‹ La Fille de l'officier de Marine [microforme]Chapitre 29 sur 84 · HR RE CRE PES · texte numérisé non relu

HR RE CRE PES

Ce mensonge dévait couper court aux réflexions de Mme Veynière,

” En effet elle ne guestionuait plus,quit.

ta la table et regsgps s0n appattement,

Robert la regarde #éleigner avec nn mauvais sourire,

—Avant quelques mois, titrmuract.il,.,....j'aurai cessé de vivre, ou | plutôt de végéter à tes crochets, mada.

LH: | me la ci-devant comtesse 1... Je n'ai

fl point menti tout à fait los C'est à Lon.

dres que Grivot et moi nous irons nous établir,

Il remonta chez Jui, fit une toilette 6.

| légante, et sortit pour aller se prome.

ner dans les rues de Berlin, en édifiant | des plans d’avenir.

| Dès le matin le 3 janvier Daniel Sa.

Les premiers déblaiements n'avaient amené aucune trouvaille.

On allait attagner la partie sous laquelle lé coffre.fert et ses débris de.

être ensevelis,

Deux tombereaux pleins étaient par.

tis déjà, et sur le terrain de décharge les agents faisaient étendre et inspec.

ter minutieusement les déblais,

5 incident vint arrêter le tra.

On s'aperçut que le plancher du cabi.

si: de M, Vernière sétait effon-

11 faillait donc enlevé au préalable les traverses de fer tordues et disloquées rendant impossible la besogne des ter.

rassiers.

! Ce fut vite fait d’ailleurs, grâce à l’activité et au bon vouloir de tous, et on se remit À l’ouv.age,

Le vieux Simon, le mécanicien beau parleur, faisait partie des ouvriers.

Tout paraissait calcir é, rongé, réduit en cendres,

Cependant d'un coup de pelle, Simon mit à jour deux cercles de cuivre et un morceau de verre tordu sur lequel se collaient den griffes de métal.

F —V'à queg'eme 1... cria.t.

VaDne,poursuivant sans relâche son enquête, venait aseister à l'enlèvement des dernier décombres du pavillon qu’a.

vait habité Richerd Vernière, tandis que de son côté Henri Savanne réglait le jour et J'heure des obsèquer, et fai.

sait reseerê la mairie de Saint.Oven lac. moriw e de l’industrie], Berthaut et ses agents ayant fait bon.

be garde pendant toute la puit, personne n’avait pu s’approcher des ruines.

S'étant reporé à tour de rôle ils étaient devout, parfaitement dispos surveil.

lant les ouvriers du pompier-entreprebeur qui continuaient Jeur travail lorsque le juge d'instruction arri.

va en compagnie du chef de la sûre.

té.

“Berthaut aCCourut et ramassa les objets qu'il porta au juge d’instruction

Celui-ci les examina avec le chef de

la sûreté. à Claude Grivot s'était présenté l’un On reconnut facilement que les deux ô des premiers lorsque Berthant avait ou- | cercles de verre fondu provenaient d'une i vert les portes de la rue Hardoin, lampe à pétrole placée dans le cabinet de F Il apportait à M. Savanae je Flan com. | Richard Vernière. | plet et détaillé de l’usine, quS le ma- —Une lampe qui À a a ‘servi à gistrat l'avait prié de dresser, allumer l'incendie | ft observer Berthaut Ce plan était d’une exactitude irré- | qui tout en parlant au hasard ne se prochable. trompait point dans se conjecture. | En l’ayant sous les yeux le juge d'in- Cercles et verre fondu furent portés struction pourrait, grand il Je voudrait, | dans le pavilion de la gardienne où on recontituer absolument le crime, les mit sous clef Deux points tracés au srayon rouge, Les trouvailles se succédaijent, couleur de sang, indiquaient même lea —Æncore queq'chose. . cria le vieux Si emplacements où gisaient le caïäsvre de | .mon, Venez voir...

+ Vernière et le corps de Vér--iane On acvourut à son appel. lier. Zerthau: :llsit prendre t le que que * | ‘hote! désigné par Simon,

Mais] s'arrête

M. Savanne remercia et félici:s ::

\t# n'avaient

tie sous las débris de.

s étaient par.

le décharge re et inspec.

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her du cabi.

tait effon-

préalable les disloquées ne des ter.

grâce à l’acous, et on

cien beau vriers, ngé, réduit

elle, Simon ivre et un lequel se

Cria.t.

massa les l'instructi-

) chef de les deux

ient d’une abinet de

at portés ne où on

À vieux Si

que que

—Un instant. ,,,.. dit-il aux travail.

leurs.

—Ne touches plus À rien pour le quart d'heure...

Et il envoya un de ses hommes prier le juge d'instruotion et le chef de la Sûreté de se rendre auprès de lui,

Ils arrivèrent aussität,

Ce que Simon 7enait do découvrir était le débri: d'un revolver,

La crosse brûlés manquait à l'arme dont le canon d'acier s'était corrodé sous l'action au feu,

—Ne le changez pas de place com.

mans, Daniel Savaune ; 1l importe que nous puissions ralever, sur le plan dres- 86 par M. Grivot,le point exact qu’il occupe ici,

n appela le coutremaîtra qui s’em.

pressa d’accourir.

Quelle est l’échelle de votre plan ?

gr md Grivot, lui demanda le chef de

—Un centimètre var mètre.

—Très bien. Aves-vous un mêtre sur vous ?

—Oui, monsieur,

—Alors, prenes vos mesures et indiques,nous juste l'endroit où, sur le plan, se trouve le revolver...

—C'estifacile...

Le contremaître, enjambant les plâtras oarbonisés, prit ses mesures en ef.

fet, et revenant au plan qu’il avait dress6, indiqua exactement sur ce plan la place du revolver,

Alors on prit l'arme,

Le chien était abaissé, appuyant sur le tonnerre, mais disloqué, rongé par le feu n’offrant plus de forme réguliè.

Ciaude jouait avec un ..ng-froid im-

pe le pius dangereux de tous

et ;:ux mais entré dans une voie, il ne voulait plus la quitter,

Lui, criminel, il prodiguait à la justice des renseignements qui, à un moment donné, pouvaient l’éciairer.

Il le savait, mais il savait également qu'en agissant ainsi il écartait de lui tout soupçon.

—Jamais monsievr, répondit.il. Mais jailongiomps étudié i’appiicasion de tous les mécanismes et celu: des armes

à feu est un des moins compliqués, .Que désires-vous savoir ?

Daniel Savanne lui ten tit le tronçon l'arme dant nous avons décrit le piteux état, et lui dit : N

—Veuilles examiner ceci et tächer de déterminer à quelle catégorie de re:

volvers celui-ci appartenait,

Grivot regut des mains du juge d’inse truotion le morceau d’acior déformé, le tourna, le retourna, l'examiaa sou tou tes ses faces,

—£h bien ! reprit M, Savanne.

Claude répliqua :

—C’était un revolver de commerce d’ancien modèle, fort ordinaire, du calibre de six millimètres, à balles aphéri.

ques.

—S’en est-on servi dernièrement ?

— La baguette de sûreté sortie de l’u.

ne des bouches du tonnerre le prouve jusqu’à l’évidence.

Cela ne prouverait pas, selon moi, que l'arme était chargée, la baguette poue vant avoir été retirée d'avance.

—J'afirme qu’elle était chargée...

je constate que les alvéoles du tonnerre contenaient aix balles ......

or pouvez-vous le consta.

ter

— Par des parcelles du cuivre fondu provenant des graines des cartouches qui s’y trouvent attachées, et par de 16.

gères lamelles de plomb également ad.

hérentes aux parois des aivéoles.

—Mais la chaleur intense développée par l'incendie aurait dû faire éclater le tonnerre de l’arme, en enflammant la fulminate des cartouchos..s.sce objecta Daniel Savanne,

—Non, monsieur, et rien de plus sim.

ple....…L98 carthouches se sont enflam.

mées, c'est certain, mais la bouche de chaque alvéole se trouvant libre, l'ex.

plosion s’est produite dans des condi.

tions normales sans déterminer de bri= sement. À

—Pourquoi ces bavures de plomb ad.

hérentes aux alvéoles ?

—Je croirais pouvoir affirmer qu'elles re de ia soudure de l’enve.

vppe contenant la balle et ia fulminate.

—De tout ceia, vous conclues ! reprit

| le juge d’instraction,

du feu érieurs

omplè-

roulant.

deses nalléa-

ancer

mi les stata.

édire, rrous,

on ar for-

Les monnaies d’or et d'argent étaient à Berlin, dans la sacoche de voyage de Robert Vernière.

Depuis quelques instants notre ami Magloire, qui venait d’arriver à l’usine, assistait à cette scène,

La vérité, maintenant, lui apparaissait tout entière,

Le meurtre était le complément du vol, et l'assassin de Richard Vernière devait être l’homme à qui, dans une lutte effrayante, Véronique Sollier a.

vait arraché la breloque trouvée par Ma.

gloire dans sa main crispée.

Seulement quel était cet homme ?

On l'ignorait et rien, jusqu’à présent ne mettait sur sa trace,

Le problème resterait.il insolube,

Daniel Savanne avait aperçu le manchot.

Il vint à lui.

—Comment va la petite Marthe ? lui demanda.t-il,

—Bien, monsieur...révondit le manchot...Les enfants, ça a beau être sensible, ça oublie plus vite que nous... C'est l’âge qui veut cela, et c’est heureux... Cependant celle-là a une nature exceptionnelle....,Je suis venu pour vous de.

mer, monsieur le juge d'instruction, si vous vouliez bien me permettre de prendre ici, dans le logement qu’occupait Mme Sollier, le pe de linge et d'effets appartenant à la petite fille,

—Je vous donne cette autorisation, mon ami.......répliqua le magistrat.

Prenez tout ce qui vous semblera nécessaire pour l’enfant..... Puisque vous vous intéresses si vivement à ces braves gens, vous pourriezsi vous avez de la place dans votre logement, faire enle.

ver du pavillon les objets appartenant à anne pauvre blessée, qui. ne l’habitera plus.

—dJ’ai de la place et je m’ocouperai de cela, monsieur le juge d’instruction, fit Magloire.

Et il franchit le seuil du pavillon, pour aller prendre dans les tiroirs de la commode, au premier étage, le linge et les vêtements de la petite Marthe,

En ce moment Henri Savanne arri.

va.

Toutes les démarches dont il avait eu

à s'occuper relativement à l'acte de décès et aux obsèques de Richard Vernière étaient terminées.

Derrière lui venait une voiture des pompes funèbres, chargée d'objets di.

