‹ La Fille de l'officier de Marine [microforme]Chapitre 45 sur 84 · PAS · texte numérisé non relu

PAS

t s’en souvenir,

nt.

6 sur l’estrade et

due voyante pour

sièges asses nomaux clients Sur

cet effet auprès

ent différents ob-

ésium dont la tige

s'élevait et se baissait À volonté, plusieurs bouchons de carafe en cristal, de petits tubes de verre renfermant des produits pharmaceutiques pour traitements par suggestion hypnotique, quelques hypnoscopes en acier nickelé,

Le docteur avait be ion Mlle Mariani qui l’aivendait en bâillant,

Vous me recommandies d’être exacte, et c'est vous qui êtes en retard'! lui dit-elle d’un ton de mauvaise humeur.

—Tais-toi et écoute-moil......commanda-t-il,

Nous allons commencer... Il va venir quelqu'un que je dois envelopper dans un filet aux mailles étroites. … feras semblant de lutter plus longtemps qu'à l'ordinaire contre le sommeil. Jai besoin de réfléchir...

—Bon, répondit Eva.

Et elle prit place sur le fauteuil de l’estrade.

De son poste d’observation Robert ne perdait pas un mot de ce quise digait dans la pièce voisine.

O'Brien appuya le doigt sur le bouton d’une sonnerie électrique.

Le Poméranien parut aussitôt.

—]Introduises le numéro 1, commanda le docteur,

Un instant après Mme Sollier, que Marthe tenait par la main pour la conduire, franchissait le seuil,

En entrant daus la salle entièrement tendue de rouge et que la lumière du dehors, tamisée par des stores rouges, éclairait d’une manière presque fantas-

tique, l'enfant prise d’un frisson, s’arrôta, L se pressa contre sa grand’mère.

O’Brien remarqua l'effet produit sur la petite fille par la bisarrerie voulue du décor et l’ameublement,

—Approchez, ma mignonne... dit-il d'une voix très douce....N’ayes auoune crainte, et faites approcher la personne que vous sembles conduire. Estelle aveugle ?

—Oui, monsieur, répondit Véronique,

je suis ave .” Le docteur aila prendre par la main Mmes Sallier et la mena jusqu’à un fau-

teuil placé à deux pas de l’estrade que

dominait Mile Mariani, drapée dans une sorte de peplum d’étolte blanche.

Il la fit asseoir.

—Marthe, bien vite rassurée,s’assit sur la première marche de l'estrade, et de là son regard curieux ÿt le tour de la pièce, examinant chaque chome, pour revenir se fixer sur le visage de la 80mnambule,

— Etes-vous aveugle de naissance ?..

demanda.t-il à Véronique.

—Non, monsieur.

—Depuis quand avez.vous été frappée de cécité ?

—Depus six semaines à peu près, monsieur.

—Cette cécité est-elle le résultat des blessures dont je vois les cicatri. ces 1

—Oui, monsieur,

— Est-ce à propos de ces blessures et de leurs suites que vous venez m6 CONe sulter ?

— Non, monsieur.

Pendant quelques secondes O'Brien examina avec attention les yeux de l’a.

veugle.

—Peut-être, cependant, n’êtes-vous point inguérissable … dit-il après cet examen.

Véronique tressaillit.

—Vous prétendez qu’on pourrait me rendre la vue | ATEN 8 écria-t-elle ensuie

te.

—Je prétends cela, cui.

—Vous chargeries-vous de le faire vous, monsieur ?

—Moi, non.

—Qui donc alors !

—Des spécialistes asses hardis pour tenter une opération difficile, et duagereuse si elle tchouait.

: —Dangereuse pour ma vie ?

—Oui.

—Alors on ne la tentera pas, mème s'il y avait chance de succès...

petite fille a besoin de moi... Je veux vivre,

—Est.ce pour l’enfant que vous venes me consulter !

—Non, monsieur.

Alors, pourquoi êtes-vous venue ?

—Pour que votre science me guide,

| pour qu’elle me donne iés Moyens 5

connaître et de livrer à ]n justice le mi.

sérable qui a assassiné mon protecteur quia volé sa fortune et incendié sa mai.

son, et dont le complice a voulu me tuer aussi et m'a rendue aveugle,,, Votre science Pourra-t-elle faire cela, monsieur ?

—Ma science n’a point de limites !

répondit le docteur avec emphase,,..

