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enfin le complice de Robert que lui, 0’.
Brien, refusait absolument de- soupçon.
er,
Je connais bien Robert... se di.
sait.il..…......C’est un gredin capable de toutes les infamies, mais aussi lâche que gredin ...... Mettre le couteau ou le revolver à la main... aflronter l'échafaud......., lui fl... Jamais ! jamais !
Le chef de l'espionnage-tudesque, le baron Schwartz, s'était ‘rouvé fort dé.
concerté en lisant la note publiée dans les journaux du matin, et, après mûres réflexions, il se demandait s’il n’avait pas cor "nis une lourde erreur en accu.
gant le trère de Richard Vernière,
On parlait de plusieurs assassins, de deux au moins.
Or, Schwartz ce posait cette question.
— Quels complices Robert eût.il pu trouver si vite à Paris qu'il'avait quitté depuis si longtemps et où ilne conser.
vait aucune relation ?
S'il eût agi, il eût agi seul en profi.
tant d’une occasion offerte par le ha.
sard.
Pert-être, si comme le docteur O’B:ien il eût connu Claude Grivot, en vo.
yant citer son nom comme celui du premier contremaître de l’usine de Saint-Ouen aurait-il admis la possibilité d’une entente entre lui et Robert, ce qui l’eût affermi dans ses suppositions antérieures,
Mais Grivot, quoique dénué de tout scrupule, ne s'était peint senti disposé à devenir un espion de ‘la Prusse, et son nom n'avait jamais été instruit parmi ceux des sans-patrie qui trahissent la France. à
Le baron ne pouvait donc rattacher en rien à l’affaire de Saint-Ouen et supposer complice de Robert, ce Claude
. Grivot qui depuis deux ans préméditait,
non l'assassinat de Richard et l'incendie de l’usine, mais le vol de la caisse,
L'assassinat et l’incendie...., nous le savons, étaient dus à des causes toutes fortuites,
Si déconcerté qu’il fut, l’attaché ne désarmais néanmoins pas complète.
ment.
Il se disait :
—Parti de Paris le ler janvier au soir...….8’il est vraiment parti. Ro.
bert Vernière sera arrivé à Berlin le soir du deux janvier et, selon mes ins.
tructions, on constatera immédiatement sa présence,
“ S'il est rentré chez lui dans la soirée du 2, c'est que je me suis trompé depuis À jusqu'à Z.
‘ Demain je recevrai une dépêche, et je saurai à quoi m’en tenir... Attendons à demain.
On pense bien que Claude Grivot n'avait pas été un des derniers à lire la no.
te que nous avons intégralement reproduite.
—C’est à coup sûr le juge d’instruc. tion ou le chef de la Sûreté qui a écrit ces lignes....pensa-t-il.....,Pas malains pour deux sous, ces gens de justice et de police, ils se fourent le doigt dans l'œil jusqu’au coude ! Robert n’a qu'à se tenir coi et moi à continue” de jouer tout bonifacement mon rôle, et nous sommes es bons !
‘“ Ils sont épatants, ces cocos.là, ajou.
ta-t-il mentalement en posant le doigt sur la dernière ligne du récit imprimé ; Malgré le mystère qui entoure ce triple crime, la justice est sur Ja trace des coupables... Voilà un vieux cliché que ces robins ne mettront Jamais au rancart !......Allez-y gaiment ! cherchez les coupables, mes bons idiots du parquet et de la préfectance ! Je vous paye der cerises si vous les trouvez !,..,.. J'ai eu la venette pendant un quart d’heure, cependant....…...Ce diable de juge d'instruction, un peu moins bête que ‘les autres, a eu un moment l'idée de me soupçonner à propos du secret de la caisse....J’ai bien vu ça sur sa figure et je n’en menais guère large.....Si je n’a.
vais pas eu la présence d’esprit et le toüpet de répondre comme je l'ai fait, je risquais fort d'éccper,
‘6 Il y aura peut-être encore un peu de tirage quand on retirera le coffre-fort ‘ de dessous les décombres, mais j'espère bien qu’il sera dans un si bel état que je me retournerai facilement,
“ Une seule chose me tracasse, c'est cette vieille pintale de Véroniaue.
