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J6 prendrais... mais
usate les mains, je dois vous l'avouer, j'ai peur. Ce bijou... à Moins qu'il ne fût un joy-
o le......devait sortir de chez «ts Un bijoutier de France ou de l'étranger,
QUI, si on le lui présentait, le reconnat: L'entrée principale de ja RU trait et désignerait l'acheteur, Daniel Sayanne s’ouvrait sur l'avenue Aussi ne voulant rien négliger, l'idée | 4 Nor d
une co. Villa, bâtis entre Une grande cour Pie exacte du cachet et d’envo er un vunée et plantée de vieux arbres, et jé0nt sûr et adroit montrer cetts Copie + Un jardin qui pouvait pas
circonstances, cela réussissait tous les Précédent propriétair 6 à qui Daniel l’a. Ours avec des photographies de crimi. | Vait achetée, nels, d
OnC cela pouvait réussir encore, Cette construction moyenâgeuse,
- | bien qu’on pût discuter la pureté de son
style, faisait bon effet dans le Paysage, 1 ne s’occupait que du résultat possi. Une grille courante en fer forgé fer. e. cour,
mait la Henri, nous l'avons dit, attendait son Derrière cette grille oncle à ia gare,
feuillages Persisiants, ertistement ton.
ur avoir achevé son service du ma. f
Un à l’hospice des Quinze. Vingts, et dé. Un large escalier jeuné Succinctement, le jeune homme | marches conduisait à 1
8 t rendu au domicile Particulier | donnant accès dans un vestibule très du chirurgien en chef de l'hôpital Saint | élevé, aux boiseries s Louis, le docteur Sermet,
ressé par Mme Vernière, par Ma. | tes pièces
du rez-de-chaussée, salon, ilde et par Aline de tenter le plus tôt salle, à man
ger, salle de billard, biblio.
ible de rendre la vue à Véronique | thèque et fumoir.
lier, Henri venait demander au chi. Au premier étage, rurgien des renseignements sur la natu. | ments Complets, celui d ; i lessure ayantame. | ne et celui de Mathilde. Aline, comme i à Paris, OCCupait une chambre commu.
lui et à laquelle la blessée devait pro. | niquant avec celle de Mathilde. bablement ja vie, ‘ ) il du juge d’ins.
docteur connaissait bien Henri | truction était séparé de
Savanne, , coucher par un petit salon, Il l’acoueillit avec 1
I à plus grande bien. Le second ét veillance, répondit à toutes ses ques. Premier, Henri ÿ avait sa chambre. tions et conclut en affirmant
deux apparte. 6 Daniel Savan.
qu’il ne Au troisième, desservi Par un esca.
croyait pas au succès de la tentative | lier spécial logeait le personnel. dont il Jui parlait, et il appuyait son o. Les écuries et leg remises... inocou. binion sur des ralsonnements scientifi.. | pées Puisque Daniel Savanne n'avait ni ques de la plus haute Vaieur, Chevaux ni voitures. . «étaient instal. Henri, lui, ne conc!rait pas. lées à gauche de Ja Cour, auprès d’un Il vouiait étudier de nouveau, et de petit pavillon servant de demeure aù près, le cas de Véronique, Avant | jardinier-gardien de la villa d’en parler à son chef de clinique, L'avenue
du Nord est Percée parallè.
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lement à la Marne dont elle est distante de deux cent cinquante ou trois cents mètres et sur des terrains beaucoup plus élevés que le niveau de la rivière, audelà de laquelle on aperçoit la plaine de Champigny, les coteaux de Chenne.
vières et de Villiers,
Le jardin..…..nous l'avons déjà dit.
descendait jusqu’à la Marne, se termi.
nant par une plate-forme, reposant sur un mur de soutènement et ombragé par un double rang de marronniers magni-
D ue grille sert de clôture à cette pla.
te-forme à gauche de laquelle s'élève un kiosque rustique à toit de chaume et à droite un petit chalet surélevé de quelques riarches et comportant deux pièces au rez-de-chaussée et antant au premivr étage. il
Les fenêtres de ce chalet s'ouvrent sur la Marre, au milieu de grands arbres.
A lui muraille du fond s’adosse un han.
gar fermé ou, l'hiver, on remise le ca.
not qui se balance en été sur les eaux vertes de la rivière et sert aux promenades presque quotidiennes que fait faire sou à sa cousine et à Mile Aline Ver.
nière,
Les deux jeunes tilles, en revenant à cette villa où, depuis leur enfance, elles avaient passé de si douces heures, se sentaient allégées, illeur semblait qu’elles avaient un poids de moins sur la poitrine.
