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pations qui l’assiégeaient, il partit pour Saint-Ouen où les travaux de l'usine exigeaient qu’il fit chaque jour acte de présence, Pa”
Le mois de mars avait été superbe,
Le mois d'avril s’annonçait comme devant ne !::i céder en rien.
Partout, sous l’action vivifiante des
rayons d’un chaud soleil, l’émerauûa chatoyante des bourgeons sortait des
écorces rajeunies.
Les lilas, ces premières fleurs du printemps, montraient déjà leurs touffes par.
fumées, les chèvrefeuilles suivaient leur exemple.
La villa de Mme Vernière, à Neuilly, étaît un peu isolée, un peu triste pour Aline et Mathilde que des deuils si ré.
cents prédisposaient à la mélancolie.
Tous les étés, nous le savons, depuis leur sortie du pensionnat, les deux jeu nes filles accompagnaient Daniel Savanne à sa propriété du Parc-Saint.
Maur où chaque soir en quittant le Pa.
lais, il aimait à venir se reposer des travaux du jour,
Aline et Mathilde s'étaient habituées à chérir cette maison charmante où dé.
jà toutes petites, elles venaient passer leurs vacances, / Elles adoraient ce grand jardin dont les allées en pente douce descendaient jusqu'aux bords de la Marne aux eaux vertes. .....Là sous l’'ombrage d’arbres séculaires se trouvait un banc rustique sur lequel elles aimaient à s’asseoir endant de longues heures, regardant es roseaux frissonner sous le courant de la rivière, et les libellules aux ailes de gaze butiner parmi les larges corolles des nénuphars, et les fleurs aquatiques des rives où se tordent les troncs creux des saules.
Autant que sa fille, autant qu’Aline, M. Savanne appelait de tous ses vœux l'époque de cette’ villégiature où il se retrempait, où il reposait à la fois son esprit et son corps.
11 avait besoin de grand air et d'une solitude relative, et les trouvait au Para
Saint-Maur,
rm no
Le matin, après avoir déjeuné de bonne heure, il allait à Paris où ses de.
voirs de magistrat nécessitaient sa pré- | sence, et le soir, au retour, il se trou- | vait heureux entre ses trois enfants, | comme il appelait Mathilde, Aline et | Henri,
Daniel aurait souhaité vivement a-
| vancer l’époque de son départ pour le
h Parc-Saint-Maur, mais il ne voulait pas | se trouver complètement seul à sa villa,
h + et il n'osait point dire à Mme Verniè-
| re :
—Je vous reprends mes enfants | Mathilde et Aline avaient la même pensée que lui, mais elles hésitaiart à se la confier mutuellement, L à & La fille de Daniel se décida la premiè.
te à s’ouvrir à son amie et un matin, comme elle se promenait dans je petit parc de Neuilly, elle lui dit :
—Tu ne peux pas te figurer combien j'ai hâte de voir arriver le moment où mon père nous conduira au Parc:Saint.
aur.
Aline poussa un soupir de soulagement, L
La phrase qu’elle n’osait prononcer elle-même venait de s'échapper des là.
vres de son amie.
: —Ah...... fitelle en serrant les mains de Mathilde ..,... comme je te comprends et comme je t'approuve |
—Alors, tu partages mon désir ?
—Oh oui ! TEST PETER Assurément mia tante, Mme Vernière, est ausui bonne, tendre pour nous qu’il soit possible de | l'être, et copendant il me sæmble que | je respire ici moins à l’aise quo je ne respirerai là-bas... Et puis
Aline s’interrompit.
—Et puis, quoi, ma chérie ? demanda e,
Mathiid L
—Henri, comme les autres années, viendrait habiter avéc nous la villa du Parc, et je le verrais au moins tous les Jours... C’est à peine s’il met les Pieds ici et, quand il vient, nous n’6changeonc que quelques mots... Là.
