‹ La Fille de l'officier de Marine [microforme]Chapitre 52 sur 84 · TERRE · texte numérisé non relu

TERRE

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Henri poussa une exclamation de sur.

prise joyeuse,

Les deux jeunes filles coururent à Daniel et l’embrassèrent.

—Par quel hasard à Paris, mes en.

fants 7... leur demanda le magis.

trat,

Aline répondit :

—Nous avions quelques emplettes à

Mme Vernière a bien voulu . nous accompagner et elle nous attend au salon,

—Ah !...s’écria Henri, ce n’est pu le basard qui vous amène, c'est la Provi.

dence.

Puis, s'adressant à la fille du juge d'instruction, il ajouta :

—Ma bonne Mathilde, je t’en prie, va retrouver Mme Vernière au saloni où nous vous rejoindrons dans un instant ….— Nous avons, mon oncle et moi,

quelques mots à dire à notre chère Ali-

Mathilde s'empressa de sortir,

Aline rests debout, très surprise, se demandant ce que cela signifiait et quelle confidence M. Savanne pouvait avoir à lui faire,

—Mon oncle... dit alors Henri au

‘ magistrat visiblemezt contrarié..……. je vous ai adresré tout à l’heure une prière je vous l’adresse de nouveau. Ne ia repousses pas.

—Tu le veux ?

—Je vous en supplie,

Eh bien soit !

Mais si les conséquences de l’acte que tu m'imposes doivent être funestes, à toi seul en incombera la responsabilit6 tout entière !

— Je l’accepte.

Très intriguée d’abord, Aline devenait inquiète,

"Mais de quoi s’agit-il donc ? balbutia-t-elle,

—Mon enfant...répondit Daniel, nous avons reçu les détails que j'attendais au

. sujet de la mort de mon pauvre frère.

On m'a remis ce matin au ministère de la marine des papiers qu'il m’adressait, À ces papiers 8e trouvaient jointes trois lettres, l’une pour Henri, l'autre pour moi, ia iroisièiue. = M, Savanne hésits,

is troisième ?...... répéta la jeune (CA 4 —La troisième portait le nom de ton ère... poursuivit Daniel en prenant ’enveloppe jetée par lui sur son bureau la voici... Avant de mourir Gabriel, a pensé à l'ami qu'il aimait si tendrement et qu’il croyait encore vivant...

Ne pouvant, hélas ! remettre à ton pau.

vre père cette lettre, selon le, vœu de mon frère,je voulais la brûler... Mais elle renferme paraît-il, un secret qu'Henri a soif © connaitre...Il a insisté pour que cette ietfre te fut donnée...il veut que tu l’ouvres, que tu la lises, et que tu décides ensuite, comme l'aurait fait ton pen ei tu dois, si tu peux nous en révé.

or le contenu.......$i tu juges que ton devoir est de nous taire ce que tu vas a. ina tu te tairas et tu oublie.

ras

—Cela … je vous le jure à tous deux !

—Lis, mon enfant.

Et Daniel lui tendit la lettre,

Aline, d’une main tremblante, en dé.

chira ka e6 tout bas elle lut avec un recueillement profond le der.

nier adieu que Gabriel Sayvanne envoyait à son arai Richard Vernière,

Henri et son oncle cherchaient avec auxiété, sur le visage de la jeune fille, la trace des impressions que lui faisait éprouver sa lecture,

A leur grande surprise ils ne virent s'y refléter que l'émotion.

La fille de Richard pleurait,

—Mais.….dit-elle à travers ses lar.

mes quand elle eut achevé......cétte let.

tre touchante ne renferme absolument rien que vous ue puissiez savoir...

£ile parle d’un secret, d'une confidence faite à mon père par son ami, etelle le délie du secret juré par lui, dans le cas où Henri viendrait le questionner,

—EÊt du secret lui-même, pas un mot demanda le jeune homme,

—Pas un mot... D'ailleurs, mon ami tu peux t'en assurer par tes propres yeux.

Et Aline lui présenta la lettre toit ouverte.

Henri la saisit, |

—ÜUh i tu peux lire tout haut, aio Mile Vernière, ne

la jeune

m de ton

prenant on bureau Gabriel, i tendreivant,..… ton pau.

vœu de Mais elle u'Henri a pour que veut que t que tu t fait ton | en révé- | que ton D tu vas 1 oublie.

us deux !