anvier au FÉFTS kRo- Berlin le mes insdiatement
ns la soi- 1is trompé
épêche, et Attendons
Grivot n’a- , lire la noent repro-
d'instrucui a écrit as malains justice et doigt dans n’a qu'à de jouer , et nous
>3.là, ajout le doigt
8 au ranerchez les u parquet paye den svt d'A ". d’heus de juge bête que l'idée de cret de la a figure et «Si je n’aprit et le l'ai fait,
> un peu coffre-fort is j'espère état que
sse, c'est
que, R
“ Par bonheur, il paraît qu'elle est tout à fait bas... Qu’elle prenne donc au plus vite son billet pour l’autre monde, car si ou la guérissait elle pourrait devenir génante,
En luttant avec Robert elle a dû re- Conaaître son visage... la lumière du bec de gaz l'éclairait en plein,
“ Voyons, voyons, il ne faut pas devenir taffeur.... reprit Claude après un instant de réflexion. Tout va trop bien jusqu’à présent pour se mettre martel en tête....Je m’occuperai de Véronique plus tard....J’ai du temps devant moi, le principal est que j'ai su capter en plein la confiance du juge d’instruction et du chef de la Sûreté......On cite mon NOM [eee Je SUIS UN COUrageux citoyen ! 1... Ils sont capables de me faire décerner une médaille de première classe en vermeil ! ! ....... C'est à se tordre.
Cette réflexion ultra-cynique amena un sourire sur les lèvres du misérable,
Il conclut :
—AÀ l'heure qu’il est me voilà dans la
au d’un gaïllard fort à son aiae !....
e possède la moitié de cinq cent cinquante mille francs,
“ Ma fortune se trouve, il est vrai, entre les mains de Robert Vernière...
ü pourrait filer n'importe où sans me rendre ses comptes, mais je ne crains pas cela.....,1l me connaît et il sait que ça tournerait mal pour lui... je le rejoindrais n'importe où, si bien caché qu’il soit, et il passerait un mauvais quart d'heure ! Il en est sûr et il n’essaiera pas même de faire sauter la soupe.
Jetant alors sur une table le journal qu’il venait de lire et de commenter Grivot se rendit à l’usine où le déblaie.
ment continuait avec une activeté fiévreuse,
La veille au soir, Daniel Savanna, après avoir conféré avec le procureur de la République, s'était fait conduire à la Morgue où on avait transporté, aux fins
d’autopsie, le cadavre de son malheu.
reux ami.
Un médecin légiste, {désigné par le parquet, s’y trouvait, venant d’accom.
plir sa lugubre tâche,
Il avait extrait du corps le projectile ayant causé la mort de l'industriel et il s’apprétait à rédiger son rapport à ce sujet.
Ce rapport devait confirmer de tout point l’exactitude des assertions du docteur Bordet,
La balle extraite de la plaie était de forme sphérique et ae pouvait par con.
séquent sortir de l'arme ayant lancé le projectile cylindre-conique dont le doc.
teur Sermet avait remis un spécimen à Daniel.
Ur, la blessure de Mme Sollier prove.
nait d’une balle de ce modèle,
Donc la présence de deux assassins opérant simultanément à l'usine pen.
dant la nuit du ler au 2 janvier était indiscutablement démontrée.
L’inhumation du corps pouvait désor.
mais avoir lieu, et le magistrat donna des ordres pour que le lendemain, 4 janvier, la dépouille mortelle de Richard Vernière fût transportée à Saint-Ouen où l’acte de décès serait dressé.
Daniel Savanne, en agissant ainsi voulaient éviter à la fille de son ami les nouveaux déchirements résultant pour elle des obsèques célébrées à Paris,
Il chargerait Henri d’accomplir tou.
tes les formalités nécessaires en pareille circonstance,
Eu rentrant à sa demeure, impatient de connaître l’état d’Aline, il fut her.
reux d'apprendre que le pauvre enfant, allait mieux, que sa vie n’était plus en danger, et qu’au morent du retour de sa mémoire elle avait fait preuve d’un grand courage en face du malheur irré.
parable qui la freppait,
Dans la journée elle avait rappelé auprès d’elle Mathilde et Henri,
Elle avait voulu se lever, quoique bri.
sée encore par les suites de ia terrible émotion subie, et elle demandait à connaître toutes les péripéties du drame qui venait de lui enlever son père.