Promenant dans les allées ombreuses
etsur les bords de ja Marne que je pré.
fère mille fois à la Seine..." Ici le jardin est vaste et les arbres sont beaux mais il ne vaut pas celui où nous avons faié ensemble nos premiers pas, et où
—$Sont.ce bien ]à les seules raisons qui causent ton désir de quitter cette demeure f dit-elle en regardant fixe.
ment son amie.
A cette question Aline rougit et ne répondit pas.
Mathilde l’entoura deses bras et la Cond'isant sur un banc de gaz0n, : placé au milieu d’un massif de fusain et de troënes, elle reprit :
—Parlo-moi franchement... Tu
sais que je suis ton amie,..….,ton amie
sincère et dévouée...…..Tu sais que je connais le secret de ton cœur..,. N'aie donc aucune hésitation à m’avouer ce que tu penses... Tu serais heureuse de t’éloigner d’ici parce qu'à côté de l’affection de Mme Vernière qui t'est précieuse, se trouve une affsction d’un autre genre, qui t’obsède, —C’est vrai, murmura Aline,
—Donc, je ne me suis Pas trompée, —Non.
—Depuis longtemps déjà, et ce n'é-
tait pas difficile à deviner, car cela sau.
te aux youx,.....…,Il t'aime le pauvre garçon |
— Hélas !
—Te l'a-t.il dit ?
—Ah! non, par exemple ! Je ne Ini
aurais pas permis de le dire, mais il me l'a laissé deviner... ainsi que ma tante...
—Mme Vernière sait donc ?
— Elle sait que Philippe m'aime et, il
y à quelques jours, à mots couverte, en phrases discrètes, elle m'a donné à tendre qu’elle serait heureuse de me voir la femme de#on fil,
@ls
—Qu’as-tu répondu —kien, J'ai fait semblant de ne par
DOUS Causions longuement, en nous comprendre,
‘que je pré.
codec, Ici le .80nt beaux nous avons pas, et où ner,
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7 Ii fallait couper court à tout en lui
disant la vérité,
—Quelle vérité ?
—Que cu aimais Henri, que tu étais sa fiancée.
{or ouvertures n'étaient pas assez directes pour rm’autoriser à lui répondre COLR coco Et puis j'ai craint de la bles.
HOT... je iU1 dois tant de reconnais.
BACS {esse S01:ge donc à ce qu'elle a fait pour 1101... J'étais runoe !,,...
En m’associant à son mari ei à son fils, pe m’a-t-eile pas assuré une fortune dans l’avenir 4... NON , , s: NON scsoe jen’aurais jamais os6 lui dire nette.
ment que j'aime Henri... C9 serait peut-être briser son cœur, à elle car elle adore son fils qui est d’ailleurs &n box et aimabie garçon, à qui je rendrais tou.
te justice s’1l ne s'avist pas, si mal à propos, d'être amoureux de moi,
—Tu es bien décidée à refuser sa main ?
J'aimerais mieux mourir que de l'accepter, :
--Alors, quand Mme Vernière t'adiessera une demunde catégorique, que | répondras-tu ?
— Rien que ia pensée de ce montent m’épouvante.
—Tu est bien sûre d’aimer Henri ?
—De toutes les forces de mon âme et de mon cœur, ‘
—E£h bien ! que cet amour te donps du courage Je comprends et j'ap-
rouve ta reconnaissance pour Mmes ernière,... Mais tu L'avais pas be.
soin de la fortute qui te viendra d'elle puisque Henri est riche et que sa fortu.
ne sera ia tienne... Oui, nous quitterons cntte maiscn..…., Nous fuirons le danger que tu prévois..… ‘lu t’éloieras de Philippe et tu préviendras Henri de ce qui 80 passe,
— Et si je m'étais trompée has Si le danger n’existait pas 7... Ni j'a.
vais pris pour des enr (rt d'amour de simples prévenances
—Non, tu ne t'es point trompée, car ce que tu voyais, je l’ai vu comme toi et jai compris comme toi la signification des assiduités de Philippe...
