‹ La Fille de l'officier de Marine [microforme]Chapitre 30 sur 84 · A MON FRÈRE 4 JAMAIS R£&- GRETTÉ · texte numérisé non relu

A MON FRÈRE 4 JAMAIS R£&- GRETTÉ

Elle avait été envoyée le matin à Saint.Ouen par Robert Vernière, le fra.

tricide,

Et personne... à l'exception de Clau.

de Grivot, son Complice,..., ne pouvait

soupçonner ja monstrueuse hypocrisie u misérable,

Aline venait de eprendre connaissan.

ce, Wais elle n'avait Plus de forces et il ui fut impossible, Comme -elle le son.

haïitait, de suivre à pied jusqu’au cime.

tière de Saint-Ouen la dépouille de son Pauvre père, n la fit monter dans une voiture où me Vernière et Mathilde prirent pla.

ce auprès d'elle, s'etforçant de calmer son désespoir Par de douces et tendres paroles, cortège se mit en marche sous l’escorte d’un piquet d'infanterie, Ri.

ard Vernière étant chevalier de la Légion d’honneur.

8 Cordons étaient tenus par Daniel Savanne, Philippe de Nayle, Claude Grivot le’ Contremaître et le Caissier

rieur, Robert Vernière Cobduisait le deuil.

: remière ligne, derrière lui, Mar-

JR Coupé de maître dont les glaces étaient relevées suivait ces voitures, ü homme seul se trouvait dans ce Coupé, C'était le baron Guillaume Schwarts, l’attaché spécial de l'ambassade d’Alle.

Magne,

Que venait faire -à l’enterrement du gens Industriel 18 chef de l’espiozunage aris

Une dépêche de Berlin lui avait fait Connaître le départ précipité de Robert et de sa famille en lui commandant de SaVoir la raison dé ce brusque et nou.

Veau voyage en France,

8 voulant cette fois s'en rapporter qu’à luimême, il était venu à Saint Ouen et le résuitat de ses observations Per.

fait fausse route dans ses premières con.

jectures.

Comment admettre que Robert, ve.

nant en toute hâte à Paris avec sa fem.

me et son beau.fils, et marchant, le vi.

Rien au monde ne semblait plus in.

vraisemblable.

Néanmoins jl restait encore, sinon un doute, du moins une ombre de doute, dans le cerveau de cet Allemand,

—Tout est possible... 8e disait-il,...

nome limprobable, même l’impossi.

:. Nous savons qu’il ne se trompait pas, Mathilde et Amélie avaient résolu ’empêcher Aline dé descendre au cimetière, < Elles redoutaient ur la pauvre en.

fant une nouvelle crise dont les suites risqueraient d’être dangereuses,

dehors du champ de repos ‘u’elles at.

tendirent La fin de la cérémonie,

L'eau bénite fut jetée sur le cercueil et la foule se dispersa très émue,

Ce fut chez Daniel que les voitures de deuil ramenèrent Robert, sa femme et son beau-fils,

Aline fut conduite dans sa Chambre, brisée, anéantie, et prise d’une fièvre gi violente qu'il fallut la mettre au lit,

médecin de M, Savanne fat appelé en toute hâte, ,

Pour la seconde fois il affirma que l'é.

tat de la feune 8, quoique nécessitant

à moins de Complications impossibles à prévoir et qui ne semblaient nullement craindre,

Le juge d'instruction retint à dîner la famille Vernière,

ner était pour sept heures,

D'ici là il pourrait faire connaître au frère de Richard les projets d’avenir qui s'étaient présentés à son esprit et dont la réalisation, si elle était possible, Offrirait de grands syantages.

Henri et Philippe restèrent au salon,

LR cer ae ES ON VAR . «re

DS ns Ar + ACCUS

SA EAN A mc à

sonnelles Je portait à croire qu'il avait |

qu'il avait |

mières con.

ec sa fem.

ant, le vi.

' derrière l'assassin

plus in.

» sinon un de doute, nd,

sait-il, l'impoesi.

ipait pas,

at résolu e au ci.

uvre en:

8 suites

à causer, tandis que Robert et sa fem.

me, sur l’invition du magistrat, le sui.

vaient dans son cabinet,

Daniel Savanne n'était pas fâché qu’A.

mélie assistait à l'entretien qu’il désirait avoir avec son mari nt qu'il com.

” —Maintes — tenant que nous avons terminé notre douloureure tâchs, maintenant

rée, ruinée...…., N’est.ce point votre avis ?

Robert répondit :

—Si vous n’avies pas soulevé cette question, cher monsieur Savanne, je n'aurais point tardé à la soulever moi.

même, ce qui vous prouve l’importance que j'y attache,

—Alors je vais vous expliquer clai. :

rement et brièvement la situation d'A.

line,

—Vous venez de dire qu’elle était rui.

née.. fit observer Amélie.

