ANCIENNE MAISON AUBIN MAGLOIRE SUCCESSEUR
On applaudit à cette modification radicale et l’ex.établissement de Mme Aubin ne fut bientôt plus appelé que le restaurant de la joueuse d'orgue,
Le mariage de l'ancien marsouin allait avoir lieu dans quelques jours.
Les bancs étaient publiés, les invitations faites,
Plusieurs des ouvriers de l’usine Vernière, habitués de la maison Vide-Gousset et le vieux Simon en tête, seraient au nombre des convives,
Le manchot devait bien à Vide.-Goûs.
set, on en conviendra,
Quant au bon ivrogne il ne regrettait pas un moment de s'être dépossédé, au
rofit de Magloire, de son billet de la oterie de l’Orphelinat des Arts.
—Mieux vaut que ce soit lui que moi !
Je me connais, j'aurais tant bu que je m'en serais fais mourir !
Nous écrivons: mourir, mais Vide- Gousset se servait d’un mot plus énerique.
Chaque matiu Véronique partait en tournée avec l'orgue et la petite Marthe, mais elles avaient dû changer leur itinéraire, ;
Les premières journées du printemps tout neuf étaient splendides,
Les villas inhabitées pendant l'hiver faisaient une toilette plus hâtive que de coutume pour recevoir leurs propriétai.
res avides d’air pur et des bons rayons du soleil
Véronique et sa petite-fille n'avaient plus de jours fixes pour passer dans tel ou tel village,
Là où elles comptaient ne rester qu’ une heure, il leur fallait rouler l'orgue.
orchestre de rue en rue et de maison en maison, pendant la journée entière.
Et les piécettes blanches tombaient sans cesse dans les mains de Marthe qui, après avoir vendu avec entrain ses bonnes aventures aux amateurs, chantait d'une voix frêle, mais très juste, les chansons que son bon ami Magloire lui avait apprises, et qu'accompagnait l'orgue dont Véronique tournait la manivelle.
Leur petit magot grossissait chaque jour, et la grand’mère le voyait s’arrondir avec une joie facile à comprendre.
—Je ne suis plus jeune...se disait.ele le, et j'ai eu beaucoup de chagrins...s Ça use....…Je ne durerai peut-être plus bien longtemps... AVEC quelque ar< gent d’avance, Marthe, qui est intelli.
gente. ‘rouvera toujours moyen de se tirer \ affalf@...s Certes, 8i je n'étais plus . 1 près d'elle, Magloire ne l'abandonne: it pas ; de ce côté-là, je suis bien tranquille, mais il vaudrait mieux qu’elle pât rester entièrement indépendante et n’ayant besoin de personne,
Tout en pensant sagement c:8 choses Mme Sollier ne pouvait oublier le passé et elle ajoutait avec un gros soupir :
—Mon enfant serait riche si M. Ri.
chard Vernière vivait encore, et je mourrai peut-être sans avoir pu venger sa mort.
Venger Richard 1... Faire payer au meurtrier l'assassinat d'un honnête homme et la ruine de Marthe, Ce rêve obgédait Véronique et troublait le some
ique partait en : Mite Mardû changer leur
ées du printemps adides,
| pendant l'hiver lus hâtive que de leurs propriétai.
des bons rayons
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rs moyen de se rtes, si je n'étais loire ne l'abancôté-là, je suis vaudrait mieux rement indépenn de personne, ement c:8 chosen t oublier le passé gros soupir :
riche si M, Rit encore, et je avoir pu venger
… Faire payer au ÿ d'un Ponnste Marthe, Ce rôve troublait le some
meil de ses nuits, malgré son existence relativement heureuse,
t souvent, en csusant avec Magloi.
re, elle était prise de rage à la pensée de son impuissance 1, L'idée surtout qu'aveugle elle ne pourrait recon.
naître le meurtrier de son roctecteur, si le hasard La mettait en face de lui, l’attolait,
Eile avait répété au manchot son entretien avec Daniel Sayanne et v’inter.
rogatoire qu’elle s'était vue dans la né.
pers # de subir relativement au père de
the,
Magloire,,,, nous le savons depuis longtemps, était doué d'un esprit très droit et d’un bon sens solide.