Le et de tentures noires à franges d’argent.

Le jeune homme avait pensé que le corps du grand industriel devant être transporté de la Morgue à l’usine, il était nécessaire et même indispensable qu'il y fût-reçu dignement.

Il fit part à son oncle des mesures prises à ce sujet.

M. Savanne approuva tout.

Henri donna des ordres aux employés des pompes funèbres et, une heure après, les muraillés de 1e chambre du rez-de-chaussée disparaissaient sous des tentures noires portant les initiales du défunt,

Au centre de la pièce on avait dressé un catafalque sur lequel devait reposer le cercueil.

De grands flambeaux d’argent garnis de cierges, entouraient le catafal.

que.

Les employès des pompes funèbres, ayant terminé leur travail, se retiré.

rent,

En même temps qu’eux, Magloire sortait, emportant les effets de Marthe.

Il se proposait de revenir bientôt afin de mettre en ordre tout ce qui appartenait à Mme Sollier, afin de le transpor.

ter dans une petite chambre ou dans un cabinet qu’il trouverait certainement à l’hôtel de Mme Aubin, ”

Onze heures sonnaient,

Les ouvriers déposèrent leurë instru.

ments de travail et sortirent en masse de l’usine pour aller déjeuner,

Daniel Savanne, son neveu et le chef de la Sûreté se rendirent dans un petit restaurant des environs, où ils prirent aussi leur repas,

Claude Grivot avait suivi la foule des

tunenilla

1 SÉRTORLOUTES

L'usine, ou pour mieux dire le pavillon de ia gardienne et les ruines, restèrent sous la surveillance des agents,

nn S

À midi tout le monde était de retour, et les travaux reprenaient avec aoctivi-

Les décombres de l’habitation ayant été entièrement enlevés, la place restait nette et noircie,

On s’occupait maintenant du déblaiment des écuries.

Les cadavres carbonisés des chevaux furent retrouvés, ainsi que quelques ossements humaire prouvant que Baptiste dit ‘“ l’Ecrevisse, ” avait péri dans l'in.

cendie comme les animaux confiés à ses #0ins,

Des ordres furent donnés pour que les tristes débris du malheureux palefreni.

er, soigneusement recueillis et -enveloppés pussent reposer en terre sainte,

Les constatations étant provisoirement finis, Daniel Savanne n'avait plus qu'à attendre l’arrivés du corps de Richard Vernière,

Magloire et Claude Grivot étaient reyenus, celui-ci conservant comme tou.

Jours un visage impénétrable et une at.

titude très assurée, mais cachant au plus profond de lui-même les mortelles angoisses qui nelui laissaient pas un moment de repos.

Un fourgon de la Morgue entre dans la cour de l'usine,

Il ramena à Saint-Ouen la dépouille de l’homme qui avait été l'heureux possesseur de l’usine florissante.

A la Morgue on avait pratiqué, par l'ordre de M. Savanne et à ses frais l’em baument du cadavre, précaution nécessaire, l’inhumation ne devant avoir lieu que le surlendemain.

Le cercueil fut tiré du fourgon.

Le juge d'instruction le fit transporter dans la chapelle ardente préparée par les ouvriers des pompes funèbres,

Ce tut Grivot, Æagloira et deux ouvrier qui soulevèrent la bière et allèrent la déposer sur le catafalque,

Et l’infâme gredin, toujours maître de lui, ne trembla pas en sentant le poids du cercueil de celui dont:il avait si là.

chement comploté la ruine ; de celui qu’il avait assassiné, car complice de Robert Vernière, il était autant

Li lui responsable du crime come mI8 LLLLII] +

La partie supérieure du cercueil fut dévisée. On plaça un cruciëxz sur la poi.

trine de Richard, bénitier à ses pieds et on alluma les cierges.

Le visage du mort apparut noyé dans :

la lumière qui se concentra sur a ba de ses traits n’était décompo-

L'âme bonne et loyale qui avait ani.

mé ce pauvre corps semblait ge refléter Loiie sur cette figure calme et pâe.

En ce moment... pour la première fois,Grivot ne put s’em pêcher de frisson ner,

\ L'idée folle lui traversait l'esprit que ce mort allait ouvrir les yeux, dé, ger 8°n bras du suaire, et crier en le ésignant: :

— Voilà l'un de mes meurtriers bn

Il devint livide et chancela, )

Magloire l'avait vu pâlir et vaciller sur ses jambes, Mais l’honnête manchot prit pour une douloureuse émotion ce

w n'était qu’une manifestation involon.

taire de l’épouvante.

Si le moindre soupçon eût pesé sur lui l'eftet produit par cette confronta.

ae inattendue aurait suffi pour le pere

re,

Mais nous savons déjà que grâce aux

récautions prises le soupçon ne pouvait ’atteindre.

—Mes amis, dit M. Savanne en sadressant aux personnes qui l’entouraient, les obsèques n’auront lieu qu’après-demain... Nous ne pouvons laisser ce cercueil abandonné... Il faut veiller auprès de lui. Quelques-uns d’entre vous 8'ofe frent-ils pour participer à cètte bonne action Lévis

Magloire s’avança.

—Moi, monsieur, fitil,

—Moi aussi, monsieur, dit d’une voix ferme Grivot redevenu complètement maître de lui-même,

Deux des ouvrier de la fabrique s'offrirent également et furent acceptés,

Le manchot reprit :

À quaire nous pourrons nous relayer facilement, et la fatigue no 36ra pas grande.

crime com.

cercueil fut z sur la poi.

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snogé dans sur ui...

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’une voix lètement

ue s'offriptés.

us relay- > 367 pas

—Qui commencera la veille ?...’ &—Moi, si on veut...répliqua le contre.

maître.

—Bien... Dans deux heures, je viendrai vous relever,

Puis Magloire ajouta, s'adressant aux ouvriers de bonne volonté :

—Que l’un de vous se tienne prêt à me renplacer,.…. ÆEntendez-yous ensemble pour cela...

Henri Sayvanne entrait en ce moment.

Il venait d'établir avec le caissier Pri.

eur la liste des personnes auxquelles on devait adresser des lettres de convocation au: r1bsèques. ;

—Je :&:8 maintenant commander ces lestres...‘it-il à son oncle, Est-cé Alice seule Gui “ fait part, ”’ comme tille du défunt É

—Ce serait incorrect, répliqua le juge d'instruction, le frère ne doit pas être oublié.. Donc, Aline et Robert Vernière... notre pauvre ami Richard n'avait pas d’autres parents...

En entendant prononcer le nom de Robert, le contremaître tressaillit de nouveau.

—L’assassin faisant part de la mort de, l’assassiné, et invitant au service, convoi et enterrement, c’est raide tout de même ! se dit-il. Pourvu qu'il n’ait 88 l’aplomb de venir !.. Mais non, je e connais, le cœur lui manquerait au Deer moment... Donc rien à crain-

Tous les assistants jetèrent l’un après l’autre quelques gouttes d’eau bénite sur le corps etse retirèrent à l’exception de Claude Grivot, qui resta seul en face du cadavre.

Pur”

Par les plus grandes vitesses obtenues le trajet des trains-poste allané de Paris à Berlin, dure dix-huit heures.

Lettres et journaux partis de Paris avec le train de nuit n’arrivent donc dans la capitale de l'Allemagne que le lendemain soirs vers sept heures,

La distribution en est faits dans le plus bref délai, $

La lettre écrite à Robert Vernière par

Daniel Savanne et adressée à l'ambassade de France devait être distribuée le 8 janvier au soir.

Mme Vernière recevait quelques journaux français, ceux que le gouvernement ne frappait point d’interdit.

On dinait à sept heures à l'hôtel de Friederichstrassé et la maîtresse de la maison tenait à la plus rigoureuse exactitude pour les heures des repas.

Ce jour-là après le déjeuner, Philippe, nous l'avons dit était sorti pour faire quelques Yisites à des amies de sa mère et Robert avait quitté l'hôtel dans un but de flanerie à travers la ville, tan.

dis qu'Amélie regagnait son apparte.

ment,

Rentré à six heures, le fratricide ra enfermé dans s0n cabinet de tra.

vail,

Philippe de retour peu de temps a.

près lui, avait rejoint sa mère afin de lui rendre compte de ses visites.

L'heure du diner réunit nos trois personnages dans la salie à manger.

Le repas fut court et presque silencis

eux.

Robert sembla préoccupé.

Il quitta la table le premier, prétextant une grande fatigue, et remonta chez lui,

On venait de sonner à la porte de l'hôtel,

C'était le facteur,

Un instant après, le valet de chamchambre avportait à Mme Vernière quelques lettres et les journaux arrivant de France,

Tandis qu'Amélie dépouillait sa cor.

respondance, Philippe prit un joure nal dont il fit sauter À bande et qu'il déplia,

Son regard errant sur les rubriques des articles de ia première page fut are rêté soudain par ces mots :

“ Le triple crime de Saint-Ouen ” “ Assassinat, vol, incendie, ” ‘ Trois victimes, *?

L'article était la reproduction de la note communiquée aux journaux par {a

Rréivotare de police dans l’après-midi | « L'assassinat et l'incendie avaient le u 2 janvier. “ vol pour mobile,

Le jeune comte de Nayle s’empressa “Le coftre-fort de l'industriel, par :

de lire l’article signalé par cette rubri. | 4“ suite de circonstances fortuites, ren.

que sensationnelle, “ fermait ce jour-là, une somme de plus À peine en avait-il parsouru les pre- | “ de cinq cent mille francs, ”

mières ligne qu'ils s'interrompit et s’a- 11 semblait à la pauvre femme qu’un

dressant à Mme Vernière, lui dit très in. nuage sombre s’étendait entre ses yeux

quiet très agité, et les lignes imprimées du journal,

C’est que plus elle Avançait dans sa lecture, plus grandissait le soupçon terrible qui venait de s'emparer d’elle.

Quand elle sut terriiné, un calme ef.

frayant succéda sans transition à son a.

gitation fébrile.

—Mère, est-ce que je me trompe ? Le frère de mon beau-père habitait Saint- Ouen, près de Paris n'est-ce pas ?

—Tu ne te trompes pas, mon cher enfant.. il habite en.eftet Saint-Ouen, où il ect à la tête d'une importante usine qui porte son nom...

pa nom de Richard Vernière ?

— Oui... Mais pourquoi cette question ?

Pourquoi, surtout, le tremblement de

voix et cette expression d’épouvante de ton visage et de ton regard ?

Philippe tendit le journal à sa mère et lui indique du doigt l’article qu'il a.

