‹ La Fille de l'officier de Marine [microforme]Chapitre 4 sur 84 · MOUriP...—1l me déclara qu’il ne · texte numérisé non relu

MOUriP...—1l me déclara qu’il ne

pouvait fixer la durée de son absence, et me demanda si je voulais l’accompa- &nOT.....

“ La proposition ir m'adressait me

rh la preuve indéniable de la gran-

eur de son amour.--L'accompagner,

c'était prendre place dans sa vie de n décisive.

—Je n’hésitai même pas et quittai joyeuse la maison maternelle sans penser que mon départ pourrait tuer ma pauvre mère,

# Ah |! tout ce ue depuis lors j'ai souffert je le méritais ?—Je n'ai pas le droit de me plaindre !

“, Nous on rar

# A'Toulon Gabriel me loua un petit appartement où il venait passer auprès de moi toutes les heures de liberté que son service lui laissait...

“ Cela durs ainsi pendant près du’ne année...—Nous arrivons à la fin de 1885,—j'avais vingt ans et j'allais être mère.

‘“ Je le lui appris. :

‘ Alors il joua vis-à-vis de moi une comédie infâme.—Il parut transporté de joie à la pensée du lien nouveau qui nous attachait l’un à l’autre...…...et il me jura qu’il reconuaîtrait bientôt son enfant.

# J'ajoutai foi à ses mensonges com.

me j'ajoutais foià son amour, et pen,

dant un certain temps je vécus dans un rôve.. LILLZ LI

ss Lè réveil était proche...

# Quelques mois plüs tard, Gabriel arriva le visage bouleversé,

“ Saisie d’épouvante je l'interrogeai, — il se déroba d’abord à mes questions, mais enfin je lui arrachai cette phrase :

* 4__Je viena de recevoir l’ordre de partir demain pour rejoindre l’escadre de l’Extrême-Orient. :

“ Ce fut un coup de foudre.

“ Je ne pouvais songer à le suivre, il m'en fit facilement comprendre la rai.

son,

“Un véritable a{ollement s’empara de moi,— Un pressentiment sombre me disait que j'étais perdue, et ce pressentiment ne me trompait pas, .....

“Gabriël partit, en me jurant de nouveau un éternel amour, en me laissant une somme d'argent suffisante pour assurer ma vie pendant deux ou trois mois, en me promettant de m'écrire souvent eten ajoutant que je ne devais m'inquiéter de rien et qu’il s'arrangerait pour me faire tenir tout ce qui me serait nécessaire.

“I1 mentait,:

“Ce départ imprévu, précipité, faisant naître en moi toutes les angoisses, toutes les terreurs,, me porta un coup terrible.

Je m’alitai; ce fut à cette époque que Germaine vint au monde,

“(Mon état parut si grave au médecin appelé par les soins du propriétaire de la maison où je logeais qu'il me fit porter à l'hôpital, à demi-morte, sans con« naissance, et confia mon enfant à une nourrice,

“Ma convalescence fut longue,

“Je passai trois mois à l’hospice, at. .

tendant toujours, espérant toujours des nouvelles de Gabriël,

“Rien n’arriva.

“Quand je sortis de ia maison de cha. rité, dépourvue de tout, on me rendit ma fille sans s’inquiéter de savoir si j'avais des ressources pour la nourrir, pour la faire vivré... 4

“Je me hâtai d'aller au ent que j'occupais avant ma maladie, croyant que j'y trouverais un ssile, et peut-être

| des nouvelles de Gabriël...

nn à

— rene — emmener

hi

“L’asile n’existait plus pour moi.— Le logement était loué, et rien n’était arrivé pendant mon absence.

“Je réclamai les vêtements laissés par moi, et une somme d'argent,—tout ce

ue m'avait remis Gabriël,— restée s le secrétaire de la chambre à cou cher.

“On me rendit les vêtements,—Quant à l'argent, soit qu’il eût 6t6 voléau moment de mon transport à l'hôpital, soit que les propriétaires fussent de manvaise foi, on prétendit n’avoir rien trou-

“J’était sur le pavé, sans un sou.

“Une marchande à la toilette m’acheta,—Dieu sait pour quelle misérable somme ! — une partie des robes et du linge qui venaient de m'être rendus et pendant quelques jours ie vécus. Mais ces humYles ressources furent bien vite épuisées et je me trouvais de nouveau privée de tout.

# N'ayant plus d’espoir qu'en Dieu j'entrai dans une église afin de le prier d'avoir À lg de la pauvre petite Marthe et de sa mère.

“ Malgré mon indignité, Dieu ne repoussa point ma prière.

# Un vieux prêtre, devinant mes an.

goisses et mes douleurs, me fit l’aumône et me conduisit dans une maison pieuse où l’on me recueillit pendant une semaine,

# J'y repris un pen de forces et de courage ec je dis à la supérieure que je . is travailler pour élever mon en-

“ Deux jours après, en possession d’une tren‘aine de francs dus à la charité du vieux prêtre et de cette sainte femme, je pus louer une modeste chambre etchercner du travail,

6 J'en trouvai chez une modiste à qui

l’on m’avait recommandée, mais c’est à pre si ce travail était rétribué ; — il

taocepter cependant sous peine de.

mourir de faim.— C'était à bien peu de chose près la misère noire, et pendant deux longues années je restai à Toulon

épuisant mes forces, et m’obstinant H

«espérer contre tonte eanéranne at à at.

tendre le retour du père de ma fille...

