LE PETTY ETES
—Que fait.il ?
Il compte de l'argent tiré de la 8800.
che ouverte... eaucoup d'argent... des billets... de l'or...
O’Brien,j usqu’à ce moment tout à son expérience, se souvint brusquement de
bert qne la stupéfante lucidi l'enfant pouvait mettre on péril et se dit qu'il avait pouz86 bien assez loin la suge gestion,
Marthe dans son sommeil continuait à suivre lv fractricide,
—Il revient. il revient, dit-elle tout à Coup, je le vois.
—Où ? demanda l'Américain,
—Là... il est 1à, répondit l'enfant en étendant la mair: vers la porte derrière Haqials se trouvait Robert,
ne sueur froide mouilla les tempes de l’Américain,
Si Véronique Sollier n'eut; point été aveugle, ces mots et ce geste auraient suffi Fete perdre le frère d
O’Brien conserva toute sa présence
it,
d’espri
Von ne devez pas le voir L... réplipliqua-t-il impérieusement,
Pour Véronique cette phrase ai.
8&uifiait que Marthe Commette:t une er.
reur,
En réalité elle contenait une suggesti.
On nouvelle, la défense de voir,
e ne vois plus... œurmura l’enfant docile,
C'était assez, é
Le magnétiseur PO58 sa main largement ouverte entre les deux Omoplates de la petite fille, le pouce appuyant d’un
té
Marthe poussa un ori, et, prise d'une
violente erise Rérvouse, se renverea en arrière en bégayant
des paroles sans
EE Een Se au rome à en +
On éclairée dans
st une y entre, Taupe
lans un co mpar.
roule vite... vie
tiré de la sac0.
d’argent... des
ment tout à son Tusquement de ate lucidité de n péril et se dit 8e3 loin la suge
eil continuait , dit-elle tout à ricain,
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ut; point été este auraient 6 Richard,
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oir Les répli-
phrase si.
ite:t une er.
ne suggesti.
oir, *
ura l’enfant
main largeomoplates uyant d'un de l'autre er légère.
du trapè.
effet vou.
ise d'une nverea en les sans
ke acccrcpagnées de plaintes soures.
L'avougle se dressa tout effarée.
—Ma fille... ma fille... dit-elle d’une voix brisée, en s’élançant du côté où les gémiasements de Marthe se faisaient entendre.
Ses ous heurtèrent le corps de la petite fille qui se débattait sur le tapis placé devant l’estrade,
Elle s’agenouilla près d’elle et l’entoura de ses bras.
—Ah ! malheur à vous si vous m’avez tué mon enfant !... cria-t-elle 6perdue et menaçante,
—Eile n’est nullement en danger, madame, répondit O'Brien, une simple crise que j'aurais du prévoir avec une nature nerveuse...
Dans quelques secondes elle sera cal.
me.
Meis je ne vous conseille pas de la faire endormir de nouveau... une seconde crise mettrait sa vie en grand dan- SOP.eoccosee
Véronique répétait :
—Ma fille,..ma fille..l’endormir encore...ah ! jamais |... :
Les gémissements devinrent de pus je plus faibles, puis cessèrent tout
ait.
Marthe s’éveillait du sommeil magnétique. .
—Grand’mère, fit-elle en entourant Os de ses bras, est-ce que c'est fi.
ni l Est-ce qu’on t'a répondu 7.
—Mais c'est toi, ma chérie, qui m’as répondu...
u ne m'as rien appris qui soit de nature à me guider et tu as couru risque de mourir...
—Moi, j'ai répondu ? demanda Marthe surprise,
—Oui, tu t’étais endormie... .Souviens-
losososose
L'enfant ne doit se souvenir de rien, madame .… interrompit O’Brien...il est donc pour le moins inutile de la fatiguer davantage en la questionnant... Si vous désirez comme c’est votre droit, interroger ma voyante, je conduirai votre pe:
tite fille dans une autre pièce...
—Non... non, monsieur... répliqua vi-
vement l’aveugle pour aujourd’hui en voilà assez...je reviendrai une autre fois, ...je reviendrai sans elle, Allons-nous-en ma chérie...
Conduite par l'enfant, Véronique al.
lait se diriger vers la porte quand elle s'arrêta :
— Veuillez me rendre le bijou que je vous ai confié, monsieur, dit-elle au magnétiseur.
Refuser était impossible,
— Voici, madame... répondit O?.
Brien.
Et il lui mit dans la main le cachet de Robert,
Ensuite il frappa sur un timbre,
Le Poméranien parut.
—Reconduises madame et sa petite.
fille, lui commanda le magnétiseur— et n’introduisez pas le numéro suivant avant d’en avoir reçu l’ordre.
Le valet obéit.
Eva Mariani se retrouva seule avec l'Américai
—Cette enfant lui dit-il... fera notre fortune... Avant un an nous roulerons ra billets de banques ! Comprendstu
—Je comprends ton projet, mais le mener à bien ne sera pas facile |!
—Je suis de l’avis du poète français qui a dit :
À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire
Nous triompherons glorieusement, je vais revenir, attends-moi |
O'Brien rentra dans son cabinet où il trouva Robert, anéanti, pâle comme un mort, écroulé sur un fauteuil.
En voyant le magnétiseur, il se dressa et marcha vivement à sa rencontre.
—Le cachet ? lui demanda-t-il d’une Voix étrangiée.....e.el8 cachet ?...l’aves.
vous ?
—Æ£h ! il s'agit bien de votre maudit cachet 1.... répliqua l'Américain en haussant les épaules.. M'était.il possible de le garder de torce ?...... L'aveugle doit le rapporter au juge d'instruc-
tion qu le lui a confié... Si j'avai fusé
’avais re. qui pourraient venir d'Allemagne, et je e le lui rendre, que serait.il arri. | vous prie le salut, vé 1... Elle aurait dit en uelles # Dites-vous bien que Personne à Pa. mains elle l'avait laissé, malré elle ris ne pourra répondre aux i Alors descente de police ches moi
us perdre tous BrCOt qui affichent pour le somnam.
es deux de compagn Non | bulisme proprement dit, Pour la double
non |... pas si sot | ss Mme Sollier vue, le/plus profond mépris, et qui d'ail. l'emporte, ce malencontreux bijou, elle
2 remettra à qui de droit, et tout sera it !
—Vous ne SOngez donc pas qu’elle racontera certainement ce cui s’est Passé ici.....s’écria Robert... Un autre magnétiseur pourra endormir la petite
e, Comme vous l’avez fait, et e
lle me perdre, Comme elle était au moment de € faire ches vous
\ —Oh ! ce cachet —1l me semble
Fin + CO sachet | mur.
que puisque vous a. | mura Robert qui ne semblait nullement ves tout entendu, vous auries dû com. | rassuré, Prendre que j'avais tout prévu. Il vous préoccupe encore ? —Tout Eu Comment? à — Ra nu du —La gran mère tient in niment Pre d 4 AUTO ré trop à la vie de l’enfant Pour permettre | donc pourrait Prouver qu’il vient de qu’on tente sur elle une seconde expé- | Voust : rience, puisque je lui ai aflirmé qu’en — Véronique Sollier, l’endormant de nouveau
On pourrait la tuer! Vous voyes que de ce côté vous n’aves rien à crain re,
—Je ne vois Pas C2 le moins du monde |
Tout est possible, même de l’endor.
mir à l’insu de sa grand’mère,
—Personne ne l’endormira que moi, quad elle sers en mon pouvoir, —£n votre Pouvoir ? répéta Robert 6.
tonne,
—Elle est aveugle,
—Je vous ai entendu lui dire guérison n'était point impossible,
—Oui, mais j'ai ajouté que l'opération très dangereuse, Compromettait sa vie, et à cela elle a répondu
vivre et qu’elle refuserait de se laisser opérer, k Remontesz don
C votre moral affaibli lus Relevez là tête, cordieu ! Seu] je connais
que sa
1 vous Pouvez être cer.