La voyante, endormie par moi du som.

meil magnétique, et interrogés par moi, répondra,

Interrogez-là donc vite, monsieur, et qu’elle réponde ! |

—ËElle ne pourra le faire que quand je lui aurai imposé le sommeil et que

j'aurai, par la puissance de ma volonté, 18016 l'âme de la matière,

— Alors, endormes:]là | —Auparavant je dois Vous dire que

faits, des visages et les décrire, mais un nom, chose immatérielle, est hors de son domaine,

— Votre somnambule Ourrame gui.

der, cependant... Elle Pourra suivre le misérable en quelque lieu qu'il se trouve et me désigner ce lieu ?

—Cela, oui,

—Alors ordonnez.lui de le sieur !.., J’ai hâte d Vernière !

—C’est bien.

0'Brien gravit les marches de l’estra.

de et s’approcha de Mariani,

—Il faut durmir !., dit-il à son com.

plice en faisant autour de son visage

des passes magnétiques, Il faut dormir et voir.

Les paupières de la Pseudo-voyante battirent, mais ne s’abaissèrent Pas sur ses yeux.

Au bout de deux ou trois elle balbutia d'une Voix faible.

—Le sommeil ne vient Pas,je me sens brisée,

Le magnétiseur lui appuya la main sur le front,

—Dormez ! commanda.t.il,

Pendant un instant il se fit un grand silence,

Véronique, attendait, Oppressée, respirant à peine,

arthe suivait avec une attention

faire, mon.

e venger Richard

secondes

objet ayant appartenu à cette personne, Si vous n’avez Pas cet objet, rien n’est

—J'ai ce que vous désirez, monsieur.

—E£t c'est ?

— Ua bijou provenant du criminel...

—Où est-il ?

—Le voici, Et Véronique tendit à O’Brien la bre.

loque arrachée à Ja chaîne de montre e Robert, —Mais....., demanda le magnétiseur

our : public qu’une aveugle et qu’une enfant feignant l'étonnement, vous l'avez donc l'américain ne changea rie à sa mise en vu, ce misérable ?

e l'ai vu deux fois.

— Vous le connaissez alors ?

—Je connais son visage, mais j'ignore son nom..,,.Sans cela, serais-je ici ?.

C’est le nom du misérable que je viens vous demander,

—Et je ne pourrai vous l’apprendre,

ment ! ! Vous m'avez dit tout à l’heure que votre science n'avait point de bornes | Il fallait que son récit fût impression.

—Ce cas est la seule exception, .,,La

] ï nant et de nature À changer en cliente somnambule peut voir des actes, des | 8e: auditeurs,

scène habituelle grâce à laquelle il prouvait aux plus incrédules 8& Puissance magnétique,

L’aveugle ne comptait point, mais l'enfant était là.

Les enfants sont volontiers bavarde,la petite fille ne Manquerait donc pas de

M © Qt is 1

st De: bené ee

les décrire mais elle, est hors de Pros

ule pourra me ui.

ie pour A e lieu ï

r ce lieu ? …

ui de le faire, mon.

Venger Richard

arches de lestra.

[ariani,

dit-il à son com.

r de son visage 8, Il faut dormir

4 Pseudo-voyante 'alssèrent vs sur

U trois secon dibe, 0

nt pas,je me sens apPpuya la main

la-t.il, | se fit un grand

Oppressée, reg-

Une attention ements du maambule,

Brien. , pondit Mariani itendit, moment pour t qu’une enfant, en à sa mise en laquelle il prou.

8 sa puissance

it point, mais

tiers bavards,la F donc pas de Passé sous ses les consultati.

ût impression.

er en clients

EnZconséquence il redoubla ses passe en donnant à son visage une expression souverainement impérieuse. ;

Tandis que ses mains effleuraient le visage et la poitrine d’Eva Mariani pour l’envelopper de fluide magnétique, la fausse voyante, jouant son rôle avec 8a perfection habituelle, semblait ressentir d’instant en instant de fortes secousses, et une sorte de trépidation nerveuse agitait son corps,

Pour la troisième fois elle murmura :

—Je ne peux pas.

O’Brien lui avait ordonné cette lenteur,

Pendant ce temps il réfléchissait au moyen à employer pour mettre Robert Vernière à l’abri de tout danger, et il pétrissait avec impatience dans l’une de ses maius,le joyau accusateur que lui avait remis l’aveugle,

Son imagination était en défaut.

11 ne trouvait rien,

Descendant de l’estrade et tournant un bouton de métal, il fit jaillir une lueur éblouissante de la lampo à magnési-

um.