Vait commencé

—Lis cela... lui dic-il. Je ne sais ce Que contiennent les dernières lignes de ce récit, mais les premières m’ont glacé d’effroi.…

Prise de peur en voyant l'épouvante de son fils, Amélie saisit le journal qu'il lui tendait et à son tour elle lut les deux

ignes placées en tête de l'article, puis

vreusement elle commença l’artice lui-même.

Une angoisse indéfinissable s’emparait de tout son être.

Philippe obéit et se retira après avoir embrassé sa mère.

Celle-ci plia {e Journal, le mit dans la poche de sa robe, monta au vestibule du premier étage, et se dirigeant vers la grande coupe de vieux japon dans laquelle nous l'avons vue jeter avec in.

différence es menus objets trouvés elle sur le guérison, elle y fouilla et en retira ces objets,

Tout d’abord elle déplia le papier plié en huit qu’elle avait déplié déjà le matin et jugé insignifiant après un exa.

men superficiel.

De vague qu'il avait été, cet examen devint singulièrement attentif,

Le papier était une note de l'Hôtel.

oderne.

Elle donnait le détail des nuits passées et des repas pris à l’hôtel par le voyageur,

La pâleur d'Amélie augmenta en mé.

me temps que ses lèvres tremblaient,

Le second objet... un ticket de che.

min de fer......attira son attention, puis elle glissa note et sicket dans son corsa.

Un double cri s’échappa simultané.

ment des lèvres de la mère et de celles Celui-ci, bien décidé à quitter pro. du fils, chainement Berlin, était en train d’ons.

Amélie, livide et frémissante, pour. | :er Un üiage minutieux des papiers süivit cependent : | Compromettants qu'il ne voulait point

de l’ appartement de Robert.

Reese enorme mamous bone

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d’ané.

)apiers point

emporter et qu’il ne voulait pas non plus laisser derrière lui,

Il les jetait l’un après l’autre dans la cheminée où brûlait un grand feu de houille et où ils se transformaient en cendres,

Pour accomplir ce travail, Robert svait eu soin de s'enfermer,

Les coups frappés à la porte de son apoartemenÿ lui firent vivement relever la tête,

Qui pouvait venir le déranger à cette heure et quand il avait manifesté l'in.

tention de se roposer ?

Il ques son fauteuil et se dirigea vers la porte.

—Qui est là ? domanda-t.il.

—Moi, répondit Amélie.

—Vous, chère amié !.....000 Qu'y at-il donc ?

—Veuillei m'ouvrir....J’ai besoin de causer avec vous.

—C'est que j'allais me mettre au lit,

—Vous vous cc ;cheres plus tard. Ou.

vrez-MOi. .

Une poignante inquiétude s’empara de Robert dont la conscience était loin d’être tranquille,

A coup sûr un fait imprévu, peut-être grave, se produisait,

Toute hésitstion devenait impossible.

Il ouvrit;

Amélie rentra. ,

Elle paraissait très calme, et ce calme dérouta Robert, :

—Refermez votre porte... dit-elle aussitôt après avoir franchi le seuil.., et pousses les verrous,

Robert obéit machinalement et revint auprès de sa femme qui se tenait debout, le dos tourné à la cheminée,

—Votre visite inattendue m’étonn:

autant qu’elle me charine..,.dit-il alors Elle a certainement un certain mo-

Elle en a un, : —Je suis très désireux de le connai.

re.

— Le voici : J'ai queiques questions à vous adresser, !

Robert dressa l'oreille.

—Des questions à m’adresscr ! répé-

—Oui,

—À quel sujet ?

—Au sujet de votre voyage en Fran.

ce...

.. Eh bien |—questionnez, ma chère.

amie, je vous répondrai du mieux que je pourrai,

—Votre but, en vous rendant à Paris, était bien d’aller voir votre frère Richard Vernière, à Saint-Ouen.

son empire sur lui-même, le.

misérable ne put réprimer un tressaillement presque imperceptible.

Mais il était sur ses gardes et ce fut du ton le plus neturel qu'il répondit :

—C'était assurément mon bnt, vous.

le savez à merveille, et ce 1natin je vous ai expliqué les motifs qui m’avaient empêché de donner suite à mon projet...

Vous ne pouves avoir oublié mes explicstions, et je ne comprends pas pourquoi vous revenez ce soir sur un sujet qui m’est particulièrement désagréable.

—Vous le comprendrez bientôt,

—J’en serai charmé, je vous assure.

Amélie plongea son regard dans les yeux de son mari...

Il ne broncha point.

—ÆExpliques-moi, dit-elle, comment ce billet de première classe est resté entre vos mains,

En même temps elle tirait de son corsage le ticket du chemin de fer du Nord et le présentait à Robert dont les panpines battirent, ce qui était chez ui l'indice d’un grand trouble,

Comment, en effet, expliquer logique.

ment qu’il eût conservé ce billet, délivré à Paris le ler janvier, pour le train par.

tant à six heures trente-cinq minutes du soir, destination de Berlin, et dont nous savons qu'il ñe s'était pas servi ?

Mais il se ressuisit aussitôt.

Par inadvertance..….., répliqua-t-il J’ai oublié de le remettre au. préposé à, la réception des billets qui, de son côté, a oublié 4 me le demander,

gi + Mons Amélie d’une voix sès che, Ceci, d’allieurs, est de peu d’impor«

—Abh ! ii y a donc autre chose ?

—Oui......De Paris, M'avez-vous dit, vous êtes allé à Londres f —Sans doute, et vous savez pourquoi.

— Vous êtes arrivé à Paris le 23 dé.

‘Cembre au soir. ...Quel jour &tes-vous parti pour Londres ?

Question, cette fois, était de nature à etfrayer sérieusement Robert.

rc quel but Amélie lui demandait.

6 cela,

Soupçonnait.elle le mensonge f

Dans tous les Cas, si elle le soupçon.

nait, ellene pouvait en avoir aucune preuve.

Cette conviction rassura le fratricide,

Il répondit :

—Le 29 décembre,

—Et vous êtes revenu à Paris,

Le ler janvier, pour prendre le train qui m'amenait ici hier soir,

;—*Ous mentes!|...s’écria d’une voix frémissante À mélie.

Robert bondit.

—Moi ! je mens 1. +. répéta-t-il avec emportement..…,, Prenez garde..,, ma.

6 !...... Prenez garde à ce que vous dites !

—Je dis que vous mentes !..... reprit Mme Vernière, Arrivé à Paris le 28 d6.

cembre au soir, vous êtes descendu à “ l'Hôtel Moderne ” où vous êtes resté inclusivement et Où vous avez pris tous vos repas...

—C'est faux Die —C'est vrai... En voici la preu-

Amélie avait déplié rapidement la note de l'hôtel,

lle la mit sous les yeux de son mari en ajoutant :

—Pourquoi ce mensonge ?..,

Pour la première fois depuis le commencement de l'interrogatoire que lui faisant subir sa femme et auquel, par politique, il semblait se prêter facile.

Ment, Rovert comprit qu’il devait y a.

voir an lien direct entre les questions d'Amélie et la mort de son frére,

Que |pouvait-elle savoir ?

Si elle savait quelque-chose, 1: soupgonnait-elle ? Allait-elie le mettre en

use ?

Cet appréhension tr veau comme un éclair.

Quoi qu’il en fut, il fallait tenir tête à la suspiscicn naissante qui, elle, ne poue vait s'appuyer sur auoune preuve maté.

rielle,

—La raison du mensonge, car effet je Vous vous ai menti répondit.il, elle est bien simple ! Vos questions m'énervaient

ai voulu y couper Court n’importe vomment, et ‘ai inventé ce voyage, :

—Ce n’est pas une réponse cela ! fit Mnie Vernière qu’envahissait une colère sourde, de plus en plus difficile à contenir,

aversa s#0n cer.

—Il faudra cependant Vous en conten- ,ter !...

ris...

—Croyes ce que bon vous se nble.

Le sangfroid de Robert faisait bouillir le sang d'Amélie,

A tout prix elle voulait pousser son mari jusque daps ses derniers retranche.

Ie2te at éclaircir les s0upçons qui l'obsédaient,.

— Ainsi fit-elle, haletante d’une voix qui sifait entre ses donts carrées: ainsi, VOus persistezs à soutenir que vous n'avez pas vu votre frère Î —Je le soutiens parce que cela est.

—Alors vous soutiendrai aussi que Vous ne savez Las quel est son assas

SIN Feoocoooe

Depuis quelques secondes, Robert s’attendait presque à cette attaque directe.

venait de F enser aux journaux de Fran-

ce qui avaient dû, daus la soirée, apporter la l lin, :

Le moment était venu Pour le misérable de jouer la comédie de la stupeur

Une sourde exclamation s’échappa de ses lèvres.

—As A8siné ! Richard... Mon frè.

'8a 8On cer.

it tenir tête à elle, ne pou preuve maté.

6, Car effet je lit-il, elle est m'énervaient jourt n’ime rent ce voy-

nse cela ! fit xit une colère oile à conte.

18 en conten- Pas, car le de déjouer cher le v6.

mps à Pa.

us se nble.

sait bouillir pousser son retranche.

hs qui l'obd’une voix rr£es: ainsi, que vous que cela

aussi que s0n assas.

8, Robert ittaque die ment sa ée, car il x de Franée, appor-

le miséà stupeur

chappa de Mon frè.

‘re ! s’écria-t-il ensuite d’une voix que la plus douloureuse émotion semblait briser,

Est-ce vrai 7... ŒEst.ce possible 7...

—Je vous l'apprends, puisque vous

l'ignorez !...…. Lisez monsieur, lise |...

Et Mme Vernière, tirant le journal de la poche de sa robe, désigna du doigt à Robert l’article qui avait attiré l’atten.

tion de son fils,

—Lisez ! répéta.t-elle,

Un frisson secouait les menbres de Robert.

Ce fut d'une main tremblante qu'il prit le journal que lui présentait Amélie.

Ses yeux s’arrrêtèrent sur la rubrique précédant l’article.

—Lisez tout haut! commanda Mme Vernière.

Robert obéit ot lentement, comme écrasé sous le poids de son chagrin, il commença.

Nous ne reproduirons pas intégralement le récit qui nous, est déjà connu.

À plusieur reprises le misérable s’arréta, paraissant manquer de force et succomber à l'émotion.

Mais chaque fois Amélie, les yeux fixés sur son visage, lui disait impétueuse.

ment.

—Continuez |.

Et il reprenait sa lecture.

Il en arriva à ce passage :

* Le cadavre de l'industriel et celui ‘ de la gardienne de l’usine, victime de & dévouement, frappée chacun d’une

4 balle de revolver, avaient 6i6 relevés “ dans la cour par de braves gens accou 4 rus en toute hâte pour prêter leur ai.