—Oui, certes {Il me faut cette en. que je ne m’en seryirai Pas contre fant dont la lucidité est prodigieuse, et | vous] 3 qui deviendra l'instrument de ma for. .— Une question. tune, —Laquelle ?
—Un rapt | —L: petite.fille de l'aveugle peut. —Qui ne risque rien n'a rien! C’est | elle Maintenant se souve Un vieux proverbe qu’on doi
s’est passé tout à l’heure, — Elle ne peut se souvenir de rien...
En s’éveillant elle a tout oublié, -
ous me l’affirmesz ?
—Je vous le jure.
—Eh bien ! le jour où disparaîtra cet.
enes tête audac: usement à tous | te enfant Qui a failli me perdre, je vous es orages... même, et surtout, à ceux donnerai cent mille fr.
$ œille francs,
Allemagne, et je
eprésentée
e de baser ir 8 faits révélés rmes donc sur faites pas de
achet | mur.
lait nullement
jore ?
000000 ui
u’il vient au
dire qu aile,” di
ugle peut.
de c6 qui
de rien. , lié, :
raîtra cet.
e, je vous
—Ils sont prêts. ...mais la grand’mè-
re.
Ah ! la grand'mère,elle criera....… Elle me soupçonnersa, et elle fera part de ses soupçons à la police...... — Ue n'est pas douteux... seulement je serai loin avant que les agents de la sûreté puissent seulement soupçonner le chetin pris par moi pour dépister leurs recherches.
—Mais vous êtes connu, et partout où vous exhiberes cette enfant on vous si-
era et on pourra vous arrêter.
L'enfant ne paraîtra jamais en public.….…..C'est un truc que je n’ai pas inventé puisqu'il appartient au docteur Ladame, de Genève, mais dont je me servirai..…....l'hypnotisme à distan- Ces... la suggestion par le téléphone.
Jamais on ne verra le sujet merveilleux dont les oracles feront courir les fou.
les... Quant à mon nom, il est aussi facile pour moi d'en changer que de me faire une tête absolument difiérente de celle que vous voyez en ce moment sur mes épaules, Je brave toutes les polices du monde !
—Vous êtes sûr de vous ?
—Absolument. |;
— Alors agissez.
—J'ai besoin de votre aide.
—À quoi puis-je vous servir ?
—AÀ me donner des renseignements dont j’ai besoin.
—Lesquels ?
—Où demeure Véronique Sollier ?
A Saint-Ouen, dans un hôtel garni
ortant cette enseigne : À la mère Au-
in.
Elle est sortie hier de l’hôpital, NL da habite avec elle ?
—Oui.
—Pourlè moment, cela me sufiit.., Si j’ai besoin plus tard d’indications supplémentaires... je vous le ferai sa.
voir.
—Comment ?
—Par une lettre.
— Ecrire est bien dangereux.
—0Oh ! un simple mot vous priant de passer à mon cabinet,
Je suis prudent, ne vous inquiétez de
rien, Votre adresse à Neuilly ?
— Quai de Seine... villa des Plata:
nes, —Bien... C'est gravé dans ma mémoire.
Maintenant, mon cher monsieur Vernière, ajouta l'Américain, c’est à vous que je dois d’avoir été mis à même de connaître l'enfant prodige, le petit phénomène qui m’enrichira.
Echange de bons procédés.
Je vous ai dit que vous étiez menacé par l'Allemagne qui a cru un instant vous tenir par le crime de Saint-‘Juen.
Quoique j'aie démontré au baron Schwarts la profonde absurdité de l’accusation, et tout convaincu, qu’il goit, 0000000 il ne vous en guette pas moins.
Défies-vous donc, car les Allemands sont passés maîtres dans le bel art de pee les gens qui les inquiètent ou qui
es gênent.
Je vais vous fournir le moyen de fermer la bouche aux corbeaux prussiens w quelque menace vous était adres-
Vous me donneres cent mille francs quand j'aurai fait disparaître la petite Marthe que vous considérez comme un danger pour vous.
Je vais vous donner... moi... tout de suite... certain papier qui vaut son
prix.
En disant ces derniers mots, O’Brien avait ouvert un meuble fermé par une triple serrure et pris au fond d’an tiroir une enveloppe cachée sous des li vres.
Cette enveloppe, très grande et en papier vélin solide comme du parchemin, avait été ouverte à l’aide d’un ins« trument tranchant läns sa partie supérieure,
Sur le large cachet de cire rouge s'6* talait l'aigle prussien.
La suscription portait en allemand ces mots que nous traduisons :
“ À Son Excellence l'ambassadeur ?* & d'Allemagne ?”?
# à Paris ?
Plus bas, imprimés au timbre humide ces mots :
To 016 + 7 — 670 + 88 94 090
az 012 — 11,264 T8" 614 + 9; 87 + 20 —, 39 + 16 — 158 È — 48 + 28. 407
—La lettre que renferme cette enve.
loppe est chiffrée.
— 179, —4—:403 +4: 37 1] 4 274 — 19 — 92 2 *VOus en aurez le mot —300 + 23 — 450 + 11 — 126 — 18 © acilement,..…., 110 + 24 a: 96 En 2 —Mais la clé ?
—Un dictionnaire français.
—Ah! bien... fit Robert c’est ce qu’on nomme là-bas la clé
du petit La. | 592 — 6 — 754 6 279 — 5 43017 — rousse 1574, 426 + 14 — 385 + 5 — 686 + 26 — —Parfaitement,
—Ils s’en serven
‘“ Service du Grand »
ai algré le Ong travail de patience qu'elle ;j j
“ Etat-Major, ” est point encore éventée depuis
ans, .. L]
.YOus ferez donc les recherches néces.
aires et vous aurez
mot à mot le texte de cette lettre émanant du Grand Etat- Msjor, Elle est
d’une importance si grande qu’elle vous donne barre sur S, E, l'ambassadeur d'Allemagne,
© Conserve üne seconde lettre dont Le Puissance est égale à celle de la v6.
(:] cs sf
En remettant mes papiers secrets à l'attaché spécial, le b
Pour signature un Paraphe compli.
qué.
—J'aurai vite traduit cela ve. dit Robert en remettant la lettre chiffrée dans l'enveloppe qu’il glissa dans sa poche,
—Je pourrais vous l’expli
Quer tout de suite, en peu de mots, fit i riant,
Brien en sou:
Mais je veux Vous en laisser la surpri- - 8e, L’américain était un adroit compère,
S'il obligeait ainsi Robe
ré c'est qu'il comptait tirer plus tard de lui,
Un grand parti épitres dont il ne S'il lui fournissait des armes contre la Pouvait “nPgonner l'existence dans mes cordes lui faire délier au préalable Fra page je les ai bel et bien vo. les cordons de sa bourse, en qu’il se Vois it e t tuati.
À vous la Première, à moi la secon- ns “hsolument maître k 7 vec. Vernière ne Pourrait ni lui faire fail- Nous aurons besoin l’un de l’autre lite des cent mille francs promis, ni 8e OncC;entre nous alliance offensive et dé- pr RE tard à ses exigences s’il fensive 1.. ; \ en avait quisqu’il se trouvait dans sa dé. oe d Bros ! pare ‘ k do le tenait par son secret, et le tenait Les deux hommes se serrèrent la | bien ! te Tr dé 1 a Robert prit l'enveloppe que lui ten- Pages à chemin qe Noa Vie» ait i
toire et reprit Je chemin de N, euilly.