S'il ne se déclare pas, son trouble quand li s'approche de iüi, ie trembiement de |
has fu
nie ne
sa voix quand il t'adresse 13 parole, la flamme qui s'allume duns ses yeux quand ils se fxentsur toi, ne parlent
ue trop clairement pour lui... Un9 fois au Parc, il te ver:a moins tréqueme ment,
—Æ£t il m'oubliera, dit vivemers Ali.
ne.
—N'y compte pas, ma chérie !,...00 répliqus Mathilde en souriant, tu es trop charmante nour qu’on t’oublie si vite, mais, l’occasion manquant, le paue vre Philippe ne te fatiguera plus de ses prévenances quotidieunes et peut-être finire.5-il per comprendre qu’il n'a au.
cune churce de te plaire,
—Souviens-ioi que ton père a fait promettre à Mme Vernière que lorsque nous serions installés au Parc, elle y viendrait passer quelque temps avec nous.
—Tant mieux, car il lui serait impossible, là-bas, de ne pas s’apercevoir de l'entente exisiant entre Henri et toi...
Elle verra que vous vous aimes et elle renoncera à ses projets... D'ailleurs ai elle ne voyait pas, je me chargerais, moi, de iui ouvrir les yeux,
—Comme tu arranges bien tout cela, toi ! ;
* Oise occco er OUisocosos 00 181880- MO taire... Le principal est de décider mon père
à nous emmener au plus vite au Parce Seint-Maur ...... De cela aussi, je me Charge... Tu sais le proverbe... Ce
‘que flemme veut, Dieu le veut,.....je tà-
cherai de jui donuer raison une fois de plus, ;
—Quand parleras, ta À ton père ? de.
manda vivement Aline.
—Je n’en sais rien, puisque j'ignore
quand ii viendra ici, mais je lui écrirai
en sortant de table, et justement voilà :
le déjeuner qui sonne,
Ea effet les sons de la cloche appe-
laient à ia salle à manger les habitants de la villa de Neuilly, Les deux amies rejoignirent Mme Vernière qui venait à leur rencontre, Après le repas Mathilde monta dans
sa chambre et, ainsi qu’elle l'avait dé.
oidé, écrivit à son père.
enr + TR nenes RErSne E
Nous prions nos lecteurs de vouloir jen nous accompagner rue de Verneuil aus le cabinet de travail du grand
chef du service des informations et renseignements de l'ambassade d’Allcmagne,
Assis et renversé en arrière sur le dose sier de son large fauteuil, derrière yn bureau ministre chargé de papiers et de brochures, le baron Guillaume Schwartz fumait un énorme visare, tout en caressant de la main gau © £a belle b:rbe blonde en éventai.
Debout en face de lri, un grand gaillard en petite livrée du bon faiseur ge tenait debout, humble et respcotueuz, dans l'attitude du soldat Prussien de.
vant le sons officier instructeur,
C'était le valet Poméranien que nous avons vu rue de la Victoire ;au service du magnétiseur qui croyait pouvoir compter absolument sur sou dévouemeni et ss discrétion,
—J'ai lu avec attention Votre rapport, lui dieait le baron Schwartz entre deux bouflées do fumée, j'ai besoin que Vous me donnies des détail: précisant les faits dont vous avez été témoin.
— Que monsieur je baron veuille bien me questionner... répondit le Poméranier.……..t8rilme semble que je n'ai
rien à ajouter aux termes de mon rap:
ort,
: —C'est bien Robert Vernière qui est venu ches le docteur O’Brien ?
—C'est bien lui..Je ne pouvais me tromper puisque 53 le connaissais de longue date,
. Et cette femme, cette aveugle, qui venait consulter la somnambule ?
—L’ex-gardienne de Pusine de Ri.
chard Vernière,
—Et c’est après avoir reçu cette fem.
me qu'il a pris subitement Ja résolu.
tion de quitter Paris ?
Le soir.-même il nous annonçait son départ, et le lendemain matin nous étions payés et congédiés.