6, en déelle lut le der:

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olument NToosooe nfidence telle le 3 le cas nn.

un mot

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re tout

ajouta

La gorge serrée, d’une voix à peine distincte, le fils de Gabriel lut les courtes phrases :

“Mon bon Richerd, mon vieil ami,

“ Quand nous nous sommes quittés, 4 tu ne voulais pas croire à mes pres- “ sentiments... Tu vois aujourd’hui “ qu’ils se réalisent.... Cette pensée 4 qui m'assiégeait, cette pensée de la 4 mort prochaine était un avertisse- “ ment de Dieu devant qui je vais pa- 4 raître, et qui daignera, je l'espère 4 m’accueillir en sa miséricorde.

“ Mon vieil ami, nous ne nous verrons “ plus. Quand tu liras cette lettre j’au.

rai cessé de vivre.

4 Tu as été le seul confident de mes # chagrins........8eul tu sais ce que j'ai.

« gouftert.

4 Tu garderas, en me plaignant tou- & jours, le souvenir de cette soirée du 39 « décembre que j'ai passée auprès de 4 toi, soirée bien sombre, bien doulou- “ reuse, mais iliuminée, cependant d’u- 4 ne lueur presque joyeuse..sombre et “ douloureuse par le souvenir du mal “ que j'avais fait, illuminée par la pen- 4 gée que ce mal, grâce à toi, je pouvais & le réparer un peu, ‘ 4:A cette époque, tu ne peux l'avoir “ oublié, je repoussais avec horreur avec ‘ ettroi, l'idée de faire connaître à mon 4 fils le secret de ma faiblesse, de ma fau- “te, avant de mourir je lui avoue qu’il y a dans ma vie un point noir et que “ j'aurais souhaité son pardon.

4 S’il veut connaître ce point noir, il & t'interrogera. Je te délie de ton ser- 66 menti. Dis-lui la vérité... Peut.

4 être, après tout, vaudrait-il mieux qu’.

ü il sache... Son cœur lui dicterait & ga conduite...et je suis sûr de son 46 cœur.

& Adieu, mon vieil ami, pense à moi,

‘et pour l’amour de moi veille bien

“ sur qui tu sais, “ Adieu.

& Gabriel Savanne. ?’

Pour Henri, aucune lumière ne jaillissait de cette lsttre.

De quelle faiblesse, de quelle faute son père s’était-il rendu coupable ?

Richard Vernière seul aurait pu ré- Lang et Richard Vernière n'existait

us !

k —Rien ! murmura-t.il avec découragement..……. je ne saurai rien | jamais rien |

Daniel Savanne avait religieusement écouté tandis qu’'Henri lisait tout haut.

Deux points l’avaient frappé, lui,

Aux mots murmurés par 80h neveu :

“ Je ne saurai rien ! ”

Il répondit tout bas :

—Peut-être saurai-je, moi !

Et, prenant la lettre des mains du jeune homme, il l'enferma dans un tiroir de son bureau,

—Mme Vernière noussattend, mon ami...fit ensuite le magistfat, ne la laissons pas attendre,

Aline et Henri le suivirent Au salon où la femme de Robert se trouvait avec Mathilde, Ù

L'entretien fut court.

Daniel et son neveu n'avaient pas terminé l'examen des papiers du capitaine Savanne,

Ils retournèrent dans le cabinet et un examen attentif leur prouva bien vite que ce qui restait à inventorier était, relativement de peu d'importance,

—Ton père te laisse une belle fortune, dit le juge d'instruction au jeune homme quand ce travail fut achevé...

Tu feras bien, je crois, de ne point la retirer des mains de nqtre ami Robinet qui, depuis bien des années, est chargé des intérêts de ton père et des miens, C'est un honnête homme et un habile administrateur...Es tu disposé à suivre ce conseil ?

—Sans hésitation, mon cher oncle.

—Nous allons donc déjeuner rapide.

ment et nous nous rendrons chez lui,

Les deux hommes passèrent dans la salle à manger où le déjeuner était servi depuis plus d’une heure.