Aussi lui avait-il répondu :
—Un aveu ne vous aurait conduit à rien d’utiie pour la fortune de la petite, et vous aves bien fait de garder ie secret comme vous l’avies promis... Je com:
prends que de toute votre Ame vous dé.
siriez la Vengeance, et je ne la désire Pas Moins que vous, mais souvenes-vous que J6 vous le disais autrefois, s'appuyer sur la police et ia justice, c’est s'appuyer sur Uné branche fragile qui vous ciaque dans la main,
Lis font ce qu’ils peuvent, parbleu! les policiers et 1es magistrats, mais ils ne peuvent pas tout, Si la vengeance doit venir, ce sera le hasard qui {’aménera {........il 686 si malin, le hasard 1... Quand l’écheveau paraît embrouilié, à ne s'en désemberiiticoter jamais, crac !
Il amène, et le débrouille, Ayes donc contiance en lui et prenez ;:':en.
ce ! fin attendant rien ne vous an quera, je vous l'ai dit et je vous le redis, et quand Magloire a donné sa parole, c’est solide et bon teint, je vous en fiche mon biliet,
Sachant que le manchot avait tou.
jours eté de bon conseil, Véronique s'6.
Valt un peu rassurée, et le soir en s’en.
dormant, elle murmurait :
—Li a raison ! Si ia vengeance doit ve.
air, je ne peux, maintenant, l’attendre que du hasard |
Ps
Daniel Savanne, nous ie savons déjà
s'était ménagé deux on trois jours de repos pour s'installer à ia villa du Paro Saint-Maur. :
Le samedi, il s'était rendu au Palaie afin de preadre l'air du parquet, et il a
vait fait une courte apparition à son Cabinet de juge d'instruction et jeté un coup d'œil aux dossiers entassés sur son bureau,
En sortant du Palais, avant de reprendre ie chemin de la cam agne, Il Passa ches le ,joailier du quai des Orfé.
vres Chargé par lui d’exéouter une 00e pie du cachet accusateur,
Uette copie était prête, et Daniel res.
ta stupéfait de la perfection du travail et de la tidélité de l'imitation en voyant les deux bijoux à côté l’un de l’autre,
Il était à peu près impossible, à moins d'un examen minutieux, d'une étude à la loupe, de distinguer le modè.
le à La copie. :
Le temps lui manquant pour faire cette étude, il fallut que le joaillier lui désigaât l'original,
—L0.ame je pourrais me tromper en.
core...lui dit M. Savanne....mettes, je Vous prie, au modèle un signe quelcon.
que rendant toute erreur impossible.
L'orfèvre noua un fil de soie vlanche autour du cou du lion d'argent. Voilà ce que vous demandes, fit-il,
Daniel paya le prix réclamé et eme porta les deux objets, ;
Ea arrivant à la villa il monta droit à son appartement, se débarrassa de différents papiers apportés du Palais et développa les joyaux......le faux et le Vl'Ai.eovesses QU'ON AVait entouré, avec soin
d’une quadruple feuille de papier de 8oie,
El plaça l'original dans le tiroir de son bureau, et il laissa la copie, bien en vue sur le bureau même, en se disant :
—L'ayant sous les yeux, je ne l'ou.
blierai pas lundi au moment de mon départ, et je tiendrai in main à ce que Berthaud, muni de ce bijou, se mette immédiatement en campagne,
Ua venait de sonner le diner,
Daniel descendit au salon où on l'at.
tendait,
Un 8e mit à table, La journée avait été très chaude pour
| me chantes]à ? fit.
\ accent bien mar.
vérité, mon petit algré tout ton es.
tu ne devines rien, uvre les yeux et
élatione.
arqué, à la villa de 8 de Philippe de p.
tremarqué cela...
‘a mère, Philippe sverances, de soins le j'ai trouvé cela
es, 8’il n’y avait d'amitié, mais ce le l'amitié que le éprouve pour mon bien de l'amour e Nayle à mar.
t Mme Vernière ,n'a qu’un rêve s à celle qui est ta
Mathide, tu es
, et si raisonnais.
rendrais que ce 1possible.
‘ncore ses vingt:
jeune fille à cet > plus tôt, mais une homme de-
le 7 > n’est pas dans:
dis que Philip.
e s'en est aperçue à point osé t'en ent de retenue ans la crainte de Quant à Mme tent elle a des ’ils n'expriment sée, la laissent.