Le juge d'instruction reprit :

—Toute sa fortune consiste aujourd’hui en une trentaine de mille francs déposés par son père au Crédit lyonnais à qui j’ai demandé un compte-exacte en vertu des pouvoirs qui me sont condés, À cette somme il faut en ajouter une autre à peu près égale représentant la valeur des terrain de Saint-Ouen sur lesgoes s'élevait l’usine incendiée.

Otal soixante mille francs dont il faut déduire les droits de succession et d’autres frais,il restera donc à Aline environ cinquante-cinq milles francs. Or, à notre époque, l’argent ne rapportant méme plus trois pour cent, son revenu sera misérable, ;

—Nous prendrons Aline avec nous...

dit vivement Mme Vernière.....… elle ne manquera de rien et je saurai bien lui faire une part sur la fortune dont je dis

Robert intervint,

—C'est une question à traiter plus tard, et sur laquelle je serai certaine.

men d'accord avec VOUS. scc06e dit-il à sa femme ; puis, s'adressant à Daniel

Savanne, il ajouta :......... Mais Yous ne parles pas des indemnités que devront payer les Compagnies auxquelles mon pauvre frère était assuré ?

Richard n'était pas assuré, répliqua le magistrat,

Pas assuré Lite s’écria Robert...

c’est incroyable et impardonnable, Une telle imprudence touche à la folie,

—Elle est excusable Cependant, étant données les circonstances où elle s’est produite,

Et Daniel faconta comment Richard devait signer le 2 janvier, avec une nou.

velle Compagnie d'Assurances.

La mort l’avait prévenu.

—C’est une fatalité !.., murmura Ro.

rt

—kRaison de plus........,reprit Amélie, pour donner suite au projet que j'ai conçu.

—Je ne doutais pas... fit Daniel Sac vanne.....de la bonté de votre cœur à tous deux... ee ej'étais certain d’avance que vous offriries à la pauvre Aline un appui plein de sollicitude et de déyoue.

ment, mais ce n’est point cela que j'a.

vais rôvé.

—Qu'était-ce donc ?.. demanda le fratricide.

—J’ai su par Richard que vous aviez étudié jadis ensemble la mécanique appliquée à l'industrie, aux armes de guerre, à la marine, que vos connaissan.

ces et vos aptitudes ne le cédaient on rien aux siennes, et qu'il avait autrefois songé à vous prendre pour associé, mais que des divergences d'opinion, surve.

nues entre VOUS, Vous avaient brusque.

ment éloignés l’un de l’autre... Est-ce exact ? .

—Parfaitement exact...

—Æ£h bien ! pourquoi aujourd’hui, ne prendries-vous pas la suite de ses affai.

res, si fatalement RP han és et qui grandissaient chaque jour

Mme vernière, frappée par les dernié.

res paroles de Daniel Savanne, écoutait

avec une profonde attention, ©

An us A 1 dit Robert après un ence.

Reprendre les affaires de mon frère !

affaires d’une maison qui n’existe pus i ? répli le magi

—Fourquoi non { répliqua le 8trat, Aline, votre nièce, vi apporterait.les terrains de vingt cinq milie francs pour commencer celles que l'incendie a détruites...

—Qu'est.ce que vingt-cinq mille francs ! s’écris Robert, Les constructions coûteront plus de cent cinquante mille francs et l'outillage deux rent mille...

Pour réédifier l'usine et ja mettre en état de fonctionner comme eile fonction.

nait, il ne faudrait pas moins de cinq cent mille francs, y compris le fonds de roulement, Or, je vous avouerai, cher monsieur Savanne, que si ma femme est riche, je suis pauvre etje ne puis conséquent disposer d'aucun capital.

Cela est d'autant plus fâcheux que j'aurais accepté avec bonheur une combi.

naison me permettant d'assurer l'avenir de ma nièce et de relever un nom que mon pauvre frère id Le 4 vs premier rang parmi les plus gran e l'industrie, « ;

Mais ilyala question ob iQ et vous deves comprendre aussi bien que moi qu’elle est insoluble…

Daniel Savanne regardait Amélie, et #02 regard semblait dire :

—Voyons, madame... Vous qui êtes riche... Vous qui tout à l'heure témoigniez an dpnd dévouement à votre nièce par alli . ne trancherez-vous pas la question ?