Henri fut obligé de céder à ca désir,
ARCS NEO ET TON TO ee
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Elle supporta héroïquemeut l’horreur
de ce récit, et quand Daniel £avanne vint la voir, il la trouva calme et rési.
gnée, —J'ai tout appris, mon bon ami.
lui dit-elle sans pouvoir cependant re.
tenir ses larmes... mais vous me trouverez forte contre la douleur, si poignante qu’elle soit... On m’a tué mon père ? ?....La perte est irrépara. ble et mon âme sera éternellement en deuil, mais je puise dans les afiections qui m’entourent et me soutiennent le courage de supporter ce deuil.........Ne craignez donc plus pour moi...Je vivrai je vous le promets..…..Je serai maîtres.
se de moi-même... Je n'aurai plus de crise de désespoir, mais je vous de.
mande une grâce.
Laquelle, chère enfant ?
—Vous ne refuserez pas de me laisser embrasser une dernière fois celui que je ne reverrai plus vivant...Pourquoi semblez-vous hésiter ?
—C'est que j'hésite en effet... répondit Daniel de sa voix la plus tendre, Tu te crois forte parce que tu as la volonté de l’être, mais il est des tableaux douloureux en présence desquels la volonté devient impuissante.,
—La mienpe ne faiblira pas... Au nom de votre tendresse pour moi, au nom de l’affection que vous aviez pour mon pauvre père, laissez-moi le voir une der.
nière fois.
L'embarras du juge d'instruction était grand,
Que faire ?
Que répondre ?
Comment refuser à cette enfant cette suprême entrevue que son amour filial sollicitait comme une grâce !
Henri et Mathilde comprenaient bien,
Mathilde intervint.
Père...dit.elle avec une profonde é.
motion...je voudrais, moi aussi, voir une dernière fois le visage de notre si cher ami..J’accompagrerai Aline... Nous nous soutiendrons mutuellement et nous serons fortes toutes deu:t,
Daniel Savanne ne pouvait pa ne
oint se sentir remué jusqu’au fond de Fime par la sainte prière des deux jeunes filles.
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Qu'il soit donc fait selon votre volon.
t6.... müurmura-t.il, Henri vous condui.
ra à Saint-Ouen lorsque le corps de no.
tre pauvre ami y aura été transporté.
Et il quitta la chambre d’Aline, en
‘Compagnie de son neveu à qui il avait
fait signe de le suivre,
Aussitôt qu’il se trouva seul avec son oncle ie jeune homme demanda :
—Le permis d’inhumer est-il don.
né ?
— Oui,
—Quaud auront lieu les obsèques ?
—Le 5 seulement, dans l'après-midi,
—Pourquoi ce retard ?
—Je voudrais que le frère du mort, Robert Vernière, pât y assister, et il faut lui laisser le temps de recevoir ma lettre à Berlin et de venir à Paris,
—De Berlin à Paris, il y a vingt-qua-.
tre heures de trajet, en ‘train rapide...
Jamais l'oncle d’Aline ne pourra se trouver le 5 à Paris,
—J'aurai tout fait pour que ce soit posssible, Cependant..….….répliqua le ju ge d'instruction... Robert Vernière a dû recevoir ma lettre aujourd’hui...il pourrait donc, s’il le voulait, être chez moi dans la soirée de demain... Mais là n’est pas le point essentiel...
Surchargé de travail comme je le suis, il m’est impossible de régler moi.même les obsèques de Richard.
—Ne puis-je vous suppléer, non on.
cle ?
—Tu le peux parfaitement ‘et j'ai a. >" sur toi pour cela,
— Vous aves eu raison.
—Tu feras toutes les démarcher, tu Convoqueras par lettre tous les amis de notre ami, toutes les personnes aves lesquelles ses affaires le mettaient en relations, les autorités de Saint-Ouen, les ouvriers de l’usine., Pour le’ convoi entends-toi avec les pompes funèbres et que ce soit plus que convenable, mais sans ostentation.., Fixe deux heures pour le moment de la réunion...Le convoi partira de l’usine incendiée, Préviens l’église de l'heure indiquée...C'est seulement quelques minutes avant la for. meture du cercueil que tu amèneras à Saint-Ouen ta cousine et la pauvre Ali.
Re..ii ne faut pas isisser se prolonger
CT
tre volon.
us conduirps de no.
asporté.
