‹ La Fille de l'officier de Marine [microforme]Chapitre 28 sur 84 · LIT · texte numérisé non relu

LIT

Ce jour-là n’était point un de ceux afeoiés aux visites dans iés hôpisaux,

eiller...

fille, ls Marie. —

use, et tu le se.

erai et que tu ir un mari de & bête au bon in morceau de pain, un demi.

près avoir pris déjeuner de mi.

ire qui, tout en loubles, lui de.

qu’on faisait à

sssosoce répon-

le caissier, et un cabinet, en ile de paie. des uction, qui doit de leur remet.

une indemnité

ne celui-là 1...

occupe-t-on de |

le pompiers en- 1 boire ici la l’on allait com.

cherait ronde-

drait savoir si 880.»

reviendra toum pauvre Ma.

triste !

16 le crois, la.

t qui avait ter.

leva... LLLL ES Je la etite me

t des nouvelles

‘épondrais que

v que je lui en

é sur les deux loire, le joueur léger, pour vait le con dui.

d'arriver.

, un de ceux ies hôpisaux,

us H hum Ésscsssse C'est assez diff.

Magloire le savait bien.

s’il ne pouvait pas voir Véroni.

que Sollier, il trouverait certainement

, Moyen de se faire renseigner exacte.

ment au sujet ne son état.

Il y avait tout au plus vingt minutes que Daniel Sayvanne avait quitté l’hos.

pice Saint-Louis quand le manchot se

résenta chez le concier e, un vieux rave décoré de la médaille militaire

Entre deux anciens soldats, portant l’un comme l’autre sur la Oitrine l’insigne. ...,8i tapis qu’il soit... de la bravoure, ilsuffit d’un simple contact pour établir la sympathie, presque l’a.

mitié,

Le concierge et le nouveau venu ge saluèrent militairement.

— Vous désirez camarade | PEER demanda le gardien au manchot... Si c'est pour voir quelqu'un que vous êtes ici, je dois vous prévenir que malgré toute ma bonne. volonté et” mon désir de vous être agréable, je ne pourrai vous autoriser à entrer... Ce n’est Pas aujourd’hui jour de visites,

—Je le savais, et je n’essayerai même point de vous faire oublier votre consi.

gne...... Un,soldat sait ce que c’est qu’une consigne et la respecte... Je voudrais tout simplement vous prier de me renseigner au sujet de quelque cho.

se, ou plutôt de quelqu'un. .

—Tout à votre service, mOn camarade,

—On a apporté ici, dans la nuit du 1er au 2 janvier, une femme blessée.

—Oui..,On venait de Saint-Ouen.. je me suis levé pour ouvrir aux porteurs du brancard.

—Pourriez.vous me dire si cette fem.

me vit encore ?

—Pour sûr elle vivait hier soir, ; a si elle a des chances a guérir —Quant à Ç3, pas moyen de vous ré.

pondre... chirurgien qui la soigne est seul à le savoir. .en supposant mé.

me qu’il le sache.

chirurgien dont vous parlez, est.

ce que je pourrais le voir ?

—Difiicile, mais pas impossible...

nat parent de cette person.

ne

— Non, je suis seulement son ami, et jai provisoirement recueilli sa petite

— Vous habitez Saint.Ouen ?

—Ou1......j'arrivais sur le lieu de l'in.

cendie quand on a trouvé, gisant à ter.

re, le corps de la pauvre femme,

concierge de l’hôpital Saint-Louis regarda-âttentivement le joueur d'or.

gue.

—Je parie que c’est vous qui êtes Magloire... fit.il ensuite.

—Fn effet, répliqua le manchot très surpris...Mais comment diable pouvez.

vous deviner cela ?

— Ça n’était pas bien malin 1... Le

au long.........Il paraît que vous vous êtes bigrement bien conduit Jà-bas, quoique vous n’ayez qu’un bras. Du res.

te, un ancien soldat médaillé, fallait s’y

—J'ai fait ce que j'ai pu. ‘

— Voyons, camarade, parlons peu, mais parlons bien., Vous voulez avoir des renseignements sûrs de la blescée qui vous intéresse..…..vous voulez voir le chirurgien pour lui demander s’il a l'espérance de ]a sauver.

—C'est parfaitement ça.

—Æh bien ! nous allons tâcher d'ar.

ranger l’affaire... Le chirurgien en chef qui peut vous répondre passe sa visite en ce moment......A onze heures, tout sera fini... il déposera son tablier et viendra monter dans sa voiture qui l’at.

tend devant la grille... Je vous le montrerai dès qu’il arrivera et vous Pourrez le happer aû passage s’il veut

.8e laisser faire, et ille voudra car c’est

un brave homme, Ça vous va-t.il comme

Je crois bien, que ça me val, .... :

et je vous en remercie de tout mon cœur.

—Alors, entrez dans ma loge... Vous vous chaufieres, ce qui ne sera pas de trop, car il fait rudement froid, et nous ferons un bout de causetie en âttendant la sortie du doctenr,

ne pouvait qu’accepter.

oire it qu’ te

|| Il entra, ja! Son cœur se poids très lourd.

| Mme Sollier,... qu'il avait craint de | trouver morte, vivait, | C'était beaucoup, cela ! Mais un dou.

te terrible subsistait encore : une ques.

| tion redoutable se posait . Pourrait.on

\{l la sauver ?

{ | 11 fallait que le chirurgien lui dise la Et vérité, la vérité tout entière,

151 Alors, si la pauvre femme était con.

damnée par le prince de la science, il aviserait au parti à prendre vis.à.vis du juge d'instruction et au sujet de la pe.

tite Marthe,

Peut-être dans l'intérêt de celle.ci, au moins autant que l'intérêt de la justice, 86 déciderait.il à remettre à M. Savanne le reçu de Richard Vernière et le joyau enlevé aux doigts raidis de Véro.

nique, horloge de l’hospice sonna onze eures.

UP Le concierge coupa court à la causé.

We rie très amicale engagée entre lui et Magloire et dit :

—Onse heures !... la visite est termi.

néo, M. Sermet ne tardera guère à rejoindre son coupé, Quelques minutes s’écoulèrent, puis l’ancien soldat, dont les yeux étaient fi.

Ki] xés sur la cour, aperçut, à travers le vi. pi trage de sa loge, le docteur Sermet se dirigeant vers 1a sortie, | —Le voici... fit-il vivement. Alles-y saus crainte..Je vous le répète, c’est un brave homme, pas pour deux | Magloire sortit de la loge et fit quelif uels pas à la rencontre du chirurgien, (ll … devant lequel il se découvrit respecsement.

—Qu’y a-t-il, mon brave ?...deman., da lui rendant son salut, le docteur s6.

duit par la physionomie sympathique

| de l’ex-marsouin,

I —Mon al ge Le le manchot...

li je veux vous prier de me:tirer du pied uue grosse épine, ou plutôt de m'ôter du cœur un grand souci.

—De quoi Li so !

—Vous avez dans votre service une

es RARES

trouvait allégé d'un

sa première question fut celle

2VU Sos

"° sh

brave femme blessée très dangereuse.

ment,

—J'’en ai plusieurs... Précisez mon ami...De laquelle DRTIeR-rous,

—Je parle de la blessée de Saint.

Ouen.

— Véronique Sollier ?

—Elle-même......Mon major, un seul mot, je vous en supplie... , Dites-moi si re pourres la sauver 1.....Si elle gué.

La voix de Magloire tremblait, Deux larmes coulaient sur ses joues.

L'émotion du manchot toucha le chi.

rurgien, si blasé qu’il fut sur les 6motions ne toute nature, à —Kassurez-vous, mon brave garçon tépondit:l, la pauvre femme de Î

ous parles n’est nullement en danger .

de mort, J'espère qu'avant un mois elle pourra sortir d'ici,

—Complètement guérie ?

—Oui, complètement.

—Ah ! major, major, s’écria le joueur d'orgue, ne pouvant maîtriser ni ses larmes ni sa joie. Que vous venez de me fai.

re de bien et que je vous remercie !Eile

* vivra cette brave Veronique !... Quand

pourrai-jé la voir ?,...….

—Pour cela je ne puis fixer une époque. 5

—Revenez dans une quinsaine de Jours et demandes-moi, Je verrai ce qu'il est possible de faire pour vous conten.

ter... Au revoir, mon brave.

Le docteur rejoignit sa voiture.

Magloire serra la main du con: orge de l’hospice, le remercia et rep:1. tout heureux, le chemin de Saint.Ouc , où il se proposait de déjeuner solidemei ; au restaurant de Mme Aubin, -

La joie qu’il venait d'éprouver dou.