Amélie comprit à merveille la supplie cation qu’exprimait ce regard,

— Vous accorderez bien à mon mari vingt-quatre heures de réflexion... fit.

elle en souriant,

men re 8’écria Dental qui pensa que la partie était gagnée puis.

que Mme Vernière évidemment voulait

intervenir. -

—ËElle y arrive, se dit Robert,

L'idée mise en avant par le juge d’ins.

teuction le séduisait fort et, volontiers, il aurait accepté d'emblée,

Mais c’eût été une imprudence qu’il

- #6 garda bien de commettre,

Se servir, pour réédifer l'usine de

l'argent volé à son frère, ne serait.ce

pus réveiller à coup sûr les soupçons de e sa femme et en faire naître dans d’autres esprits, i

Il valait mille fois nieux afirmer son complet dénuement et laisser Amélie faire les avances de fonds,

C’était de plus une manière ingéni.

euse de mettre la main sur l’argent que sa femme, jusqu’à ce jour, savait si bien défendre contre lui,

Daniel Savanne reprit la parole,

—Aline n'a que dix-huit ans, dit.il. — Nous devons songer à lui faire nommer un conseil pour sauvegarder légaloment ses intérêts.

—Je vous prierai de vous occuper de cela, répliqua Robert, car je suis, vous leisaves, sans relations à Paris,

—Soyez tranquille, je me charge de tout, Ù È

L'heure du dîner approchait,

Daniel Savanne invita ses hôtes à re.

tourner au salon, où devaient se. trou.

ver Philippe de Nayle et Henri.

Amélie, avant de quitter le cabinet où l’entretien venait d’avoir lieu, demanda :

— À quelle heure, demain, mon mari et moi pourrons-nous nous présenter chez vous, avec la certitude de n'être point importuns ?

—À quelque heure que ce soit, si je suis là, yous serez les bienvenus, répondit Daniel. Voici quel est l'emploi habituel de mon temps. Je me lève de très grand matin et je me mets au travail, — à midi, je vais au Palais d’où je reviens ordinairement vers six heures du soir, Le soir etle matin vous avez donc la quasi.certitude de me rencontrer, Ne craignez pas de me paraître importuns.

Vous ne pouves l'être, Aline ra devenir en quelque sorte votre enfant et. votre présence lui ar peines Pr teze vous quelque tem aris

Je ai demande prpiiinien dé de ne répondre à cette question que deer Amélie, La nuit porte conse

Daniel s’inclina.

Au salon, où ils se rendirent, Philippe et Henri causaient, 4

Les deux jeunes gousavaiont fait ra.

ons de > dans

Ler s0n Amélie

ingéni.

nt que si bien

it-il,— mmer vment

er de vous

ge de.

à re- - trou.

abinet 1, de-

mari senter n’être

dresse connaissance et semblaient éjà de vieux camarades,

Henri, plus âgé que Philippe l'avait discrètement questionné, et de ses réponses résultait pour lui la conviction que le beau-fils de Robert Vernière posgédait l'esprit le plus droit et l'intelliue la plus brillante, et tout de suite

s'était senti attiré vers lui par une très vive sympathie,

Philippe de son côté, éprouvait pour Henri un sentiment identique.

Bref, une bonne et solide amitié commençait entre eux.

Il'suffit à Mme Veruière d’un coup d’œil pour s’en convaincre, et elle en éprouva une grande joie,

On vint annoncer que le dîner était

servi.

Mathilde, quittant la chambre d'Aline qu'elle laissait eadormie d’uu sommeil révarateur, arriva dans !1 salle à manger en même temps que su père et que ses hôtes qu’elle s’empressa de rassurer sur l’état da son amie.

Le rapide voy:ge fait par kopert et les siens, et les émotions de la journée, rendaient un prompt repos nécessaire pour tout le monde,

A neuf heures Amélie donna le signal du départ et regagna le Grand-Hôtel avec son mari et son fi

Malgré sa fatigue, elle dormit mal, d'un sommeil fiévreux et agité.

Les préoccupations de son esprit cau- #aient cette insomnie,

Philippe, lui aussi, dormit mal, mais tenu éveillé par des préoccupations d’un tout autre genre.

Le doux et triste visage d’Aline rome plissait sa mémoire et hantait sa pensée <omme une vision charmante et troublante,

I fut debout dès le point du jour,

Sa mère l’entendant marcher dans la chambre voisine, se leva aussitôt, s’ha.

hilla rapidement et vint le trouver.

—Mon cher enfant, lui dit-elle, je voudrais avoir avec toi une conversation 86rieuse,

—Je suis tout à vos ordres, mère...

Me le jeune homme un peu sur.

Mais j'avoue que vou: m’intrigues beaucoup...

—Tu me comprendras tout à l'heu.