> aime passion.
st bien nature
ma parole et m'a donné
mais cette tendresse maternelle ne vise
rien moins qu’à battre en brèche ton amour et celui d’Aline.........Je t'aflirme qu’elle n’a qu'une idée en tête, ce ma-
riage, et qu’elle fera tout au monde paur y arriver.
Henri, les sourcils fron cés, réfléchit pendant quelques secondes, puis il ré.
pliqua :
— Songer à un marirge pareil, ce se.
rait insensé ! Deux enfanis |
—Je ne discute en ve moment ni les
ossibilités ni les im ossibilités, reprit athilde,.....Je te préviens tout simple.
ment de ce qui se asse, de ce que nous AvOns constaté, Aline et moi, Tu es ae verti, à toi de veiller, u
— Aline est ma fiancée. Aline a reçu la sienne...
Elle sait qu’elle peut avoir confiance en
moi, et ma confiance en elle est sans rnes,
—Tu as raison, mais Aline est plus faible que tu ne le crois.
Ces derniers mots jetèrent un peu d'inquiétude dans l'esprit du fils | e Ga.
briel Savanne,
—Même en admettant qu’Aline soit faible... urmura-t-il,. elle n’'oserait se parjurer..,.— D'ailleurs elle m'’ai.
me...
—Oui, certes, et de toute son âme...
Mais elle: prévoit qu'un jour prochain peut-être, Mme Vernière et hilippe s’ouvriront franchement à elle et elie a peur...
—Peur de quoi ?
Peur de blesser, de désespérer par un refus ceux à qui elle 8 voué une profon.
de affection et une reconnaissance sans
rnes....et qui sait si, trop faible pour dire résolument : Non ! e le ne ge sacrifierait point elle-même en accep.
tant par reconnaissance un mariage qui ne serait point selon son cœur.
—EÆt elle me sacrifierait en même
temps |!
— La faiblesse explique bien |'«s cho.
ses
—C'est Aline qui t'a dit cela !
—Nos,— seulement je vois tout, j'en.
tends tout, je comprends tout... Fais ton profit de mon avertissement,,, à toi de veiller, je te le ré ète, mais reste calme, songe que je Pa 4 Sans cesse auprès d’Aline et que tu as en moi un attre toi-même... C’est moi qui ai eu l’idée de décider mon pére à avancer de plus d’un mois son départ Pour la campagne afin que nous puissions quitter Neuil'y sans le moinüre retard... J'ai réussi...
Philippe, ne voyant plus Aline chaque Jour, se consacrera tout entier au tra.
vail, et peut-âtre oublier «t-il l'effet que ‘MOn amie a produit sur lui. . tout au moins que cet eftet s’atténuera.. Je sais bien qu'il a Mme Vernière ÿ mais, sois tranquille, si quelque chose de nouvé an, et d’inquiétant pour toi se produisait, je t’avertirais comme je viens de t’aver.
—Abh ! dit Henri dont la voix frémis.
sante trahissait une colère contenue...
il faut que mon mariage avec Aline ge fasse le plus Pr'omptement pcssible |
—Ne précipite rien... Point de folie surtout. Songe qu’il n’y a nullement pé.
ril en la demeure.
—Je l'espère bien, mais je ne veux pes, tu entends, je ne veux pas que Phi.
ippe parle d’amour à ma fiancée !
— 1 ne l'a jamais fait.
—Il peut le taire, et c’est déjà trop.
—Pbilippe est amoureux, mais très jeune et trés timide comme il l’est, il n’oserait pas,..Je te dis qu'il faut, quant à présent, te borner à deux choses, à la surveillance et à l’expectative... Atten.
dops...Je m’arrangerai pour que Philip.
pe 2e puisse avoir aucun entretien en tête à tête avec Aline.. S'il avouait son amour à ta fancée, ce serait en ma pré.
sance, et compte sûr moi pour lui ré.
pondre à sa place 1... Maintenant, chut; plus un mot à ce sujet., Voici mon père qui rebrousse chemin...Nous allons ren.
trer...Ne te mets point martel en tête si tu ne veux pas me donner le regret d’avoir parlé, Daniel Savanne, en efet, revenait sur ges pas, Henri et Mathilde attendirent qu'il les rejoignit avec Amélie et Aline, et les ri apes n'en formèrent pius qu'un seu
‘On rentra dans le petit parc, Mathilde fermait la grille qui s'ouvrait en face de l’embarcadère du canot, et reporta la clef à sa place habituelle, sous le hangar où elle l’avait prise.
waLa jeune fille souhaitait vivement se trouver seule avec son amie.