€ Magnétiseur et en tira la lettre
+ *°+ eurs, dont quelques-uns peut.être emploieront leur pes- Véronique Picacité à en découvrir le sens :
“*; 2 sortant de chez je ma.
gnétiseur avec Marthe à peine remise
ARE SR RANIEREE SEE pIREUM pren rte
D Er ne pl
tas ET
ne ri S rare
timbre humide
he compli.
la “es. dit re chiffrée sa dans sa
uer tout de ien en sou.
) ÿ la surpri. ‘ oit compè-
c'est qu'il rand parti
contre la préalable :
st qu’il se la situati.
aire fail.
is, ni se nces, s’il ns sa dé.
le tenait
| la Vice uilly.
: le ma.
remise
de la crise qu’elle venait de subir, avait pu, grâce à l'enfant qui la guidait, gagner la plus prochaine station de voitures et monter dans un fiacre qui les reconduisait à Saint-Ouen.
Pendant le trajet l’aveugle question.
na Marthe de nouveau pour savoir si elle ne se rappelait vraiment rien de ce
ui s'était passé dans la salle des consultations du docteur O’Brien,
Les réponses de la petite fille furent formellement négatives sur tous les points.
A l’état de veille elle ne conservait aucun souvenir de la courte période de sommeil magnétique,
Véronique finit par se persuader que le célèbre magnétiseur n'était qu'un charlatan néfaste qui, ayant lu dans les journaux le récit du triple crime de Saint-Ouen, avait abusé de sa crédulité, et qu’en endormant sa petite. fille, il avait failli la tuer.
Elle commençait à douter de cette
rétendue science sur laquelle, la veil-
e encore, elle comptait si fermement pour arriver à la découverte de la véri.
té,
Cependant elle ne se tint point pour battue.
Sans rien dire à Mme Aubin de ce qui s'était passé dans la salle des consultations d’O’Brien, elle pria la Marie de la conduire ches une autre somnambule dont la jeune servante savait l’adresse, et qui jouissait d'une certaine notoriét6 à la fête de Saint-Cloud et à celle de Neuilly.
Mme Aubin permit à la promise de Magloire d'accompagner l’aveugle qui, cette fois, laissa Marthe à la maison.
Chez Mile Léonora...somnambule ex:
tra lucide !.. on berna carrément la pauvre Véronique, et en échange de 8es dix francs on lui conta des calembredaines,
Néanmoins, après cet échec, elle voulut en voir une dernière que vantsient à outrance les annonces de la quatrième page des journaux.
Toujours en échange de ses dix francs la somnambule lui déclara que le meur.
trier était un jeune Italien de dix-huit ans qu'elle suivait jusqu'en Amérique.
A bout de patience, Mme Sollier re.
nonça définitivement à se faire duper LS appelant le somnambulisme à son aide,
—Il faut demander au bon Dieu et non à tous ces imposteurs de me venir en aide ! pensa-t-elle,
S'il est nécessaire d’avoir de la patience, j’en aurai.
Je ne désespère pas, je ne désespérerai jamais,
n jour les assassins 8e livreront eux.
mêmes !
Et, après avoir pris cette décision pleine de sagesse, l’aveugle pria la Ma.
rie de la conduire au cabinet de M. Da.
niel Savaune,
La pauvre femme lui avoua le résul.
tat négatif de ses démarches et lui re. mit la breloque qu’il avait bien voulu lui confier,
Ma pauvre madame Sollier, lui dit.
il, vous voyez combien j'avais raison de douter, Nous n’avons qu'un parti à pronare celui de l'attente... Atten«
ons,
Trois semaines environ s'étaient é.
coulées depuis le départ de Magloire pour le Pontd'Ain.
Le brave manchot s'était fait un devoir d'écrire à Véronique ; et Marthe, le cœur plein de joie, avait lu à sa grand’mère cette bonne lettre annon.
çant que sa mère était hors de danger et que, grâce au ciel, il lai restait, selon toute apparence, de longues années à vivre.
Tout en annonçant son retour pros chain, il engageait fort Marthe, sa mignonne associée, à ne point laisser oublier à ses clients les airs connus de l'orgue-orchestre, et à faire chaque jour ces petites tournées qui seraient excellentes pour sa santé, et fructueuses pour la bourse commune.
L'enfant, nous le savons, mourait d’envie de suivre les conseils de Magloi- , re, mais il fallait le consentement de -sa grand’mère. $
Elle le demanda.
—Nous ferons ce que tu voudras, fil. Le contremaitre, devenu presque un lette, répondit Mme Sollier, personnage, n’en continuait pas moins Et, un beau matin, toutes les deux se prendre ses repas chez Mne Aubin,
mirent en route, roulant l'orgue que le | dans un cabinet particulier, habituelle: manchot remisait à l'hôtel de la mère | ment avec le caissier Prieur, Aubin depuis le jour où Marthe l'avait Philippe de Nayle se joignait quelque.
accompagné dans ses pérégrinations fois à eux, le matin, uand il ne ren.
quotidiennes, ; HS trait pas déjeuner à Ne illy.
Dès la première sortie la petite jou. Le jeune homme avait une entière use d’orgue n’eut qu'à se féliciter du confiance en Grivot, dont il appréciait parti qu’elle venait de prendre, le mérite de mécaricien et à qui il ne
e même qu’ils avaient questionné Ma. dédaignait point de demander conseil à gloire, les clients questionnaient l’aveu. l’occasion, le... .avec un intérêt pe grand enco- Les travaux marchaient bon train, et re, on doit le compren TO Et pOur râce à un embauchage de vinquante cette pauvre femme blessée, victime de cames supplémentaires, on 6.14 cer. s0n dévouement, les grandes et les pe. i i tites bourses s’ouvraient tout au large,
On était au mois de mars.
Le soleil prenait de la force,
Un temps très doux presque chaud, favorisait les tournées de la grand'mère et de sa petite-fille,
Déjà les bourgeons des lilas éclataient mettant leur note vert tendre sur le ciel déjà bleu,
Marthe se souyenait à merveille de l'itinéraire suivi par Magloire et n’ou.
bliait pas une seule des maisons fami.
lières,
Elle était heureuse de son succès, supportant bien la fatigue, ou plutôt n’en ressentant aucune, et pourtant, depuis qu’elle avait été soumise au sujet du sommeil magnétique chez le doc.
teur O’Brien, la nervosité, qui était la dominante de sa nature, s'était encore augmentée.
epuis quinze jours l'usine Robert Vernière e Compagnie avait repris son activité d'autrefois,
Maçons, charpentiers, couvreurs, me.
nuisiers, Serruriers, avaient cédé la place aux Ouvriers. .., presque tous les mé.
mes......qui reprenaient la suite des travaux interrompus par l'incendie,
Claude Grivot logeait maintenant à l'usine, , Il habitait un pavillon construit juste à l’endroit où Richard avait autrefois son appartement,
La caisse et les bureaux occupaient le rez-de-chaussée, et lui le premier é.
vage.
Pens eb pour lesquelles on avait sollici.
t6 et obtenu un sursis,
Grâce à la surveillance active et à la bonne volonté générale, on devancerait
Nous croyons soir dit que Robert avait adjoint une fonderie à l’usine de tio
Son beau.fils, Philippe de Nayle, le suivait avec enthousiasme dans cette voie,
Tout allait donc à merveille et Mme Vernière, heureuse de voir son mari de- Venir travailleur sérieux, semblait avoir us ce passé où elle avait tant souf.
On était arrivé au 20 mars.
La veille, un dimanche,.....contraire.
ment à l'habitude... on avait travaillé à
lendemain lundi, Lundi, ce serait fête pour tous.
i Roberé offrait un banquet à tout son
Pres
u presque un ait pas moins me Aubin, r, habituelle.
ur, gnait quelque.
il ne ren.
\À une entière il appréciait à qui il ne der conseil à
bon train, et le cinquante 3n évait cer.
poux con.