Ensuite il exhaussa la tige de manière

à placer la lampe juste à la hauteur du

visage de Mile Mariani, et il comman-

—Regardes fixement ce foyer lumineux | j

La pseudo - somnambule obéit et jeta un coup d'œil à O'Brien, qui du geste lui indiqua qu'il était temps de jouer la comédie du sommeil,

Véronique, impatiente, pleine d'angoisse attendait toujours,

La petite Marthe éprouvait une sensa.

tion bizarre,

Elle croyait sentir de légers souffles passer sur s0n visage, :

Il lui semblait être enveloppée par un fluide qui la soulevait, .

Comme Marieni elle fixa ses regards sur la flamme étincelante du fil de ma.

gnésium,

Ses paupières battaient, comme un peu auparavant avaient battu celles de la fausse voyante sous iles passes du magnétiseur.

Trois ou quatre secondes s’écoulèrent,

Enfin Mariani sembla vaincue,

Le haut de son corps s’immobilisa dans une pose extatique et lentement ses yeux se fermèrent.

—Dormes.vous ?...demanda O’Brien,

D'une voix changée presque mécon.

païissable, elle murmura :

—Je dors.

Mme Sollier avait entendu,

—Alors,elle va parler ?...fit-elle vive.

ment,

—Je le crois, répliqua le magnétiseur ....et dans un instant, j'en serai certain, ;

Puis, s'adressant à Eva,

—Etes.-vous lucide ?

—Oui.

—A quel degré ?

—Au degré le plus haut,

—Ma voionté vous domine ?

—Je n’ai plus de volonté que la vô.

tre.

—Alors, vous verrez ?

—Je verrai, si vous m’ordonnez de voir,

—Et vous répondres.

—$i vous m'ordonnes de répondre, je répondrai.

aveugle écoutait, haletante, les mains crispées sur les bras du fauteuil où elle était assise, cherchant à percer les ténèbres profondes qui l’enveloppaient,

O’Brien se tourna vers elle.

—Le hasard vous favorise, lui dit-il...

jamais le sujet n’a été plus clairvoyant et plus dociie.

—Puis-je maintenant lui demander de m’apprendre ce que j'ai tant d’inté.

rêt à savoir ? fit Véronique.

— Vous le feriez en vain, répliqua le dccteur.

—Pourquoi 1

— Parce que c’est à moi directement que vous devez parler, et je lui répéte.

rai vos questions, ;

Mais d’abord, je dois rétablir le rapport magnétique entre elle et la.per« sonne que vous voulez connaître,

O'Brien tenait la breloque formant cachet, :

IL appuya l'émeraude de ce cachet sur le front d’Era Mariani et lui dit :

—Je vous ordonne de voir, et je vous

ordonne de répondre, A qui appartient ce bijou ? |

Ce ne fut pas la peudo-somnambule qui répondit,

Depuis un instant, Marthe, assise sur la première marche de l’estrade, avait les yeux étrangement fixes d’une personne qui regarde au dedans d’elle.mé.

me,

A peine le magnétiseur venait.il de ‘ prononcer ces mots :

—À qui appartient ce bijou ? que la fille de Germaine se dressa, et d’une voix qui n’était plus la sienne, murmura :

—À l'assassin de M, Richard Verniè.

—Taises.vous, l’Américain,

Ne troubles pas les mystères dont vous êtes témoin, mais que vous ne poue vez comprendre !

—Ne m’ordonnez pas de me taire.

...Tépliqua la petite fille dont le ton devenait ferme et la voix rassurée...

— ordonnes-moi ‘le parler au contraire, car mon Corps seul est resté auprès de Vous, .,.mon âme flotte dans l’espace, loin de ce corps endormi, et mes yeux voient ce que des yeux éveillés ne sau.

raient voir,

Frappé de stupeur per cette réponse faite en des termes qui semblaient ne

uvoir sortir de la bouche d’un enfant

e cet âge, O’Brien se dirigea rapidement vers elle et l’examina avec atten.

tion,

L'évidence s’imposait et l’Américain ne s’y trompa point,

La petite Marthe dormait du sommeil hypno-magnétique,

Elle entendait, elle voyait, en un mot elle était lucide ...... lucide com.

me l’avait été jadis aux Etats.Unis le

remier sujet d OBrien, la jeune fille de l'Illinois,

Voici quelle étrange chose venait de se passer dans cette salle où, faute d’un sujet vraiment capable de recevoir la suggestion, se jouait chaque jour l’a-

ite comédie à laquelle le public se t prendre,

Tandis que. le docteur, après s'être

livré à la classique jonglerie des pas.