Mme Vernière trouva la propriété charmante,
Mathilde la lui fit visiter en détail et la pria de désigner l’appartement qu’el.
le voulait habiter, offrant de lui céder celui qu’elle occupait avec Aline,
Amdlie refusa de changer quoi que ce fût aux habitudes det deux amies et choisit un des coquets petits apparto.
ments du second étage.
Lorsque Daniel et son neveu arrivè.
rent à la villa, les installations étaient achevées et le dîner se trouvait prêt.
Après dîtier on descendit faire un tour sur les bords de la Marne dont les eaux calmes réflétaient les étoiles, et chacun
régagna, vers dix heures, sa chambre respective, L'ATETIENT
Le lendemain, de bonne heure, Hen.
ri partit pour aller à sa clinique où son service le réclamait chaque jour,
Il devait revenir déjeuner à midi au Parc Saint.Maur.
Daniel Savanne passa une partie de la matinée dans la bibliothèque, à met.
tre en ordre les papiers apportés par lui,
S'étunt mis en règle au Palais pour pouvoir passer trois jours francs à la campagne, il voulait profiter des trois jours d'isolement en étudiant de nouveau les pièces de l'instruction de l’af.
faire de Saint-Ouen. Den
En s’excusant auprès de Mme Vernière de ne pas lui tenir compagnie, il ajouta que Mathilde et Aline, et Henri aussitôt qu'il serait de retour de Paris, le remplaceraient avantageusement,
Mathilde avait donné au jardinier l'or.
dre de mettre à l’eau le canot de promeuade.
Elle comptait bien que son cousin, dans l'après-midi, leur ferait faire un tour en Marne, l’une de ses distractions favorites,
Du reste elle aurait pu avec l’aide d’Aline, suppléer au besoin le jeune
omme, car toutes deux, dès longtemps habituées à manier les avirOns, ramaient comme de vraies canotières,
Son espoir ne fut point déçu.
Henri revint déjeuner à la villa, et parla le premier de conduire Mme Ver.
nière et les jeunes filles jusqu’au pont de Chennevières, à travers ces ïilots charmants dont le soleil printanier ac.
on prit le chemin de la partie basse du Jardin,
Henri se munit des avirons. restés 8Ous le hangar et suivi d’Aline, de Mme Vernière et de Matbilde, qui por.
tait le gouvernail, ouvrit la grille don.
nant accès sur le quai,
Nos personnages allaient se dirigez vers le petit embarcadère où le canot était amarré, quand Henri s'arrêta brus..
quement.
res, sa chambre ICT
in6 heure, Hen.
clinique où son que jour, uner à midi au
une partie de ae à nee apportés par lui, au Palnis pour urs francs à la ofiter des trois udiant de nou- ‘uction de L’af.
de Mme Ver.
* Compagnie, il Aline, et Henri tour de Paris, ageusement,
u jardinier l'or.
canot de pro-
1e son cousin, ferait faire un ses distractions
pu avec l’aide soin le jeune dès longtemps rOns, ramaient re
ers ces îlots printanier ac.
Avanne, qui ne 16 de rester son travail, et rtie basse du
virons- restés d’Aline, de ilde, qui Le a grille don.
nt se diriger où le canot s'arrêta brus..
En face de l'escalier de bois cor. duisant de la berge au canot et verdi par les grandes eaux de l'hiver,ce trouvait un bateau plat attaché à une longue et que perche plantée dans le lit de la ri.
vière,
A l'arrière de ce bateau, un homme était assis devant un chevalet supportant une toile où se voyaient ébauchées les premières lignes d’un paysage.
Cet homme, à cheveux blancs et à barbe blanche, coiffé d’un chapeau de paille à larges bords destinés à le pré.
server des rayons du soleil, paraissait très absorbé dans l'occupation de pré.
parer sur sa palette les tons qui devaient être ceux du ciel de son étude.
En entendant ouvrir la grille il inter.
rompit son travail et se retourna.
En voyant des dames, il salua,
On lui rendit son salut et il sa; remit à sa besogne.
Le canot dans lequel allaient monter les habitants de la villa Savanne était élégant, solide, et d’assez grandes di.
mensions pour pouvoir contenir huit personnes,
Du reste, aucun danger d’aucune sorte n’était à craindre, car à son habi.
leté de canotier Henri joignait beaucoup de calme et de prudence.
Il accrocha le gauvernail, borda une paire d’avirons et fit descendre les da.
mes.
Alles doucement, leur recommanda:t il......méfiez-vous des faux pas...il est inutile, malgré le soleil, de prendre un
in qui serait complet, car l'eau est profonde ici,
Le peintre murmura entre ses dents, sans qu’on pût l’entendre :
Quatre mêtres, j’ai sondé,
Mathilde s’assit au gouvernail.
