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m'avoir félicité et remercié de ma ge tion, ainsi que je viens de vous le À
qu’il m'a demandé trois cent mille
francs, la somme que vous voyes portée
à cette colonne.
“ Naturellement je n'avais pas dans ma onisse trois cent mille francs en billets de banque...…..il fallait vendre des valeurs à la Bourse du lendemain...
Le surlendemain, 30 décembre, dans la journée, je lui remis les fonds dont il avait besoin,
Daniel Savanne réfléchissait,
Le notaire quittant son fauteuil alla ouvrir sa caisse, y prit un papier plié en quatre, ie déplia et vint le placer sous les yeux du juge d'instruction et de son neveu.
—Voilà le TEGU sous lOUT dit-il ,...
Leg voyez qu’il est daté du 30 décem-
Les deux hommes restèrent muets...
ls se demandaient : F
—Pourquoi nous a-t-il menti en prétendant être arrivé le matin du 31 quand il était à Paris depuis au moius trois jours ?
Au bout d'un instant de silence Daniel reprit :
—Permettes-moi de vous adresser une question.
—Je m'empresserai d'y répondre.
—Mon frère vous a-t-il dit à quel em-
loiil destinait les trois cent mille
cs versés par Vous
—Uissossscoe APTÈS avoir constaté que cet argent représentait les iatérêts accumulés qu'il aurait pu dépenser, qu'il aurait depensés certainement s’il fut resté en France, et que par conséquent gon fils ne pourrait lui savoir mauvais gré d’en avoir disposé à sa guise, il m'a expliqué qu’un de ses amie, un industriel dont les affaires périclitaient, s’6tait adressé à lui en lui demandant de le sauver d’un désastre, et qu’il allait le faire en lui prètant trois cent mille
francs,
— Vous avez ajonté foi à cette explication ?
Comment aurais-je pu mettre en doute la parole de voire frère ?
Vous act-il nommé l’ami auquel il
— YOUS Aeisie
yenait si généreusement en aide ?
er
Non, et vous comprenes que ma discrétion ne me permettait pas de le questionner à cet égard,
—C'est juste... Meroi des rensei gnements que vous venez de nous don-
ner,
Quant à la fortune de won pauvre frère, qui maintenant appartient à mon neveu, je me fais l'interprète de celui-ci en vous priant de la conserver dans vos mains etde continuer à faire pour le fils ce que vous faisies pour le père avec tant d'affection et de dévouement.
…Ætje vous en serai reconnaissant comme l'était mon père, appuya Henri Savanne,
Le notaire tendit la main à son noue veau client et répondit :
—Je le ferai de bien grand cœur.
L'entretien était terminé.
L’oncle et le neveu quittèrent l'étude de la rue de Richelieu et reprirent ensemble le chemin du boulevard Malesherbes.
Le jeune homme restait sous le coup de la poignante angoisse que la lecture des lettres de son père avait fait naître dans son âme, et que les explications si complètement inattendues du notaire venaient d'augmenter encore,
—Certainement. .....dit-il à 80n On« cle ne pouvant garder pour lui seul ses.
PENSÉES... MON PAUVIE père eMpOr* te avec lui le secret d'une faute ; 0e que nous venons d'a prendre nous le prouve... Richar Vernière était
son unique confident et j'ignorais toujours ce que j'aurais eu à oublier, après l'avoir pardonné !
Peut-être,.….répliqua le juge d’instraction.
—Je ne vous comprends pas mon oncle. Qu’attendez.vous f Qu’espéresvous donc ?
—J'espère porter la lumière dacs l’obscurité qui nous entoure,
—Comment ?
Je ne puis te l'expliquer en ce MOMENT, Mais...) LE 18 TÉPÈtEs er sois certain,que la faute dont ton père s’acouse n’est point de celles qui tou:
chent à l’honneur et que, même sans
| ia connaitre, nous derons l'ausoudre,
PR
En Te
Arrivés au boulevard Malesherbes les deux hommes se séparèrent,
Henri s’enferma dans sa chambre pour y travailler et Daniel dans son ca.
binet pour y réfléchir.
Lui aussi... comme som neveu...
trouvait étrange la conduite de son frè.
re affirmant qu'il n’était arrivé à Paris que le 31 décembre,
Il venait d’avoir chez le notgire la preuve indiscutable du mensonge, et à défaut de celle.là il en existait pour Jui une autre que dans son trouble Henri n’avait point relevée et qui résultait de la lettre, lue quelques heures auparavantet écrite par Gabriel à Richard Vernière. /
Daniel relut cette lettre dont déux pbrases l'avaient ne a
Il prit un crayon bleu et les souligna.