enfant ! commanda...

ses magnétiques qui semblaient res ter sans résultat, avait recours au grand moyen, la lampe à magnésium, our endormir la fausse somnambu.

e, et tandis que celle-ci feignait de céder, par degrés, au sommeil enfin venu, Marthe se sentait enveloppée de plus en plus par le fluide qui la soule-.

vait, un souffle mystérieux passait dans ses cheveux, une torpeur irrésistible s’emparait d'elle, tandis qu’un courant électrique faisait vibrer toutes les fibres de son corps.

C’est qu’elle aussi avait fixé la lampe à magnésium, qu’elle en avait subi Le effets et qu’elle dormait déjà au moment où le magnétiseur demandait !, Eva Ma.

riani :

—Dormes.vous ?

Pendant quelques secondes, nous le.

répétons, la stupeur de PAméricain fut indicible,

C’est à peine s’il pouvait en croire ses yeux.

Ne comprenant rien à ce qui se pas.

sait Mlle Mariani avait quitté sa pose de commande et regardait l'enfant qui venait de répondre à sa place,

Bien vite O’Brien reprit possession de lui-même et se demanda si le hasard ne:

venait pas de le mettre en présence d’un de ces sujets merveilleusement or.

ganisés pour la suggestion et gui sont presque introuvables, puisque, malgré.

toutes ses recherches, il n’en avait ren.

contré que deuxen sa vie, l’un aux Etats-Unis et l’autre à Berlin,

Maintenant restait à savoir si l'en.

fant était vraiment lucide, et à quel de.

gré ; si on pouvait obtenir d’elle le dé.

doublement de sa personnalité et la

double vue, à ce résultat, il fallait ex.

Pour arriver périmenter,

11 allait le faire sur-le.champ.

Véronique, étonnée et inquiète du si.

lence profond qui s'était produit tout à.

coup, demande :

—Que se passe-il donc, monsieur ?

—Un véritable prodige, madame.

répondit le docteur.—Ma puissance ma.

gnétique est telle qu’elle s'exerce mé.

me à où insu | j— Enveloppée par le fluide dont l'atmosphère de cette pièce

semblaient res.

vailt recours au pe à magnésium, usse somnambu.

lle-ci feignait de rh por Pie enfin it envelo, d ide qui men eux passait dans rpeur irrésistible 8 qu’un courant toutes les fibres

ait fixé la lampe n avait subi leg t déjà au moment ndait:, Eva Ma.

condes, nous le.

l'Américain fat

vaiten croire ses

ce qui se quitté sa ht

16 possession de à si le hasard nere en présence illeusement or.

a et qui sont uisque, mal n'en avait Pré , vie un erlin. as avoir si l'en.

», et à quel de.

ir d’elle le dé.

>unalité et la

at, il fallait ex.

hamp.

nquiète du si.

roduit tout à.

monsieur ?

le, madame.

puissance ma.

a mé op le e cette be

est saturée, votre petite-fille en a subi les effets. — Elle dort, elle est lucide, et c’est d'elle-même que vous allez appren.

dre ce que vous voulez savoir,

—Eh quoi! s’écria l’aveugle avec effroi...Marthe est somnambule? Elle peut voir ce que vous ignorez vous-même ?

—Oui.

—Mais… reprit Mme Sollier d’une voix que faisait trembler l’angoisse..., — mais monsieur, ce sommeil m’efri Combien de temps durera-t-

—Une seconde seulement, si vous le voulez. ..... je puis réveiller votre petite.fille à l'instant, un geste sufrait..

Mais pourquoi ne pas pousser l’expérience jusqu’au bout, puisque l'enfant ne court aucun danger f

—Vous m’affirmez cela, monsieur ?

—Je vous l’affirme,

—S'il en est ainsi, murmura l’aveugle, interrogez.là, j’y consens.

Chez O’Brien, en ce moment, le 8avant véritable qu'il était avait remplacé le banquiste, le charlatan. :4’ii était devenu.

Il oubliait complètement Robert Vernière et le motif terrible qui avait amené Mme Sollier chez lui.

Il ve songeait plus qu’à s'assurer du degré de lucidité de l’enfant,

Robert, la sueur au front, tremblant la gorge serrée comme dans un étau, ne voyait rien, mais entendait tout.