. blait son appétit,

Marthe était debout dans la salle, en

ge PA de la Marie.

Elle était un peu pâlotte, mais se por.

tait bien,

En voyant entrer le joueur d’orgue

son visage s'éclaira.

Elle courut à lui pour l'embrasser et Ci :

—Tu viens de Paris, mon bon ami

loire,,.s.soss É as vu grand'mè.

er enter pen amas annee ms a

| dangereuse.

Précises mon L'UR

se de Saint.

ajor, un seul . Dites-moi si Si elle gué.

iblait, Deux

ucha le chi.

r les 6mo.

an mois elle |

ia le joueur er ni 868 lar.

>: de me fai.

nercie ! Elle 1... Quand

r une 6po-

inzaine de rrai ce qu’il us conten.

ure.

| Conr’prge rep: '.. tout Oue , où il

lemei ; au

uver doua salle, en ais se por.

r d'orgue

brasser et Ci ! x

bon ami grand'mè.

Le manchot répondit :

Me qu ma mignonns, je n’ai pas pu

Un nuage s'étendit sur les traits expressifs de l’enfant,

—Tu n'as pas pu la voir? répéta-telle, pourquoi ?

Elle n’est pas morte cependant ?

—Non, grâce au ciel !

—Je la reverrai ?

—C’est certain,

—Quand ?

—Quand Je chirurgien qui la soigne, et qui un homme très savant, le jugera convenable...

—Qa sera-t-il bientôt ?

—Je n’en sais rien, j'espère que Oui. /

Mais jusque.là il faut que tu sois bien gentille, bien raisonnable, et que tu ne tourmentes pas ta petite cervelle... Dis. toi que tu n’es pas seule, et que ton bon ami Magloire qui t’aime tant est là Pour veiller sur toi...

L'entretien du manchot avec le doc.

teur Sermet avait changé le cours de ses idées,

La tournée 4 Passy, projetés pour le lendemain serait remise à un autre

ur.

Dr le moment, il voulait suivre d’aussi près que possible l'enquête commencée par Daniél Savanne.

Il voulait savoir si quelque incident fortuit, quelqu'un de ces hasards impré.

Vus qui si souvent viennent en aide à la justice trébuchante, ne livrerait point au magistrat le secret du crime commis,

Véronique Sollier vivrait ; cela, main.

tenant, n’était plus douteux pour lui,

Lorsqu’il pourrait 1h voir, qu’elle se.

rait en état do perler et qu’elle le ques.

tionnerait, il tenait à être en mesure de lui répondre.

Il déjeuna avec Marthe dans la grande salle remplie de clients, gravant an plus profond de sa memoire tout ce qui se disait autour de lui,

On lui apprit que le déblaiement des décombres était commencé, et que le soir les ouvriers se réunirai: nt au restaurant Où le caissier Prieur et Claude Grivot devaient leur distribuer Findem. |

nité de huit jours, allouée si généreuse.

ment par le juge d'instruction en souvede son ami Richard Vernière,

— Ca va bien |... se dit l'ancien sol.

dat de marine...je passerai ici la soirée et entendant causer Prieur et Paul, je saurai de quoi il retourne là-bas...

Le misérable sans-patrie, l’infâme assassin Robert Vernière était

Le train avait stoppé en gare,

L’eftroyable drame qui venait de se jouer à l’usiñe de Saint-Ouen, et dont il avait 6t6 le rincipal acteur, ne l’ef.

ba que relativement, nous l'avons

Se croyant certain de l’impunité, il ne pouvait penser qu’à cette fortune, volée dans le sang, auxlueurs de l'in.

cendie, et contenue dans la sacoche où il l’avait précipitamment enfouie,

La curiosité le travaillait, mais malgré son ardent désir de repaître ses yeux de la vue de cet amas de billets de ban.

que, de les compter, de les caresser de ses mains fiévreuses, il eut assez d’empire sur lui-même pouraîtendre que le train eût franchi quelques stations et

. eût mis un plus large espace entre lui

et le cadavre de son frère,

Ce fut seulement après avoir dépassé Compièrne, se trouvant toujours seul, qu’il es 1‘uida de procéder à l'examen de ses richesses,

Il ouvrit la sacoche:

Ses doigts tremblaient en tirant du portefeuille où les avait placés le cais.

sier Prieur les billets de mille francs

ui s’y trouvaient réunis par paquets de dix mille francs. "3

Ses regards étin ‘elèrent lorsque, sous les clertés de la veilleuse placée au pla.

fond, il soupesa les rouleaux d’or,

Le chiffre annoncé par Claude Grivot était parfaitement exact,

Cinq cent cinquante.deux mille francs et quelque cent francs,

cs den "SR

ill avait tout vérifié, tout caloulé, tout Lin * " j ja

uet portant sur l’enveloppe re «6 Dépôt Gabriel Savanne ?

attira son attention.

11 n'y avait pas attaché grande impor.

tance jusqu’à ce moment.

Ce pouvaient être des papiers, précieux pour le déposant mais sans valeur pour lui.

Il l'oavrit enfin,

Sa joie égala sa surprise,

Des billets de banque encore, toujours !1

Il compta trente et une liasses, de dix chacune, épinglées.

Trois cent dix mille francs,

Avec l'argent de Richard cela formait un total de plus de huit cent mille francs soit près d’un million !

Le acélérat, pendant quelques seoondes, eut le vertige.

Tout cela lui appartenait,

Claude Grivot était ec ce moment bien loin de sa pensée,

La mémoire, cependant, ne tarda guère à lui revenir.

Il avait un complice.

Un complice qui viendrait bientôt réclamer sa part de la fortune volée ! Un complice à la merci duquel il se trouvait, qui d’un mot pouvait le perdre, et qui n’hésiterait pas s’il 8e faisait de lui un ennemi,

Ainsi que l'avait supposé le contremaître, un instant l’idée lui vint de ne pas retourner à Berlin, de fuir, de gagner Londres, puis l’Amérique, en un mot, de disparaître,

Cette idée, ne fit d’ailleurs que traverser s0n esprit.

Il connaissait bien la force de volon. té, la ténacité inébranlable du contre.

maître.

Ilsavait que Claude Grivot le pour.

suivrait portout, saûs se lasser, sans 8e à nc et finirait par le rejoin-

re.

Son parti fut pris aussitôt,

—Eh bien Lossssooooiteil en remettant toutes les liasses at les rouleaux d'or dans la sacoche d’où illes avait tirés...

puisqu'il le faut, je lui ferai sa part, mais la mienne sera la plus grosse...

Claude ignore certainement le dépôt de

| trois cent dix mille francs fait par Ga.

briel Savanne, et je ne serai pas assez

sot pour le lui faire connaître i Pendant quelques minutes, il réflé.

chit au sujet de ce dépôt,

11 se demandait pourquoi le marin, le frère du juge d'instruction, avait versé cette somme importante dans la caisse de son frère,

Le problème lui parut bien vite inso.

luble,

Que lui importait après tout,

L'essentiel était de tenir les trois cent dix mille francs, et il les tenait,

Ses pensées prirent un autre cours,

J1 sougeait su passage de la frontiè.

re.

1 Pour pouvoir l'éviter, ce dangereux assage, il aurait donné beaucoup, mais escendre à l’avant-dernière station

française pour gagner à pied une sta-

tion belge l'aurait trop retardé... 11 voulait arriver à Berlin le plus promp.

tement possible, mettre sa fortune en lieu sûr, la cacher, jusqu’au jour où ::

ourrait s’en servir sans crainte d'éveil.

er des soupçons.

—De Bruxelles gagner Strasbourg...

se;dit le misérable.......me fait perdre près de douze heures... Je ne sui.

vrai donc pas l'itinéraire tracé par Clau.

d6,... À Bruxelles, jé prendrai le ra.

pie qui me conduira à Cologne, et de

à à Berlin...…....C'est à p eine si j'aurai vingt minutes de retard sur le train que j'aurais dû prendre à Paris hier au soir, et qui emporte mes valises dans ses bagages. À

“ Oui, cette route est plus directe...

C'est celle-là que je suivrai...

Ces réflexions apaisèrent pendant quelque: instants la fièvre qui dévorait Robert,

Mais ses inquiétudes lereprirent lors.

que le train s’arrêta à la gare frontière pour être soumis à l'inspection des a.

gents de la douane belge,

Il fut bientôt rassuré.

Aucun collis ne le suivant, on se con.

tena de lui demander ce que contenait

le dépôt de t par Gapas assez

ei 8, il réflé.