Assieds-toi là près de moi, et'préparetoi à me répondre nettement, franche.

ment, sans vauité puérile, sans exagération d'amour propre, en homme qui se connaît bien et qui se juge saine.

ment,

Ce préambule ne pouvait qu’augmenter l'étonnement de Philippe.

—]1 va donc être question de quelque chose de bien important, mère ? deman.

da-t-il,

—D'une chose bien importante, oui, car il s’agit de ton avenir.

—De mon avenir! répéta le jeune homme.

—Oui. Tes réponses à mes questions me feront renoncer à un projet que j'ai conçu ou m’engageront à y donner suite,

—Quel est ce projet ?

—Tu le sauras, mais réponds*moi d’abord.

—Alors interrogez-moi vite.

—Tu considères comme à peu près terminées, n’est.ce pas, tes études à L’6cole des arts et métiers de Châlons ?

—Oh ! absolument terminées. Je n’ai plus rien à spprerre Joignant la pra.

pratique à la théorie, j’âi acquis une instruction solide. Comme dessinateur, comme mécanicien, comme ajusteur, je sais tout ce qu'on peut savoir.

—En es-tu certain ?

—Oui, et ma conviction est partagée par mes professeurs qui m'ont dit au moment de mon départ que si l’idée me venait de prendre un établissement au lieu de continuer mes études pour entrer à l’Ecole polytechnique, je pourrais le faire sans crainte et qu'ils me prédisaient le succès. Ils ajoutaient même des chose trop flatteuses pour que je puisse.les répéter.

—Æ£t ces compliments n'étaient point exagérés ? ; S

—Non, car j'ai conscience de ma force.

Je sais ce que je vaux. Je sens ce que je peux,

—Alors tu n’hésiterais pas si l'occasi.

pe in 2

si

on se présentait, à te mettre à la tête d'un étabissement 1 —Je n’hésiterais pas une minu-

Tu es bien jeune.

Qu'importe, puisque j'ai appris à penser, à réfléchir.

—Mais pour commander ?

— Quand on sait obéir,on sait commander et se faire obeir.

—Dans les ateliers il y a des ouvriers instruits et qu'une longue pratique a rendus merveilleusement habiles. Ne craindras-tu pas qu’ils ne constatent et ne raillent ton inexpérience ?

— Nullement, car, j'aurais grand soin de ne point me poser en homme infaillible, je saurais écouter les observations, les provoquer au besoin, et profiter des conseils utiles.

— Il y a de manvaises têtes.

—Dont on vient toujours à bout par le raisonnement et la douceur, Mais pourquoi me demandez-vous tout cela, mère ? ;

Mme Vernière continua :

— Alors, si je te proposais une association avec un mécanicien, un inventeur, d’un très grand mérite, que répondrais-

tu!

—Cela dépend,

—De quoi ?

—S'il s'agissait d’une association à l'étranger, avec un étranger, un Allemand, par exemple, je refuserais.

— Et moi, je me garderais bien de te faire une telle proposition,

11 s’agit d'un établissement en France,

—En France !

—Et tout près de Paris.

Philippe tressaillit,

Il venait de comprendre tout à coup la pensée de sa mère,

ZAbh!fit-il. Vous songes à réédifier l’usine de M. Richard Vernière. .

—Peut-être. |

{it l'associé que vous m’avez choisi, c'est mon beau-père,

—Si cela était ? :

\ __Je vous dirais que j'accepte, mère, dans le savoir et dans le taient de vo-

tre mari.

Nous avons, lui et moi, causé de mé.

canique. Il est de première force. Avec lui, je deviendrais un homme hors li-

Et puis, Philippe s'arrêta, baissant la tête rou-

gissant,

—Et puis ? fit Amélie. Pourquoi t'interrompre ? N’as-tu donc plus confiance en moi.

—0Oh ! mère chérie, une confiance absolue.

—Achève donc, alors.

—Et puis, ainsi, je serais sûr de voir souvent ma cousine... murmura Philippe en rougissant de nouveau comme une jeune fille.

Amélie comprit aussitôt, ou plutôt devina l’amour naissant dans le cœur de son fils.

Elle voulut le forcer à s'expliquer complètement.

Ainsi, demanda-t-elle, Aline Vernière, ta cousine par alliance, a produit sur toi une impression bien vive

Philippe, relevant les yeux un ins.

tant baissés, répondit :

—Mère, vous m’aves appris à ne jamais rien vous cacher Je vais vous dire sincèrement ce qui 8e dans mon âme, En voyant Aline ce qui m'a frappé, ce n'est ni sa douleur, ni la terrible situation qui lui a été faite par un cri.

me. C'est son doux visage, c'est son regard d’ange éploré, c'est toute sa per.

sonne d'où se dégage un charme pénétrant auquel je n'ai résisté. J'ai senti mon cœur tout entier s’en aller vers elle, et, à cette heure, si on me di.

sait que je ne la verrai plus, il me semblerait que je vais cesser de vivre.