‘“ de au maître de la maison ?”,

—Mon Dieu Loesoo MON Dieu Tosossesss s’écria Robert avec ip lies d’une véritable explosion de désespoir. Assas-

frère 1... Mon pauvre frè.

re ..

—Oui, assassiné !.... dit Amélie...

Assassiné lâchement !.........Continues !

.. Robert continus, âchant chaque frase et pour ainsi dire chaque mot :

‘ L’assassiuat et l'incendie avaient le voi pour mobile...

+ Le coffre-fort de l'industriel par suite de circonstances fortuitess’renfermait ce jour-là une somme de plus de cinq cent mille francs...

Ce fut Mme Vernière qui, cette fois, interrompit.

— Vous avez bien lu n’est-ce pas 1...

fit-elle, ..... il y a cinq cent mille francs ?

—Oui,..cinq cent mille francs..répondit Robert en regardant sa femme d’un air égaré..

Puis sans attendre un ordre nouvéau il reprit sa lecture et la poursuivit jusque ces deux phrases terminant l’arti.

cle:

L’euquête se pourauit activement.

“Malgré le mystère qui entoure ce tri.

ple crime, la justice est sur la trace des

coupables, ??

Comme sous l'impulsion d’une violente secousse électrique, Robert, en lisant ces dernières lignes, se trouva debout, la sueur au front.

Il n’avait pu dominer l’effroi qui s’emparait de lui.

—( La justice est sur la trace des cou.

pables ! ” répéta d’une voix stridente AA cela vous épouvante, n'est-ce pas

Vous aves peur que la justice ne vienne jusque dans cette maison chercher

le fratricide.

Robert avait déjà repris possession de lui-même,

Donnant à son visage une expression indignée, il fit deux pas vers Amélie, croisa s0n regard avec le sien, et d’un ton farouche, menaçant, il dit :

—Ab ça ! mais il me semble que vous m’accusez, vous, ma femme !

—Oui, moi, votre femme, je vous accuse !...répliqua froidement Mme Vernière,

— Vous avez cette audace ?

—J’ai cette audace,

— Vous êtes folle !

—Non, je ne suis pas folle... seule.

ment, je ne suis plus aveugle... je vous sais capable de tout et je vous connais trop bien pour conserver l'ombre dq'uns illusion et l'ombre d’un doute 1... Vous

mg DE

Dane robot me UNS

—Ainsi, vous vous prétendez inno.

cent f

—Pardieu !

—Alors, justifiez.yous,

—A quoi bon !...Je ne ferai pas à une accusation insensée l’honneur de me défendre contre elle !

—lLoutes les apparences sont contre vous !

—D'acord, c’est faux, et puis, quand cela serait, qu'en faudrait. conclure ?

Les PRPRTONEE ne sont pas des preu.

ves

Combien de Sens, condamnés sur des 8pparences, exécutés comme coupables, et déclarés martyrs Revue un peu plus tard.…..trop tard [....... leur innocence

paparaissalt plus lumineuse que le 80.

Jeil 1......1l n’y a ici qu’un coupable, un &rand coupable, et c'est vous l

et «…— lépéta Amélie stupéfai.

êtes allé à Paris pour commettre le crime et vous l’avez commis, Robert voyait rouge en ce moment comme il avait vu rouge dans le cabinet de son frère en entendant celui.ci lui reprocher les infumies de son passé, endant quelques secondes Mme Vernière fut en péril de mort.

Mais la réflexion arrêta le misérable, Tuer sa femme, c'était se perdre sans se réserver même une chance de salut, Il eut la force de se contenir, et croi.

sant ses bras sur sa poitrine dans une attitude de dédain, il haussa les épau-

es.

Amélie poursuivit :

—J'ai l'intuition de tout ce qui s’est Pattes Vous êtes allé chez votre frère ui jouer une de ces comédies du répen.

tir dont vous êtes coutumier |... Vous connaissant trop bien pour être votre dupe il vous a repoussé comme vous mérnities de l’être......Il vous a démas.

ué ! !......La rage, alors, une rage fu.

euse s’est emparée de vous !....…., Le :

cofire-fort était là sous vos yeux, et vous le savies bien rempli !......A bont

de ressources, ne pouvant plus compter sur ma faiblesse, ét vous êtes dit qu’. | Joueur, un prodigue, un mari dé

en tuant Richard, et en le volant, vous ble, et de cela je m'acouse avec Éumie auriez à la fois la vengeance et larichesse | lité, mais des incorrections de ma oon.

L'idée du meurtre est entrée en vous et | duite intime conclure au plus mons. n'en est plus sortie... Vous ne pon. | trueux des crimes, du mari fantaisiste

viez agir seul... .Ilvous fallait un com. | faire un fratricide, cela dépasse les bor. plice.:.... Ce complice vous l'avez | nes, madame, c’est une action odieuse Cherohé et vous l’aves trouvé, dans la | 6t qui n’a qu une excuse, la folie ! Aus. maison même de votre frêre sans doute, | si, pour la troisième fois, je le répète Avec lui vous avez accompli l’œuvre in. | vous êtes folle !

fâme 1... VOUS aves assassiné, vous Amélie resta muette,

avez volé, et dans l’espoir de faire dis. Malgré elle, le prodigieux sang.froid paraître les traces du crime, vous avez | de son mari lui en im t,

incendié l'usine ! |... Inutile précau. Elle sentait s’ébranier sa conviction tion puisque les traces n’ont point dis- | et commençait à se demander si vrai. paru, et que la justice est sur la piste ment elle ne venait pas de calomnier

Je le reconnais, vous Aves eu souvent à vous plaindre de moi...…..…..J’ai et6 un

. des coupables, un innocent,

Robert, bianc comme un linge, tant Robert s'apergut de ce qui se passait il lui fallait se faire violence, avait écou- | dans son esprit et se hâta de conti. t6 cette longue tirade avec une appa- } nuer:

rente impassibilité, —Si vous jouissies de la plénitude de —Qu'’aves-vous à répondre ? demanda votre raison, vous auriez réfléchi qu'a- Amélie après un moment de silence, vant de formuler contre moi une acou- —Ce que j’ai répondu déjà : Vous êtes sation monstrueuse, il fallait au moins folle 1! VOus rassurer que cette accusation repo-

sait sur une base quelconque et, raie

" PAPAS # : " : à dis Hanmess 3 :

EE SN nn er in enenqe neue camera con |

étendez inno.

erai pas à une aneur de me

| sont contre

puis, quand 1 conclure ?

as des preu.

mnés sur des 1e coupables, un peu plus ir innocence > que le 80.

y a un

lie stupéfai.

n'avais éêté aurais infli.

Vous.,.. Je ai des vi

| Souvent à l'ai eté un ri déplora.

vec numi.

le ma con.

plus mons.

fantaisiste sse les bor.

)n odieuse olie ! Aus.

le répète

sang-froid onviction r gi vrai.

calomnier

e passait de conti.

nitude de chi qu'a.

ne accuu moins ion repo.

Gt Vraie

ou fausse, pouvait 8e soutenir... Or, vous avies dans la main la preuve maté.

rielle, indiscutable, de mon innocence !

Mi—La preuve.........balbutia Mme Ver.

nière... j'avais cette preuve dans les mains...

—Oui, madame.

—Je ne comprends pas.

—C'est que vous ne voulez pas com.

ps ou plutôt c'est que votre intel.

igence est momentanément attaiblie., Cette preuve, la voilà :

Le complice de Claude Grivot prit le billet de chemin de fer jeté sur son bureau par Amélie un instant auparavant, et poursuivit avec une merveilleuse ha:

bilité.

—kRegardes, madame et inscrivez-vous en faux, si vous l’osez, contre l’éviden.

ce

Ce ticket m'a 6t6 délivré à la gare du Nord, à Paris, le ler janvier, à six heures et quart du soir.......il m'a permis de prendre place dans le train partant à sept heures trente.cinq minutes et qui me déposait à Berlin le soir à sept heures .… Peut.être consentirez-vous à convenir qu'il m'était difficile de me trouver à Saint-Ouen, à dix heures du soir pour commettre un crime, puisque à ce moment l’express m'emportait vers l'Allemagne depuis trois heures 1...

Peut-être vous décideres.vous à reconnaître que je ne me suis point enrichi en tuant mon frère !

“Et saves-vous, madame, qu’il est heureux pour moi qu'une distraction, un oubli, m's fait garder ce ticket,

# Si je l'avais donné à la sortie, ainsi que réglementairement je devais le faire, il ne me restait aucun moyen de me justifier à des yeux prévenus, comme les vôtres, et demain, sans doute, vous auries crié dans toute la ville de Berlin laccusation infime que vous me jetiez ce soir au visage |

“ Est-vrai, cela, madame ?

Robert attachait sur sa femme le regard fixe du magnétiseur sur le sujet qu'il domine de toute la puissance de sa volonté,

L'alibi que le misérable venait d’éta. blir ne pouvait même pas être discuté,

(Es fraticide se sentait invulnéra.

ble,

—ÆEst-ce vrai ? répéta-t.il,

—(C'est VlAlooovse lbutia Amélie en éclatant en sanglots...…. j'ai été bien im.

prudente et bien coupable... je vous

\ai calomuié..,, j'avais la tête perdue...

j'ai ajouté foi follement aux apparences qui vous accusaient.. je m’humilie de.

vant vous et je me repens... Ne m'accablez PAS.

Pardonnes-moi....…..

Un silence assez long, coupé seule.

ment par le bruit des sanglots d'Amélie suivit ces derniers mots.

Enfin Robert reprit la parole :

—Vous pardonner ! répéta-t-il Vous me demandes de vous pardonner! Pour.

quoi le ferais-je, et à quoi cela vous ser.

virait-il? Un autre jour, demain peutêtre, prise d’un nr ivel accès de folie, here m'accuserez de quelque autre cri.

me

Autrefois vous m'aves aimé... Main.

tenant c’est la haine que je vous inspire et cette haine vous pousse à me croire capable de toutes les infamies et à m’ac. cuser de tous les crimes !

. Amélie tomba aux genoux de son ma ri,

— Encore une fois,ne m'accablez !

fit-elle d’une voix suppliante, en étendant vers lui ses mains jointes...

que votre générosité soit à la hauteur

(:] l'offense..…

Je vous ai OUtrAGÉ, ss. Pardonnes.

Le ph cou je vous en sup.

pue

Robert jugea que le moment était ve.

nu de se montrer grand et généreux, ainsi que le lui demandait Amélie.

