrent point de l’affirmer dans cette conviction,

Le nom de Claude Grivot n'avait pas frappé le magnétiseur O’Brien.

Le magnétiseur s'était pourtant trou.

vé en rapport avec lui à Berlin,en même temps qu'avec Robert Vernière, mais il ne se souvenait plus d’un s1 mince per.

sonnage, et d’ailleurs le nom du contre.

maître venant en première ligne sur la liste des personnages s'étant distingués dans leur lutte acharnée contre l’incen.

die de l’usine de Saint-Ouen, il ne pou.

vait supposer que le brave garçon dont on citait le courage et le zèie, était l’un des assassins de l'industriel et de la gar.

dienne, l’un des auteurs de l'incendie

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