Mme Vernière et Aline s’installèrent sur la banquette du milieu,
Henri détacha l’amarre, prit les avi.
rons, et les maniant avec une maëstria consommée, manœuvra pour gagner le milieu de la rivière,
Le peintre les regarda s'éloigner, puis
‘il tourna ses regards vers l'endroit que
le canot venait de quitter, —Bien gênante cette embarcation embossée à cette plate-forme... .grom.
sa ce
mela-t-il entre ses dents... mais on pourra s’en débarrasser, ..,., Que Ro.
bert réussisse ce que je lui ai commane dé de faire, peu importe le reste...
Ce sont des obstacles de peu d’igmpor.
tance... .., Pour le moment je sais ce que je voulais savoir... La grille s’ouvre pour laisser passer les promes neur.........On doit laisser la clefà por.
tée de la main, dans le kiosque dont j’aperçois le toit de chaume, ou sous le hangar qui sert à remiser les AUTÈS J’ai vu ce que l'on fait quand on sort...
— Il faut voir maintenant ce qu’on fait quand on rentre... J'ai trouvé le meilleur moyen de surveilance qu'on puisse imaginer. ..... La peinture a du bon quelquefois.......même quand elle est mauvaise... comme Ja mienne .....J6 ne demande plus qu’une chose,
c'est que le beau temps continue...”
sans cela mes séances de paysagiste de.
viendraient non seulement désagréables mais inutiles,
Le canot conduit par Henri venait de disparaître derrière la pile qui soutient le pont du chemin de fer de Ceinture,
Le peintre, dans lequel nos lecteurs ont certainement reconnu le magnéti.
seur O'Brien sous une forme nouveile, détacha de la fiche plantée dans le lit de ls Marne la corde qui retenait son bateau stationnaire et, à l’aide d’une gaffe il le poussa vers l'embarcadère de la villa Savanne,
Quand il l’eut atteint il examina mie nutieusement les pieux qui soute.
naient la plate-frrms et les marches de
’escalier,
Le bâti quoique assez fort pour ré.
sister aux crues hivernales, était 6lé.
y Mmentaire.
Des rondins de sapin, des traverses un peu rongées des clous rouillés, des étais dont les vis jouaient dans le bois fatigué, démontraient qu’il faudrait peu de travail à un homme adroit pour que tout s'écroulât sous le poids d’un corps de pesanteur ordinaire,
Cet examen terminé :
| ne fragile, tout cela !—murmura.
Etilramens son bateau à la
qu'il occupait un instant auparavant,
puis il reprit ses pinceaux et continua à ébaucher son cielet les masses principales de son paysage, en 8e disant :
—Quand ils reviendront, il faudra qu'ils voient que j'ai travaillé et que je ne suigpoint installé là pour observer ce qui se passe,
O'Brien n'avait aucun talent, mais ses
pinceaux couraient prestement aur la toile et il pouvait passer pour un 8mateur. / Arrivés au pont de Chennevières les promeneurs avaient abordé et s'étaient rendus au village pour visiter la ferme où 8e trouvait pendant le siège vingtquatre ans auparavant une batterie formidabie établie par les Prussiens et me- "7 toute la bouche de la Marne.
Jette visit: accomplie, et après s’être rafraichis dans un petit restaurant devant lequel ils avaient amarré leur embarcation on remonta dans le canot.
Cette fois Mathilde et Aline prirent chacune une paire d’avirons, et ce fut Henri qui se mit à la barre, :
Les deux jeunes filles maniaient les rames avec un ensemble parfait et le canot avançait rapidement.
On eut vite atteint l’escalier du débarcadère,
—Le peintre est toujours là—dit à voix basse Mme Vernière.
On accosta.
Cette fois O’Brien ne bougea pas.
Il se contenta de prêter l'oreille, en ayant l'air absorbé dans sa besogne,
Henri enchaîna le canot, le cadenassa et, montant sur la plate-forme, fit descendre d’abord Mme Vernière et Aline.
Mathilde lui passa les agrès.
—Tu as la clef de la grille lui demanda-t-elle?
—Oui,—j'emporte tout cela.—Je laisserai la clef dans la serrure, —tu fermeras derrière moi,
—Mais où faudra-.t-il mettre la clef ?
Avec celle du cadenas, sous le hangar comme d’habitude,—Prends la peau de mouton du siège d’arrière.
Henri avait chargé les agrès sur 80n épaules ;—il mit le gouvernail sous s0n bras gauche et il alla ouvrir la grille.
Mme Vernière et Aline, passant les
ponton remontèrent lentement vers a villa.