6 marin, le avait versé 8 la caisse

\vite inso-

at, 8 trois cent ait,

re Ours.

la frontiè.

dangereux coup, mais re station | une sta- Léséssosse

us promportune en jour où .:

nte d'éveil.

rasbourg...

fait perdre Je ne sui.

6 par Clauidrai le ra.

gne, et de 16 si j'aurai r le train ris hier au ilises dans

directe...

peadant i dévorait

rirent lorse frontière on des a.

on 8e con:

contenait

la sacoche qu'il portait en bandouliè.

re.

—Des papiers et des valeurs.........ré.

pondit-il sans descendre de son compartiment,

Désires-vous contrôler mon passe.

port ?

—]nutile,

Et l’agent belge referma la portière,

Le train se remit eï marche,

Il stoppait à Bruxelles à dix heures et quelques minutes,

Le rapide qui devait le conduire à Cologne, et de là à Berlin, passait à dix heures et quarante-deux à :a gare de Bruxelles. Midi,

Dix minutes plus tard Robert roulait vers la capitale de l'Allemagne où il ar.

rivait vers huit heures du soir, vingt rainutes en eftet après le train parti de Paris la veille au soir à six heures tren.

te-cinq minutes.

À peine descendu du wagon, il se rendait à la consigne, et, muni de son bulletin de bagages, retirait sa valise enregistrée à la gare du Nord,

Les étiquettes collées sur le cuir pertaient ces mots : Paris.Berlin.

Il se promit bien de les faire dispanb aussitôt qu'il serait rentré chez ui

Pobert arrivait à Berlin juste au mo ment où la dépêche chiffrée du baron Schwartz, le concernant, parvenait au négociant Schmitt, pour être transmise

au bureau des renseignements du grand état-major.

Les combinaisons de voyage rapide imaginées et exécutées par 1e fratricide, auraient pu faire supposer qu’il soupsonnait la surveillance dont il était l’ob.

jet, etqu’il voulait déjouer les plans de l’attaché à l'ambassade allemande.

Nous savons qu’il n’en était rien.

Il ne doutait même pas que sa présen.

ce à Paris sous un faux nom avait été signalée,

Robert habitait dans Friedrichstrass un fort joli hôtel appartenant à la veuve de M. de Nayle, devenue Mme Vernière par son second mariage,

était une des propriétés dans l’A].

sace annexéc, mises à l’abri des folies dissipatrices de Robert;et qui constitu.

aient le patrimoine de son fils ilip.

Préoccupée de l'avenir de oct enfant, elle s'était mariée sous {e M 3 dotal, mais fort éprise du misérable gredin qui, la sachant riche, avait tout fait pour s’emparer de son cœur, elle lui avait reconnu par contrat ün apport de deux cent cinquante mille francs, bien vite dévorés par lui,

Il ne s'était point arrêté là et do grosses sommes que sa femme, tcujours épri 8e, par conséquent toujours faible, pre.

nait sur sa fortune personnelle pour les lui livrer, avaient également disparu,

Mais enfin, éclairée aur la conduite da Robert, elie s'était refusée à laisser ouvert plus longtemps le coffre-fort dans lequel il croyait pouvoir puiser tou.

jours,

Blessée au.vif dans son amour-propre de femme scandaleusement affichées de S0n second mari, elle s'était reprise et le mépris, chez elle, avait remplacé l’amour,

Elle déclarara carrément à Robert qu’il ne devait plus compter sur elle et que seule, désormais,elle administrerai t les biens dont son fils hériterait un jour.

Elle ajeuta qu’il recevrait une‘allocation mensuelle plis que suflisante, puisqu'il profiterait à l'hôtel du confortahle de la vie commune,

Depuis cette époque, les rapports é.

taient fort tendus entre le mari et la femme qui ne se voyaient guère qu'aux heures des repas Les familles françaises que l'annexion

avait rendues prussiennes malgré elles estimaient beaucoup et recevaient avec grand plaisir Mme Robert Vernière qu’elles avait connue quand elle se nom mait la comtesse de Nayle,

Toi nous devons ouvrir une courte parenthèse pour faire connaître à nos lecteurs ce nouveau personnage qui va jouer dans notre récit un rôle d’une grande importance.

Amélie-Denise Paradon, née à Saver.

ne en 1850, avait, à l'heure où. nous la mefton en sène, atteint ga Quarantes troisie:ne année.

Elie était file unique «un grand in.

Se + ne NOM |

RE ar RS

dustriel du chef-lieu du département

du Bas-Rhin, dont les filatures jouis-

saient d’une prospérité toujours croissante. ) ;

Pierre-Louis Paradon avait près de cinquante ans lorsque sa fille vint au monde,

Des années auparavant il avait épousé une femme beaucoup plus jeune que lui qui mourait en donnant le jour à la petite fille restant seule auprès d’un pure que les affaires ir lustrielles absor.

ent absolument.

L'enfant fut confiée à une nourrice qui la garda jusqu’à l’âge de sept ans.

Alors Louis Paradon songea à pren.

dre sa fille avec lui et à lui donner une

uvernante bien élevée, instruite, qui ui servirait aussi d’institutrice,

Ce qu’il avait résolu fut fait.

L'enfant devint une gracieuse jeune fille, douée des qualités les plus rares, qui se développèrent en même temps que sa beauté et queson intelligence.

Son institutrice, française comme elle comme son père, avait te Le dans son esprit et dans son cœur la bonté, la loyauté, en même temps que la haine de l’Allemagne que Paradon détestait,

L’industriel passait pour riche et l’6.

tait en eftet, mais sa filature, une des plus belles du pays, représentait pres.

que toute sa fortuue,

Er deux années la prospérité disparut.

Des concurrences s'établirent.

Le prix des matières premières auge menta,

L’exportation cessa d'offrir les mêmes avantages qu’autrefois.

Des spéculations malheureuses et des faillites dont il fut victime vinrent gros.

sir les pertes causées par la mévente des tissue,

La ruine s’annonçait, menaçante, complète, inévitable,

Amélie, âgée alors de dix-huit ans, était trop sensée et :rop perspicace pour ne point s’apercevoir des erabarras de son père, qui l'avait d’ailleurs initiée à toutes ses affaires,

La branche de salut pour le manu.

p d aa bn hi facturier se présents sous la forme d'un

jeune homme de trente ans, habitant les environs de Saverne, le comte Hen.

riot de Nayle,

Issu d'une famille protestante émi.

grée en Allemagne à la suite de la révo.

cation de l’édit de Nantes, il était venu après la mort de son père qui habitait Berlin, se fixer en Lorraine où il possédait de vastes propriétés.

Ayant beaucoup vécu et beaucoup voyagé, ayant passé plusieurs années à Paris en plein tourbillsn demi-mondain fatigué de voyages et de plaisirs, en un

: mot blasé sur toutes choses, il songeait

sérieusement à finir sa vie en ermite, daas la solitude, dans le calme le plus profond, au milieu des grands bois où il p’aurait d'autres distractions que la Chasse,

Si bien arrêtée, si parfaitement iné.

branlable en apparénce que fut cette résolution, il suflit de la rencontre d'A.

mélie Paradon pour l’ébranler, ou plutôt pour l’anéantir,

is par le hasard en présence de la jeune fille, ce blasé qui ne croyait pius à l’amour, mais dont le cœur n’avait en réalité jamais battu, se sentit envahi, dominé, enchaîné soudain, par un senti.

ment qu’il ne connaissait point enco.

‘Il ne rêva plus que d'unir son exis.

tence à celle de cette enfant dont un regard lavait conquis,

Il s'inquiéta de savoir qui elle était, ce qu'était son père, et l'enquête qu'il fit lui révéla, en même temps que l'in.

discutable honorabilité de cette famille, ga ruine imminente,

Si personne ne lui venait en aide, l’homme qui, depuis trente ans, travail.

lait avec tant de courage et de succès n’avait plus devant lui que l’horrible perspective de la faillite et de la misère,

Henriot de Nayle n’hésita pas une minute.

Il se rendit ches Louis Paradon, et sans tergiverser, allant droit au but, lui demanda la main de sa fille,

L'industriel connaissait de longue da.

te, au moins de réputation, M, de Nayle, par conséquent il le savait très bien né, très galant hôrime et très riche,

habitant mte Hen.

inte émile la révo.

tait venu i habitait, Lil possé-

beaucoup années à -mondain rs,en un songeait n ermite, ele plus bois où il | que la

nent inéfut cette ntre d’A.- , Où plu-

ce de la yait pius ’avait en avahi, do- 1u senti.