La première était celle-ci :
4 Tu as été le seul confident de mes 7 shagrins,..Seul tu sais ce que j'ai souf.
(] ert,
“ Tu garderas, en me plaignant tou.
“ jours, le souvenir de cette soirée du o Lu décembre que j’ai passée auprès de oi, ”
Donc, le soir du 30, Gabriel était à l'usine de Saint-Ouen, où il s'était rendu en sortant de chez le notaire qui venait de lui remettre trois cent mille
CA
Donc, le lendemain, Richard Vernière, au boulevard Malesherbes, se faisait le complice de Gabriel en feignant de le voir pour la première fois depuis son arrivée.
Un secret existait entre eux... De quelle nature était ce secret ?
L'X du problème restait indéchiffrable pour le juge d'instruction.
Richard ne pouvait plus faire la lumière, mais le magistrat se rappelait que Véronique Sollier lui avait parlé de son frère, et qu'il l'avait démentie quand elle affirmait avoir introduit le capitaine près de Richard Vernière, dans la soirée du 30 décembre.
Il se souvenait qu’elle était dans son cabinet du Palais de Justice au
moment. où Henri venait, en proie à |
un affolement complet, À: apporter la mort de son père, et qu'alors ’aveugle questionnée par lui, avait répondu :
—Je n’ai plus rien à vous dire, Véronique devait connaître le secret confié par Gabriel à Richard Vernière, Ne pouvant s'adresser à Richard, c'est à elle qu’il s’adresserait.
La seconde phrase qu'il souligna fut celle-ci :
“ Adieu, mon vieil ami, pense à moi, “et pour l’amour de moi veille bien sur 4 qui tu sais, ”
Ces derniers mots l’avaient tout particulièrement frappé.
Sur qui Richard Vernière devait:il veiller ?
Là était le secret de Gabriel.
Le magistrat replia la lettre adressée à Richard et reprit celle que son frère lui avait écrite,
Il souligma aussi cette phrase :
‘ Si plus tard tu viens à connaître ce ‘ secret funeste, tu ne seras pas sans “ miséricorde...Tu m’absoudras, comme # d’autres m’ont absous. ”?
D’auress l’avaient absous. Qui Daniel désiguait.il par ce mot : AurReS ?
L'un de ceuz:là était certainement Ri.
chard,
Daniel resta longtemps ensif, cher.
chant par un travsil opiniâtre de son cerveau à trouver la c!:f du mystère et, ne trouvant rien, se disait -
—Cette visite de mon frère à Saint.
Ouen, l’avant.veillé du jour où Richard Vernière était assassiné et volé, où on incendiait sou usine, où Véronique Sollier tombait, frappée comme lui par la res meurtrier, si tout cels ge ratta.
chai
Le juge d'instruction se leva d'un mouvement brusque, et, pendant quel.
ques secondes, arpenta fiévreusement son cabinet, puis, se dirigeant vers son
| bureau, il ouvrit le tiroir de la caisse, y
plongea la main et y prit le cachet enlevé par Magloire aux doigts crispés de Véro.
nique évananie....., cachet qu'il avai
rapporté du Palais de Justice,
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251 2 Hit STAR
11 le regarda longuement, le remit ensuite dans l'endroit où 1l venait de le prendre et referma le tiroir.
ÿ{—J'interrogerai de nouveau Véronique Sollier et le caissier Prieurssssse murmura-t-il,...je ne perds pas coura-
Busssses ee Il faut que je sache quel secret abriel a confié à Richard...et je le sau-
Il y a dans la vie des séries d'incidents tout à la noire, comme disent les joueurs.
Une série de ce genre :« pro *'asit en ce moment pour Rob: :&4 Vernièr.
Après avoir entendu af ir1: 1 qu:
ri Savanne pourrait rend: i: vue à Véronique ; après avoir su par ‘* +11" : ae vette que Marthe était la fill: 2 &ebriel d'où il résultait que les trois cent mille franc: du dépôt Savanne, volés par lui dans la caisse de son frère, appartenaient à cette enfant ; après avoir sup-
é,non sans raison, que l’aveugle possédait le reçu de cette somme ; après avoir appris par O’Brien qu’à l’ambassade on le soupçonnait d’être l’auteur du crime de Saint-Ouen; après s'être répété cent fois que Marthe, endormie de nouveau du sommeil magnétique, ne manquerait pas de le désigner comme l'assassin de Richard, voici qu’un nouveau coup allait le frapper.