Le fils de Gabriel Savanne les rejoignit bientôt avec sa cousine qui venait de refermer la grille derrière elle et de les clefs sous le hangar.
O'Brien n'avais pas perdu un mot de porter ce qui s'était dit,
Pour le moment il en savait assez,
Li plia son bagage de peintre, terma ga boîte à couleurs, détacha son bateau, prit ses rames et remonta vers le Parc- Saint-Maur, où il aborda en face de l'6 tablissement d'un marchand de vinsrestaurateur qui lui avait loué pour quelques jours le bateau qui devait lui servir — disait-il — à faire, sur la Marne, des études de plein air.
Après avoir serré son outillage chez le restaurateur, il se dirigea vers le chemin de fer qu’il traversa, et prit le chemin de \ qu’il avait louée.
Retoufhons à l'usine de Saint-Ouen,
Claude Crivot, quoiqu'il se montrât ardent au travail, toujours souriant, n’en était pas moins fort préoccupé de l'avenir.
Les dangers qui s’accumulaient autour de son complice et qui, par COne tre-coup, le menaçaient lui-même, lui causaient une véritable épouvâänte, et les raisons qui faisaient tremb'er Robert le faisaient trembler lui-mêm:
L'intervention d’O’Brien re {#pirait qu’une confiance très :14.:36, et d'ailleurs l'Américain consentirait-il,— même alléché par la promesse d'une très grosse somme,—à supprimer Véronique Sollier ?
Et il creusait son cerveau pour y trouver une combinaison qui put assue rer leur salut au cas où le magnétiseur reculerait devant l'énormité du crime.
Certes, il était capable... lui, Grivot de commettre personnellement ce crie me. Mais à quoi bon se rougir les mains si on pouvait faire autrement À
Seulement, comment faire ?
Et il cherchait toujours,
Brusquement, une idée lui traversa l'esprit,
Il venait de trouver le moyen qu'il cherchait, et Robert ne pourrait que
| l’approuver.
res rente
t vers
rejoivenait et de
not de
eZ,
terma )ateau, Parce le l'6é- ) vinspour ait lui a Mar.
e chez le chele che-
Juene
naonträt uriant [ upé de
nt au- Ar CONe me, lui nte, et Pobert
spi 36, et ait-il,— > d'une aer Vé-
pour y t ASsUe nétiseur | crime,
Grivot
ce crie es mains
traversa
en qu’il rait que
sens river etre.
Mais Robert n'avait point paru ce jour-là à l'usine et il ne pos lui fai.
n projet qu’il Donc il fallait attendre au lendemain,
eue passerait pas deux jours entiers sans venir don.
ner le coup d'œil du maître aux travaux
Te part immédiatement venait de Concevoir,
Assurément le fratricid
de l’usine,
En quittant O'Brien à Joinville.le.
Pont, après la longue entrevue à 1a.
Philippe, en revenant de l’usine, lui rendit compte dece qui s'était passé dans
la journée.
De ce côté aucune préoccupation n'6.
tait à craindre pour lui, Tout marchait
au gré de ses désirs.
lendemain, de grand matin, il par-
tit pour l’usine avec son beau.fils,
Le jeune homme semblait triste, et cette tristesse n’échappa pointau mari ie.
d’Amé)
—Tu sembles sombre, chagrin, lui dit il... pourquoi ? Est.ce qu’il ya dans nos affaires quelque chose qui n'aille pas
Comme tu le voudrais,
Philippe, ainsi questionné à l'improvis.
te, devint très rouge.
Il hésita un instant avant de répon-
—Non, certainement, mon ami, il n’y
a rien, balbutia.t.il enfin,
bert avsit constaté son trouble et
son hésitation,
—Eät-ce bien vrai, cela ?
] reprit:
—Mais, je vous assure,
—Tu m'assures d’une façon qui me confirme dans l’idée que quelque chose te tracasse, Est.ce à l’usine ?
—Nüullement,
—Tu n'as eu aucune difficulté avec des ouvriers et des contremaîtres (|
—Pas la moindre.
—Avec Claude Grivot ?
— Pas davantage, Je ne reçois de tou.
tes le:
8 personnes qui nous entourent, !
1e des témoignages de respect et de évouement,
—AÂlors je ne m'explique pas tes airs soucieux, Est.ce le départ de ta mère qui t’assombrit ainsi 9
—Un PU...) OÙ soso répondit
le jeune homme en rougissant de nou.
veau,
Pour la seconde fois cette rougeur frappa Robert,
—(Qh loh!fit.il en souriant, j'avais tort de m’alarmer, Ta tristesse est de celles\ qui ne doivent inspirer aucune ine quiétude, je la comprends,
eue Comprenez.vous donc ? balbu.
tia Philippe en regard"; timidement son beau.père,
—Je te le dirai si tu me promets de
me répondre avec une entière franchi.