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le était, ête qu'il que l’in.

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en aide, , travail.

) succès, ‘horrible la misè-

pas une

adon, et | but, lui

ngue da.

de Nayrès bien iche,

Ce mariage inespéré le mettrait à flot et assurerait Re d’Amélie, avenir si sombre en ce moment,

—Ce n’est pas moi qui peux vous répondre, monsieur le comte... dit.il cependant......c’est ma fille.....Je ne me reconnais point le droit de disposer de 80n Cœur et de peser sur sa volonté...

Je suis, pour ma part, très flatté de l’honneur que vous voulez bien nous faire, mais, avant de passer outre, ma loyauté m’oblige à vous mettre au cou rant de ma position actuelle.

—Je la connais, monsieur, interrompit vivement Henriot,

—En êtes-vous certain ?

—Oui, monsieur,

—Que savez-vous donc ?

—Que vous avez subi de grandes per.

tes, et que, sans qu’il y ait de votre fau.

te, sans que vous puissies vous adresser à vous-même le moindre reproche, vous marches fatalement à l’abime,

—Et cela ne vous arrête pas ?

—Cela m'encourage, au contraire, puisque,.si je suis agréé, j'aurai le bonheur de pouvoir vous être utile.

— Vous êtes un vrai gentleman, mon.

sieur... Veuillez revenir demain...

J’aurai causé avec ma fille, et je vous répondrai,

—À demain, monsieur, et je vous en supplie, plaides ma cause avec éloquence,

—Je ferai de mon mieux.

Henriot de Nayle se retira, le cœur

lein d’espoir et comprenant bien que e père était son allié,

Aussitôt après l'entretien auquel nous venons d'assister, Louis Paradon faisait connaître à sa fille le but de la visite du gentil homme, leur voisin.

Amélie éprouvait pour son père une affection et une admiration sans bor.

nes.

Pour le sauver d’un désastre imméri.

té elle était prête à tout,

D'ailleurs il ne s’agissait point ici de 8e sacrifier,

Elle connaissait Henriot de Nayle

ur l'avoir rencontré à Saverne TAN LT

lle le savait très riche... Assurément elle ne l’aimait pas, mais il ne lui dé.

plaisait point et sa recherche la flat tait,

La couronne à neuf À pu fait tou.

jours un agréable effet dans un rêve de jeune fille,

Amélie réfléchit pendant quelques minutes,

Elle ne pourrait manquer d’avoir une influence absolue sur un homme qui, l£ sachant sans fortune, Pépousait par a.

mour.

Donc rien ne lui serait - lus facile que de venir’ en aide à son père qui, grâce à cette union, se relèverait certainement,

—Quand M, le comte de Nayle doit.il gui cherch-: ma réponse ? demanda.

-elle.

—Demain, ma chérie,

—Eh bien | demain, vous me présen.

terez M, de Nayle, et, c’est moi-même qui lui répondrai,

L’industriel ne fit aucune objection. .

Il ne doutait pas que la réponse atten.

due ne fut favorable, 5

Le lendemain Henriot revenait trouver Paradon qui le conduisait auprès de sa fille à qui il le présentait.

—Mon père...dit Amélie... veuillez, je vous prie, me laisser seule un instant avec M. de Nayle,

Paradon auitta le salon.

” Amélie, de la main, désigoa un siège au jeune homme qui s’assit en face d’el.

le non sans une vague in uiétude, car la physionomie de la jeune fille était;impé.

nétrable,

—Monsieur..…... commença Amélie...

mon père m’a dit aue vous m’aviez fait l’honneur de demander ma main, quoi.

que les embarras de notre position ac.

tuelle fussent connus de vous,

4 C'était agir en homme de cœur, c’est donc à l’homme de cœur que je vais parler,

# Vous m’aimes.....Je le CTOÏS,.s Il m'est impossible d'en douter, paisque votre démarche le prouve,

“ Moi, je vous connais à peine, ot ma situation vis.à vis de vous est délicate,

“Je ne puis éprouver pour vous, vous le comprenes, un sentiment plus vif que

Le

EP

: ea tt sem té =

velui de la sympathie et de la gratitu.

OR cœur est absolument libre,

Je serai, j’en suis certaine, une honnête

femme, une compagne dévouée, une bonne mère de famille... De ia sympa.

thie et dé la reconnaissance à l’amour il n’y a pas loin...Il :: us sera donc facile de vous faire aimer de moi si je devians votre femme, mais avant d’accepter . ia main que vous m'oftrez, j'ai à vous imposer des conditions.

—Quelles qu’elles soient, mademoisel.

le, elle Sont acceptées d'avance | s'écria le gentilhomme, heureux de ce qu’il venait d'entendre, car les paroles de la Teune fille lui permettaient d’entrevoir la réalisation de ses plus chers dé- B1rs, ...

— Attendez avant de vous engager,reprit Amélie, Ces conditions vous ne les Connaissez pas...

—Qu’importe ? Je les accepte,

e dois les préciser.

—Parlez donc, puisque vous le vou- OZ,o0000 —Vous êtes protestant ?

—Oui,

. —Je n’exigerai point de vous une ab.

Juration immédiate, qui ne serait point sincère, n'étant pas raissonnée, Je me réserve de vous amener sans choc, 8e.

Cousse, et sans complaisance de votre part, à penser comme moi, mais je veux que nos enfants, si Dieu nous en envoie, soient élevés dans la religion catholi-

—Ils le seront... J'en prends l’enga- &ement solennel,

—Nous nous marierons sous le régis me de la séparation de biens...

Henriot fit un haut-le-corps,

' —La séparation de biens l' répéta.t.

Pourquoi ? Ma fortune ne sera-t-elle Pas la vôtre ?

—Je vais sous expliquer la cause de mon désir... Je sais que vous êtes riche, très riche même, mais sans connaître le Caire de votre fortune,

— dépasse deux millions et de.

—Sur ces deux millions et demi je

vais Vous demander de me constituer une dot dont j'aurai la libre disposition,

Pagani »

sans Contrôle, puisque nous serons sé.

parés de biens, s

Henriot de Nayle, nous le répétons était homme d'intelligence et de cœur.

Il comprit la pensée toute délicate toute tliale,cachée sous la demande d’A.

mélie, et la jeune fille grandit encore à ses yeux.

— Vous êtes une noble enfant, mademoiselle...….... répondit-il avec une ad.

miration profonde, Vous pensez à votre père, et vous voulez pouvoir lui ve nir en aide sans même;vous adresser À, MOI] ,...000

C'est vrai... , vous ‘avez devi-

Et ses larmes jaillirent,

Henriot lui prit les mains qu’il ap- Puya contre ses lèvres avec autant de respect que d'amour,

—Ce que vous désires sera fait, made.

moiselle....,, dit-il ensuite... Vous sauverez votre père, et ce sera pour moi un grand bonneur et un grand hon neur d’avoir pu vous aider dans cette noble tâche,

Fixez-moi le chiffre de la dot dont je suis prêt à vous reconnaître lapport...

—Je n'ose,

—Un million ?

—C'est trop.

—Combien, alors ?

—La moitié sufbra.. se

—Autorisesz-moi donc à voir mon notaire en sortant d'ici et à lui dire de jeter les bases d’un contrat de mariage tel que vous le désires.

— Vous êtes bon, monsieur, dit la jeu.

ne fille en serrant les mains de M, de Nayle avec effusion, Vous êtes bon et je vous aimerai...

Henriot attira doucement Amélie, qui ne résista point, et il mit sur son front le baiser des fiangailles.

Un mois plus tard on signait le con-

trat par leque! le reconnaissait à Mlle

le francs,

milles.

fectionnements qui rer le succès.

un petit château où

saldat, mari

de naissance comme de cœur.

deux villes,

tureliement elle accepta avec joie,

née Quand ils nufacture de

d’autrefois.

pire absolu. Pour rien au monde il n’aurait voulu décider quelque chose sans la consulter, ; Au bonheur de la jeune femme, il ne manquait qu'une chose, . Elle désirait être mère, et, au bout de deux années de mariage, rien n’an.

nonçait que ses vœux dussent être exan.

Cés.

comte de Nayle Amélie.Denise Paradon un apport de cinq cent mil.

—Trois jours après,le mariage civil et religieux était célébré à Saverne, au milieu d’une foule d'amis des deux fa.