C'était insensé, mais que voulez-vous,

monsieur le docteur, c’est si dur de croire à l'abandon lâche et infâme, qu'on lutte contre l’évidence...— Ah!

ce quej’ai souffert ! !— Mais, encore une fois, je le méritais..…., Es +

Germaine s’ar:ôtsa, les yeux pleins, de larmes aui roulaient une à une sur ses joues creuses.

—N'avez-vous point songé à écrire à votre mère, ma pauvrelenfant ? deman.

da le docteur,

— Si...—murmura la mourante,

—Elle ne vous a point répondu ?

—La lettre m’est revenue avec cette mention : $nconnu..... à

—Où l’avies-vous adrassée ?

—Au numéro 57 bis de larue de Miromesnil.

—Longtemps après votre sortie de l’hospice ?

- -Plus d’une année après...—Je vous lai dit, je n’osais pas...

—Et depuis, aucune nouvelle ?

—Je souhaitais xrdemment savoir ce que ma mère ééait devenue, —J’allai trouver le bon prêtre qui m'avait fait

l'aumône autrefois puis la supérieure de .

la maison où j'avais été recuillie et je leur confiai mes chagrins en leur faisant part de mon désir de revoir ma mè- TO... LA 5

4 Ils Le dm qu etils eurent la générosité de me donner la somme nécessaire pour payer mOn voyage et pour

ne pas me trouver sans un sou àu mo-

ment de mon arrivée à Paris...—Je par.

tis le cœur serré, mais cependant heu.

reuse de la pensée que j'allais revoir La chère et sainte femme à qui j'avais fait tant de mal, st obtenir d’elle mon .

AONsssssese— A peine descendue de Ep min de fer je courus à la rue de Miromesnil...

—Hélas ! une grande déception m’attendait, reudant mes remords encore

plus ta...

—Votre mère ?,...., j —Htait tamhéa sravamant malada À

= D me

; la suite de mon départ, si malade qu’il

avait fallu la iransportér à l'hospice

um

OU do

Beaujon où elle passait quatre mois entre la vie et la mort, —Pendant son ab.

sence on avait donné sa place à une autre.., elle se trouvait donc sans asile et sans ressources...

—Aves-vous su ce qu’elle était deveaue ?

—On put me dire seulement que désespérée elle avait quitté Paris.

—Elle se réfuginit chez des parents sans doute en province...

pauvre mère n'avait plus de paren LALZLL:

; ceux de votre père peut-êre .

—Non........ j'ai pris toutes les informations possibles et je n'ai pu retrouver les traces...

—Mais le père de votre enfant... cet officier de marine... Savez-vous quel était son grade 1

—11 était lieutenant de vaisseau...

—Connaissant ce grade et le nom de Gabriel, vous auries pu vous renseigneradroitement au D de de la marine.. Savoir sur quel navire il s'était embarqué pour rejoindre l’escadre de l’Extrême-Orient.…

—Au ministère de la marine, on m’a demandé à quel titre je me renseigne.

TAIB, oc “

J'ai dû me retirer sans avoir rien appris et des démarches tentées ailleurs sont de même restées infructueuses... il m’a fallu renoncer à toute espérance. Vous le voyez, monsieur le docteur, la tâche que vous voulez entreprendre itié pour ma chère petite fille est bien difficile. — Pas plus que moi vous ne parviendres à se ceux que j'ai vainemenc cher.

ch6s,

—Qui sait 1— murmura le médecin, Germaine reprit : ue

—Ænfin, si vos recherches restent sans résultat, si je meurs avant que vous ayez trouvé ma mère, ou lé père indigne de ma ve Marthe, que deviendra ma fille ?—Vous n'avez répondu à cette

‘ ma chère petite maman

nerait un état, la guiderait dans la vie, la garderait sous sa tutelle jusqu’à ce qu’elle eût atteint l’âge de sa majori.

Tandis que le docteur pronongait ces

aroles, une flamme vive s’aliumaît au

ond des yeux presque éteints de la mourante,

Une immense joie se lisait sur son pâle visage, :

—C’est bien vrai, céla ? — balbutia.t.

elle. — Vous m'aflirmez que ma chérie ne restera point abandonnée ?

—Je Vi l’aflirme....

—Vous me le jurez ?

—Je vous le jure ! !

—Oh! meroi! merci ! — Vous venes de m'apporter une bien grande consola.

tion. Maintenant, je mourrai plus cal.

me...Jje ne mourrai pas désespérée...

Et Germaine, laissant retomber sa tête en arrière, abaissa sur ses grands yeux ses paupières entre lesquelles des larmes coulaient une à une.

Pauvre Germaine ! !