11 venait de recevoir une lettre du baron Guillaume Schwartz, le chef du bureau des informations de l’ambassa-
de.
Cette lettre ne contenait que quelques mots, mais dans son laconisme elle était menaçante.
La voioi :
“ Monsieur Robert Vernière,
{3 Dans votre intérêt, dans l'intérêt de l'avenir de votre usine et de la trau- « quillité de vôtre famille, vous êtes in- & yité à vous présenter le plus tôt # gible rue de Verneuil, n d'entre neuf -4 et dix Mpures du matin.
4 Ne tardes point à vous rendre à 4. cote INViWHOR GO VOUS AGYES COM-
rs EE
“ prendre toute l’importance, et rece.
# vez mes salutations,
4 Baron Guillaume Schwarts,
wP,S,-- Rapportes ce mot... C'est “ sur'sa présentation qu’on vous in 4 troduira auprès de moi, ”
Le baron Schwartz était bien l’hom.
me de qui O’Brien lui avait recommandé de se méfier, l'homme qui l'avait fait filer par les agents de l'Américain,
Que lui voulait.-il ?
Quel coup allait-il lui porter ?
Robert se souvint de la lettre à lui donnée par O'Brien,
Cette lettre.….…...le magnétiseur l’affirmait..….deviendrait une égide si l'Allemagne s'attaquait à lui .... Muni de cette égide, il pourrait lutter } armes égales.
Jusqu'à ce moment, il s'était occupé fort peu, ou plutôt pas du tout, du présent d’O'Brien....., Vivant en des transes continuelles, il n'avait même point cherché à se rendre compte de sa valeur réelle.
Quel parti prendre |!
Devait-il obéir à l’impérieuse invita- ". LA eye Schwartz ?
cette question qu'il se posa il répon.
dit: oui ! sans hésitor. w
Il fallait regarder le danger en face et savoir de quoi on le ménagçait,
Mais avant tout il fallait s'assurer si la lettre qu'il possédait constituait véri.
tablement une sauvegarde,
Pour cela, il ne s’agissait que de tra.
duire les chiffres.
L: smbinet de Robert était garni de bibliothèques nee d'ouvrages de toutes sortes, classés par espèces,
L'une contenait des livres relatifs à la chimie,
Une autre des volumes traitant de la mécanique,
Une troisième renfermait une collec tion très complète de tout ce qui s’appliquait aux armes et engins de guerre depuis près de trois siècles, ouvrages rares et précieux qu'il avait étudiée avec soin et dont il comptait tirer grand
nenf£t Î PTE
Ce fut vers celle-là qu’il se dirigea.
Il en ouvrit la vitrée et sur un des rayons il prit un in.octavo, nonrelié, de
publication récente, portant ce titre :
“ Des modifications à apporter aux armements de la marine et aux canons à tir rapide, ”
Entre les pages de cet in.octavo ge
trouvait la lettrechiftrée,
Il ia déplis, vint s'asseoir devant son bureau et Int l'en-tête gravé : 4 Service de l’Etat-Major, ” Puis, plus bas, tracés
en langue allemande, ces mots :
“ Son Excellence l'ambassadeur de l'empire d'Allemagne à Paris, P, E, ”
Ensuite venaient les phrases chif.
frées,
La signature de ce document mystérieux était volontairement illisible, mais
la connaissait bien.
En voyant les deux initiales P. L.
tracées en haut de la age, il 3e souvin:
u’O’Brien lui avait dit “la clé du Pe-
t Larousse”?
Pour la traduire il nelui faudrait qu’un
peu de patience, : .
Il prit sur son bureau l'édition in.8
remontant en l'année 1874 du diction-
naire, puis il attacha les yeux sur la let.
tre placée tout vuverte devant lui.
Il vous paraît inutile de remettre sous les yeux de nos lecteurs la lettre chi.
frée tout entière... Pour leur bien faire comprendre le mécanisme de la trucs tion, il suftira do la première ligne : insi figurée :
Robert consulte les deux premiers chiftres séparés par deux petits traits,
C'étaient 515 et 7
L'anoien espion au service dela Prus.
se devait accomplir facilement un tra.
M Fete EN A EL Sue TE po UN, VRNUNNS mors
vail qu'il ne faisait certes pas pour la pre. mière fois. ‘4
Il ouvrit le dictionnaire, le feuilleta
et s'arrêta à la page 515,
signe + qui suivait lui indiquait qu’il devait chercher le mot à la seconde colonne de cette page, où ce mot se.
rait le septième,
Ce septième était le mot : Que... Il le
Au crayon sous les deux premiers nombres,
Passant alors au deuxième nombre :