éey an sus.
avait sollici.
tive et à la devancerait
Commandes obert Ver.
8e présen.
Ces
que Robert l’usine de
écialement uivait une
rsonnel,sélébrant ainsi la réédification va l'usine de son frère et la reprise des travaux.
C'était chez Mme Aubin qu'aurait lieu le banquet.
La famille Vernière devait y assis.
ter.
Quoiqu'en grand deuil, Amélie et Aline ne pouvaient s’excuser........Il n'y avait pas là un plaisir à prendre...
mais un devoir d'encouragement à rem-
lir, Robert avait môme obtenu que mal.
pour 8e joindre à lui, C'étaient Véroni.
que et Marthe,
L’'aveugle avait d’abord refusé, Remettre les pieds dans cette usine
où s'était accompli le crime dont elle avait été l’une des victimes, cela lui paraissait au-dessus de ses ..rces,
On la pressa d’sccenter, la mère Au-
bin lui fit comprendre qu’elle ne pou-
ait pas s'abstenir et elle se laissa con.
vaincre,
C'était une cérémonie.
Le maire de Saint-Ouen, ses adjoints
gré la perte récente et si douloureuse | et plusieurs conseillers municipaux de-
qu’ils venaient de faire, Daniel Savanne, Henri et Mathilde seraient au nombre des convives,
L'heure du midi était fixée pour le
repas.
Êhes la mère Aubin, depuis la veille, régnait une animation facile à comprendre,
Tant de monde !,,..tant de monde à diner !....Ce n’est pas de la petite bière, disait la Marie.
nd a.lous-nous fourrer tout ce monde-là,
On prenait des mesures et on échafaudait des plans.
Enfin on arrêta que la moitié des convives s'installerait dans la grande salle du res-de-chaussée à une table en fer à cheval, et l'autre moitié au premier étage, en supprimant les cabinets partipur dont les cloisons étaient mobi.
es. ;
Dans la matinée du lundi tout fut
rêt.
" Les tables étaient décorées de corbeilles et de fleurs,
Des drapeaux flottaient à toutes les ne du restaurant de la mère Au-
in.
Avant le banquet on devait conduire les invités visiter les nouvelles constructions,
A la porte s'ouvrantaur la rue Hardoin des bouquets seraient offerts aux dames,
Le doyen des ouvrièrs de l'usine, le vieux Simon, serait spécialement char.
g6 de présenter des fleurs à Mlles Ali.
ae Vernière ot Mathiiäe Savanne.
Deux personnes étaient désignées |
aient assister à cette cérémonie qui sisait événement dans le pays.
À onze heures tout le personnel des ateliers était présent à l’usine, atten.
dant le nouveau patron et tous! ses in. vités,
A onse heures cinq minutes une explosion retentit, puis une autre.
Ces deux bombes annonçaient l’arrie vée des quatre voitures venant au grand trot se ranger dans la rue Har.
doin, auprès de la norte où les person.
nes qu’elles amenaient mirent pied à terre,
La foule cria :
—Vive le patron |
Robert s’avançait le premier, un peu pâle, mais la lueur du triomphe brillait au fond de ses prunelles,
Il marchait seul.
Derrière lui venaient Philippe de Nayle donnant le bras à Aline Vernière puis Daniel Savanne et Amélie, Henri et Mathilde,
a délégation des ouvriers les atten-
Le vieux Simon, Véronique et Mar.
the, qui conduisait sa grand’mère, se détacuèroent du groupe, tenant chacun un bouquet à la main,
Depuis le jour où Robert avait rene contré chez U’Brien l’aveugle et sa petite-fille, il ne s'était point trouvé en face d'elles,
Il tressaillit malgré lui en les voyant au premier rang de ceux qui devaient les recevoir,
Simon, dont la réputation de beau parleur était bien établie, prononçs un petit discours composé par lui-même et
Nm RE ee EPS ne nr ; = de
dont le mérite principal était de ne pas
être long.
En peu de mots il souhaitait la bien.
venue à Mme Vernière et lui promet.
tait l'affection et le dévouement
tous, j On battit des mains, On cria :
—Vive Simon !
Amélie prit le bouquet des mains du l'usine et le remercia gracieu
doyen de
sement, On cria :
—Vive Mme Vernière !
Vive la femme du patron,
La petite Marthe alors s'avança te.
nant par la main sa grand'mère qu'elle
amena en face de la fille de Richard.
—Grand’maman, lui dit-elle, voilà ma.
demoiselle Vernière, i L'aveugle tremblait.
Elle eut le courage de refouler les sanglots qui montaient À sa gorge et
balbutia :
—Personne plus que moi, mademoi
selle, ne partage votre profonde, votre inguérissable douleur..…....Je n'oublie.
rai jamais que celui que nous pleurons était pour tous le meilleur dés hommes, et pour moi le meilleur des maîtres...
Nous vous offrons ces fleurs, mademoi.
selle, en mémoire de lui,
Tout le monde pleurait,
La petite Marthe prit la parole et, s'adressant à Mathilde Savanne.
— Nous sommes toutes en deuil, ma.
demoiselle, .... dit.elle,, LLLLI] mais, à cô té! du chagrin, Dieu met un peu d’espé.
rance dans les cœurs ...... Vous êtes la fille de celui qui a pour tâche de dé.
couvrir les assassins et de les punir...
Nous vous oftrons ce bouquet en de. mandant au bon Dieu de guider vo.
tre père afin que les victimes soient venées !
; Les paroles de l'enfant soulevèrent un véritable enthousiasme,
—Oui ! oui ! qu’on les venge | s'écria le vieux Simon,
Et la foule répéta :
—Qu’on les venge ! oui, oui, qu’on les venge | ï
Robert et Claude avaient la sueur au front,
SG to A 2 D EDR A
Les allocutions étaient finies, On alla visiter l'usine, Pendant le trajet Henri Savanne re.
Joignit Mme Vernière qui lui avais fait
de | un signe,
guérison.
—lJ'y pense souvent chère mada répondit le jeune homme... Nous
—Oh ! oui, mon cher Henri, dit Aline
fais l'impossible pour lui rendre sos de T l i
8 VU l'assassin, puisqu'elle lutté contre lui fente One Mme Yernière.........Si elle recouvre la vue, il lui sera peut-être donné de le recon.
naître et de le livrer à la justice |
—Dieu permettra cela 1 dit Philippe de Nayle qui se trouvait auprès de sa mère,
—Tout ce que je Pourrai, je le ferai.
RU Henri, ,
visite de l'usine s’achevait © l’heure du banquet allait sonner, à
On 8e dirigea vers l'établissement de Mme Aubin et on prit place aux tables préparées,
Au rez-de-chaussée 1a famille Verniè.
re, la famille Savanne, les autorités de Saint-Ouen et les chefs de serrice de l'usine,
Au premier étage Phili 6e de Nayle remplaçait son DeRLÈN J
Aline avait tenu à ce que la petite Marthe et sa grand’mère fussent à Ja droite et à la gauche d'Henri Savanne,
Le banquet commença.
Les souvenirs profondément doulou.
reux étaient trop récents pour qu’une animation fut possible... .Les Ouvriers se montrèrent calmes et res ectueux et à défaut de gaité, la cordialité li plus
franche régna pendant toute la durée | du repas,
finies, On alla
| Savanne re.
lui avait fait
lui dit-elle.
journée avec l'ocovoe Jusqu'à er d'elle...
v VOUS de.
nent et voir rien pour sa
re madame, PEPETIT EN Nous © paraît pos.
ans le cou
la mort de
ri, dit Alin rendre m4
aisqu’elle a outa Mme re la vue, > le recon.
tice !
ement de aux tables
le Verniè.
torités de errice de:
de Nayle
la petite nt à la Sayanne,
doulou.
r qu'une ouvriers tueux et
plus a durée.