M. Robinet, le notaire de la rue Richelieu, ignorait la mort de son client Gabriel Savanne, ‘

La nouvelle de cette mort n’était pas pervenue à la famille d'une manière of-

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ficielle, aucune lettre de faire.part n’avait été envoyée,

Quand on lui annonça la visite du juge d'instruction et de son neveu, il don- 28 l'ordre de les introduire sur-le.champ et il marcha à leur rencontre, les mains tendues,

En voyant le large crêpe de leurs chapeaux, il tressaillit,

—De qui êtes-vous en deuil, mes amis ? demanda:t-il vivement,

—Mon frère est mort.. répondit Da.

niel dont les yeux se remplirent de lar.

mes.

—Mort 1.......le capitaine Savanne, mort |.....….s’écria le notaire stupéfait...,4... lui que j'ai vu si plein vie il n’y a pas trois mois LÉPTSS Quell ca-

tastrophé imprévue et dégolante |...

où et commalit ce grand malherr est-il arrivé ?

—Mon pauvre frère asuccombé à la fièvre typhoïde, à bord de son navire, en pleine mer, il y a un mois...Une déde 6 nous avait prévenus, mais aujour-

’hui, seulement, nôus est arrivée la copie de l’acte de décès,

— Et vous venes sens doute me demander des renseignements sur la for.

tune déposée entre mes mains par mon si regretté client ?

—0Uui

—Je suis à votre entière disposition, Asseyes-vous, je vous en prie,

Et le notaire désigna de la main des sièges placés à côté de son bureau,

—Mon frère vous a-t-il confié un tes.

tament ? reprit Daniel,

—Non, ei je serais très étonné s'il en avait fait un. A: quoi bon ? son fils est son seul héritier.

—-Savez.vous :i Gabriél avait des fonds dans une autre maison que la vôtre ?

—J’étais le seul dépositaire de tout ce qu’il possédait, et j’ai la conscience d’avoir administré cette fortune, pendant sa longue absence, au mieux de ‘8e8 intérêts... Il m'en a remercié &racieusement,' du reste, quaud j'ai requ sa visite dans les derniers jours du mois de décembre, et quand îe ini ai rendu mes comptes en lui soumettant la liste des valeurs lui appartenant que j'âvais en portefeuilles.…..Il s’est trou.

vé beaucoup plus riche qu'il ne croyait l'être,

Daniel fronça le sourcil en entendant maître Robinet parler de la visite du capitaine Savanne dans les derniers jours du mois de décembre, mais il ne releva point ce détail immédiatement, se réservant de l’éciaircir plus tard,

—Quel chiffre représente aujourd’.

Ras l’héritage de mon frère ? demanda.

ti L]

—Je vous le dirai à un centime près quand j'aurai jeté un coup d'œil sur le livre de caisse,

Il frappa sur un timbre, se fit appor.

ter le volume in.quarto, à coins de oui.

vre, renfermant le ur Ag Gabriel Sa.

vanne, chercha le feuillet où se trouvait ce compte et le mit sous les yeux de Daniel et de son neveu,

—Vous voyez, dit-il... un million cent mille francs, exactement ; aux.

quels il convient d'ajouter les intérêts de trois mois,

Le magistrat parcourait du regard les colonnes du régistre.

Uñe date le frappa.

—Trente décembre, lut.ii tout haut, Gabriel est venu vous voir le trente dé.

cembre dernier ?

—Oui, :

— Et vous li aves versé une somme de trois cent mille francs ?

—Dont le reçu se trouve dans ma caisse, oui, :

—Mais,,. . s'écria Henri... mon père n’était pas à Paris, le trente décembre, puis c’est ce jour-là seulement qu’il est débarqué à Toulon... Le di.

manche matin, descendant au chemin de ter, ilest venu droit chez mon oncie, boulevard Malesherbes, il doit y avoir une erreur de date,

—1l n'y a aucune erreur de date, cher monsieur Savanne...... répliqua le notaire.….…...et c'est votre mémoire qui est en défaut...…....Le capitaine Savan.ne était si parfaitement à Paris le trente décembre que j'avais reçu de lui une pres visite le vingt-huit du même

—Le vingt-huit! *

—Parfaitement, et c'est après avoir pris connaissance de son compte et

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