Elle avait aimé! Elle avait eu foi dans celui ir aimait...

Sa faute était grave, sans doute, mais combien terrible l’expiation ! !

On frappa doucement à la porte de la chambre que, d’après la prière de la malade, le docteur avait fermée.

ouvrir,

La petite Marthe revenait, apportant de chez le pharmacien de Saint-Ouen la potion prescrite par M. Bordet.

A" l’entrée de sa fille Germaine rou.

vrit les yeux, fixa sur l’enfant des re.

gards chargés de tendresse,

Marthe présentait au médecin la fo.

le contenant le médicament,

—Ma chérie— lui dit-il—- tu feras prendre toutes les heures à ta petite mère une cuillerée de cette potion...

Tu ne l’oublieras pas.

—Oh ! non, je ne l'oublierai pas ! s'6.

cria l'enfant ; —je tiens trop à ce que

pr. A vieux praticien l’embrassa avec éffusion, puis il alla serrer la main de la malade, et se penchant sur elle il lui dit tout bas :

— Soyez calme... et espérez en

Dieu.

—ÆEn Dieu !— répéta Germaine—oh ( Oui, j’espère en lui, car je suis chrétien.

ne, et si je l'ai offensé, il sait bien que

je me repens 1...

D'une voix à peine distincte elle ajoutas .

—Je voudrais voir un prêtre...

—Je vais vous envoyer le curé. de

Saint-Ouen...

t, le cœur goñflé d’émotion, le mé.

deu, quitta air de Germaine, - À l'instant précis où il s’éloignait de l'hôtel garni de la méreAubin, laissant la mourante moins triste, mais 6 uisée par la longue et doulourense confession qu’elle venait de lui faire, le train expres numéro 14 venant de Marseile en.

t en gare de Paris,

Il était onse heures dix minutes du

matin,

Parmi lesvoyageurs transis de froid qui descendaient des wagons, chauffés cependant, se trouvait un capitaine de vaisseau en petite tenue, officier de la Légion d'honneur, le visage bronzé, les cheveux bruns grisonnants sur les tem-

) à la démarche hautaine, aux traits De grande beauté, mais fatigués, empreints d’une tristesse profonde, d’une

éoccupation, me art OP de L la figure rendait diff.

cile de préciser l’âge de l'officier de ma-

rine. Il pouvait avoir quarante-cinq ans

à peine, il pouvait en avoir près de cin-

rt son e consistait en une valise qu'il portait àla main. Aussi, après avoir donné son ticket au receveur de service, et satisfait à la Pnpite visite obligatoire des employés de l'octroi, il fut bien vite hors de pue d'arrivée.

Aussitôt sur le quai il fit'aigne à un cocher qui avança sa voiture dans la.

uelle il'ronta en disant : —A l’heure—

oyez votre montre, —A l'hôtel du Loue vre d'abord.

—Sufñt. d

fiacre rou ;

re l'hôtel dr Louvre l’officier de marie ne déposa sa valise au bureau, se fit ins.

crire pour un petit arpartement dont il prit le numéro et rejoignit sa voiture.

—Où allons-nous présentement ?. demanda le cocher.

: au bout d’un instant. = La

—Au numéro 57 Bis de la ru de Mi.

romesnil,

Le véhicule 82 remit en marche,

Il ne fallut pas plus de vingt minutes pour aller de l'hôtel du Lou droit ps etle cocher arrêta son cheval en face de la maison portant le numéro 57 Bis.

Le voyageur mit pied à terre,

Il semblait hésiter à franchir le seuil de 1a demeure, but de sa course,

Malgré la température rigoureuse, des gouttes de sueur mouillaient ses tem-

Pendant quelques secondes il demeura immobile sur le trottoir dans l'atti.

tude d’un homme changé en statue.

Puis brusquement, il ftun geste si.

gnifiant clairement :

—Il le faut !

Et, l’un des battants de la porte co. :

chère étant ouvert, il pénétra sous la voûte où se trouvait la loge du concierge.

- À la porte de cette loge, il s’arrêta de nouveau, plus que jamais indécis, trem.

blant, ses jambes fléchissant sous lui,

Pour la seconde fois il fit sur Jui un violent effort, avanga la main vers le bouton de la porte vitrée et l’ouvrit,

Un homme qui lisait un journal, con.

fortablement installé dans un bon fau.

teuil, se leva, vint à lui et dit :

—Vous demandez, monsieur ?

—Mme veuve Soilier... — répliqua le marin,

—Mme veuve Sollier 1... Connais

[UPS Li —C'est impossible.

L'homme parut interroger sa méraoi.

re, ñ

—Voyons,....…., VOYONS ...s00— fit.il

de i L Mr Sollier $4 ne serait-il pas une brave femme ui à 6té concierge de l'immeuble il y pare où huit ans ?..

—Ilya belle Jurette qu'elle n’est plus ici..,.,.—Tel que vous me voyez, monsieur, je succède, dans l'emploi, à SSHX DérIONUSs qui Oh occupé ia loge “En per isible envahit ]

ne pâleur visible env: e visage bronzé du marin,

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