—Mais,
—Voyÿons, mon cher enfant, je suis ton ami, que diable, Presqué ton père, et tu peux bien faire de moi ton conf.
dent..,.. Ce n'est pas seulement je départ de ta mère quite met du noir dans l'âme..……....à Côté d’elle il y avait ici deux jeunes filles charmantes...
Tu es jeune aussi, et l'amour naît facile.
lb dans de jeunes cœurs. J ’ai deviné
ein
Le ton de bonhomie avec lequel par.
lait Rcbert Vernière enhardit Philip.
pe.
—Eh bien ! oui, murmura-t-il, vous à.
ve deviné.
—Parbleu ! l'évidence s'imposait, et j'aurais dû deviner plutôt ! Mathilde
Savanne, n’est.ce.pas ?
Philippe secoua la tête en entendant son beau-père prononcer le nor de Ma.
| thilde Savanne,
—Non, répondit-il,
Robert frissonna.
Le fils de sa femme allait.1l donc ai mer sa cousine par alliance, la fille de son frère assassiné pas lui ?
—Aline ? s’écria.t.il d’une voix un peu tremblante,
—Oui, Aline. Fe
Une sugur, légère moullls jes tempes
du fratricide mais il se ressaisit vivement.
—Aline sait-elle que tu l’aimes ? de.
manda-t-il, —Non.
—Ta mère connaît-elle les sentiments que t’insipire ma nièce } —EÆt elle les approuve ?
—Je le crois.
ND pli se creusa sur le front de Rort.
—Pourquoi ne m’en at-elle pas parlé fitil ? . s —Elle attend sans doute que l'avenir de notre usine soit absolument assuré, que vous me jugies capable de vous seconder utilement, et qu’enfin je vous paraisse apte à faire un bon mari.
Robert répliqua :
—Tu es encore bien jeune pour pren dre femme, pour devenir père de famil.
le, mon cher enfant.
—J’ai dix-neuf ans passés —Et à dix-neuf ans, tu te crois un homme fait ? —Sans doute, si j'ai les qualités 56.
rieuses et la raison d’un homme, —C'est bien. ...Nous irons dimanche passer la journée au Parc Saint-Maur, cles M. Savanne, et je causerai avec ta sig de ce que tu viens de m’appren-
Le visage de Philippe devenait radieux,
Il était certain que sa mère plaiderait 88 Cause avec une éloquence entraînan.
te, et qu’elle la gagnerait.
L'entretien qui précède avait eu lieu pendant le trajet de la villa de Neuilly à Saint-Ouen.
La voiture qui amenait les deux hommes fit halte à la porte de l'usine.
Robert regagna immédiatement son cabinet pour y dépouiller sa correspon.
dance, tandis que Philippe allait s'ins.
taller dans une pièce qui lui était réser.
vée et qui communiquait avec la salle des dessinateurs, il examina avec attention des plans qu'il avait, la veilleau matin, donué l'ordre de tenir
ge :
PrRioignant alors son beau-père ils visitèrent ensemble les ateliers où se pré-
paraient les livraisons qui, dans le courant du mois suivant, devaient être fai.
tes pour la marine en gare de Toulon,
Claude Grivot vint à leur rencontre, toujours respectueux comme il avait l’habitude de l’êtfe vis-à-vis de Robert et de Philippe de Nayle.
Celui-ci ne pouvait soupçonner l’inti.
mité secrète existant entre ces deux hommes unis par le crime,
—Où en est-on pour les obus nouveau modèle ? demanda Robert.
—Les modèles sont terminés, répon.
dit Grivot.
—ÆEt notre mitrailleuse de campa-" gne ?
—Sera prête dans quelques jours.
—Prête pour les expériences ?
—Oui, monsieur,
—Occupe-toi de rédiger une notice.
explicative sur ces deux engins, dit Ro.
bert à son beau.fils, et que rien ne trans.
pire de ce travail, ajouta-t-il,
—Il me manque quelques derniers renseignements, répliqua le jeune homme, mais ce que vous me demandes sera prêt avant le jour où nous devrons nous présenter à la commision d'examen à l'Ecole de Fontainebleau.
—Hôâte-toi, mon enfant... il y a.
dans cette affaire de mitrailleuses...…, outre la question de patriotisme... Ma.
xime est notre concurrent, ne l’oublions pas.........il faut que nous ayons de l'a.
vance, beaucoup d’avance.