En prononçant ces derniers mots, Phi.

lippe avait pâli

ie Vernière l’attira vers elle et l’'embressa avec une maternelle efusion.

—Rien ne t’enpêchera de voir Aline, lui dit-elle tendrement, rien ne t’empé.

chera de l'aimer, et je ferai tout ce qu’il dépendra de moi pour que la chère enfant partage ton amour,

Oh ! mère 1 mere! que vous êtes bonne i Que vous ie rendez üoureuz !

s’écria le jeune homme avec une joie

+, tot

, de mése. Avec ) hors li.

tête rou-

quoi t'inconfiance

iance ab-

de voir a Philip.

| comme

u plutôt le cœur

>xpliquer

ne Verpes

un. ins.

à ne jeous dire ans mon la frap- terrible un ori- ’est son e 8A per- Le pénété. J’ai on aller n me dia® Ssem-

délirante. Je ne vous aimerai jamais assez pour tout le bonheur que vous me donnes !

—Mon unique bonheur est de te voir heureux ! répondit Amélie eñ embrassant une dernière fois son fils, Mainteut sais ce que je voulais savoir, Je

Et, quittant Philippe, Mme Vernière alla frapper à la porte de son mari,

Robert, debout depuis un certain temps déjà, terminait sa toilette,

—Mon ami, lui demanda Amélie...

pouvez-vous m'accorder quelques instants ?

Je vous en serai reconnaissante,

Il y avait longtemps que Mme Vernière n'avait parlé à Robert d'un ton aussi affectueux,

—Mes aflaires sont en bon chemin, pensa-t-il.

Puis il répondit :

—Je suis entièrement à votre disposition, ma chere Amélie.—Mais, dites-moi d’abord, êtes-vous un peu reposée ?

Avez-vous bien dormi ?

—Je n’ai pas fermé l'œil de la nuit.

—Pourquoi ? Etiez-vous donc souffrante ?

—Soufirante, non, Préoccupée seul ment.

—À eujet de notre pauvre nièce

—AÀ son sujet, et aussi à un autre dont je veux vous entretenir,

Robert avait bien trop de clairvoyance

our ne pas comprendre à l'instant qu’- Fallait être question entre eux de là

roposition faite la veille par Daniel UE. et pour laquelle elle avait ajourné sa réponse au lendemain,

Mais il juges d’une bonne politique de ne point s'avancer et d’attendre qu’.

Amélie s’expliquât.

Son attente fut courte,

—Avez-vous réfléchi, mon ami, commença Mme Vernière, au sujet dont M.

Savanne nous a parlé hier ?

Le projet de réédifier l'usine et. de prendre la suite des affaires de mon pauvre frère ?

—Qui.

—J'y ai pensé comme à un projet sé.

duitsant mais qui ne peut aboutir,

—Pourquoi donc ?

— Pour cette raison bien simple que la question he par est tout et que je suis hors d'état de la trancher,

—Et,si je la tranchais, moi, cette question d’argent ? ,

—La situation ne serait plus la mé- MO ,....0000

— Etes-vous donc réellement décidée à la trancher ?

—Cela dépend de vous, *

—De moi!

. — Oui, car avant de prendre un parti, je voulais savoir si le projet vous sem.

ble avoir de telles chances de succès qu’on puisse sans imprudence fol.

le y mettre des capitaux importants En un mot je voudrais connaître l’opinion nette et sincère d’un homme du mé. tier comme vous, —Mon opinion bien sincère, la voie ci:

‘“ La maison Vernière continuant les affaires, sans autre interruption que le temps indispensable pour la reconstruction de l’usine, les traités conclus par mon frère avec les ministre de la guerre et de là marine suivraient naturelleat leur cours, Ces traités, et les travaux pour l’industrie privée, donneront à coup sûr des bénifices considérables et sans aléa possible Si. j'étais à la tête de la maison réédifiée, avant trois ans j’au- + doublé la valeur des capitaux engagés.

—Vous êtes certain de cela ?

—0h ! absolument.

—Alors vous penses que pour Philip.

pe ce serait l'avenir assnré ? un brillant avenir ?

Robert regarda sa femme avec sur.

prise.

—Est-ce donc à Philippe que vous ht pour diriger la maison ! s’écriati

À son âge ce serait bien dangereux, quoiqu'il soit d’un caracrère sérieux, qu’il ait beaucoup d’acquis et que ses aptitudes soient remarquables.

— Je ne songe nullement à lui m

tre dans les mains la direction d'uns s2

faire de cette importance, mais à vous

t’adjoindre si vous preniez cette direction.