Un instant il eutla pensée d’entrer dans la salle des consultations, d'arracher des mains du magnétiseur le bijou

ue venait de lui confier Mme Sollier et

e fuir en l’'emportant,

Mais l’épouvante le paralysait,

O'Brien,qui se trouvait à côté de Marthe, lui posa une main sur la tête.

L'expérience allait commencer.

. —Vous dormes 1... — demanda:t-

—Oui, je dors.... murmura l'enfant immobile comme une statue, les yeux largement ouverts, mais toujours sans regard.

—Voules.vous m'obéir et me répon-

Sat e le veux.

—Alors, j'ordonne à votre pensée d'aller à Saint-Ouen.

—Ma pensée est à Saint-Ouen.

—En quel endroit ?

Dans la chambre que grand’mère et moi nous habitons chez Mme Aubin.

—YŸ a-t-il une pendule dans cettc chambre ?

—Il y a un coucou accroché au mur,

—Marche-t-il, ce coucou ?

—0Oui, j'entends distinctement le tic-

Ce.

— Quelle heure indique-t-il ?

—Trois heures.

O'Brien regarda sa montre,

Comme le coucou de Saint-Ouen elle marquait trois heures.

—Lucidité merveilleuse !...murmura:

Puis, tout haut, il reprit :

—Quittes cette chambre et transportez.vous à l’usine incendiée de M. Vernière.

Pendant une ou deux secondes les traits de Marthe se contractèrent.

On voyait que son cerveau faisait des eflorts pour obéir à la suggestion, Bien.

tôt la contraction disparut.

—Y êtes-vous 7... demanda O?- Brien,

—J'y suis.

—Que voyes-vous ?

—Des OUVTIETB...v00000 Beaucoup d’ouvriers.

—Que font-ils 1

—Ils travaillent à la reconstruction de l'usine,

—Regardes dans le passé... Remontes en arrière jusqu’à la nuit de l’incendie...

Les traits de Marthe se contractèrent de nouveau,

—Voyez-vous ? reprit le docteur.

—Non. Je ne peux pas.

—Je vous ordonne de voir.

Un instant. Un silence, Puis l'enfant s’écria :

—Oh ! je vois...Je vois,

—Quoi ?

—Des flammes, le feu partout,il m’entoure,

Marthe poussa un cri d’effroi et 8e mit à trembler de tout s0n o0rps.

—Vous n'avez rien à craindre ..,.e. j®

vous défends d’avoir peur ! ..., dit O?.

rien. \

Toute trace d’épouvante était dispa.

En entendaut le cri poussé par sa pe.

tite.fille Véronique avait frissonné de la tôte aux pieds.

—Réveillez.là.. LLLLITI] réveillez.]à, mone sieur... — fit.elle d’une voix suppliante,

“Elle souffre.

— Vous vous tromper, elle ne souffre

A8, je vous le jure, vous allez en avoir LA preuve.

Puis, s'adressant à l'enfant ;

—Souftres-vous 7... lui demanda.t.

il,

— Non, puisque vous m'avez défendu d'avoir peur, RÉ

—Alors, regardez l’incendie et dites.

moi si, au milieu des flammes, vous voyez quelqu'un,

€ ne vois personne.

Le magnétiseur 8ppuya sur le front de Marthe le cachet de Robert Verniè.

— Regardez-mieux, Commanda-t.il, et vous verrez celui auquel appartient ce bijou,

Un frisson nerveux secoua Marthe de

nuque aux talons, ÿ ;

—Oui, oui, je vois, fit-elle... je vois l’homme.

—Décrivez.le, :

—Il est grand......il est brun... il a toute sa barba,...il porte une sacoche de cuir dont la Courroie passe sur son épaule,

—Que fait.il ? à

—1l sort d’un pavillon qui brâle,

—ÆEt maintenant ?

—1l lutte contre quelqu'un, contre une femme dont le visage m'est caché, Cette femm tombe, il part, je ne le vois plus, :

—Suivez.le,

—Je ne peux pas,

—Je vous ordonne de le suivre et da ne pas le quitter, si loin qu'il aille,

—Je le revois... il est loin déjà BUT Une route qui tourne... il s’ar.

to +

—Où ?

ze, et il lu

—Auprès d’une maison éclairée dans la nuit... ! c'est une gare de chemin de Le TRES À y entre. .il dispa.

ît,

—Suivez.le toujours,

Le voilà, tout seul, dans un compar.

timent d’un train qui roule vite... vie

Page 1