Grivot, venez dans mon cabinet, j'ai à.
vous parler.
Robert quitta les ateliers, suivi da contremaître,
Le cabinet du patron, adossé à la mu.
raille d’enceinte, était muni d'ane dou.
ble porte rendant impossible d'enten..
du dehors, même en ayant l'oreille au guet, un seul mot de ce qui se disait à ’intérieur, "
On ne pouvait pénétrer que lorsque:
Robert, prévenu par une sonnerie élec.
trique, avait fait jouer, depuis le bureau devant lequel il étalt assis, un ressort:
fermant la double porte.
Aussitôt qu’ils furent seuls, Claude prit la parole.
— {1 me tardait de te voir arriver ce matin, ditil,
8 le cou- ; être fai- Toulon, encontre, il avait e Robert
er l’inti.
25 deux
nouveau 3, répone | CAMpPA-”
Ours.
e notice :, dit Ro. ne trans-
derniers ne homndessera ons nous Kamen à
.lya.
USE... 600 Deo000 bd ’oublions 3 de l’a.
Let, j'ai à.
suivi da
à la mu.
ane doud’enten...
eille au disait à
lorsquerie élecbureau:
\ ressort:
, Claude
river ce
* —As-tu donc quelque chose de grave à m’apprendre ?
—Non, mais j'ai à te parler d’une idée qui m'a traversé l'esprit.
—Relativement à nos inventions ?
—Relativement à nos intérêts.
—Dans l'usine ? Hors de l’usine, i—Laisse-moi d’abord t’apprendre que j'ai vu O’Brien.
—Eh bien ?
—Ebh bien, il accepte.
m1] se charge de faire disparaître l’a.
veugle ? :
—QOui, Mais cela coûtera cher, “ —On n’achète jamais trop cher la tranquillité !
Enfin, combien 1 .
’ai promis un million.
Grivot sursauta, &—Un million ! s’écria-t-il, ah ça! es.
tu fou ?
—Tu viens de dire à l'instant qu’on rh jamais trop cher la tranquilli.
—A toute chosily a des bornes !
d’ailleurs, où prends-tu le million promis.
—Ce n’est pas moi qui le payerai,...
—Qui donc ?
—L'Allemagne ? :
—Comment l'Allemagno ?
—Ecoute-moi,
—Eh parbleu | je t’écoute, mais que le diable m'emporte si je te comprends
“ Tu as promis un million, me dis.tu, et c’est l’Âllemagne qui payera,
—Oui, si je lui livre le secret de nos nouvelles mitrailleuses et de nos obus au fulminate de mercure,
laude Grivot devint un peu pâle,
—Tu ferais cela ?
—Pourquoi non ?
. “ Oublies.tu donc qu'il y a quelques Jours tu me disais : 4 Nous sommes pris dans l’engrenage, il ne faut point y
ser nos têtes, Qu'importe un crime de plus ? Coûte que coûte allons jusqu’.
au bout | ”’
. “ Ce n'est pas nous qui faisons la des.
tinée ! Lorsque, dans la soirée du ler Janvier, nous sommes entrés ici pour y prendre l'argent de mon frère, ni l’un ni l'autre nous n'avions pensé de tuer,
et la meilleure de toutes les preuves, c'est que je n’avais pas d'arme sur moi |
“ Le hasard a voulu que Richard ren.
tre trop tôt... Son retour nous per.
dait..…...un revolver se trouvait sous ma main, je l’ai pris et j'ai tiré, tan lis que de ton côté tu faisais feu sur Véro.
nique appelant à l’aide !
à “ Après le vol, l'assassinat et l’incen.
ie!
“ Aujourd’hui nous sommes des crimi.
nels qu'on cherche partout ! l’échafaud nous attend... Pour que nous n’ay.
Ons plus rien à craindre dans l'avenir u faut qne le présent anéantisse le pas-
# Le passé, c’est Véronique Spollier...
c’est le cachet laissé dans ses mains...
c’est cette petite fille qu’un autre qu’.
peau pourrait interroger et faire par.
“ Le présent, c'est mor VAI.
lemagne qui sait que Robert Vernière et Claude Grivot sont les auteurs du triple crime de Saint-Ouen, L'Allemagne qui peut nous dénoncer à la justice françai.
8e et nous perdre. Elle 86 taira gi j'ac- Cepte ses offres, Elle fera plus que se taire, elle nous soutiendra gi nous avons besoin d’être SOULENUS,.... LE présent
mement, je toucherai trois millions, dont l’un ira dans les mains d’O’Brien, qui pour ce prix, fera disparaître Mar.
he, Véronique, et cachet maudit, Ce n'est pas payer cher un pareil résul.
tat ! Û
—Tu as été mandé chez le baron Schwartz ?