Il la releva,

—Je vous pardonne..…....dit-il. ...

et je tâcherai d’oublier......., intemr a . so ai besoin d'être se

—Pourquoi ?

—Pour pleurer mon frère... Ris chard avait été avec moi bien dur, bien implacable, .....peut.être trop, mais il n’était pas moins mOn frère et sa mort

ver... CEITTT] fills de n unique nt existé US, mais 1n6 tom.

Une fois iger par bien... Ccom

nièce pr

plus, ou dent un eZ conurez en

us pour.

B pas ?

jué Ro.

de voir 10i pen.

fourve, ris, par théâtre terreur

le pre- 1 lue cussion tricide.

rendre et de termiai gra

| à sa el que ‘étions

cette

charitable, au sujet de la fille de votre malheureux frère... A demain, mon ami,

—À demain... répéts Robert en pressant légèrement la main que lui tendait sa femme,

Puis il la reconduisit jusqu’au souil

de l’appartement,

Une fois seul il tomba sur un fauteuil en proie à un anéantissement complet, aussi bien au phyaique qu’au moral, par suite de la terrible lutte qu’il venait de soutenir,

Cependant, au bout d'une demi-heu.

re, il lui redevint possible de réfléchir.

Aller à Paris.

Mais si la gardier ne de l'usine, Véro.

nique Sollier, ne succombait pas à sa

blessure. .chose possible après tout...

il se trouverait facilement en présence de cette femme qui s’était cramponnée à lui au moment où il sortait du cabinet de Richard Vernière asstusiné, et qui pourrait le reconnaître... qui le recon.

paîtrait certainement,

Se rendre en France c'était donc cou.

rir au-devant du péril, .

Mais d'autre part rester à Berlin, refuser d'aller s’agenouiller sur la tombe de son frère, ne point s'occuper de la fillu de Richard, sa nièce, ne serait-ce pas raviver les soupçons de sa femme ?.…

1 reprit le journal qui donnait la nou velle du triple crime de Saint-Ouen, et il rolut l’article d’un bout à l’autre, lente.

ment, à tête reposée, pesant la valeur de chaque phrase, de chaque mot,

Deux points principaux le frappèrent et parurent lui rendre un peu d’énergie,

D'abord la quasiaffirmation que la gardienne de l'usine Véronique Sollier transportée dans la nuit à l’hôpital Saintia < pouvait être considérée comme

ue.

Fuite la constatation du courage et du dévouement hors ligne dont avait fait preuve Claude Grivot, le premier des contremaîtres de l’usine,

Donc non seulement Claude son com-

lice n’est point soupçonné, mais encore avait trouvé le mé durs de se faire remarquer parmi les plus intrépides sau-

veteurs, ei de mériter en apparence les éloges qu'on lui prodiguait,

Par re rad rien à craindre pour lui, et peut-être son crime lui vaudr:it-il une médail de sauveiage |

Ainsi mis complètement hors de re, le mécanicien couvrait sun com-

ce.

” Quant à Véronique Sollier, elle devait.

être morte à cette heure et d’ailleurs, fut-elle vivante, son séjour à l'hôpital serait long, rendant improbable pour ne pas dire impossible, une rencontre avec:

elle. ;

Robert pesaitle pour et le contre de toute ces considéetic s, et allait pren.

dre un parti,quand ou frappa de nou.

veau à la porte de sou appartement,

: Une angoisse nouvelle s'emparait de ui,

—Qu'y a-t.il encore ? se demanda-til en allant ouvrir,

Amélie, une lettre à la main, était baies sur le À he *

—On vient d'apporter ceci pour vous l’'embassadeur de France... lui dit.

Lises vite ….. Sans doute on vous écrit au sujet de la mort de votre frère

D'une main tremblante,tant son 6motion venait d’être vive, Robert prit l’en.

veloppe et retourna dans son cabinet où sa femme le suivit. :

Il déchira l'enveloppe épaisse et large portant le cachet de l'ambassade.

Ælle contenait deux lettres.

La première très courts disait ce.

oi :

‘“ Monsieur et cher compatriote,

“ Je m'empresse de vous faire parve- “ nir cette lettre qui, paraît-il, est pour “ vous d’une inportance capitale,

4 Veuilles agréer, etc. ”

Suivait la signature du secrétaire pare reculier de l'ambassadeur,

Robert ouvrit la seconds lettre,

Elle était ainsi conçue :

# Ches monsieur Vernière,

“Ignorant votre adresse à Berlin, ‘ c'est par les soins de notre ambassa- “deur que cette lettre vous par- “ viendra

“ Elle st AS une terrible et déso-- “ lante nouvelle. ,

D D a dei eo - -

“ Dans la nuit du ler au 2 janvier, “ votre frère Richard, mon meilleur ami “a été asssassiné, tandis que l'incendie # dévorait son usine,

“Ne trouvez-vous pas comme moi ‘ que votre présence à Paris, dans de si : SV circonctances est indispense-

“ Songez à votre nièce et à votre pau # vre frère,

‘“ Venes nous aider à sauver l’une et “ à venger l’autre.

4 DANIEL SaAvANNE, # 92, boulevard Malesherbes. ”

—Je crois que maintenant l’audace ne sera pas dangereuse, pensa Robert après avoir lu tout haut. L.

—Prenes une détermination immédine je vous en CODjUTE,..e..ooe dit Amé-

—Elle est prise.

—Et c’est !

—De partir demain matin...

—Je vous accompagnerai.

—J’en serai heureux, si vous ne crai-

gnez la fatigue.

D Je ui forte,et d’ailleurs qu’importe la fatigue quand il s'agit de consoler la pauvre enfant qu’un crime vient de rendre orpheline ?

— Vous avec le cœur d’un ange.

—Non... J'ai le cœur d’une femme et d’une mère...

—Laisserez-vous Philippe à Berlin ?

—Je préfère qu’il nous suive... M’approuves-vous ?

—Certes |!

—AÀ quelle heure le départ ?

Robert consuitait un indicateur.

—À onse heure cinquante-trois minutes du matin... répondit-il, c’est demain le 4, nous serons à Paris le 5 à huit heu.

res trente-neuf minutes du matin,

—Vous allez sans doute annoncer votre arrivée à M, Savanne par dé.

pêche 1....., in

—Oui. Dès demain matin à la première heure.

—À quel hôtel descendrons-nous ?

Au Grand- Hôtel, qui est voisin du boulevard Malesherbes.….

—Retenes un appartement avec trois chambres à coucher. ...

—Vous deves avoir besoin d'argent...

— De cela vous pouvez être certaine ...

—Je vous remettrai demain la somme dont vous m'indiquerez le chif.

re...

Uette nuit je vais m'occuper de mes Songez aux vôtres...

— Ils seront sommaires car à Paris seu.

lement nous ferons faire des vêtements de deuil...Je vous conseille donc d’emporter peu de chose... Au lieu de vous fatiguer, reposes-vous…

Amélie se retira.

S'il avait pu rester dons son esprit le moindre soupçon, la décision prise par Robert l’aurnit anéanti,

Au lieu de songer à dormir, le fractri.

cide prépara sa valise, et replaça au fond de 6 de voyage qui ne le quit.

terait pas, la fortune volée à Richard.

Il écrivit ensuite les dépêches qui de vaient être expédiées à Paris le lendemain matin, l’une adressée à Daniel Sa.

M svt et l’autre au gérant du Grand

tel. /

Dès qu’on eut appris que le corps de Richard Vernière venait d’être ramené à St-Ouen pour les obsèques, et qu'il était exposé dans la chambre du res-de-chaussée du pavillon épargné par l'incendie ce fut une procession interminable,

De tous les environs on venait D re des couronnes et jeter de l'eau bénite sur le cercueil,

Claude Grivot, veillant auprès du cadavre dans la chapelle ardente improvisée, distrait par les allées et venues des visiteurs, n a had aucune émotion, pas même un léger ébranlement de son système nerveux. ;

Au bout de deux heures, ainsi que er était convenu, Magloire vint le re-

ever.

Il était alors quatre heures du RQIr.

Les ténèbres allaient bisntôt succéder au crépuscule,

—1l s’agit de nous entendre pour la veille de nuit dit le manchot an contre.

maître, Nous avons douze heures à partager. Afin que chacun de nous puis.

se pendre un peü de repos, au lieu de deux heures, nous en ferons quatre d'af.

Je commence à quatre heures, on me relèvera à huit heures, et le remplaçant du veilleur qui m’aüra succédé prendra la faction à minuit... Ce n’est donc qu’à quatre heures du matin que re.

viendra votre tour— Ainsi, nous aurons l’un et l’autre un nombre d'heures de sommeil plus que suflisant pour nous permettre de continuer, sans trop de fa.

gue, les veilles de la journée et de la nuit prochaine, è

“ Demain matin j’arriverai à huit heu.

res précises prendre votre place,

“Laissez la porte de la rue Hardoin Ouverte... Il n’y a plus rien à crain.

dre maintenant, ni des voleurs, ni des Assassins,

Pb se retira en disant au joueur orgue.

—Cette nuit, à quatre heures, je se.

Le manchot remplaça quelques cier.

8 qu’un courant d'air avait fait

rûler plus vite que les autres, puis il prit un siège, s’assit, et, la tête découverte, se mit à réciter à demi-voix tou.

tes les prières qu'il savait,

À huit heures, un des deux ouvriers de l'usine qui avaient, comme Magloire et comme Grivot, offert de faire partie des veilleurs, vint remplacer le Joueur d'orgue, et fut lui-même remplacé à minuit par son camarade.

A quatre heures le contremaître re.

prenait la funèbre faction.

Son visage portait l'empreinte de la fatigue subic depuis trois jours,

Cette fatigue, jointe à l’instinctive in.

quiétude qu’il ressentait, malgré sa con.

viction qu’aucun Cr dr ne pouvait l’atteindre, l’écrasait, l’anéantissait en quelque sorte,

Qaund il se trouva seul, dans le grand silence de la nuit, auprès de ce cercueil où reposait l’une des victimes de ses

combinaisons diaboliques, un frisson Passa sur sa chair,

Le visage de Richard Vernière, ce vi.

sage pâle, aux yeux fermés émergeant seul du linceul dont les plis amples en.

Ya tp paient le corps, lui causa une indi.

cible épouvante.

Il se raidit contre la poignante 6mo.

tion qui s'emparait de lui, et tournant le dos au catafalque que la flamme vacil.

lante des cierges baignait d’une clarté blatarde; il s’écroula sur le siège où ses camarades s'étaient assis successive.

ment, l’âme opprossée mais la conscien.

ce en paix.