Louis Paradon était sauvé, le demi.

million de sa fille lui permettait de reconstituer sa filature avec tous les perdevaient en assu-

Henriot de Nayle possédait à Saverne et dans l’arrondissement, outre l'hôtel qu’il habitait, des bois importants et Plusieurs fermes. À Strasbourg,une mai.

s0n de rapport. A Berlin, trois autres maisons, celles-là lui venant de sa mère une Allemande. Aux portes de Nancy

n il alla passer de loin en loin quelques jours et qui le res.

te du temps avait;pour gardien un ancien

ié

C'est là au’Henriot était venu au mon- Il était donc partaitement Français,

Amélie n'avait jamais quitté Saverne que pour aller à Strasboaug ou à Nancy en compagnie de son père que ses affaires appelaient quelquefois dans ces

Henriot lui proposa de voyager,et na.

Leur absence dura près d’une an-

vinrent à Saverne la maouis Paradon avait repris toute son activité et toute sa prospérité

Amélie, connaissant bien son mari, qui l’adorait, l'aimait teudrement,il était bon, juste, loyal, mais d’une nature un Peu faible, Elle avait pris sur lui un em-

Au printemps de (870 ils entreprirent un nouveau voyage.

Ils étaient en Angleterre quand, au mois de juillet ils apprirent que la guer.

re éclatait entre la France et l’Allema-

gne.

Amélie pensa à son père. Elle aurait voulu rentrer immédiatement, l’idée des dangers à courir l’épouvantait, non pour lui,mais pour elle, D’ailleurs,à quoi leur présence à Saverue eût-elle ser.

vi?

Les jeunes époux restèrent à Londres où les nouvelles les plus désastreuses leur parvenaient,.

On se battait en Alsace et en Lorraine, tout allait être détruit, saccagé,

Les communications ayant été coupées les nouvelles iocales cessèrent d'arriver, et trois mois plus tar, seulement, Amélie sut que ses prévisions . les plus sinistses étaient dépassées de beaucoup.

Louis Paradon, qui malgré son âge avait pris héroïquement les armes pour délendre son pays contre l’envahisseur avait été fusillé comme franc-tireur sur les ruines de sa filature incendiée par les Prussiens,

Frappée au cœur, Amélie tomba ma.

lade et faillit mourir... Sa jeunesse, la force de sa constitution et surtout les soins de son mari la sauvèrent, +: Quand Henrios et sa femme, guérie mais bien faîble encore, rentrèrent en

France après la signature du tràité de paix, une partie de la Lorraine et de l’Alsace était devenue terre allemande et Saverne se trouvait sur le territoire annexé,

Les propriétés du comte de Nayle restaient intactes..…..., Nulle part ses maisons n'avaient subi de dégâts,

Amélie demanda à son mari de se re. tirer avec eiie dans son petiv château de Nancy pour y, passer au moins les premiers mois ae son deuil,

—Là, nous serons en France, dans notre chère France. ..., dit-elle, je ne retournerai jamais à Saverne où les Prussiens ont assassiné mon père ls Tu es français, puisque tu es né à Nan.

sy et que Nancy esi resté ville française

"OMR UE régisseur de tes biens en Alsace-Lorraine et à Berlin... vends.

les au besoin... Réalise toute ta for.

tune et restons en France,

Henriot eut quelque peine à lui faire comprendre qu agir comme elle désirait serait très préjudiciable à leurs intérêts et équivaudrait presque à la ruine, la vente des propriétés dépréciées par la Suerre ne pouvant donner que des ré.

sultats déplorables... I] avait d’ailleurs à Berlin des parents de sa mère, haut placés, des parents à héritage... Il fal.

lait les ménager en n’affirmant point la haine profonde que la Prusse leurins.

pirait.

—Nous pouvons avoir des enfants, chère femme bien.aimée. ajouta-t-il comme conclusion... gardons pour eux notre fortune,

Ce dernier argument ne pouvait man.

quer de toucher Amélie,

Elle se résigna,

En 1875, au moment où, après sept années de mariage, Amélie n’osait plus espérer la maternité, la jeune femme accouchait à Nancy d’un fils qui reçut le nom de Philippe et à qui la qualité de Français ne pouvait être contestée.

À partir de la naissance de ce fils l’a.

mour maternel l’emporta dans le cœur d’Amélie sur toute autre considération, et dans l'intérêt de son enfant elle ne refusa point d'aller s'installer dans l'hôtel de Berlin, afin d’y faire la con.

quête des parents à : à qui, di.

sons-le tout de suite... —elle plut inf.

niment.

Philippe avait deux ans quand un grand walheur frappa sa mère, :

Henriot mourut, emporté en quelques heures par une congestion pulmonaire,

Si Mme de Nayle n’avait plus avec elle son mari d’amour, elle éprouvait pour lui, nous le répétons, une reconnaissan.

ce infinie, une affection profonde,

Sa douleur fut immense,

Une donation entre vifs, intervenue quelques jours après le mariage, lui as.

surait la possession de tous les biens

L’inventaire qui suivit le décès lui fit connaître le chiffre exact de cette for.

tune.

Les immeubles et les valeurs premier ordre qui le constituaient réprésen.

taient un peu plus de deux millions et demi ‘

Philippe serait donc riche un jour.

Elle résolut de se Gonsacrer à lui en.

tièrement et, comme jusqu'alors il était resté à Nancy, elle le fit venir avec sa nourrice à Berlin où l'administration de ses immeubles l'obligeait à résider et où la famille de feu son mari l’entourait de soins et d'égards,

Le temps s’écoula,

. Peu à peu, quoiqu'elle gardât tou.

Jours au fond de son âme le souvenir attendri de celui qui avait été si bon et si tendre pour elle, ce souvenir ne fit plus couler ses larmes,

Quand a ae eut sept ans, Amélie le conduisit à ancy et le confia au di.

recteur d’une institution très estimée,

Elle voulait qu'il reçût une éducation toute française et ropre à déve.

lopper chez lui l'amour de la mère-patrie et les geuéreux instincts qu patriotisme. Eile revint ensuite à Berlin,

Treize ns s'étaient écoulés depuis l’année terrible,

Amélie, âgée de trente-trois ans, restait admirablement belle et semblait beaucoup plus jeune encore qu’elle ne l'était en réalité.

Elle aimait le monde. .

Son salon était ouvert aux attachés de l’ambassade de France et aux membres de la colonie française dont le nombre avait beacoup augmenté.

Parmi les Français reçus chez elle se trouvait Robert Vernière dont elle fai.

sait grand cas,

Personne ne “pouvait goupçonner ls rôle infâme joué par cet homme qui ne se mélait à ses compatriotes que dans l'espoir de les trahir et de vendre cher sa trahison,

Très séduisant, très brillant, il avait su conquérir toutes les sympathios,

Robert ccnnaissait la position de la fortune de la jeune veuve,

Ruiné aussi complètement qu'on le put être et ne conservant l’apparence de la richesse que grâce aux subsides du

gouverneur allemand, il se dit qu'épou.

ser la comtesse de Nayle serait un mo.

yen sûr de se remettre à flot et il commença à lui faire, avec nn tact merreil.

Puis Æ 2

’ux millions et

che un jour, sacrer à lui en.

qu’alors il était venir avec ga ministration de ; à résider et où ari l’entourait

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nt qu'on le l’apparence subsides du dit qu'épou.

rait un mo:

t et il com.

act merreil.

leux, une cour discrète et respectueu-

8e, Le gredin était habile et il s’adressait à un cœur assoifté d’affection.

Veuve depuis sept ans, Amélie, sans en avoir conscience, commença à sentir 80n veuvage lui peser.

Un beau jour ia lumière se fitet elle dut s’avouer elle-même qu’elle éprou.

Vait pour Robert Vernière un sentiment ne ressemblant en rien à l’aflection que lui avait inspiré Henriot,

À trente-trois ans, elle aimait d’a.

mour pour la première fois.

Robert avait trop d'expérience pour Conserver le moindre doute à cet 6.

nt A épérances allaient à coup sûr se réaliser.

Sa cour devint plus assidue et chan.

gea de nature........Des élans de passions admirablement joués, se mêlèrent comme malgré lui, aux témoignages de respect,

uis enfin, quand le moment lui sembla venu de frapper le coup décisif, il se déclara et sollicita l'honneur de devenir le mari d’A mélie,

Si éprise et si dominée qu’elle fût, la jeune veuve ne voulait cependant pas contracter une nouvelle alliance sans avoir la certitude que cette alliance n’était point indigne d’elle,

Elie ajourna sa réponse, se rendit à l’ambassade de France et pria l’awmbassadeur de la renseigner, ce qu’il promit de faire dans le plus court délai,

Au bout de moins de huit jours, en eftet, arrivaient les renseignenients,

T's furent excellents, la famille de Robert était d’une honorabillité parfaite et sca frère un grand industriel, riche et justement estimé.