Le moment désiré arriva enfin.
—Henri est prévenu...dit.elle à la fil le de Richard Vernière en l’embrassant -tendrement, ne t'inquiète de rien ! Nous veillons !
Invités à venir passer la journée du dimanche à la villa Savanne, Robert et son beau-fils étaient partis de Neuilly dès sept heures du matin. 4
Une voiture de grande remise était commandée depuis la veille.
Le cocher qui connaissait parfaitement les environs de Paris avait déclaré qu’il faudrait environ une heure et de.
mie pour aller de Nenilly au Parc Saint
aur,
Ils seraient donc arrivés vers neuf heures chez le juge d'instruction,
. L'impatience de Philippe était gran.
—1l allait revoir sa mère, et, en mé.
me temps, celle qui, depuis qu’il l'avait vue pour la première fois, restait sans cesse présente à sa pensée,
Robert, ... mais pour une autre caue re pas moins impatient que
Il allait pouvoir commencer la mise à exécution du plan conçu par O'Brien, et il se sentait décidé, quoique ne connaissant point le menu, le fond de la pensée de l'Américain, à lui obéir en toutes choses,
En même temps il songeait à l'idée émise par Claude Crivot, de faire de tte de Nayle, son beau.fils, le ma.
ri d’Aline Vernière, et de forcer ainsi le magistrat, si la vérité se faisait jour, à laisser le crime impuni pour sauvegarder l'honneur du nom de Vernière,
Ce serait donc le salut assuré,
A neuf heures et demie précises la voiture s’arrêtaii avenue du Nord, de.
vant la grille qui s’ouvrait à deux bat.
tants pour la laisser passer, et condui.
sait les nouveaux venus jusqu’au perron de la villa,
Sur la plus haute marche se trou.
vaient Mme Vernière, Aline, Mathilde et Henri Savanne,
Daniel, ne croyant pas que ses hôtes arriveraient d'aussi bonne heure, travaillait dans son cabinet, et s'absorbait à ce point dans son travail qu'il n’en.
tendit ni la grille s'ouvrir ni la voiture rouler sur le sable de l'allée circulai.
re, Ce fut Mathilde qui reçut Robert et
son beau.fils, Henri restait un peu en arrière,
Préoccupé par les confidences que sa cousine lui avait faites la veille au soir, il observait Philippe.
Celui-ci, après avoir embrassé sa mè.
re, s'approcha d'Aline, et en jui serraut la main, pâlit et rougit successivement.
La jeune fille ne semblait guère moins embarrassée que lui, Il y avait de la gène, de la contrainte, dans son attitude.
—Mathilde a raison, se dit Henri. Il l’aime ! cela saute aux yeux !......Come Lt ne m'en suis-je pas aperçu plus tôt
Robert! avec un merveilleux empire sur lui-même, dissimulait ses préocou.
pations obsédantes,
. —Monsieur Savanne est-il absent f...
demands-t.il à Henri,
—Du tout, cher monsieur, répondit le jeune homme.....Si mon oncle n’est point là pour vous recevoir, c’est qu’il ne croyait pas que vous quitteries Neuil.
ly de si grand matin etne vous atten.
dait guère avant dix heures et demie...
Il travaille certainement dans son cabi.
net comme il le fait chaque jour, même le dimanche, jusqu’au moment du dé.
jeuner,
” —Ne pourrions-nous lui serrer la main sans le déranger de ses travaux 1
Il les autait quittés déjà s'ils se doutait de votre arrivée.. LULII7I] Voulez-vous me permettre de vous conduire auprès de lui ?
—Je vous en prie.