Alors coname un vol d'oiseau noctur.

nes, des/pensées sombres se heurtèrent aux parois de son cerveau.

Etaient-ce les remords qui venaient le hanter ainsi ?

Non, c’étaient les terreurs folles avec 2 cortège d’hallucinations délirane

es,

Vis-à-vis des magistrats qui l’interro.

geaient il avait joué, avec un a impertur/ able et le succès le plus complet, une commédie pleine de dangers.

Hi nu 4 fort mais le peus de ert Vernière prononcé par le j d’instruction au po de & rédaction des lettres de faire part avait fait naître en lui d'’indicibles angois.

ses.

Daniel Savanne avait.il télégraphié à Robert pour l’instruire des événements accomplis à Saint-Ouen ?

à Vi réclamé sa présence à Paris

Que ferait Robert ?

Pourrait-il refuser de se rendre à un

vement assuré 7

Alors, au lieu de la fortune, ce serait l'effondrement, l'arrestation, la cour d'assises, l'échfaaud i

Hypnotisé en quelque sorte par ces rêveries menaçantes, Claude Grivot finit

par n’avoir plus conscience de lui.mé.

me,

Ses paupières s’abaissèrent sur ses yeux fatigués, et il s’endormit d’un sommeil lourd qui ressemblait à un évanouissemen*,

Dans les grands chandeliers d’argent les cierges brûlaient toujours autour du cercueil

Un silence profond, un silence de mort continuait à envelopper la démeu.

re funèbre, coupé seulement par le fai.

ble bruit de la respiration oppressée du dormeur,

Claude, alors, fit un rêve.

Il lui sembla que réveillé tout à coup

il quittait son siège et se penchait vers le cercueil de Richard Vernière, les yeux ardents fixés sur les yenx clos du mort.

Tout à coup les paupières du cadavre se soulevèrent.

La bouche s’entr'ouvrit.

mains, jointes sur sa poitrine, se dégagèrent des plis du suaire.

cadavre soudainement ranimé se dressa, portant son linceul comme ua manteau, et de la main droite saisais.

sant le contremaître par les cheveux l’entraîna vers une place entourée de constructions d'un aspect fantastique, et noyée d’une ombre sinistre,

Au point central de cette place, sur une estrade peu élevée, se dressaient deux poteaux rouges, qu'un triangle d'acier, brillant vaguement dans les ténè.

bres, reliait à leur sommet,

Le mort entraïnait toujours Grivot, |

qui, dominé par une force surnaturelle ne s0ngeait même point à tenter une résistance inutile, : Îlie fit gravir les marches de l’estrade et le poussa sur une planche qui bas.

culait entre les deux poteaux couleur de san

Le triangle d’acier descendit aussitôt :

avec la rapidité de la foudre, Claude éprouva au cou uné sensation

6 et douloureuse et s’éveilla en

Poussant un cri rauque,

Pendant quelques secondes aflolé, 6.

perdu, dans le trouble de ce réveil prenant l'illusion d’un rêve aftroux pour la

réalité, il crut que sa tête venait de tome

ber sur l’échafaud,

Le misérable se débattait contre ce cauchemar persistant quand la porte s’ouvrit et Magloire entra,

11 venait prendre la veillée à la place de Claude et il avait entendu le cri poussé par celui-ci.

—E£h bien | qu’y a:t.il donc ?....….

demanda.t.il 0000000 Etes-vous malade ?

Grivot se tourna vers le cercueil,

—Le MOrt,..e le MOrt. balbutia-t-il. k

—Eh bien | quoi, le mort ?......Est.ce Er vous vous figures l'avoir vu remu.

er ..…

Le pauvre M. Vernière dort d’un som.

meil dont on ne se réveille pas! Ah ça!

mais dites donc, vous, je yaus croyais 50:

lide et vous me faites l'effet d'une fem.

melette !

Est-ce que le tôte.à-tête avec un mort doit mettre un honnête homme dans des états pareils !

Vous avez l’air d’un échappé de Cha.

renton !

En entendant la voix du manchot, en voyant le cadavre toujours immobile, le contremaître s'était un peu ressaisi,

Il comprit à quel point sa terreur était significative et pouvait devenir SPHRRR ATEN,

—J'étais brisé de fatigue... ditil en tremblant encore... je me suis endormi malgré moi, et... et.

—Æ£t vous aves eu des cauchemars ça £e voit, acheva le joueur d'orgue, Et bien allez vous mettre an lit, Vos quatre heure de veille son finies... Taches de dormir plaisiblement cette fois. Ça vous fera du bien... A demain, mon brave,

—À demain...

Claude quitta le pavillon,

Magloire s’assit,

—Ce que c'est pourtant que les neuft murmura-t-il,,, Grivot est un honnête garçon, c’est certain !... Eh bien, à voir sa (* tremblotte, "on aurait pu croire que c’est lui qui a commis le crime et que les remorde le travaillant !

DRE A a trs ns am

bi Em

HR m2 e

Robert Vernière, nous le SAaVOnS, avait préparé ses bagages pour le départ fixé au lendemain matin, 4 janvier et écrit deux dépêches devant être envoyées l’une à Daniel Savanne, l’autre au gé-

rant du Grand-Hôtel,

Amélie de son côté ne s'était point

mise en retard,

Dès le point du jour elle fit appeler Philippe et lui annonça qu’elle partait pour Faris avec son beau-pêre et qu’il les accompagnersit, mais elle se garda bien de lui parler des soupçons, qu'elle avait un moment conçus.

La dépêche adressée au juge d'ins.

truction était ainsi conçue :

4 Savanne, 92, boulev, Malesherbes, Paris.

Ecrasé de douleur...Pars ce matin, “ Serai à Paris demain 5, à 8 heures 39, “ avec femme et beau-fils.,, Descendrai # au Grand.Hôtel, ”

ï “ Rosser Vernièee, ”

À onze heures cinquaute minutes nos trois personnages quittaient Berlin par un train express.

Nous ne les suivrons pas dans leur voyage et nous prierons nos lecteurs de nons accompagner chez Daniel Savan.

Celui-ci était à table avec son neveu sa fille et la fille de Richard, au mo.

ment où la dépêche de Robert lui fut remise,

Il la lut à haute voix ét il ajouta :

—Dans notre profonde tristesse, c'est une consolation pour moi de penser que Robert Vernière assistera, avec nous et auprès de sa nièce, aux obsè.

ques de son frère,

Cette promptitude à lui répondre à se rendre aux désirs formulés dans sa lettre, lui faisait augmenter dela réussite de certains projets dont nous con.

AaäissOns là nature,

Aline ne connaissait pas son oncle,

Lorsque son père avait parlé de lui

devant elle, il l’avait fait sans acrimonie ne voulant point initier la jeune fille BUx Causes réelles de la rupture surve.

nue entre son frère et lui.

L'orpheline se sentait heureuse de cette arrivée,

Le trère de son père, n’était.ce pas quelque chose de son père ?

Mme Vernière et son fils l’accompa.

gnaient,

Elle serait donc entourée de cœurs battant à l'unisson du sien, qui lui ren.

draient moins douloureuses les heures de la suprême séparation.

—Père...demanda Mathilde... ne se.

rait-il pas convenable que mon cousin aille attendre au chemin de fer l’arrie Le M. Robert Vernière et de sa fa.

—C'est inutile... répondit Daniel Savanne,.,,,,Mais Henri, demain ma.

tin, ira au Grand-Hôtel et amènera Robert Vernière déjeuner ici avec sa fem.

me et son beau-fils,..…... Nous nous rendrons ensuite tous ensemble à Saint.

Ouen.

—Vous avez raison, mon oncle... ré.

pondit Henri. Demain matin j'irai au Grand-Hôtel,

Le déjeuner était terminé.

Daniel Savanne prit le chemin du Pa.

lais de Justice où les devoirs de sa char.

ge réclamaient sa présence,

Mathilde et Aline regagnèrent leur appartement et Henri s’occupa de l’envoi des lettres de faire part pour les ob.

sèques du lendemain,

Nos lecteurs sont en droit de nous po.

ser deux questions,

D'une part comment Gabriel Savanne le capitaine de vaisseau, en apprenant la mort de Richard Vernière n'avait:il immédiatement écrit ou télégraphié ?

D'autre part Nestor Fauvette était:il averti que Germaine Sollier, qu’il avait reçu mission de chercher, était retrou.

vée, et connaissait.il La mort de Richard Vernière, des mains de qui il devait toucher sa prime en lui apportant le résultat de ses recherches ?

Nos réponses à ces deux questions #eront courtes. ë Gabriel Savanne partant de Paris avant l'heure où le crime allait s’accomlir à Saint-Ouen, ei presque aussitôt a.

près son arrivée à Toulon s’embarquant pour une destination qu’il ne connaîtrait qu’en pleine mer, en ouvrant un li cacheté, ne pouvait naturellement rien savoir.

Son navire avait déjà levé l’ancre uand furent distribués à Toulon les rnaux de Paris relatant le triple cri.

me d'incendie, de vol, d’assassinat.

Un temps assez long devait donc nécogsairement s’écouler avant que la nouvelle de la mort de son ami pût lui parvenir. :

Arrivons à ce qui concerne Nestor Fauvette. .

Le jour de son départ, Gabriel Savan.

ne, heureux d’avoir retrouvé sa fille, s'était fait conduire à la maison du Faubourg Saint-Honoré où se trouvait installée l'Agence générale et centrale.

Là il avait appris que les bureaux de V’agence étaient fermés en raison de la fête du ler janvier, et en outre que Nestor Fauvette, saisi par le froid le matin même, en sortant de cheslui, avait éêté frappé d’une congestion cérébrale, et que son état inspirait quelque inquiétude aux médecins appelés en toute hâ-

Lr fait était vrai

Les médecins ne craignaient point pour la vie dujdirecteur ; mais ils redoutaient une paralysie partielle, au sujet de laquelle ils ne pouvaient se prononcer avant quelque temps.

Le capitaine de vaisseau se retira en se promettant d’écrire plus tard à Nestor Fauvette, :

Ajoutons que dès le lendemain, la direction de l'Agence générale et centrale fut confiée à un sous-chef qui, s’il était au courant des recherches ordonnées par Gabriel Savanne, ignorait que la prime dût être payée, à l'usine de Saint- Ouen, par Richard Vernière, et par conséquent n'avait pas à se préoccuper de l’assassinat de ce dernier,

Ces points éciairois, reprenons notre

récit.