—Hier, C'est là que j'ai connu le plus terrible des dangers qui nous menacen et que la proposition dont je viens de te parler m'a été faite.
—Tu as accepté ?
—J'aidemandé unmois pour réfléchir, Mais c'était inutile, mes réflexions sont faites,
—Tu es décidé à subir les exigences de l’Allemagne ?
—Jesuis décidé à tout pour sauver nos têtes... En échange de deur for.
mules la Prusse payera trois millions
0’Brien agirs, et, nantis des deux mil.
lions restants, nous laisserons mon beau fils à la tête de cette usine se débrouil.
ler comme il pourra, et nous irons planter notre tente ailleurs,
—Ailleurs, le soupçon nous suivra...
—Le soupçon sans preuves n’est rien. ’
Eh bien ! tu as raison, PANIERS est notre unique planche de salut. Li.
vre-lui les secrets, mais contre argent comptant,
—Sois tranquille .. j’agirai et je prendrai mes mesures de manière à ne pas être compromis vis-à.vis de la France, Si l'accusation doit se produire, elle tombera sur d’autres qui seront hors d’état de prouver qu'ils ne sont point coupables.
—Quand O'Brien doit.il agir ? ,
Le plus premptement possible... Son action est subordonnée à l'exécution de certaines mesures que je dois prendre ou Li prendre relativement à Mme Sole
er,
Claude, la tête basse, le front pliasé, réfléchissait.
—Qu’as-tu donc ?..lui demanda Ro.
—J’ai que je crois qu’en ce moment nous marchons encore dans le vide...
| qe rien de tes intentions et de celles
e l'Américain n’est bien précis, bien arrêté, et qu'avant que vous soyez arri.
vés au point terminus de vos projets il Peut survenir une catastrophe qui démolira tout et nous enverra faire un VOyage que nous ne désirons ni l’un ni
l’autre.
—Bref, tu as peur!
—Je suis comme toi, je tiens à ma Peau et je ne me sens pas rassuré par VOs combinaisons qui me paraissent d’u.
ne solidité douteuse.
—Trouve mieux ! dit Robert sèche.
ment, ik
—J’ai peut-être trouvé.
—Explique-toi,
—Pour m'expliquer il faut que je fasse un détour, mais, rassure-toi, il ne se.
ra pas long. M. Daniel Savanne éprouvait pour ton frère une grande affection n'est-ce
—Une affection de frère.
—À.t-il re dresse sur ta.
nièce ? Porté cette ten
—Îl aime Aline comme si elle Stait sa fille, et serait prêt pourelle à tous les sacrifices,
—À tous les sacrifices ?
—J'’en réponds ! et si nous n’étions Pas veuus en France si ma femme ne 8’était pas occupée d'assurer l’avenir de cette enfant, je suis certain qu’il aurait fait pour elle ce qu’il ferait pour sa fille, Oui, il aime Aline autant que Mathilde, et celle-ci regarde Aline comme sa sœur.
—Crois.tu que M, Savanne soit un magistrat intègre ?
—Quelle étrange question.
—Fais-moi le plaisir de répondre.
— Certes, oui je le crois!
—Et moi, je l'admets, mais si cette Aline, cette enfant pour laquelle il se.
rait prêt, dis-tu, à tous les sacrifices, 6.
tait menacée dans son honneur ou dans celui de l’un des siens, et s’il lui suffi.
sait de fermer les yeux pour empêcher ce déshonneur, crois-tu que son affec.
tion quasi paternelle l’emporterait sur son intégrité de magistrat.
Tu me poses une énigme dont je demande le mot,
Claude Grivot continua :
— Enfin ,crois-tu que la tendresse de Daniel Savaune pour Aline Vernière serait asses forte pour l’amener à sauve.
garder ta nièce, s'il fallait pour cela re.
noncer à punir les auteurs du crime de Saint-Ouen,
Robert attachait sur Claude ses yeux brillants de fièvre.
Tu ne comprends pas ? reprit le con.
tremaître,
—Moins que jamais !.., répondit Ro-
ert.
Comment l'affection de Daniel Savanne pour la fille de mon frère pour.
rait-elle, de ce magistat esclave de ses devoirs, inflexible, incorruptible, faire notre complice, car s0L silence, s’il con.
ueait les criminels, serait une complicité,
—Il suftirait pour cela que ton beaufils devienne le mari d’Aline Vernière,
—Philippe 1 11..,,,,s'écris le fratrie cide.