Quant à la fortune personneile de Ro:

berc Vernière, on ne la connaissait pas.

Il passait pour avoir perdu beaucoup d’argent dans des entreprises malheureuses, et pour vivre l'une rente assez &srte qu'aurait laissé un parent, à

Cect importait peu à Amélie qui tenait à l’honorabilité par-dessus tout, et,

sous ce rapport, elle avait lieu d’être Où du moins de se croire satisfaite.

En sortant de l'ambassade elle écrivit à Robert cette simple ligne :

Venez me voir demain à deux heures,’

Le misérable tressaillit de joie en li.

sant cette ligne,

Si la comtesse de Nayle l’appelait, ce n’était assurément Pas pour lui signifier son congés

A l’heure dite, il arriva triomphant, mais se donnant la physionomie bouleversée d’un homme qu'une poignante incertitude oppresse.

Amélie voulait simplement. obtenir de lui, en le questionnant, la confirma.

tion des renseignements fournis par lPambassadeur, ii

I! la lui donna #t même jugeant que cela serait du meilleur effet, il parla de son frère avec enthousiasme, le représen.

tant comme un ingénieur de remier mérite, dont les inventions evaient grandement contribuer au relèvement de la France,

Amélie laissa tomber sa main dans la main de Robert en lui disant :

—Je serai votre femme.

Le mois suivant le mariage du miséra.

ble Judas et de la veuve du gentilhomme était célébré,

Les deux premières années furent paisibles,

Robert voulant prendre sur sa femme un solide et durable empire, jouait à merveille la comédie de l’amour,

Amélie n’éprouvait aucune déception et croyant au bonheur sans fin, vi.

vait comme dans une rôve,

La troisième année le réveil arri« va,

Robert, incapable de se dominer plus longtemps, laissa tomber son masque et s6 montra à visage découvert, C'est tout dire,

Nos lecteurs savent déjà ce qu’étaient les rapports entre le mari et la femme au moment oùle sans patrie après avoir écrit à Claude Grivot la lettre qne nous connaissOns, venait en France et commet.

Vous de faire ma CCuverture et laisses.

Tandis que le valet de chambre cn.

posait le Lit et piaça une allumette dax. ,

tifs indispensables, et reprenons notre a cheminée SOUS l'édifice de menu bois i i et des bâches préparés d’avance et ui

à Berlio avec l'argent volé dans la cais. flambai itôt, Robert se débaras.

86 de Richard, sait de sa lourde sa 6 qu'il déposait Il retira de la Consigne la valise qu’il | sur un fauteui], Gtait ROD pardessus et

avait fait enre istrer Ja veille à Paris à irai objets quel. gare du Nord, monta dans une voitu. | les Contenaient,

re de place et se fit conduire à l’hôtel domestique prit ce

qu’il habitait avec sa femme dans Frie. € brosser et s6 retira,

drichstrasse, Le cabinet de travail et la chambre à . Il sonna, ce fut s0n valet de chambre

Particulier qui vint lui ouvrir, et qui 86.

cria en le voyant :

vêtement pour

h ! voilà, monsieur!...et monsieur n'avait pas annoncé son retour, ce fait qu’on n’attendait pas Monsieur,

—Portez ma valise dans

rt ouvrit avec une clef dont il ne se séparait ; i ment... commanda

À AMais u e hut du seizième siècle, d’ : vale e

Un merveilleux nouveau ve. travail et garni ferrures Ouvragées nu, délicatement, ot dans un des tiroirs il Le domestique obéit, et précédant son déposa la & e tenant l'argent m y 8e d'allumer les bougies | du crime, dans la cabinet de travail et dans la —Cette fortune. ».. ambre à coucher de l'appartement

£ se MUrMUrA. ti].

ne sortira de là que orsque ;

dit le fratricide, —Madame n’est pas à l’hôte] —Savea-vous où elle est ?

—Madame dîne ches Mme la barron.

ne Keller...

Et, jetant un regard sur la pendule, le valet de chambre ajouta :

e est partie à sept heures avec M, Philippe.

—Ah! M, Philippe est à Berlin.

—Oui Monsieur... Il est venu de Fran.

ce juste deux jours après le départ de monsieur...

—Sans doute madame rentrera tard, — Elle a commandé sa voiture pour eures

—Je n'entendrai PS8 son retour, Je Suis brisé de fatigue. Je vais me repo:

ser, ..

Demain matin Vous n’entreres 4

ma chambre que lorsque je vous sonne.

rai...

—Bien, monsieur, n’a besoin de rien ?

—De rien absolument... Hâtes.

Ceci fait, il se déshabilla ra ideioné eignit les bougies se coucha à

A ouse heures et demie, Amélie ren- Lou à l’hôtel avec son fils Philippe de ayle.

Sa femme de chambre ] la première chose qu’elle fit-fut de Ja Prévenir du retour dé Monsieur,

Amélie accueillit cette nouvelle sans

moindre Manifestation d’étonnement Ou de joie,

Elle n'éprouvait lus pour son Mari qu’une glaciale indi nce, qui n’était Pas encore de ]a hain Mais qui pouvais

oilement le deresir,

‘attendait, et

Ce soir, Monsieur,

; te LT + RARE aa Lean ang aa caen

Uverture et laisses.

t de chambre c'ite Une allumette dax , ce de menu bois

és d'avance et ui bert se débaras.

che qu’il déposait RON pardeseus et nenus objets quel.

ce vêtement pour

il et la chambre R

de meubles à

valeur artistique,

Nayle,

‘t ouvrit avec une

"alt jamais un ba.

Un merveilleux

sque je pourrai r les SOUPÇons, 18, prenant une dans l’eau l’un 8 bulletins de

6, ce qui lui tant, de Les dé.

ât la moindre

la rapidement si et s’endor.

onb qu’a

1bler. À Re me incapable

; Amélie ren.

hilippe de

attendait, et üt-fut de Ja sieur,

Ouvelle sans l’étonnement

ur son » qui n’était QUI pouvait

A demain... dit-elle à Philippe, et elle gagna s0n appartement tandis que le jeune homms se rendait à celui qu'il occupait lors de ses rares séjours à Ber.

La dépêche chiftrée du baron Schwartz artie de Paris le 2 janvier, arrivait à Berlin, au grand état-major, le soir du même jour, après avoir passé par les mains du régociant Schmithz, Les bureaux allaient fermer lorsque ce dernier se présenta.

On prit immédiatement connaissance de la déache.

Il était sept heures et demie du soir.

Le baron Schwartz demandait qu’on surveillât, à Berlin, l’arrivée de Robert Vernière.

Sans perdre une minute un agent con.

naissant bien l'ex-auxillière du bureau des renseignements se rendit à la e où devait descendre Robert Verni re, revenant de Paris,

Sa consigne était de ne point quitter la gare avant d’avoir reconnu celui qu’il avait mission de signaler, et de prendre notre de l'heure à laquelle il arri.

verait,

À huit heures précises l’agent aperçut Robert entrant dans la salle des baga-

es pour réclamer sa valise qu’on ui remit contre le bulletin délivré au départ, !

Aucun doute n'étuit possible, Les étiquettes collées sur le cuir et lues ar passage par l'agent portaient bien les deux noms : ‘* Paris Berlin. ”

Donc Robert Vernière venait de descendre du train qui, quelques minu.

tes auparavant, arrivait directement de Paris.

Naturellement, le sous-crdre ne son.

gesit pas au * rapide ” qui correspon.

dant avec Londres et passant Bruxelles, Cologne, Berlin, allait à int-P6.

tersbourg, son point terminus.

Sa faction avait 6t6 courte, :

Il se rendit au grand état-major où des attachés spéciaux se trouvaient en permanence pour recevoir les rapports après la fermeture des bureaux, \

Sos assertions ne pouvaient être mises

en doute,

Elles fournissaient surabondamment la preuve que le baron Schwartz s'était trompé dans ses conjectures,

Dès le lendemain on lui vxpédiait une lettre presque railleuse, lui faisant connaître l’inavité de ses soupçons.

Brel l'impunité semblait assurée à Ro.

bert Vernière,

Et cependant, malgré toutes les pré:

cautions prises par lui et par Claude Grivot, une maladresse faillit le trahir.

et le rendit plus que suspect aux yeux de sa femme,

En rentrant la veille au soir à l’hôtel de Friedrichstrasse, Robert nous l’avona dit, avait retiré des poches de son pardessus les papiers et les difiérents objets qu’elles contenaient,

Le valet de chambre avait accroché ce age Pure le ras du pre.

mier qui séparait l’appartement de Robert de celui de sa fn.