Parmi la foule des curieux qui avaient assisté au défilé des convives du banquet, personne n’avait remarqué un vi aux longs cheveux blancs, au visage glabre, les yeux cachés par des luneites légèrement teintées.
fiSur le bras de ce vieillard s’appuyait une jeune femme de vingt-cinq ans dont un demi-voile de dentelle noire couvrait en partie la figure, mais qu’on devinait facilement très belle,
Ils étaient vêtus avec une extrême simplicité, de manière à ne point attirer l'attention.
Leur attitude était celle de deux promeneurs assistant à un spectacle inattendu qui 2 bar leur curiosité, ;
Le vieillard et la jeune femme avaient échangé quelques paroles à voix basse...
ils couraient d’ailleurs fort peu le ris.
ue d’être compris, car ils s’exprimaient une langue étrangère.
Quand tout le monde fut entré chez la mère Aubin, ces deux personnages sa dirigèrent aussi vers le restaurart devant lequel le beau soleil et la température printanière avait permis d’ins.
taller quelques tables.
Le promeneur aux cheveux blanos et aux lunettes teintées fit asseoir sa com.
pagne à l’une de ces tables et s'appro- Cha de Mme Aubin, qui venait d'apparaître sur le seuil de son établissement et jetait un coup d'œil de surveillance à l'extérieur, laissant le Marie diriger ie service intérieur, ce dont elle s'acquittait d’ailleurs à merveille.
—Vous désires quelque chose, mon.
sieur ?....demanda la brave femme à ce client inconnu, qui répondit d’une façon parfaitement intelligible, quoique avec un accent étranger ‘très pronon-
—Malgré la foule qui se trouve en ce moment chez vous, pouvez-vous, mada.
me, nous faire servir à déjeuner ?
—Parfaitement, monsieur, si toutefois vous voules déjeuner dehors, car à l’intérieur il me serait impossible de vous recevoir, toutes les salles de mon établissement étant retenues,
—Il fait très beau, nous déjeunerons dehors.
—Je vais moi-même mettre votre couvert et vous donner la carte,
Ce qui fat fait,
Une servante apporta le menu com.
man dé,
—Ne vous presses pas... Avait dit l'étranger à Mme Aubin.,nous avons le
mps:
Re il déjeuna en effet très lentement, 6changeant à peine de loin en loin quel.
ques mots avec sa compagne,
La table à laquelle ils s'étaient placés 86 trouvait à côté de l’une des fenêtres de la grande salle du rez-de.chaus,
Et se penchant un peu...ce qu'il fai.
sait assez fréquemment... le vieillard voyait tout ce qui se passait à l'inté.
rieur.
Au res-de-chaussée comme au pre.
mier étage les bons vins commesngaient à délier les langues... On parlait moins bas, sans que cependant les voix s'élevassent plus havt que ne le permet.
taient les convenances,
On allait servir le dessert,
Il était quatre heures du s0;:;,
L'agglomération des convives rendait dans la grande salle la chaleur étouffan.
te
te ouvrit les fenêtres afin de donner e l'air,
Robert n’avait pas répondu à la délé.
gation des ouvriers qui, le matin, le re.
cevait à l'entrée de l'usine et faisait of.
frir des bouquets à Mme Vernière, à Aline et à Mathilde,
Il prit la parole et en quelques phra.
ses où il sut mettre une émotion factice il témoigna sa reconnaissance des preuves d'estime et de sympathie qu’on ve.
nait de lui prodiguer,
Et, portant à ses lèvres son verre rempli de vin de Champagne, le misé.
rable osa terminer par ces mots :
—A la mémoire impérissable de mon frère bien-aimé et à jamais regretté Ri.
chard Vernière,
—A la mémoire de notre vénéré et regretté patron Richard Vernière, ré.
Rp one les ouvriers, renmués jusqu’au
ond de l'âme,
Gr: nr nmengeerern onmaese
Le vieillard qui déjeunait au dehors avait entendu.
Un petit frisson passa sur sa chair,
Robert. .peut.être épouvanté de lui.
même sentit un aflux de sang lui mon.
ter au visage,
Il se dirigea vers l’une des fenêtres ouvertes,
Cette fenêtre était justement celle au-dessous de laquelle était assis le vieillard qui, le voyant paraître, pencha sa tête en arrière et dit en langue alle.
mande comme sil s’adressait à CT compagne :
— Vous êtes très fort. Ne vous inquiétes de liENicscosoce je veille... Dans quelques jours tout sera fait, la petite fille aura disparu.
Robert reconnut la voix. ii
—0’Brien ! murmura-t.il.
Le magnétiseur....,.car c'était bien lui, absolument méconnaissable sous ga perruque blanche et ses lunettes tein.
tées...posa un doigt sur ses lèvres et reprit son attitude première.
p fratricide quitta la fenêtre et re.
tourna s’assecir à sa place,
Daniel Sayvanne, désirant rentrer de bonne heure chez lui, avait confié Ma.
thilde aux soins de Mme Vernière et s’était retiré peu après la petite allocu.
tion de Robert aux ouvriers,
Depuis qu’il avait appris brusquement la mort de son frère, sans connat.
tre les détails que devait lui parer la lettre annoncé, et attendue de jour en jour, il était devenu profondément triste, sombre; et leslaffaires dont il sejtrou.
vait chargé se ressentaient un peu du coup terrible qui venait de le rapper,
Aussi l'instruction du triple crime de Saint-Ouen était-elle exactement au même point que le jour où Véronique avait comparu dans son cabinet et fait CE déposition en présence de Robert Ver.
nière, de Claude Grivot et du caissier ur,
L'inspeoteur Berthant avait beau ge
multiplier et stimuler de son mieux ses
ni n'obtenuit que, des résultats ga
L'espoir de découvrir les coupables devenait de plus en plus incertain,
Si l'affaire n’était point encore classée c’est qu’on voulait donner à l'intervention du hasard, ce grand collaborateur anonyme de la police, le temps de se produire, ;
Robert et Claude commençaient à respirer un peu plus librement,
Lorsque la petite Marthe aurait disparu, tout danger leur semblerait conjuré, car ils avaient la conviction l’un et l’autre que Véronique Sollier était inguérissable, et par conséquent im. puissante,
Revenons à Saint-Ouen, au banquet dinsuguration de la nouvelle raison 80ciale,
Dans la grande salle du restaurant Ce sue Aubin on prenait le café de.
U le
Des groupes s'étaient formés autour de Robert qui expliquait avec une clarté très remarquable les progrès qu’il se Shin d’apporter dans l’usine réédi.
On prêtait à ses paroles une atten.
tion profonde, car ce qu'il disait inté.
ressait au plus haut point tous ses aus diteurs,
Mme Vernière avait profité de ce moment pour se rapprocher de Véronique, avec laquelle Henri Savanne s'était entretenu assez longuement pendant le repas, la questionnant au sujet de l’o.
pération qu’elle avait subie, des dou leurs qu’elle devait ressentir encore, &ravant dans sa mémoire toutes les ré.
ponses de la pauvre femme qu'oppressait une émotion profonde en lPécoutant et qui pensait :
— C’est le frère de Marthe qui est là, à côté de moi, qui me parle, et j’ai juré.
de ne jamais révéler ce secret |
Combien ardemment elle aurait sou haité pouvoir lui dire :
—Marthe est votre sœur.
ine comprit le but d'Amélie.
—Ma bonne Véronique... fit.elle en s'adressant à l’aveugle, ma tante, Mme Vernière, voudrait causer un instant a.
vec vous,
—Je suis à la disposition de Mme
les coupables acertain,
ncore classée à l'interven.
collaborateur temps de 8e
mençaient à nent.
> aurait digiblerait coniviction l’un Sollier était équent ime
au banquet e raison 80-
restaurant le café de.
nés autour >c une clarté 8 qu’il se usine réédi-
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6 ue ce mo:
roniqu s'était hd pendant le jet de l’o.