Aline, en i il avait
l avec son at.il donèques ?
près-midi, du mort,
ter, et il evoir ma
ourra se
> ce soit ua le ju.
Ha a dû oc. pourchez moi . Mais là
le suis, 0i.même
non on-
et j'ai
cher, tu
LA
«me
ce dernier adieu déchirant, car malgré le courage qu’Aline s’eflorce de nous montrer, je doute qu’elle n6 s’évanouis.
se pas au moment de la suprôme séparation. !
Tu m’as bien compris, n'est-ce pas ?
—Oui, mon oncle, ï
—Demain matin, je serai de bonne heure à Saint-Ouen, ,. . Tu m’y ac.
compagneras, et tu dresseras avec M, Prieur le caissier, la liste des personnes auxquelles tu devras adresser, au nom d’Aline Vernière et de {Robert Verniè.
re, des lettres de faire part,
—Vos recommandations seront reli.
gieusement suivies,
Daniel Savanne, en attendant l'heure du diner, alla s’enfermer dans son ca.
‘binet de travail.
Henri rejoignit sa cousine Mathilde, lui rendit compte de l’entretien qu’il venait d'avoir avec son oncle, et lui rappela qu’eile devait se procurer des vêtements de deuil pour elle et pour son amie.
Retournons à Saint-Ouen,
Notre sympathique ami, Magloire le manchot, depuis la! nuit de l'incendie, avait tout observé, tout écouté, tout en.
tendu, sinon sans ressentir, du moins sans témoigner la moindre surprise, ne se départant ni de son calme, ni de ga froideur apparente,
Il cherchait à se rendre compte des moindres choses afin d'en faire son profit, ou, pour mieux dire, afin d’en faire à profit de sa protégée, la petite Mar.
Lorsque l’enfant amenée par lui au juge d'instruction eut répondu aux questions posées par celui-ci, il Ja reconduisit ches Mme Aubin.
Certain que la fille de la pauvre Ger.
maine était sous bonne garde et que la Marie l’entourerait de soins maternels, il mangea rapidement un morceau et retourna chez lui, au village de Saint.
Ouen.
Là, il occupait, rue de Seine, un petit logement qu'il entretenait lui-même
avec un soin minutieux et dont is pro. |
preté eût fait pâlir d’envie la plus diff.
cile à satisfaire des ménagères hollan.
daises.
Malgré la solidité à toute épreuve de ses nerfs et de ses muscles d’acier trem.
pé, il sentait l’impérieux besoin de prendre un peu de repos.
Le sommeil s'emparait de lui et ses paupières s’abaissaient sur ses yeux fa.
tigués.
Mais avant de se jeter sur son lit, il voulut mettre en lieu sûr les deux ob.
jets qu’il avait recueillis à l’usine et dont l'importance était capitale.
Nous voulons parler du peloton de laine remis par Marthe et du joyau qu'il avait enlevé aux mains crispées de Ve.
ronique Solier évanouie, ‘
Ce fut tout d’abord du peloton de laine qu'il s’occupa.
Il le palpa mais la laine très serrée oftrait une certaine résistance et ne prétait point sous la pression de ses doigts,
—C’est au cœur même du peloton, — se dit-il, que doit se trouver la reconnaissance du particulier qui a reçu en dépôt la fortune dont le père de Mar.
the a disposé en faveur de son enfant, —j'ai juré de veiller sur la chère mi.
&aonne et de la protéger comme un tu.
teur vigilant pourrait le faire...—Dans les circonstances actuelles, uaman "6.
ronique était blessée grièvement, mortellement peut-être, j’ai le droit et le devoir, après les confidences que j'ai | reçues et le serment que j'ai prêté, de connaître le nom de l’homme à qui ie devrai m’adresser comme représen.
tant des intérêts de Marthe,
Prenant alors un morceau de journal qu’il plia et replia plusieurs fois sur luimême, puis saisissant l’extrémité de la laine formant loto”, il la déroula, en ayant soin de l’enrouler en même temps autour du papier préparé, édifiant ainsi un second peloton, à mesure que diminuait le premier,
Ce travail si simple en ap ce était en réalité extrêmement difficile pour le manchot qui n’avait que sa main gauche.
Avec beaucoup de patience il en vint à bout, et le reçu aw’il cherchait lni ap.
parut,
Il le déplia etl'étala sur la table où, préalablement il avait placé une lampe allumée.