—Jeune, ardent au travail, instruit, dessinateur hors ligne ‘et doué comme il l’est pour tout ce qui touche à la mé.

canique, son concours serait précieux pour moi, -

—Alors vous n’hésiteries point à le prendre pour associé ?

—Non, certes, car sa valeur est grande, et personne ne l'apprécie mieux que moi |!

—Eh bien ! mon ami, je vais vor ‘aie res une proposition.

—Elle est acceptée d'avance,

—Attendes que vous la connaisai-

eZ. ‘ Un acte d’association interviendra en

tre vous, mon fils et la fille de votre malheureux frère, sous la raison sociale:

Robert Vernière et Compagnie. Vous aurez seul ls direction. Les béuéfices seront partagés en trois parties égales.

Cela vous paraît-il juste ?

Oui,

—Alors vous acceptez ?

—$Sans la moindre hésitation, je vous assure. ‘

—Tout est donc pour le mieux. Je mets à votre disposition une somme de six cent mille francs.

Six cent mille francs ! repéta Ro.

bert ébloui par le

—Oui. Deux cent mille francs pour vous. Deux cent mille francs pour Phi.

lippe. Deux cent miile francs pour Aline Ve mt” pareil capital, reprit le fra.

—Avec un capital, reprit le tricide, et me trouvant dans toute la force de l’âge, je me sens de taille à ré:

édifier une n de premier ordre, Si haut que fût oôtée la raison sociale Ri.

chard Vernière, la raison sociale Robert Vernière et Compagnie ne déchoira pas et grandira plutôt, je prends l'engagement.

—Je ne reviendrai sur le passé, mon ami, reprit Amélie après un silen-

ce.

A partir de ce jour et de cette heure il est effacé. Je me reprends à croire en sous St ai is conviction ge désormais le but de votre vie sera la réhabilitation par le travail.

—Je vous remercie, dit Robert hypocritement, voilà de bonnes paroles qui doubleront mon courage et ma volonté La confiance que vous me témoignes ne sera point déçue. L'usine de Saint.

Ouen renaîtra de ses cendres, et bien. tôt,. j'en prends l'engagement, elle vaudra des mi À

—Ce sera alors à moi de vous remercier, Robert, au nôm de mon fils et de votre nièce, car vous aurez largement payé votre dette à la mémoire de votre malheureux frère !

—Philippe connaît-il vos projets ? d DE le meurtrier de Richard.

—Oui,

—Etil les approuve ?

—De tout son cœur.

—Alors, qu'allons-nous faire ?

—Aller tout d’abord chez M. Savanne et lui apprendre ce qui vient d’être Xe tirai ite N d'où

e partirai ensuite pour Nancy j'irai à Berlin. Philippe restera avec vous,

—Pourquoi ce voyage précipité.

—Il sera court, mais il est indispensable. L'entreprise à a vous alles vous consacrer avec Philippe exige de l'argent licaide, Je vais emprunter sur mes propriétés d’All e et d’Alsace-Lorraine et donner l'ordre de les

vendre. Désorincis, nous habiterons la France, et rien que la France, ce que je désire depuis si long.

temps, De Nancy ou de Berlin, je vous enverrai des fonds. J'espère que mon absence ne durera pas plus d’une semaine. Il nous faut une maison peu éloignée de Saint-Ouen, Si vous trouves quelque chose de .convenable achetez tout de suite. J’approuverai ce que vous aurez fait, — intenant, habil.

et vous. Je vais m’habiller moi-même les-nous irons chez M. Savanne.

Et Amélie quitta son mari,

Celui-oi était de très bonne foi en affirmant que l’usine de Saint Ouen .

difiée, prospérerait sous sa direction, et que cette prospérité prendrait des pro-

ns

rtions grandes. :

Le‘ accoptait très volontiers son best:

fils comme associé, Le jeune homme, tel qu’il le connais.

be à

) térmoignez » de Saint.

8, et bien.

nt, elle vau-

ous remer- . fils et de s largement re de votre

projets ? de-

re ?

M. Savanent d’être

Nancy d'où pstera SVeC

t indispenle vous alles e exige de prunter sur ) et d’Alsardre de les ibiterons la a Re y ONge de Berlin, P’espère que plus d’une maison peu ous trouves ble achetez rai ce que nant, bail.

moi-même nne.