Depuis le matin du 4 janvier, une lettre de faire part indiquant l'heure des obsèques de Richard Vernière était affñchée par les soins de Prieur, le caissier, sur la porte de la muraille d’enceinte de l’usine incendiée,

Une autre était déposée au restau.

rant de Mme Aubin où les ouvriers des fabriques environnantes pouvaient en prendre connaissance,

Les visites à la chapelle ardente, qui avaient commencé la veille au soir, se continuèrent plus nombreuses.

De toutes parts on apportait ou on envoyait des couronnes,

Les veilles s'étaient continuées au.

tour du cercueil, mais Claude Grivot, instruit par l’expérience et faisant ap-

el à toute son énergie, n'avait eu garde

e s’endormir,

—Tout cela finira bientôt, se digait.il et je n’aurai plus à m'occuper que de mes affaires,

Le matin du 5 janvier arriva,

Dès huit heures, Henri Savanne 8e reudit au Grand-Hôtel et, s'adressant.

au bureau des renseignements, deman.

da si une famille française, arrivant de Berlin, n’était point annoncée,

La réponse fut affirmative,

La dépêche reçue la veille et qui retenait un appartement était signée : ‘*Robert Vernière,

Henri n'avait donc plus qu’à attendre l’arrivée des voyageurs et son attente ne devait pas être longue,

Il se promena de long en large su r le boulevard, examinant les fiacres qui ve.

naient s’arrêter devant l'entrée du Grand-Hôtel ou pénétraient dans la

‘ cour.

Après avoir sévi pendant quelques jours avec une rigueur persistante, le froid avait tout à coup cessé.

Le thermomètre, un moment descendu jusqu'à douze degrés au-dessous de aéro, était remonté à un......C'est assez.

dire qu'il gelait à peine et que, grâce au soleil brillant dans un ciel sans nuages, il ne tarderait point à dégeler,

Henri Savanne ne connaissait point.

Rohert Vernière, mais il pensait le de-

viner facilement, en le voyant accomgné d’une femme et d’un très jeune omme,

Tout à coup déboucha de la place de l’Opéra un fiacre à quatre places et à galerie chargé de bagages.

Ce fiacre entra dans la cour du Grand Hôtel où Henri Savanne le suivit,

Un homme de bonne mine, mais à la

physionomie triste et fatiguée, portant un large crépe à son chapeau et ayant une sacoche de voyage en sautoir, descendit le premier, suivi d'une dame, puis d’un adolescent de dix-huit à dixneuf ans, Henri n’eut pas un instant de doute, et quand le voyageur, après avoir payé son cocher, se dirigea vers le bureau, il l’aborda,

—C’est bien à monsieur Robert Vernière que j'ai le plaisir de parler ? fit.il en saluant..

Robert...que tout inquiétait, et pour

.cause.........jeta un regard presque effa-

ré sur son interlocuteur et répondit :

—Oui, monsieur.

—Je vous attendais, monsieyr......

réprit Henri...et cela ne vous étonnera point quand vous saurez que je suis lo neveu de M. Daniel Savanne qui vous a écrit.

Le fratricide respire.

Il tendit la main au jeune homme qui

—Je vous remercie d’être venu à notre rencontre, MONSIEU Too it-ilsooose et j'en témoignerai la gratitude à votre oncle... Mais, je vous en prie, renseignez-moi tout de suite par un mot...

.— Les obsèques demon pauvre frère ?...

—Se feront aujourd'hui seuiement, IMONSIEUT ON à retardé la cérémo-.

nie autant que possible pour vous donner le ter1ps d'arriver.

La levée du corps aura lieu à deux heures precises, dans une pièce du pavillon respecté par l'incendie et transformé en chapelle ardente...

ÿ Amélie et son fils s'étaient appro-

chés.

— Dieu soit loué !........dit Mme Ver.

nière.....#prés AvOir entendu Henri.

sn DOUS 60mmes arrivésisjuste à

temps. NE7a Le neveu de Daniel s’inclina devant

Amélie et reprit : :

—Mon oncle désire biensvivement vous voir avant l’heure de la cérémonie funèbre, et il m’a chargé de me faire son interprète auprès de vous et de vous prier de venir ce matin vous as seoir à sa table ainsi que Mme Vernière et M, votre beau-fils....On déjeunera à onze heures... D'ici là vous aurez le temps de prendre possession de votre appartement, d'ouvrir vos malles et de quitter vos costumes de voyage.

—J'’accepte avec empressement l'offre si gracieuse de M. Savanne......... 8e hâte de répondre Robert. ... J'ai hâte de lui exprimer ma reconnaissance pour la courtoisie de ses procédés, et d’embrasser la fille de mon pauvre Ri.

chard.

—Je vous quitte donc, monsieur, et je vais prévenir mon oncle qu’il peut ne dé sur vous... Vous avez son adreg- 8e

—Oui, monsieur...

Henri se retira,

Robert alla se faire reconnaître au bureau de l’hôtel, et on le conduisit aussitôtà l’appartement qui lui avait été réservé.

Il installa sa femme et son beau-fils prit possession de sa chambre, enferma dans un meuble la sacoches contenant les liasses de billets de banque volés à son frère et fitune toilette de grand deuil, tout en se disant :

—J’avais tort de m’épouvanter...

‘L'accueil si manifestement sympathique qui nous est fait prouve jusqu'à l’6vidence que tout va bien, Certes, le voyage de cette après-midi à Saint-Ouen sera la plus désobligeante des corvées, mais pour huit cent cinquante mille francs on peut pendant une heure ou deux imposer silence à ses nerfs et jouer la comédie de la douleur...

“ J'ai la certitude absolue de ne pas me trouver en face de la gardienne Vronique morte ou agonisante à l'hôpital Saint-Louis,

Ur moi, c'est io point essenti.

(2 LLLS

Se ee —

ER RE en DE: 4

Be ur

disons ssseuté elle ne m’a vu, per.

sonné ne peut donc me reconnaî donc rien à craindre, absolument rien !...

Tandis que robert monologuait ainsi, sa femme de son côté se préparait et révêtait une toilette de grand deuil apportée de Berlin.

Phillippe quoique aucun lien de fa.

mille n’existât entre lui et le mort, 8’6tait également mis en deuil par conve.

nance, * À onze heures moins quelques minutes Robert, accompagné des siens, sonnait à La porte de l’appartemenrt de Daniel Savanne,

Prévenu par son neveu, celui.ci les attendait,

Le vaiet de chambre avait reçu des ordres et introduisit sur-le champ, met-

tant ainsi l’assasein en face du magistrat chargé d’instruire l'affaire de l'as.

sassinat !

Daniel teudit ies mais à Robert qui les prit e5 les serra sans qu’une contrac.

tion des muscles trahit che: lui la moin.

dre inquiétude.

Îl savait biez cepeudant que l’une de ©°8 mains pourait £igzor l’ordre de son &risstetion immédiate f.….

Son visage ndrairabiement composé, exprimait un chegrin profond, mais contenu.

--$es paupières rougies pur une fric tion vigoureuse semblaient gonflées de larmes prêtes à couler.

-—Ncus nous rencontrons aujourd’hui pour la premiére fois, monsieur...

iui dit Daniei Savanne avec effusion ss ©6 quoique heureux d’entrer en relations avec vous, je souflre cruellement de voir ces relations commen.

cer dans une circonstance si douloureuse,

—Bien douloureuse en effet — répon.

dit Robert d’une voix altérée. — Ma seule consolation est de voir à quel point mon malheureux frère était estimé et aimé de tous. Je vous remercie du dé.

Vouement que vous lui avez témoigné quand il vivait et que vous lui continuez

Comme magistrat maintenant qu'il n’est plus......— Je sais quels liens de vive

affection vous nnisssiont à Richard,

et je sais aussi de quels soins Vous Avez sans cesse entouré sa fille, élevée près de la vôtre... Croyez bien que j'en suis et que j'en serai toujours profondément reconnaissant, Ensuite présentant sa femme, puis Phi.

lippe, il ajouta.

adame Vernière, dontladouleur égale la mienne, et qui, dans la tendresse de son cœur de femme et de mère, veut prodiguer ses consolations à la pauvre enfant orpheline... Mon beau.fils, Philip.

pe de Nayle, éleve de l'Ecole des arts et métiers de Châlons,

Daniel s’inclina profondément devant Amélie et serra la main de bhilip-

: —Notre chère Aline dit-il ensuite aura grand besoin en effet d’être consolée et réconfortée...….. Ma fille ne suffirait pas à cette tâche. Soyes uné mère pour elle madame... Aimesz-la..., Jamais en.

fant plus charmante et meilleure ne m$rita mieux d’être aimée.

Robert allait adresser quelques questi.

ons à Daniel quand Henri Savanne entra,

ds Aline... dit-il à son orcle,

Sachant que M. Vernière était ]à, elle a voulu le voir tout de suite.

À peine achevait.il ces mots que ja fille ‘le Richard parut, soutenuo par Mathilde, et pâle autant qu’une morte dans ses longs vêtements {noire,

Elle s’avançsa vers Robert qui lui ten.

dait les bras et, éclatant en san.

glots, elle se laissa tomber sur sa poitri.

ne,

—Mon père... Mon pauvre père Dégayait-elle au milieu de ses lare mes,

Le misérable la serra contre son cœur, et, rival de Judas, trouva dans son infà.

mie le courage d'appuyer ses lèvres sur le front de l’enfant dont llavait tué le père Tssosss

Ma nièce bien-aimée, dit.il d’une voix qui paraissait brisée par une émotion puissante, le malheur qui te frappe est de ceux on’on n'oublie jamais et dont

. On De 8e console pas, mais nous sommes là pour t'entourer de notre tendresse et i POur nous eforcer dé rendre tes dou.

bée et Pi à

md ED mm

Ho ei

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soins a tille, >z bien vujours

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ur égadresse e, veut pauvre Philip. arts et

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te aura lée et it pas ur elle s en- Le mé-

questi.

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A OCà, elle

ue ja ir Ma- > dans

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SA Oitrie

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œur, infà.

> sur é le

voix )tion est dont 56 et iou-

leurs moins poignantes, en les parta.

geant...

Mme Vernière à son tour prit Aline dans ses bras,

—Pour vous, ma pauvre enfant, ditelle, je veux être une mère... une mère pleine de dévouement... Nous parlerons ensemble de celui qui n’est plus, et nous le pleurerons ensemble...

Une crise de larmes saisit Aline que secouaient des hoquets convulsifs.

Philippe, immobile et muet, regardait cette jeune fille que cinq minutes auparavant il ne connaissait pas, et se sen.

tait envahir par un trouble étrange, inexplicable.