Avant de prendre connaissance de ce qui était écrit sur le papier, il courut à la signature,
Un petit tremblement nerveux agita ges lèvres.
Richard Vernière ! s'écria-t-il.. Je m'en doutais !
Quoiqu'il n’y eût pas de feu dans la chambre et qu'il fit froid, quelques gouttes de sueur mouillèrent son front et ses tempes.
—Mais alors... poursuivit-il avec une sorte d’effarement..mais alors Marthe est ruinée puisque M. Vernière est mort et que tout ce qu’il possédait n’existe plus...Marthe ne peut prétendre à rien, la pauvre chère mignonne !...... à rien |
“ Enfin, voyons toujours.
Etillut la reconnaisance que nous avons déjà mise sous les yeux de nos lecteurs :
‘ Reçu d’une personne desirant rester inconnus la somme de trois cent
. mille francs, déposés dans ma maison au
nom de Mile Marthe Sollier, fille de Germaine Sollier, décédée, et à qui Je payerai à partir de ce jour les intérêts à raison de quatre pour cent l’an.
“ Je m'engage à rembourser la dite somme à Mile Marthe Sollier où à ses ayants droit, sur la simple présentation
-de ce reçu.
“ Saint-Ouen, le 30 décembre 1893.
4 RIOHARD VERNIÈRE, 6 8, rue Hardoin.—Saint-Ouen.
Seine. ”?
—C'est parfaitement clair et explicite, cela...murmura Magloire... la chose était taite dans les règles, et ça n'empêche que tout est perdu !. .L'immeuble, le machines, les matières premières, rien n’était assuré... les billets et l’argent contenus dans le coftre-fort sont brûlés au volés et....le çcaissier le disait à qui voulait l'entendre... toute la
fortune de M. Vernière, à part peut-être une vingtaine de mille francs, s’y trouvait enfermée,
“ Le terrain de l’usine ? bagatelle !.., il ne valait que par les constructions.
Bref, de ce coté-là, aucune chance de remboursement.
4“ La personne qui avait déposé cette grosse somme, c’est le père, certainement, pas l'ombre d’un doute à ce sujet….le père sur lequel on ne doit lus compter, m'a dit Mme Sollier, et dont le nom doit rester secret,
Mais il doit être riche ce père-là.….
très riche même, pour disposer ainsi de trois cont mille francs sans s’appauvrir S’il à un peu de cœur.
Et il vient de prouver qu’ilen avait ; en apprenant la catastrophe, il pense:
ra à sa fille;il pensera que la somme déposée par lui à son actif est pérdue en même temps que le reste, que la pauvre petite va se trouver comme auparavant sans un rouge liard, et qu’elle n'aura même plus sa grand’mère pour la protéger.
‘“ Qui, mais voilà...Ce père, même eu admettant que ce soit un brave homme trouvera-t-il un moyen d’assurer. de nouveau l’avenir de sa fille sans se compromettre.
Or, sa façon d'agir prouve clairement qu’il ne voulait pas se compromettre...
C'est un homme marié sans doute et qui a peut-être d’autres enfants.
“ Pauvre petite Marthe, que deviendrait-elle si sa bonne grand'mère mou-
rait 1 Magloire réfléchit un instant, puis rerit :
à —Ce qu'elle deviendrait ? une hon.
nête petite fille, parbleu !...une bonne petite femme...Car je l'élèverais, moi, et plutôt que de la confier à l’Assistan.
ce publique, je mourrais à la peine s’il le fallait ! !
“ Je trouve bien le moyen de gagner ma vie, de soutenir ma vieille mère, et par-dessus le marché de venir en aide assez souvent à deux miséreux,
4 Eh bien ! je ferais la part moins large à ceux-là, je la supprimerais même au besoin s'il m'était impossible d’agir
part peut.é- ) francs, s’y
bagatelle !.., istructions.., > chance de
déposé cette re, certaine:
ute à ce sune doit plus lier, et dont
ce père-là. .
oser ainsi de s g’appauvrir
vilen avait ; he, il pense:
ue la somme est perdue en que la pauvre 1e auparavant ju’elle n’aura pour la pro-
ère, même eu brave homme d'assurer. de le sans se COmM-
ve clairement mpromettre...
sans doute et nfants.