A 16 foi en af-

t Ouen = direction, et

ait des pro sson beau 1 le connais.

sait, serait pour lui, il n'en doutait p.

un sollaborsteur infiniment précieux

Robert éprouvait une joie profonde en pensant qu'il allait se trouver à la tête d’un établissement de premier or.

dre, qu'il pourrait réaliser sur une grande échelle les inventions rêvées, com.

mander à des armées d'ouvriers, deve.

nir un homme dont on s'occupe, un per.

annee important, etremuer des mil-

Dans l’enivrement de cette joie, il ou.

bliait son crime,

Mais, brusquement, la mémoire Jui revint,

Claude Grivot. Son complice !

Ce complice réclamerait sa part. Il faudrait compter avec lui !

Eh bien ! il lui donnerait sa part, deux cents vingt-cinq mille francs et tout se.

rait dit,

Il lui resterait encore plus de cinq cent cinquante mille francs en comptant les trois cent mille du dépôt de Gabriel Savanne que Claude ne connais.

sait pas,

Il emploierait le contremaître dans l'usine, il lui ferait même une belle ai tuation, de manière à l'avoir toujours sous la main si quelque complication imprévue venait à se produire,

ne complication ?

Allons donc ! il n’y croyait pa: ! Il n'en admettait pas la possibilité ! Tout s’arrangerait de manière que l’ombre a po Pos ne pât jamais arriver jusqu'à lui.

Une bouftée d'orgueil lui monta au cerveau,

—Moi aussi, se dit-il, je serai esti

oré comme l'était Chard, et plus encore qu’il ne l’éiait, oar je serai plus riche ! Moi aussi j’attacherai le ruban rouge à ma boutonnière !

Et le misérable ajouta avec un souri.

re cynique: ‘

fortune aime les audacieux,

Le remords ?

Il n’en avait aucun. Et d'ailleurs n’al.

lait.il pas travailler à enrichir la fille de s0n frère ! Donc tout était bien, puisque tout Anissait bien !

Amélie et son fils entraient dans sa chambre,

—Bonjour, mon jeune associé, mon bras droit, mon quite moi-MÊME .....e fit-il gaiement en tendant la main à Philippe.

Et le jeune homme serra joyeusement la main sanglante du fratricide, Il était près de dix heures.

—Partons vite, dit Mme Vernière. :

Elie avait hâte d’avoir des nouvelles

d’Aline et de faire connaître à Daniel

Savanne la décision prise, ainai que la large part réservée ie ’association à lnpatee enfant si cruellement frappée,

e juge d'instruction reçut immédia.

tement ses visiteurs et leur apprit qu'a.

pres une nuit calme, Aline Ahait aussi bien, et même mieux, qu’ilne semblait possible de l’espérer,

—Pourrons-nous voir Mlle Aline ?

demanda Philippe auxieux,

- — Vous ia verres ce soir, si vous vou.

lez bien tous les trois me faire Je plaisir de ns diner en famille, répc..äit Danie

— Nous acceptons avec empressement fit Amélie, et je serai heureuse d'em.

brasser cette chère enfant avant mon départ,

—Vous partez! s’écria M. Daniel Sn.

vanne,

—Pour quelques | seulement, et Robert va vous expliquer les motifs de mon court voyage,

Robert prit la parole et nos lecteurs savent déjà ce qu’il avait à dire.

Daniel l’écoutait avec une émotion profonde, et ne put retenir des larmes d’attendrisemeut quand il apprit quele le serait dans l'association la part de la fille de Richard,

Il se leva etserra les mains de Mme de t grand, faites 1

—C'es ce que vous faites la, madame |! dit-il d’une voix tremblante, C’est digne d’un cœur comme le v6-

Puis s'adressant à Robert, il ajouta :

—Il ne faut perdre un instant, C'est demain dimanche et je n'irai au Palais. Voules-vous que nous tions ensemble les sur lesquels pe l'usine ri de îi En même temps je vous mettrai en rapport avec le caissier et le principal contremaître

de votre pauvre frère, MM. Prieur et Claude Grivot, deux honnêtes gens, très dévoués, üs vous feront connaître les engagements pris par Richard avec les particuliers.

—J'ailais nous demander de le faire.

Connaissez-vous à Paris un architecte à qui vous pourriez confier la di.

rection des travaux de reconstruction f

—Non.

—Je vous en proposerai un, digne de toute votre confiance.

—Je vous en seraireconnaissant, :

—Mme Vernière aliénant ses propriétés, vous allez sans doute habiter Paris ou ses environs.

—L'intention de ma femme est d'acheter une maison pas trop éloignée de Saint-Ouen,

—J'’en connais une à vendre, jolie et confortable, située à Neuilly, au milieu de grands arbres et au bord de la Seine, sur les terrains qui faisaient partie du vaste parc appartenant à la famille d'Orléans,

—Cela pourrait nous convenir à merveille si le prix n’était pas trop élevé.

Quel est-il ?