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qui est là, M j'ai juré.
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it-elle en nte, Mme instant a-
de Mme
Vernière, répliqua la grand’mère de Marthe, :
—Ici, au milieu de tout ce monde, il est difficile de s’isoler..…….. fit observer Henri qui venait de rejoindre Amélie, et qui, nous le savons, connaissait bien l'établissement où il était venu déjeuper plus d’une foie, il y a là un. cabinet assez grand dans lequel nous serons à merveille.
Et il désignait une porte s’ouvrant sur le cabinet dont il parlait,
—Entrons donc là....dit Mme Vernière,
Elle y entra en effet, suivie d’Aline, de Mathilde, de Véronique conduite
ar la petite Marthe, et enfin d'Henri Evints et de Philippe de Nayle qui referma la porte derrière eux.
Robert, tout en pérorant au milieu des groupes, avait suivi de l'œil les mouvements de sa femme.
En la voyant disparaître avec l’aveugle, il s'inquiéta.
Que pouvait vouloir Mme Vernière à Véronique ?
Qu'’allait.il résulter de l'entretien 6videmment provoqué par elle ?
11 devait être sur ses gardes.
Dans le cabinet, Aline avait fait asseoir l’aveugle, dont Marthe tenait une des mains,
—Ma bonne madame Sollier..….. lui dit Amélie....…....depuis longtemps déjà je désirais m’entretenir avec vous de votre situation, ..... La maladie, en vous retenant à l’hôpital Saint-Louis, a retardé ce moment.
4 Je sais combien vous êties attachée à M. Richard Vernière, combien vous lui étiez dévouée..……. Vous l'avez bien prouvé en accourant à son secours et en vous jetant sur l’un des assassins avec un courage dont vous avez été victime, Vous êtes frappée bien cruellement.
“Je connais aussi toutes les épreuves toutes les douleurs que vous avez subies jadis,
Vous êtes de celles qui commandent le respect en même temps que la pi-
Me chère nièce Alins et moi nous «vous résolu d'accomplir notre devoir en
vous rendant l'existence aussi douce que possible,
Dites-moi co que nous pouvons faire pour que vous s0yez heureuse ?
—Vous êtes bonne, madame, murs mura l’aveugle d'une voix tremblante, c’est du plus profond de mon cœur que je vous remercie de votre sollicitude...
Ma reconnaissance est sans bornes...
mais je n’ai besoin de rien,
— De rien ? répéta Mme Vernière,
—Non, madame,
— Vous n'êtes pas riche, cependant, et maintenant vous ne pouvez plus tra vailler, vous êtes aveugle. nsiases.
—Je euis aveugle, fit tristement la pau vre femme, mais cela ne m'empêche pas de gagner ma vie,
Le bon Dieu a mis sur ma route un brave garçon qui nous a secourues, moi et ma chère petite-fille, et nousa don. né le moyen de gagner largement le pain de chaque jour,
C’est tout ce qu’il nous faut et nous ne désirons pas plus,
—Ma bonne Véronique....., fit Ae line.......cette situation peut changer du jour au lendemain, Shen
Soyez malade, même légèrement, et vous ne pourrez plus, comme nous 88vons que vous le faites, aller sur les roue tes de villa en villa, avec votre petitefille, en jouant de l'orgue,
Nous ne devons pas, ma tante et moi
accepter pour vous une existence aussi.
précaire.
Nous ne devons pas vous laisser mendier pour vivre.
Marthe bondit.
—Nous ne mendions pas, mademoi- :
selle | s’écria-t-elle avec une dignité surprenante, # Je chante pendant que grand'mère
tourne la manivelle de l'orgue, et on me
paie mes chansons, et on me paie aussi les bonnes aventures que je donne à ceux qui m'en demandent,
Le mot mendier avait fait tressaillir l’aveugle.
Certes, la fille de Richard Vernière venait de le prononcer dans.une. intention bienveillante, mais les déshérités de la vie ont des susceptibilités, exces-
Apr Lo COPIES |A
| in FT un See e ES En meeroomnnm.
Vi peut-être, à coup sûr respecta.
es,
. Ma petite-fille a raison, et je, pense Comme elle... appuya Véronique...
Nous ne mendions Pas et nous sommes heureuses de notre existence,
Mme Vernière se rendit compte du mauvais effet produit par l’innocente maladresse d’Aline, résultant d’un excellent cœur,
#:, J'admets que vous refusies, vous, no.
tre aide, mais votre petite Marthe, si Lg lui manquiez, que deviendrait.
elle
L'aveugle se sentit frissonner à cette pensée, qui la hantait souvent,
6 serra l’enfant contre sa poitrine,
en murmurant :
- —Oh | ma mignonne... ma mignonne chérie, &. Mme Vernière poursuivit ; 4 Vous ne voulez rien nous devoir, soit, mais votre admirable dévouement pour M. Richard Vernière à fait de nous vos débiteurs, et c’est au nom de notre cher mort que nous vous deman.
dons de nous laisser Payer notre dette.
Un honnête homme, un homme au grand cœur, s’est trouvé près de vous
ur vos soutenir et vous protéger,..…, Laiss es-nous prendre notre part de son œuvre,
Songez à Marthe, permettez.nous de
l’'élever,....... — de ia meitre en pension,
Me séparer d’elle ]
Elle en mourait |
Si jen'étais plus là, qui l'aimerait Comme je l’aime, qui lui Parlerait, veil.
lerait sur elle, la conduirait, l'entoure.
rait de soins,
N'y Pensez pluë madame, jamais, ja.
Mais, jamais JS ne quitterai, bonne ma.
man !
Mme Vernière, Aline et Mathilde 6.
changèrent un regard,
Evidemment, disait ce regard, il' n’y avait point à combattre des résolutions &ussi respectables et auss: fortement ar. rêtées,
—Nous n’insisterons Pas, puisque vo.
tre parti est pris.....fit Amélie. Mais Pourtant nous voudrions yous être utiles et en même temps vous mettre à même
e venger celui que vous aimiesz et que nous pleurons,
—Ah ! cela, oui, oui, faites-le 00000 dit impétueusement Véronique... Sil le faut, pour arriver à cela, j'accepterai tout, je me soumettrai à tout.
Philippe de Naygle, qui, était resté muet pendant toute la première partie de cette scène, intervint alors,
hd aves vu l’assasein ? demanda.
ti
—Oui, Je l'ai vu, bien vu, répondit Véronique, à
—Æ£t vous pourriez le reconnaître si Vous vous trouvies en ga présence et s’il vs était donné de recouvrer la vue
—Oui, certes, je le reconnaîtrais, mais où le trouver ce misérable ? Il faudrait
ue la main'de Dieu le conduisit à moi et
ieu ne veut pas sa punition, puisqu'il m'a rendue aveugle |
. J'avais un indice que je croyais précieux...
'espérais,... et cet indice: a été inu.
tile.
— Un indice 1...répéta Mme Vernière,
—Oui.
— Quel indice f
ta : —Un bijou arraché à l'assassin pen.
dant que je luttais avec lui,
Ce bijou, remis par moi au juge d’ins.
truction, ne lui a point paru suffisant Pour l’amener à découvrir la piste du coupable.
—Aveugle ! Hélas |
Je suis aveugle et je ne puis rien,
SI, par miracle, mes yeux m'étaient rendus, je consacrerais ma vie, ma vie
| tout entière À ls recherche do l'assage sin |
RE im d
fathilde 6.
ard, il’ n'y résolutions tement ar.
uisque vo- 16,,,.mais | être utiles re à méine lez et que
le 00000 —
1Oseocee S'il aCCepterai
tait resté re partie
demanda.