Ce domestique, le lendemain matin, faisant son service habituel battit et brossa les vêtements de son maître.

Tout en s’acquittant de ce soin il fit tomber d’une petite poche de côté, dite “ poches à tickets, !” un billet de chemin de fer et un papier plié en huit.

Il déposa ces deux objets, sans même les examiner, sur un guéridon faisant partie du mobillier du vestibule,

Le pardessus battu et brossé, il le posa sur le dossier d’un siège en oubliant de remettre dans la petite poche les ob.

jets qui s’en étaient échappés,

Ceci fait, il alla continuer son travail dans une autre partie de l'hôte] uisqu’il avait reçu l’ordre de n’entrer chez son maître que lorsque ce dernier sonne.

rait.

Mme Robert Vernière conservait l'hin.

bitude, prise dans sa prime jeunesse, de se lever, hiver comme été, de très bon.

ne heure.

Elle surveillait activement et de très près sa maison, donnant des ordres pour toutes choses #t s'inquiétant de savoir comment ses ordres étaient exécutés.

Ce matin-là, quoique s'étant couchée assez tard la vieille, elle se leva à l’heu.

re accoutumée, sortit de sa chambre, et pour descendre au rez-de-chaussée, tra.

versa le vestibule où se trouvait le par-

Ses regards ne furent point attirés par le vêtement de Robert, mais par les és menus objets placés sur le guéri.

don.

Cependant elle .

don et examina de plus près les deux objets qui sollicitaient 868 yeux,

—Un ticket de chemin de for, Murmursa.t-elle en prenant le billet u portait imprimés les mots : Paris Berlin Comment Robert n’a-t.il pas remis ce ticket au receveur en quittant le train, “et comment ne le lui a-t-On pas deman.

dé? une inadvertance évidemment,

Elle mit ensuite la main sur le papier plié et le déplia aux trois quarts, mais ‘elle n’acheva pas cette besogne qui lui pue futile, et elle jeta papier et tic.

et dans une coupe de vieux japon montée en bronze, occupant le point central du guéridon, et destinée à recevoir les cartes de visite.

Puis elle gagna le res-de.chaussée.

A l'hôtel de Friedrichstrasse, on dé.

jeunait à midi, après avoir pris une tas. se de café au lait ou de chocolat le ma.

tin,

Robert, fatigué, se leva tard et n'arri.

va qu’à midi et quelques minutes dans la salle à manger où se trouvait déjà A.

mélie et son fils, n’attendant que lui Pour se mettre à table.

Le miséräble avait la lèvre souriante et le regard caressant,

Le jeune homme vint à lui,

—Bonjour, mon cher Philippe... dit.

il en lui tendant la main ...... je n'es.

pérais pas vous trouver ici à mon re.

tour, et je suis heureux de vous voir,

ajouta en s'adressant à sa femme d’une voix hypocritement mielleuse.

—Bonne et indulgente comme vous l’êtes, vous m’excuseres, n'est-ce pas, ma chère Amélie, de n'avoir point at.

tendu que vous soyez rentrée, hier soir, Pour vous annoncer moi-même mon ar.

Wagon, et j'étais brisé de fatigue.

—Vous avez bien fait et vous n'aves nul besoin d’indulgence.. répondit sim.

plement Amélie,

Philippe de Naÿle avait dix-huit ans accomplis, >

C'était un beau 8a1ç0n, très. grand Pour son âge et taillé en force comme 80n père,

On aurait pu lui donner vingt-deux ans,

Comme Henriot de N ayle, il avait des traits pleins de noblesse et un ensemble

qu’'Amélie avait souvent dû constater chez son premier mari,

—1l saura vouloir !.........e disait-elle en le regardant avec orgueil...,,, elle était fière de ce fils ; elle croyait voir revivre en lui le 60; pagnon de ses an.

nées de Jeunesse qui ne lui avait jamais

ne méritait point sa tendresse.

Combien à cette heure elle regrettait d’avoir cédé à un entraînement qui lui semblait alors irrésistible, mais con.

tre lequel elle aurait dû lutter,

Son second mariage ne lui avait ape porté que des déceptions et des chagrins........0t qui sait ce qu'il lui réser.

vait dans l’avenir.

Amélie ne voulait point que son fils fût un inutile,

Il serait riche, c'est vrai,

Cela ne suffisait Point aux yeux de la prévoyante mère,

lle savait qu’une fortune..…......si 80.

lide soit-elle, peut s’écrouler de 1 façon lus inattendue.

lle tenait à ce que Philippe... si la ruine arrivait un jour, fût en stat de i sure à lui-même,

rivée, mais javais souffert du froid en’

nn Le

rt du froid en’ fatigue.

et vous n'avez tépondit sim.

t dix-huit ans

on, très. grand force comme

er vingt-deux

le, il avait des tun ensemble

r et profond, y, Cxprimaient Ouceur, sur 80n front épaisse cheve.

uclée, ature loyale, de caractère dû constater

.8e disait-elle il...,,. elle croyait voir n de ses an.

avait jamais ption, jamais nt elle avait moment d'a. homme qui

le regrettait iement qui >) INAÏS COn.

ter,

i avait ap.

t des cha.

1 lui réser.

ue son fils

yeux de la

ces. Bi 80e de la façon

pe... si la n etat de

Un valet de chambre faisait le servica

A seize ans, elle lui avait fait quitter | questionner son mari au sujet des ré.

le pensionnat de Nancy où il récevait sultats de son voyage à Paris,

une solide éducation, pour l’envoyer à Elle attendait au mome nt où, après

l'Ecole des arts et métiers de Châlons, | avoir servi le café, ce domestique se re-

où le jeune homme étudiait la mécani. | tirerait,

que appliquée à l’industrie, Pendant le repas on s’entretint done 11 complétait en outre son instruction | exclusivement e Philipre, dont no.

et se préparait pour l'Ecole polytechni. Éssbes sex} iiquait point la présence à erlin.

— Vous ne m'aviez pas dit avant mon :

départ... fitil en s'adressant à sa femme... que vous aviez l'intention d’appeler Philippe auprès de vous,

—C'était le moment des vacances du jour de l'an...répondit Amélie, j'ai voulu en profiter,

—Et vous avez bien fait,

Puis Robert questionna son beaufils sur ses études,

Homme du métier lui-même, et d’une haute compétence..…..nous le savons...

ilflui posa certaines questions auxquel.

les il n’était point facile de répondre si l’on ne possédait des connaissances techniques et pratiques très étendues.

11 voulait se rendre compte du degré d'instruction du jeune homme et croyait l’embarrasser beaucoup.

Sa surprise fut réelle quand il entendit Philippe répondre sans la moindre hésitation à toutes ses questions, non Pas comme un écolier récitant une leçon apprise par cœur, mais comme un hom.

me sachant à fond les choses dont il parle et capable de résoudre, haut la main, les problèmes les Plus &rdus de la mécanique.

Amélie, tout en écoutant son fils avec attention, étudiait la physionomie de son mari, espérant lire sur £on visage l'impression admirative que devaient lui causer les réponses de Philippe

Mais Robert restait impassible, ne témoignant ni satisfaction ni improbati.

on.

—Ainsi dit-il quand il eut achevé cette sorte d’examen oral, tu voudras de venir un inventeur...

—C'est mon rêve, je l’avoue,

—Lsa réalisation de ce rêve est bien difficile...

—Je ne l’ignore pas, mais aveo du tra.

Le labeur était rude, le travail inces.

sant, mais Philippe se montrait infati.

gable,

Comprenant d'ailleurs et approuvant absolument la pensée de sa mère, il mettait un amour-propre bien légitime à se créer un avenir qu’il ne devrait qu’à lui-même, sans se préoccuper de la fortune qui lui appartiendrait un jour......le plus tard possible, se disait.

il, car il adorait sa mère.

Ses progrès à l’Ecole de Châlons, grâce à son ardeur au travail et à ses aptitudes naturelles, avaient £té très rapi.

des.

A la théorie savante il joignait la pratique, et de ses mains aristocratiques il maniait la lime et le marteau comme le plus habile ouvrier,

Il se plaisait à exécuter en véritable artiste du fer et de l'acier des travaux de précision,

Son rêve était de devenir par la suite un créateur, attachant son nom à quelque belle invention.