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Eu prononçant ce nom, le misérable songeait à la confidence que, quelques
instants auparavant, il avait arraché au fils d'Amélie,
Il ajouta :
—Philippe épouser Aline !
—Mon Dieu, oui 1.....,Tu vois comme c'est simple !,..... J’accepte toutes tes Combinaisons et celles d'O’Brien..…… ..
j'adinets qu'elles réussissent, mais celle que je te propose couronnera l’œuvre.
en nous assurant l’impunité définitive.
Que ton beau-fils devienne le mari de
Mlle Vernière, une fois ce mar iage conclu...mariage peur lequel M. Savanne, comme subrogé-tuteur de ta nièce...
aura donné son assentiment, je le défie.
rais bien, s'il recevait une dénonciation appuyée de preuves, d'agir contre nous, sans reculer devant le scandale écrasant dont sa chère pupile serait la première victime !...Il fermerait volontairement les yeux et les oreilles, et l'affaire serait C. (:] Pistes Comprends-.tu maintenant,
Oui, Robert comprenait.
Certes le raisonnement de Claude é.
tait infâme, mais il était en même temps d’une logique absolue,
A coup sûr le juge d’instruction n’au.
rait pas le courage de frapper Aline en plein cœur en lui apprenant le nom de l'assassin de son père, et en envoyant à lPéchafaud le fratricide,
—Tu as raison, dit Robert après un silence,
—J'en étais sûr d’avance, reprit Clau.
de Grivot, Pour m’approuver il suffisait de me comprendre. Alors tu acceptes
mon plan ?
—Oui,
—Voilà donc le mariage décidé en principe ; mais n’y aura-t.il pas des obgtacles à renverser ?
—Lesquels ? Si Daniel Savanne est le subrogé-tuteur d’Aline, moi je suis son tuteur... Le conseil de famille sait combien de preuves de dévouement et d’affection j’ai donnés à cette enfant. .
J'en donnerai une nouvelle en la ma.
riant à mon beau-fils, qui est un char.
mant jeune homme ot qui sera très ri che... Décidément ton idée est ad.
mirable !,.... O’Brien agira de son côté, NOUS agirons du nôtre par le mariage de Philippe et d’Aline, et mon traité d’al.
liance avec le baron Schwartz paiera les violons de la noce |! L'avenir redevient radieux |
L'entretien fut interrompu par le timbre électrique résonnant dans le cac binet,
Robert fit aussitôt jouer le ressort qui déterminait l'ouverture de la double porte,
Philippe entra,
Il venait soumettre à son beau-père les dessins d'importantes pièces de mé6canique que la maison devait exécn.
ter,
Les trois hommes s’occnpèrent des affaires de l’usine.
Notre brave ami, Magloire le man.
chot, malgré toutes ies démarches que nécessitait sa prise de possession de l'hôtel meublé et du restaurant de la mère Aubin, et son mariage qui devait Coïncider avec son entrés en jouissance de l'établissement, Magloire, disons.
nous, avait trouvé le temps d'aller visi.
ter le commissaire de police de Saint.
Ouen et le maire de la commune, afin d’être appuyé par eur ‘ans la demande d’autorisation de 1.2: mettre, non à Marthe trop jeune..….….mt.is à Véronique Sollier, sa médaille de musicien ambulant, qui lui permettrait, sans risquer d’encourir des protès-verbaux de contravention, de parcourir avec l’orgue et la petite fille tous les villages du épare
‘tement de la Seine.
Grâce à ses recommandations puissantes l’autorisation demandée ne s’6tait pas fait attendre,
La médaille, sans changer de numéro d'inscription avait tout simplement changé de titulaire.
Véronique se sentait heureuse, qhenr elle et pour sa mignonne Marthe, de la situation indépendante qu’elle devait au dévouement de l’honnête garçon au
| Cœur d’or qu'on nommait toujours à
Saint-Ouen : “ Magloire ie joueur d'or.
gue, ”
Mais je ne suis plus joueur d'orgue!
s'écria-t-il quelquefois avec une colère simulée des plus comiques....., J'ai cédé mon instrument et ma clientèle à maman Véronique et sa petite-fille ! Je deviens un homme établi, logeur, restaurateur, mastroquet, marchand de soupe et de petits verres, mais ne débi.
tant plus de sons. ;
Ce facile calembour avait le don de faire rire ses auditeurs.
Uu beau matin les clients habituels, en arrivant déjeuner, s’uperçurent que l'enseigne n’était plus la même que la veille,
Au Ileu de ces mots : À LA MERE AUBIN, on lisait en grosses lettres,
À LA JOUEUSE D'ORGUE Restaurateur.— Vins, — Liqueurs.— Cubinets de société.—Salons pour noces et repas de corps.