Jondit Vé-
Voilà le seul bienfait que j'accepte.
rais de vous, la vue ! :
Mais vous ne pouvez pas me la rendre! Fe
— Qui sait ? dit Henri,
En entendant, en reconnaissant la voix du jeune homme, l’aveugle se re-
tourna vers lui,
—Comment cela ? demanda-t-elle,
Henri continua :
Si je tentais de vous la rendre, moi, cette vue qui serait le bonheur pour vous, la lumière pour la justice, la ven-
geance enfin !
—Hélas ! s'est imposaible, fit l’aveugle avec abattement,
—Qui vous a dit cela ?
- Le docteur Sermet l’a affirmé, l’opération tentée pour enlever le voile 6pais sur mes yeux amènerait presque
certainement non la lumière, mais la
mort. :
—La mort ! !...….. répétèrent avec oh ah Aline, Mathilde et Mme Verre.
--Et, depuis lors, un autre me l’a dit aussi... poursuivit Véronique en laissant retomber tristement sa tôte zur 8a poitrine, <
D'autres vous aflirmeront,—répli-
ua vivement Henri Savanne,—que si difficile que puisse être l'opération qu’il s'agirait de tenter, elle ne mettrait nullement votre vie en péril...
—Ceux-là ne se tromperaient-ils pas ?
Voulez-vous me permettre d’examiner vos yeux ?
— Faites, monsieur,
—Placez-vous là, je vous prie, —fit le jeune horame en conduisant Véronique à un siège, près de la fenêtre — et penchez votre tête en arrière,
Est-ce bien ainsi ?
—Oui—Ne bougez pas.
Henri souleva lentement et successivement les paupières de l'aveugle, et pendant quelques secondes étudia ses prunelles ternes.
À mesure qu’il avançait dans cet examen, une ride profonde se creusait sur son front, et quand l’examen LE achevé il ne prononça pas une; parole,
Ab vous toys bien — balbutia
Mme Sollier.— Vous vous taisez, vous n’oseriez pas tenter ma guérison...
Henri garda le silence. } Ce mu Re nee ‘de mauvais augure à tout le monde, Ba, Amélie, Anne et Mathilde, après avoir embrassé Marthe et serré la main de Véronique, quittèrent le cabinet sui.
vies par les deux jennes gens. Ci Mme Vernière prit le bras d'Henri.
— Que fautil conclure de votre silen.
ce ?—lui demanda-t-elle,— Kst:il donc impossible de rendre la vue à cette'paue vre femme ?
— Impossible ? Je ne dis pas cela madame, — répondit-il, — Je ne puis formuler une opinion : raisonnée avant de m'être entouté de beaucoup de renseignements.— Je verrai le docteur Sermet et je lui demanderai de vouloir bien me communi.
quer le procès-verbal qu’il a fait certainement de son opération —Je l’étudierai, Je réfléchirai......, Mais j’ai bien peur...
Henri s'arrêta,
Il n'osait exprimer sa pensée tout entière,
—Peur de quoi ?—demanda Aline,
—Dites la vérité, mon ami...—ajouta Philip 6, is
Eh bien ! la vérité la voici,..— J'ai pose d’être obligé de conclure comme e docteur Sermet, que l’opération se.
rait peut-être mortelle,
—Le mot peut.étre n'implique pas une certitude,
— Vous ne!l’abandonneres point,n’est.
ce pas, monsieur Savanne ?—fit Mme Vernière.—Vous tenterez l’impossible,
—L'abandonner, non, et . tenterai,
je vous le jure, tout ce qu'il sera possile de faire.
En ce moment, Robert s’approcha du petit groupe.
—Des conciliabules |—fit.ii en riant— Est-ce cu’on parle politique ?
Amélie répondit :
—Nous parlions de cette pauvre fem.
me, id Sollier,
— Nous avons fait tout ce dépendait de nous pour la dialiis à Scene notre offre,
= Une pension lui permettant de vivre en paix et d'élever sa petite-fille,
—ÆElle 2 refusé ? \
—Oui......dit Aline et elle ajouta :
J’ai eu un mot malheureux qui. a tout gâié et que je regrette profondé.
ment. ;
—Vous ne pouvez pas la contraindre à accepter vos charités malgré elle, re.
prit Robert, é
—Assurément, mais notre devoir, quand même, est de chercher à lui faire une existence moins pénible, moins douloureuse,
—Comment,puisqu’elle refuse vos se.
ooùrs ?
—Il existe un autre moyen !
.—Lequel ?
—ÆEssayer de lui rendre la vue,
Robert eut quelque peine à caches le ma/sise qui s’emparait de lui,
—Ah ( ah !. CC] fiteilysscoee lui rendre la vue,
Philippe de Nayle intervint :
Et si la tentative réussisseit.… dit-il...
je serais le premier à vous demander de !» réintégrer dans l'emploi qu’elle oceuuit à l'usine avant la nuit du cri.
mie,
— Mais la guérison n’est pas possible, tépliqua Robert... soc. M, Daniel Savanne nous a dit quelle était à cet égard lopinion du docteur Sermet... Qui donc oserait tenter cette ÉPrEUVE eue une “preuve condamnée d’avance à l'in.
succès ?
—Mon ami Henri... répondit Philip.
e, ; —Vous, monsieur Sayvanne 1... fit Robert en s'adressant au jeune hcmmé.
—Oui, monsieur, mais seulement quand j'aurai la conviction absolue que l'opération ne mettra point en danger la vie de ceite pauvre femme,
—Æ£t si votre conviction reposait sur une erreur toujours possible !...…, répliqua vivement le fratricide....., quel regret et quel remords pour vous |...
le doute ne vaudrait.il pas mieux r Véronique vivre aveugle ?.,,.., Elle à refusé l’aide que vous lui proposies, mais rien n’est plus facile que de la secourir à son insu, sans blesser son
RER green um some
amour-propre trop ombrageux !.....
Nous en reparlerons.....il est déjà cette journée m'a brisé de fatigue et je vais regagner Neuilly.
Peu après Robert, le nouveau direc.
teur de l’usine Robert Vernière et C'e remontait en voiture avec sa famille et quittait Saint-Ouen aux cris répétés de:
Vive le patron 1
Véronique et Marthe étaient demeu.
rées seules dans le cabinet où Amélie les avait conduites afin de causer avec l’aveugle et de chercher les moyens d’assurer son avenir.
Absorbée par le souvenir de la scène qui venait de se passer, Mme Spollier restait silencieuse, la tête penchée sur sa poitrine,
6e grosses larmes tombaient une à une de ses yeux sans regards,
L'enfant vit ces larmes,
—Grand’mère, grand'mère. ..,.…. demanda-t.€lle à Véronique en l’embras- BANG... POUrQUOi pleures.tu Tebi st Regrettes.tu donc d’avoir refusé les s6cours qu’on t'offrait et dont nous n’a.
VOns pas besoin, puisque ls protection vd purs bon ami Magloire nous guf-
—Je pense à toi, ma mignonne...
répondit l'aveugle...…., Tu es toute jeunette, tu as de longues années devant toi, et moi j'arrive au déclin de la vie... Nous aurions mieux fait peut-être, d'accepter pour toi ce qu'ils nous pro-
ient,
Marthe répliqua vivement :
—Je ne veux rien pour moi, grand’.
mère.
Le bon Dieu ne refuse jamais le pain quotidien à eux qui travaillent pour le gagner !
Accepter ne chose ce serait fai.
re injure à Magloire qui nous a, le premier, secouru !.....,,,ce serait lui di.
re :
“ Nous n'avons plus confiance en vous, ”
Ce serait manquer de reconnaissan.
ce |!