Ses études préparatoires pour rentrer à l'Ecole polytechnique étaient presque achevées et son admission, lorsqu’il se présenterait aux examens, ne faisait au.

cun doute dans l'esprit de ses profes.

seurs de Châlons,

À ces mérites de plus d’une sorte, Philippe joignait un réel talent de des.

sinateur et peignait à l’aquarelle mieux que la plupart des amateurs, et pres-

ue aussl bien qu’un professionel émé.

te,

. On avait pris place à table pourle dé.

jeuner,

- Devant lui Amélie ne voulait point

me rrsramens

ur

= A ne Sep rames

ger, Robert et Amélie restèrent en tête-à. | que dans cette associa tête. ; seul apportant quelque chose,..….Or, j'ai Le silence régna pendant quelques | une minutes,

vail et une volonté forte, on peut triom.

pher des difficultés.

—J'ai eu les mêmes ambitions que toi, j'ai travaillé beaucoup... J'ai eu de la volonté, et je suis arrivé à quoi? A

ruine...

—Parce que vous êtes venu apporter votre science et vos talents dans un Pays où votre qualité de français devait être un obstacle insurmontable à votre réussite...

—Les Allemands ruineront dé parti pris tout industriel de France venant s'établir chez eux... Ils ont au cœur

e, ce qu’ils xpnellent “l'ennemi héréditaire ?’ et ils ne perdent aucune occasion de le prouver...

hilippe n'aimait pas l'Allemagne, et, quoique h’étant point au monde lors de l'année terrible, il ne pardonnaît pas à la Prusse sa façon de comprendre et de

Ce fut Amélie qui le rompit, —Depuis longtemps déjà..…..dit.elle je ne m'occupe plus de vos affaires, de votre manière de vivre en dehors de cette maison ; mais, comme vous m'a.

ves fait part dy but de votre voyage à Paris, qui était de voir votrs frère, de faire tous vos eflorts Pour vous réconci.

lier avec lui, et pour qu’il consente à vous donner dans son usine une situa.

tion qui vous permette de refaire votre fortane et de reconquérir l'estime du monde, voules.vous me dire si, comme je Fans le souhaitais, vous avez réusai

Robert fronça le sourcil.

La question de sa femmé semblait le gêner.

{ —Je n’ai pas vu mon frère, répondit.

il,

Amélie le regarda avec étonnement,

—N'’êtes.vous donc point allé à Paris?

demanda-t.elle,

—J’y suis allé...

hais jo —Mais je vous répète que je n’ai pas

hard,

Robert avec calme..…......mais revenons vu Rio

à toi.........Je suis étonné de tes progrès,

étonné et enchanté... Tu es plus el, fort, beaucoup plus fort que je ne le —Comment ?

—Ea arrivant à Paris mon intention, dont je vous avais fait part avant de partir, était toujours la même... Mais une fois débarqué, je ne me suis plus senti le courage de me présenter ches mon frère que je n’avais pas vu depuis si longtemps......Il me répugrait de lui dire dans quel état d’inféricr..6, de dé.

jour de me trouver à la tête d’une grande

usine comme contrôleur, je n’hésiterais

Pas à te prendre pour collaborateur de

mes travaux... , Ceci doit te rouver

quelle confiance j'ai dans ton rite, Amélie rayonnait,

nuement relatif, je vis auprès de ma

ÿ par un homme qui, malgré ses vices femme, riche, tràg riche mie, ot dont

et ses , n'en possédait la fortune devrait m’empêchor d’aller

moins unc compétence indiscutable. quémander un emploi comme on de-

Le déjeuner touchait à la fin. mande une sumône..... Me présenter

On venait de servir le café, chez Richard et Ini soumettre ma re. Le valet de chambre se retirera.

Philippe avait quelques visites à ren- notre intérieur et par cela même aug:

dre à des amis de Mme Vernière. menter encore le que je lui ins.

Il but rapidement son café, embrassa ire... Mon frère ne me doit rien...

se mére, serra la main de son beau-père m'aurait certainement répondu : Une

et quitta la salle à man association avec toi m’appauvrirait rs tion je sera

fille... Je pense à cette fille comme ta femme pense à son fils, et je

* £ De nte E LEA at DU EMAE T I Rae e a frere na perparano ones A

ompit, léjà..…..dit-elle vos affaires,

re en dehors de me vous ns otre voy otre frères de r vous réconci.

il consente à ne une situale refaire votre ir l'estime du ire si, comme Jus Aves réus-

16 semblait le ère, répondit.

étonnement, it all6 à Paris?

16 je n'ai pas

on intention, art avant de MO, .6000 Mais ne suis plus ssenter es s vu depuis agnait de lui rr:.6, de dé.

près de ma me, ot dont chor d’aller

ms rene tEsi .

refuse de diminuer d’un sou sa fortune pour refaire la tienne,

Auwélie répliqua :

—Il fallait songer à tout cela avant de partir,

—J'y avais songé, mais je me croyais

us fort que je ne le suis réellement et, Je vus le répète, au dernier moment le tie m'a manqué,

— Votre frère vous aurait peut-être tenu un langage tout différent à celui que vous lui prêtes... Avec le temps les rancunes s'apaisent, même quand elles sont légitimes,

—On voit bien que vous ne connaissez point Richard !

—C'est vrai.….....Je vous avais demandé de me présenter à lui après no- Ve mariage... Vous ne l'avez pas

itoscoce

—Je craignais pour vous la froideur de son accueil,

—Votte frère n’ayant aucun grief con.

tre moi, ne pouvait me mal accueillir.

—1l est brutal.

—Brutal, peut-être, mais homme de cœur.

: —Je n'ai point voulu tenter l'épreuve.

— Vous avez eu tort, mais les \écriri.

nations ne servent à rien... Qu’al.

les.vous faire muintenant ?,...... Vot-y

\ ” êtes dans la force de Pâge......... Vous

pouves par le travail racheter vos fau.

tes, —Aidez-moi .., répondit froidement bert,

—De ma bourse, n'est-ce pas ?

—Oui, sans argent que puis-je eutreprendre }

—Ce que vous me demandez aujourd’hui, je l'ai fait jadis, vous le savez bien +.sej'ai mis à votre disposition de gone: sommes, toute une fortune...

ous allies, disies.vous, rentrer en Fran.

ce,et construire une usine où/vos talents auraient amené le succès, où vos inven.

tions réalisées vous auraient apporté la richesse et la’gloire.…...., je révais de voir mon fils prendre un jour auprès de Vous la position que vous lui auriez préparée..…. Au lieu de cela, vous êtes res.

té à Berlin où mes intérêts me rete.

paient impériensement, st je fougis en

me rappelant le scandaleux emploi fait Par vous d’un argent venant de moi votre femme, et qui servait à payer vos OTIOS, so La fortune qui me reste est Pour mon fils, et je n’en detournerai pas un centime |

Robert salua ironiquement,

—Mes compliments Lc0000 1it-il,,, 0000 vous parlez comme aurait parlé mon frère.

—£st-ce qu'il vous connaît comme j'ai appris. .... pour mon malheur, .., à vous connaître !...... Ne comptes pas sur moi ! je fais pour vous plus que je ne de devrais faire !

Robert était devenu pâle,

—£n effet, vous êtes pénéreuse !, 100 dit-il d’une voix que la colère fesait trembler.........j'ai chez vous la table et le logement et je touche chaque mois chez votre banquier une somme suffi.

sante pour payer mon tailleur et mes cigares i,..……. Savez-vous qu'il est très

u, madame, que vous s0yez aussi ma.

gaifique avec l’homme dont vous portes 16 nom !......, Du reste, ainsi que vous le disiez tout à l'heure, les récrimina.

tions sont inutiles Gardes votre ar.

gent !....….je saurai bientôt me créer...

sans votre aide, une situation indépen.

dante,

— Est-ce vrai, cela ?

—Vous n’aves pas le droit de douter de ma parole puisque je ne vous deman.

de rien.

— Vous êtes resté quatre jours pleine à Paris, n’est.ce pas ?

Pourquoi cette question ?

—Parce que je m'étonne que renon.

gant à voir votre frère, vous ne s0yez point rentré tout de suite à Berlin,

Robert dressa l'oreille,

Dans sa situation tout l’inquiétait,

—Je suis allé à Londres, dit-il

—A Londres } répéta Améli-.

—Oui,

—Qu’alliez.vous y faire ?

—Un m'avait proposé de me mettre à la tête d’une importante usine, avec in.

térêt dans la maison... Jai voulu traiter la question de vive voix et j'ai tout lieu de croire que les pourparlers aboutiront,

dd

SAUT {1e

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