>, que deviennd’mère mou-
astant, puis re-
ait? une hon.
l...une bonne 'élèverais, moi, er à l’Assistanà la peine s'il
yen de gagner vieille mère, et venir en aide séreux,
, part moins larrimerais même apossible d’agir
int pa mais Marthe ne me quittera pas $
“ Ça sera ma fille à moi, cette mignon.
nette, et j'en ferai une enfant digne de son père Magloire.
“ Voyons... poursuivit-il en repliant le reçu... Inutile de remettre ça dans le peloton de laine...la laine servira à repriser mes chaussettes et je placerai ce griflounage qui valait trois cent mille balles et ne vaut plus un sou dans la petite caisse où je serre mes papiers de famile, mon brevet de médaillé et mon titre de pension... J'y mettrai aussi ce bibelot,
En disant ces derniers mots,le joueur d'orgue avait pris la breloque provonant de la chaîne de montre de Robert Ver.
nière et restée aux mains de Mme Sol.
lier, tandis qu’elle luttait contre l'assassin pour tenter de s'opposer à sa fuite.
Il l'examina avec plus d'attention qu’il ne l'avait fait jusqu'à ce moment.
—Ça a positivement du prix, ce bibelot-là ! fit.il ensuite... .,,,('est un véritable objet d'art |....:Je m’y connais, moi, CCmme ancien graveur..…..et cette émeraude-là vaut de l'argent... Elle forme un cachet très chic, avec des inie tiales gravées..…..ce n'est pas un voleur de profession,un simple cambrioleur qui pouvait pr ça, car il est bien cer.
tain que l'objes appartenait au misérable contre lequel maman Véronique
s’est défendue..….....Dans le crime de Saint-Ouen il doit y avoir un mystère...
un mystère terrible, j’en mettrais ma tête à couper, et dort Mme Mme Sol.
lier doit avoir la clef,
“ Pas mal de gens soutiendront que j'aurais dû remettre ce bibelot au juge d'instruction... C'est ma foi bien possible,muis en le faisant, j'aurais peutêtre commis un gros im au détriment de Marthe et de Véronique...
Véronique seule, si elle guérit, urra me dire ce que je dois faire, et, si elle ne guérit pas, il sera toujours temps de
ger mon fusil d’épaule...C'est en.
tendu 1... Provisoirement, je mets l'objet avec le reçu de ma caisse,
“ Il faut espérer que le feu ne la gril.
lera pss celle-là !
Magloire fouillant alors un des tiroirs
de sa commode, en tira un petit cofiret de bois de chêne qu’il ouvrit,
Avant d'y placerle reçu de Richard Vernière ei la précieuse breloque, il y prit un papier tout frippé.
C'était un billet de la la loterie de l’Orphelinat des Arts, le billet que Vi.
de-Gousset, le mécanicien ivrogne, lui avait donné le jour de la quête contre un franc, le prix qu'il coûtait.
—Abh !.......wtit-il en souriant,,,, gi au moins je gagnais le gros lot avec ça !
la petite Marthe en aurait sa part 1...
Mais je t'en souhaite, mon bonhomme !
Si tu comptais là-dessus, tu n'aurais
qu’à décompter..…., J'ai mis plus de vingt fois à la loterie comme un parfait Jocrisse, et je n’ai jamais eu pour mon argent que le papier du billet avec lequel j’allumais ma pipe après le tira.
ge !
Il replaça le billet dans le petit coffre en même temps que la breloque et que le reçu,
La boîte fut ensuite remise en place et la commode refermée,
—À ta niche, présentement, mon vieux |—dit le manchot à voix haute en apprêtant sa couverture.—Tu as bien gagné quelques heures de traversin |— Je je que je vais faire un vrai som.
me vs.
[rois minutes plus tard, Magloire dor.
mait d’un sommeil de plomb.
Ordinairement il était très matinal, mais, contre son habitude, il ne se réveil.
la le lendemain qu’à huit heures et de.
mie,
—Pristi !...J'ai fait le tour du cadran | -grommela.t-il en regardant sa montre.