Grand'mère tu as bien fait de rofu.
ser |
Avec l'orgue ds nôtre &mi, une fois
que tu auras ls médaille : ‘il a promis
< TEA éjà 1e et je
1 direcet Cie mille et étés de:
demeu, Amélie er avec moyens
\ scène Sollier \ée sur
une à
les 8e- 8 n’asection 8 guf-
toute »8 dede la t-être, 3 pro-
rand’e
) pain our le preli dis :e en SsAne refu-
) iois romis
de te faire avoir à son retour et qui te
ermettra dé te présenter à sa place à LA porte des maisons, rien ne nous manquera,
Je grandirai, je devierdrai forte, et tu auras moins de mal, et tu vivras heu.
reuse,
—Non, non, nous n’avons pas besoin de ces gens-là.
Je crois qu’ils sont bons et qu’ils ne veulent que notre b'en, et j'ai pour eux beaucoup de reconnaissance, mais il n’y on a qu'un seul que j’aime.
—Lequel, mignonne ? demanda Véro.
L'aveugle tressaillit,
L'enfant continua :
—Celui-là, vois-tu grand’mère, je l'ai aimé tout de suite,
Son regard ef, sa voix sont si doux qu'ils me vont au cœur, et il te rendra la vue.
Je ne saurais t’expliquer sela, car je ne me l’explique pas à moi-même, mais j'ai confiance en lui.
1! je semble que c'est à lui, à lui seul, que tu devras de pouvoir me regarder un jour avec des yeux qui me verront !
—Elle aime son frère ! pensait Véro.
nique.
lle l'aime par instinct, sans se dou.
ter des liens étroits qui les attachent l'un à l’autre.
Dieu ne nous a pas complètement abandonnées.
Peut.être a-t-elle raison,
Peut-être est-ce à Henri Savanne que je devrai la vue,
Véronique et Marthe rentrèrent dans la salle du restaurant qui, après le dé.
part de la fcmille Vernière, s'était de nouveau remplie de monde,
Les ouvriers allaient prolonger la fête .
en buvant,
La gaîté, comprimée jusqu'à ce mo.
ment par la présence des personnels officiels, devenait exubérante,
On riait........0n commençait à chan-
ter.
La table en fer à cheval était desservie, enieyée déjà.
—C'est-il malheureux que le patron
n’ait pas pensé à commander un of.
chestre ! dit lajeune femme d’un m6.
canicien de l’usine......On aurait dansé un peu, .
—Il ne le pouvait pas... répliqua un ouvrier...la mort de son frère est trop récente,
—Mais on pourrait danser tout de même.,.. fit observer Vide-Gousset qui, par hasard... n'était pas encore
gris,
L'idée de la danse fit battre plus vite le cœur des femmes.
—Oui, oui dirent plusieurs voix, dan.
80ns |
—Sans musique...….s’écria le vieux Simon.
—Il y en aura sion en veut, de la musique, reprit Vide.Gousset,
—Æ£t comment ?
Mme Véronique et Marthe n’ont qu’à pincer l’orgue du manchot, et nous aurons des quadrilles, des valses, des pol.
kas, tout le tremblement.
—Ab ! pour une fameuse idée, voilà une fameuse idée... Mme Véronique, petite Marthe, un tour de mani.
bg et payeznous quelques saute.
ries
Désir de femme est un feu qui dévore!
a dit un petit poète classique,
Les femmes se pressaïent autour de l’aveugle, la pr la suppliant,
—Grand’'mère est bien fatiguée, mes bons aris...répondit Marthe,
Elle à besoin de se reposer et de dormir, pour que nous puissions demain matin partir'de bonne heure pour notre tournée.
Nous ne pouvons donc pas vous faire danser ce soir, quoique ce ne soit point la bonne volonté qui nous manque.
—Ah ! ei seulement Magloire était là, s’écria la Marie.
À ce regret, naïvement et chaleureu.
sement exprimé, une voix sonore et joyeuse répondit :
—0On demande Magloire ! Présent, Magioire i
Et le manchot, se frayant un passage
à travers les groupes, vint se camper au milieu de la grande salle.
Le hourrah le plus enthousiaste, accueillit son arrivée,
Marthe, poussant un cri de joie, s'6tait élancée vers lui, et Véronique ten.
dait les mains de son côté.
paneoirs courut tout d’abord vers elle,
—Me voici, me voici, grand’mèr Ooocose fit-il en l’sppuyant contre son cœur a.
vec eflusion........et bien heureux, je vous assure, et avec de bonnes nôuvel-
La maman Magloire va mieux, elle va même tout à fait bien, et je reviens pour ne plus vous quitter... je l'es.
Embrassez.moi, et toi, fillette, et toi aussi, la Marie. \i De l'unique bras qu'il avait à san ser- . vice il serrait tour à tour celles qu’il venait de nommer, et il les embrassait à bouche et à cœur que veux-tu ?
Partout des mains se tendaient pour fêter le retour de l’ancien soldat de marine que tout le monde aimait.
Il ne savait auquel répondre.
—Ab ! ça, mais c’est donc féteici ?..
domanda-t-il après avoir serré toutes les mains, y compris cele de Vide-Gousset.
En quelques mots Mme Aubin le mit au courant de ce qui se passait,
—Et vous n’éties pas là pour nous faire danser, conclut la Marie.
—Nous danserons le jour de nos no-
ces... répliqua Magloire le visage 6panoui
Le jour où nous serons propriétaires du restaurant de Mme Aubin et où je erai à l'ami Vide-Gousset le gueule.
. le sus ni —Quel gueuleton fit l'ivrogne, Perben, le balthasar monstre qe je t'ai promis si je prenais le gros lot avec le billet de loterie que tu m'as
—Ah ! sapristocüe ! s’écria l’ouvrier à qui ces quelques mots rafraichissaient in mémoire,
Est-ce qu'on l’a tirée la loterie ?
—Pas plus tard que ce matin, —Æ£t mon numéro.......,,je ne me ae plus le numéro de mon numéro...
ais ça ne fait rien à la chose,enfin, est.
ce qu’il a gagné un lot ?
—Le gros lot, le lot de cinquante mit.
le francs, oui, mon vieux ! a. rs) —Saperlipopette 1 Voilà bien ma vei.
ne, glapit Vide-Gousset en avalant d’un seul trait un grand verre de vin. RCE Est-ce que tu reviens sur nos conven.
tions ?
—Jamais de la vie, par exemple { : :
Pour qui me prends-tu ? 10 Pochard fini, mais brave garçon ! :: !
Ce qui est convenu est convenu!
Le billet est à toi et le lot aussi. 1% à M er bts me dois un balthasar ans les grands prix ! ru Comme tu le Aisne tout â l'heurd # On le fera le jour de ta noce, et en.
suite on tirera un feu d’artifice !
—Est-ce que c’est la vérité vraie que tu nous a racontée là, gamin ? deman.
da la mère Aubin, ou si c'était histoire de rire
—La vérité vraie | tout ce qu'il y a au monde de plus vrai ! Parole d’honneur,
—Comment as-tu appris la chose si vite
—Voici l’anecdote.....le descendais du train du P. L. M., revenant de Font:
d’Ain, comme vous save, et j'allais ga ge fort tranquillement l’omnibus de
tille-Saint-Quen pour venir vous souhaiter le bon soir, quand j'entendis un camelot crier à tue-tête: ‘ Deman.
des la liste exacte des numéros ga.
guants de la loterie de l’Orphelinat Arts, il y a beaucoup de lots, le numéro cinq mille ge gagne le gros lot de cinquante mille francs, dix centimes deux sous !
“ En entendant le camelot il me pas.
sa comme un éclair à travers le cer.
veau.
“ —Tonnerre de Saint-Ouen, que je me dis. ... mais çe m'a l'air d'être mon numéro le numéro du billet que m'a sg ce boit-sans-soif de Vide . Gous.
# Je saute sur ie marchand, je lui
fle
SE 8 Esiséebpe