C’est que, malgré les pleurs qui rougissaient ses yeux, malgré le chagrin qui pâlissaient ses traits fatigués, Aline, sous ses vêtements noirs restait toujours idéalement belle, et plus encore peut-être maintenant que la douleur poétisait sa beauté,

Philippe restait comme en extases devant ce visage de vierss martyre, devant ces grands yeux humides dont les Dre poyés ne s’arrêtaient point sur

ui,

Peu à peu, sous les caresses de Mme Vernière, la crise d’Aline diminua d’intensité, et une sorte d’accalmie se fit en elle,

Un courant sympathique s'était établi soudain entre son ân:3 aimunte et l’âme si tendre d'Amélie

Le valet de chambre vint annoncer que le déjeuner était servi,

—Nous ne pouvons causer en ce momen”... dit Daniel Savanne à Robert, Mais pendant notre douloureux voyage à Saint-Ouen, je vous donnerai, eur le crime qui nous met en deuil, les explications que vous deves attendre aveo impatience.

—J’attendrai....…., répondit Robert ss Mais permettez-moi de vous adresser immédiatement une question,

—Laquelle ?

—J’ai lu, à Berlin, dans un journal Ho a la relation de la catastro-

—Eh bien !

—On parlait d'une femme victime de son dévouement,

—La gardienne de l’usine, oui.

—Cette pauvre femme est-elle mor.

—Non.

—A-t-0n l'espoir de la sauver ?

—Mieux que l'espoir... la certitu.

Robert sentit un petit frisson courir sur son épiderme.

Daniel Savanne continua :

—Mais, malheureusement, sa guéri.

s0n restera toujours incomplète.

Ge vero [7 ? ; à

—J'ai ier au soir le rapport du Pme chef de hole Saint.

Louis, qui a tenté une opération sur la blessée amenée dans son service... L’0phanon a pleinement réussi, mais la

alle qui a frappé la malheureuse, a occasionné de grands désordres dans les organes de la 7ue...... Véronique Sollier sortira de l’hospice aussi forte qu'elle l’était avant d'y entrer, mais atteinte de cécité pour le reste de se vie.

—Aveugie !.... s’écria Robert d'un ton de commémoration profonde, mais avec an sentiment d’immense joie inté.

rieure.

—Oui, et malheureusement, paraît-il inguérissable.

On arrivait dans la salle à manger et la conversation se trouva forcément in.

terrompue,

Le fratricide était débarrassé de ses dernières craintes,

Peu lui importait désormais que Véro.

nique Sollier vécut,

qe était et resterait toujours aveugle,

Donc, elle ne pourrait le reconnaîtro dans le cas où un hasard invraisembla.

ble les mettrait en présence,

Nous n’étonnerons personne en afür.

mant que le déjeuner fut profondément triste quoiqu’en présence d’Aline on évis tât de prononcer ua seul mot relatif au crime qui lui avait enlevé son père.

L'heure de partir pour Saint-Ouen é.

tait arrivée.

Deux voitures de deuil envoyées par l’administration des pompes funèbres venaient de £’arrôter devant la demeure du juge d'instruction,

On partit,

Plus approchait le moment terrible, plus Aline semblait perdre le peu de que qu’elle avait puisé dans sa voonté.

Elle monta avec Mathilde, Phill ppe de Nayle et Henri Savanne dans l’une des voitures, tandis que Daniel, Robert et Mme Vernière prenaient place dans l’autre.

Aussitôt que les voitures eurent quit.

té le boulevard Malesherbes en se diri-

t vers Saint-Ouen, la conversation

e Robert et du juge d'instrution, inter.

rompue par l’arriyée daus la salle à man.

ger, £e renoua.

—Maintonant que nous pouvons parler en toute liberté, dit le fratricide au magistrat, vous plairait-il de me donner sur le crime de Saint-Ouen de plus am.

pies détails que ceux publiés à la première heure par les jou-naux ?

Daniel s’exécuta.

Il raconta, par le menu, tout ce que nos lecteur savent déjà,

Rien ne fut oublié.

; Le récit, quoique très serré, fut ong.

Amélie frémissait d'horreur,

Robert, par instants, semblait ne pouvoir retenir de sourdes exclamations,

—Et, demanda-t.il, lorsque le juge d'instruction eut achevé, que résulte.-t-il Pour vous des interrogatoires si habile.

ment menés ? une conviction s’est-elle établie dans votre esprit ? Etes-vous, ou rm être sur la piste des criminels ?

—A vous, je dois l’avouer,....... réplique tristement le magistrat je ne suis sur aucune piste... je ne puis accuser, ou même soupçonner personre...

—Personne ! répéta Robert avec un nouveau tressaillement de joie,

Le juge d'instruction reprit :

—Avons-nous affaire à. des gens qui ont longuement prémédité le crime et l'ont exéouté au moment où ils savaient trouver 1a caisse remplie, ou sommes.

nous en face de professionnels äpparté

nant à la bande des briseurs de coffres.

forts quiexploitsnt Paris et ses envi.

rons ?

“Pour ma part je pencherais vers cet.

te dernière supposition,

“ Il suflira sars doute, d’ailleurs, d’arrêter un des menbres de la bande pour être fixés à ce sujet, et cette arrestation ne saurait tarder beaucoup, car la police tout entière est sur pied.

Kobert reprit :

—Tout à l'heure, en reconstituant le crime avec une lucidité merveilleuse, Vous avez affirmé que la gardienne de l'usine venant au secours de son maître avait ét6 en contact avec l’un des assassins au moins,

—Donc elle a vu cet homme...

N’a-t-elle pu vous donner de lui un si gnalemert de nature à guider vos recherches

Daniel Savanne secoua la tête.

—L'état de Véronique Sollier ne m’a Pas encore permis de l’interroger, répli.

qua-t-il, je ne pourrai le faire que lorsque le chirurgien dont elle reçoit les soins me déclarera qu'elle est en état de me comprendre et de répondre...

—Voilè un retard bien fâcheux ! mur.

mura Mme Vernière,

Robert demanda,

—Qu'est-ce que c’est que ce Claude Grivot dont vous avez cité le nom avec éloges ?..

—C'est le cortremaître principal de l’usine, Un honnête et loyal garçun en qui votre pauvre frère avait une confian.

ce absolue, /

“ C’est lui qui, pénétrant un des ree miers dans la cour de l'usine incen iée, et se cirigeant vers le pavillon où il espérait pouvoirsauver les livres de comptabilité releva le cadavre de son malheureux patron... :

# Nous tenons de lui, ainsi que du caissier, des renseignements et des indications qui nous seront sans doute plus tard d’une grande utilité...

Les voitures de deuil venaient de faire halte,

Daniel regardait par la portière.

Nous sommes arriv vos. Ait-i]

La grande porte pratiqués dans la mu.

raillo d'enceinte dé l'usine disparais.

ho

= dd ©, ti ® ©, té

tu m9 Ote pe nié

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ses envi.

vers cet.

urs, d’arade pour restation "la poli-

tuant le eilleuse, »nne de a maître DS ASSAS-

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Claude mm avec

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/ 08 lee #endiée, ù il es.

> compmalheu-

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es indoute

de faidit-il

la mn.

parais.

recueillie se pressait

sait sous de longues tentures noires à franges d'agent,

Le couronnement de ces tentures en.

cadrait les initiales du défunt :

Une foule compacte eg sd et dans rue Har.

doin.

Tout le monde se découvrit respectueusement lorque les membres de la famille descendirent des voitures de deuil

Dans la chapelle ardente, se trouvaient seulement deux hommes, Claude Grivot et Magloire le manchot, i

Ils avaient passé ensemble les derniè.

res heures de veille auprès du corps de Richard Vernière.

En passant sous les draperies funè.

bres qui rendaient la porte de l’usine pareille à l’entrée d’un tombeau, Robert crut pendant une ou deux secondes que le cœur allait lui manquer et qu’une défaillance de tout son être ne lui permettrait pas d'aller plus avant,

Mais il comprit qu’une telle faiblesse serait inexplicable et par conséquent dangereuse ; et il trouva dans cette conviction la force de réagir, :

Guidé par Daniel Savanne, il gravit les quelques marches conduisant à la pièce du rez-de chaussée du pavillon transformé en chapelle ardente,

Il en franchit le seuil.

En ce moment Claude Grivot leva la tête et regarda les arrivants,

Quand il apergut Robert, marchant à côté du juge d'instruction, il se crut le jouet d’un cauchemar pareil à celui de la nuit précédente, ...Ses jambes ployèrent sous lui, il devint livice et chan.

Robert, feignant un calme absolu, fi.

xa son regard sur les yeux vacillants de son complice.

Ce regard disait avec une nette 6lo-

quence : ; —Veille sur toi ! Rassure:toi ! Nous n’avons rien à craindre !

Claude, toujours eflaré, fit un mouve.

ment de recul, comme s'il ‘allait tom.

ber. ;

Magloire le soutint en murmurant'à son oreille,

—Mais s0yez donc plus fort que cela ....Sapristi !........quelle femmelette !

.. VOUS avez donc des muscles d'é.

toupe !

—Ce'n'est pas ma faute, répondit Grivot à voix basse, j'ai le cœur serré, ça me fait mal.

Robert s'était avancé vers le catafal.

que.

Pendant un instant, il osa{contempler le visage de sa victime, puis, les épaules secouées par les sanglots qu'ilavait l'art de tirer de sa poitrine, il s’abattit sur ses deux genoux en cachant sa figure dans ses mains.

Aline, soutenue par Mathilde et par Amélie, venait d'entrer,

Droite, raide, et du pas d’une som.

nambule marchant dans le sommeil magnétique, elle s’approchait du cercueil,

Elle s’arrêta tout à coup.

Ses lèvres tremblaient...tout son corps écait agité par un frisson douloureux...

Des contractions spasmodiques soule.

vaient sa poitrine... ses mains se cris.

aient sur les bras de Mathilde et de

me Vernière, qui sentaient ses ongles leur meurtrir la chair,

Un intervalle d’un mètre à peine la séparait du catafalque.

Reprenant sa marche interrompue elle franchit cet intervalle et s’inclinant d’un mouvement brusque elle effleura de ses lèvres le front du mort.

Le contact de le chair glacée lui arracha un cri déchirant, elle se redressa, battit l'air de ses bras et tomba sans connaissance dans les bras qui la soute.

paient,

Henriet Philippe l’emportèrent au dehors. ‘

Tandis qu’Amélie et Mathilde lui pro.

diguaient leurs soins, les employés des pompes funèbres vissaient le couvercle

u cercueil, le sortaient du pavilon et le hissaient sur le corbillard où il disparut bientôt sous les fleurs et sous les cou.

ronnes,

L'une de ces couronnes portait cena mots en perles noires :

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