—Fichu paresseux ! [—A la besogne, et plus vite que ça!—Il faudra ensuite al.
ler voir comment ma petite Marthe a passé la nuit, et après je filerai à l’hos.
ice Saint-Louis demander des nouvel.
es de maman Véronique,
Le joueur d'orgue s'habilla rapide.
ment, mit de l’ordre dans son ménage et courut chez Mme Aubin,
—Demain —pensaitil—je reprendrai les tournées...—Me voilà avec une bouche de plus à nourrir | — En avant l'or.
Que 9 lee isnens = fi le temps est
u, je donnerai un coup de pied du
côté de Passy, — C’est un bon quartier pour moi.. ï
Comme il arrivait au restaurant la Marie accourut au-devant de lui,
—La petiote ?—lui demanda-t.il vi.
vement.
—Elle dort encore,la pauvre mignonne...
—Elleaeu un peu ce fièvre cette :
nuit mais c’est pas étonnant après tout ce qui s’est passé et nous espérons bien que ça ne sera rien. :
—Si ça n’allait pas tout à fait bien, envoyez chercher de suite le brave doc- , teur Bordet !—Faut la soigner comme un ange qu’elle est cette chérie-là !
—Ma petite Marie, si la pauvre maman Véronique mourait, Marthe serait notre fille, quand nous aurons défilé devant l’écharpe de M. le maire et le surplis de M, le curé...
—C'est bon... on la soignera, soyez paisible ——Aves-vous lu les journaux de ce matin
Pas encore... Je ne fais que me le.
ver.
—ÆEh bien ! il faut les lire.
—(Qu’est-ce qu'ils chantent ?
— Ils racontent le crime... l’incendie.
— Nous en savons plus long qu'eux à ce sujet-là,
— Ils disent que la justice est sur la trace des assassins,
—On dit toujours ça...
—0On parle de vous...
—De moi !..
—Parfaitement ! Ancien soldat... mutilé...… nul médaillé... On fait l’éloge de votre conduite pendant le feu...
—(Ça, je m’en bats la paupière, — Je ne suis pas vaniteux.. Ë !
—On parle aussi de Claude Grivot… également pour sa belle conduite...
rage de maman Véronique, ea parle-
—Bien sûr 11!...—On affirme que la lies femme ne survivra pas à sa lessure…..
— Ça, je vais le savoir, mment Ÿ —Æn le demandant à ceux qui peuvent me renseigner.
—Vous alles à l’hospice Saint-Louis ?
— Toujours courant en sortant d'ici... |
—J'allais vous le conseiller... ,
—Toi,t’es une bonne fille, la Marie.
Tn mérites d’être heureuse, et tu le se.
ras puisque je t’épouserai et que tu pourras te vanter d’avoir un mari de tout premier choix !—La bête au bon Dieu, quoi :—Sers-moi un morceau de fromage, un croûton de pain, un demi-
‘setier de vin blanc, et après avoir pris ce petit acompte sur le déjeuner de mi.
di, je file à Saint-Louis...
La Marie servit Magloire qui, tout en mettant les bouchées doubles, lui de.
manda si elle savait ce qu’on faisait à l’usine. ë
—Rien pour le moment... répondit-elle.......M. Prieur, le caissier, et M, Grivot sont ici, dans un cabinet, en train de dresser une feuille de paie. des ouvriers... Le juge d'instruction, qui doit revenir à midi, « promis de leur remettre pour tout le monde une indemnité de huit jours de travail.
—C'est un brave homme celui-là 1...
s’écria le manchot..…...S'occupe-t-on de déblayer les dédombres ?
—M., Ledru, l'officier de pompiers entrepreneur, qui est venu boire ici la goutte ce matin, a dit qu’on allait com.
mencer et que Ça marcherait ronde. ment.
—Tant mieux... Il faudrait savoir si on a vraiment volé la caisse...
— Volée ou brûlée, ça reviendra toujours au même ! Ah! mon pauvre Ma.
gloire, tout cela est bien triste !
—Plus encore que tu ne le crois, la.
Marie !......fit le manchot qui avait ter.
miné s0n repas et qui se leva... Je Par... ajouta-t-il......8i la setite me demandait, ou demandait des nouvelles de sa gran \'mère, tu lui répondrais que je suis allé en chercher et que je lui en apporterai bientôt,
Et après avoir embrassé sur les deux joues la future Mme Magloire, le joueur d'orgue partit de son pied léger, pour gagner le tramway qui devait le con lui.
re à Paris où il avait hâte d’arriver.