—Sans avoir pu vous assurer si ce dé.
part était vrai ou simulé et quel en était e motif ?
—Les pottes du cabinet du docteur étant hermétiquement closes, j'ai vai.
Rement essayé d'entendre ce qui se di,
sait entre jui et Mille Mariani.…., Je n'ai pas pu saisir un seul mot, mais je crois que le départ était parfaitement réel... La clientèle diminuait, l'argent devenait rare,..….La Marianni s’ennu.
yait.....Mon ci.devant maître avait'cer.
tainement envie d’allertenterla fortune eurs,
— Mais cette enfant accomnagnant l’a.
veugle...., Cette enfant endormie, cette enfaut lucide, et qui semblait bouvoir dénoncer l'assassin de Richard Verniè- 17, ne serait.elle as Pour quelque chose dans ce départ précipité ?
—de ne sais Pas, mais j’en doute,
— Pourquoi ?
— Parce que l'enfant e aveugle sont
6 Us AVE reçu une jolie Prime et Nathan Levy, le grand banquier qui nous est tout dévoué, vous à ProCuré une place excellente cù vous Pourres nous être utile. N’oublies pss les recommandations qui vous ont été faites,
’exercer une hez l'officier
san — C’est bien cela... ne rp rien de vue, et surtout ne n ’exäminer a jetés au panier... .On de précieuses découver çais sont si légers !
— J'ai apporté dans cette grande enveloppe, plusisura de ces papiers.
e les étudierai…. Continuez à en faire provision.
ox Monsieur le baron peut comptersur
—Je n’ai pins besoin de vous, Her.
wann.
Prene: ces deux louis, mon brave gar.
ÇON,... v00000 84 n’oublies Pas que si vous me voyes en visite chez votre nouvean
ariani..….., Je mot, mais je parfaitement uait, l'argent anni s’ennu.
ître avait'cer.
iter la fortune
moagnant l’a.
dormie, cette blait pouvoir hard Vernièuelque chose
n doute,
a grand’mère
nt-Ouen, un bon serous en sou.
çu une jolie grand ban.
oué, vous a cù vous , N'oubliez ui vous ont
bxercer une ez l'officier omme valet se nationa.
dur la Fran.
> de fausses spondance ible, ce qui ent intéres.
‘erdez pas gliges pas ers froissés ouvent, là Les Fran.
rande eniers.
uez à en 1wpter sur ous, Her.
brave gar.
> si vous nouvean
louis, salua respectu du cabinet à reculon
baron Guil
Celui-ci jeta un co 6 de son cabinet.
lle marquait neuf heures.
Puis ilse mit à consulter des et poire des notes,
teurs, £n recevant cette lettre Robert 8’6tait dit :
—d'irai demain,
com-
quiet de cet appel menaçant, il se décida,
Son espoir ne fut point déçu, Un fiacre passait à vide, Il y monta et donna l'ordre de le con.
uire au quai Malaquais et de l'arrêter au coin de la rue des Saints.Pères, e là, par prudence, il irait à pied rue de Verneuil,
La voiture éteit découverte et le che.
val filait bon train. |
Renversé en arrière et recayant les re50n8 du soleil déjà chaud, Robert réfléchiseait à Je visite qu'il allait faire,
À peu près à la hauteur de l’Arc de Triomphe il croiea un Jandeau de la
°mpagnie générale attelé de deux che.
Vaux,
Très précecupé il ve vit p “ homme dort le uste émergeait du ca.
dre de la clace baissée, et qui Ini £ jeait Î8t © de ia tmain,
oint ün
Le Pomérarien empocha les deux
eusement et sortit 8, POur ne point illaume
up d’œil sur la pen.
—Viendra-t.il ce matin ? murmura.
maître......je dois être ur inconnu Pour | Sa voiture filait toujours, vous, ea + k Le landau s’arrêta brusquement et —Je n'oublie jamais rien, monsieur le tourna bride. arun,
L'homme
de l'intérieur avait dit quelques mot sait,
8 au cocher qui le condui.