—Je nele sais pas au juste, mais le

ropriétaire, qui est de mes amis, ayant LA désir et aussi le besoin de vendre, ses prétentions seraient très modérées, j'en suis sûr. C'est une véritable occasion,

—Nous verrons cette propriété, dit Robert.

—- Je vous y conduirai,

Henri et Mathilde étaient venus rejp les visiteurs au salon où Daniel

eur fit part des résolutions prises qu'ils applaudirent chaleureusement.

— Voilà, fit Mathilde, une bcnne nouvelle, qui ranimera le courage abatiu de la pauvre Aline.

visite d’affaires était terminée, :

Robert, sa femme et son beau-fils prirent congé de la famille Savanne nprès avoir dit :

—AÀ ce soir.

Daniel déjeuna rapidement et, avant de partir pour le Palais, il adresss deux dépêches, l’une à Priour, l'ancien cais-

sier de Richard Vernière, l’autre à Claude Grivot, pour les prier de vouloir bien

TT

se trouvez dans la matinée du lende.

main à l’usine où ils se tiendraient à sa ; disposition et à celle de Robert.

Ces dépêches expédiées, Daniel Savanne se rendit à son cabinet et tit mander le chef de la sûreté.

Il voulait conférer avec lui très sérieusement.

I1 fallait que l'enquête commencée au sujet du triple crime de Saint-Ouen 8e réuivit avec un redoublement d’activité, et que les plus fins limiers de la préfecture fissent des efforts inovis pour arriver à trouver une piste, én attendant les révélations de Véronique Sollier.

Déjà certains journaux commençaient à tlaguer la police et la justice, impuisautes toutes deux, laissant des bandits inconnus semer la terreur dans les en.

virons de Paris, et rendus plus audacieux chaque jour par l’impunité,

“ On classera prochainement l'aitaire de Saint-Ouen comme tant d’autres, disaicnt ces feuilles hostiles, et cela fera des loisirs aux gros bonnets du Palais de Justice, ainsi qu'à messieurs les agentz payés très cher pour n’arrêter jamais personne et jouer au bezsigue dans les caboulots voisins de la préfecture.

Ces attaques b'essaient au vif Daniel Savanne qui avait l'amour et le respect de sa profession.

Il aurait donné tout au monde pour les faire cesser, mais l’uniqne moyen était de prouver leur inanité en arrivant à un rés'iitat,

Or, ce “ésultat ne se laissait pas même entrevoie dans un avenir plus , ou moins proche puisqu’aucune piste n'était relévée.

Le chef de la sûreté se rendit à l'appel du juge d'instruction et lui déclara qu'il n'avait pas attendu ses ordres pour agir.

Berthaut, l’inspecteur principal, mettait son amour propre à débreuiller cette affaire compliquée, Il avait lui mêtue choisises collaborateurs parmi les plus oxpérimentés de ses collègues, et il s'était mis en quête avéo eux, ju-

iu lendeient à sa ; rt.

Janiel Saet et fit

rès sérieu-

mmencée aint-Ouen Jublement 18 limiers >s efforts une piste, > Véroni-

mençaient 2e, impuies bandits 18 les en.

lus auda-

aité,

at l'aitaire autres, dicela fera du Palais urs les aarrôter jaigue dans tecture.

yif Daniel le respect

onde pour 16 moyen >n arrivant

pas même plus , ou piste n'é-

lit à l’apt lui déidu ses or-

cipal, metdébreuiller ait lui mênasmi lan

collègues, o eux, ju-

rant de réussir, quoique tout point de départ!fit défaut,

Jeci posé, il fut question de Véronique Sollier,

La veille au soirs M. Savanne avait re-

du docteur Sermet le procès-verbal détaillé de l'opération subie par la blessée placée dans son service.

Il annonçs*t tout à la fois la complète réussite de cette opération et la conséquence grave et inévitable de la blessure c’est-à-dire la cécité complète.

Véronique Sollier aveugle 1...

Cela diminuait dans de grandes pro-

rtions l’importance du concours qu'el-

e pouvait donner à la justice,

Ce meurtrier qu'elle avait vu certainement, contre lequel elle avait donné elle ne pourrait le rec”:::ître si on arrivait à le mettre en : : ence!

Les renseignements :.:::°: par elle quand on pourisit l’in:rvger, le signa.

lement de l'assassin ou des assassins, seraient-ils suffisants pour permettre es découvrir et d’arrêter les coupa-

CR

C'était là un problême dont l'avenir seul apporterait la solution.

La conclusion de l'entretien des deux magistrats fut qu'il fallait laisser parler la presse puisqu’on ne pouvait l’en empêcher et stimuler, par des promesses d’evancement et de gratifications, le 26.

le des agents,

Page 1