ü Henri Savanne guida Robert et Phi.
ippe jusqu'au premier ê Où se trou.
vait Vonr lant de 69 4 ec lé.
er, et condui.
usqu’au perron
rche se trou.
line, Mathilde
que ses hôtes ne heure, traet s'absorbait ail qu'il n’en.
ni la voiture allée circulai.
ut Robert et
arrière.
lonces que sa veille au soir,
brassé sa mè.
en jui serraut ccessivement, it guère moins wait de la gé.
son attitude, dit Henri. Il ux loose COMe
aperçu plus
leux empire ses préocou-
il absent !..,
r, répondit le oncle n’est , C’est qu'il tteries Neuil.
vous atten.
et demie...
ans son cabi.
» jour, même sent du dé.
i serrer la 8 travaux Ÿ ’ils se dou.
Voulez-vous luire auprès
ert et Phi.
» Où se trou.
el, frappa lé.
LH à l’huis du cabinet de tra.
vail,
—Entres ! fit le jeune homme,
—Mon cher oncle...dit le jeune hom.
me en ouvrant la porte,,,,,. voici M.
Vernière et M. de Nayle qui viennent te serrer la main.
Le juge d’instruction s'était levé pré.
cipitamment et allait, les mains ten. dues, au davant de ses hôtes.
—Oh! mes amis...s'écria-t.il avecunac.
cent de sincère amitié...pardonnez-moi, je vous en prie, €e ne m'être point trouvé là pour vous recevoir...Je ne vous espé.
rais pas sitôt....Encore une fois pardonnez-moi !....Inutile de vous affr.
mer, n’est.ce pas, combien je suis heu.
reux de vous voir,
— Nous n’interrompons point un travail urgent ? demanda Robert,
— Pas le moins de du monde,.....Rien ne me presse, je vous assure, et si je travaille ce matin, c'est par habitude...
Acsseyez-vous un moment, je vous en prie... Nous irons faire un tour, tout à l'heure avant le déjeuner... Vous verrez combien le pays est charmant.
Daniel et Henri avaient avancé des sièges auprès du bureau qui se trouvait placé presquo au milieu de la pièce.
Robert, en s’asseyant, y jeta un coup d'œil furtif.
Tout à coup il tressaillit.
Il venait d’apercevoir le cachet lais.
sé par lui entre les mains de la gardienne de l’usine de Saint-Ouen, pendant la nuit du premier au deux janvier,
La preuve de son crime était là, en pleine lumière ?
Ii n’aurait qu’à étendre le bras pour la saisir, pour la faire disparaître, et il serait sauvé — croyait-il — car il ignorait qu’il n’avait en ce moment sous les
yeux qu'une copie, dont le juge d’instruction possédait l'original,
Mais Daniel et Henri étaient en face de lui. : $
Philippe occupait le fauteuil voisin du sien. à
Le vol du bijou était impraticable en ce moment, mais le misérable savait du moins où ce bijou £e trouvait,
Soudain une effrcyable épouvante s'empara de lui,
Un péril immédiat le menaçait, et le plus terrible qu’il fût possible d’imagi.
ner,
Philippe de Nayle connaissait ce joyau, qui venait de son père,
Si son regard tombait sur lui, il le reconnaîtrait, et ne manquerait pas de demander :
—Comment donc le cachet de’ mon beau-père se trouve-t-il là 7...
Alors ce serait l’écroulement, la fin de tout I— Il ne lui resterait plus qu’à se brûler la servelle pour échapper au châtiment,
Pendant quelques secondes Robert
ut agité d’un tremblement nerveux, "we sueur froide mouilla ses cheveux,
Maîs il se rassura vite,
Un gros volume à tranches multicolores se trouvait placé sur le bureau de wanière à cacher le bijou aux yeux de #hilippe, et d’ailleurs le jeune homme, s’absorbant dans la pensée de son amour pour Aline, n’accordait, aucune attention aux objets qui l’entouraient,
Néanmois Robert brûlait du désir de quitter la pièce où ilse trouvait en entraînant s0n beau:fille,
La réalisation de ce désir ne se laissa point attendre.
Le son d'une cleche retentit,
Daniel Savanne se leva,
—Cette cloche nous invite à aller péter une légère collation, dit-il, ie
éjeuner est pour midi seulement, et, comme vous aves fait ce matin un petit voyage, vous devez mourir de faim,
On sortit du cabinet et Robert remar.
qua que Daniel ne fermait point la por.
te à clef,
C'était bon à savoir, et à apprendre à 0’Brien qui voulait être exactement ren seigné.
La collation fut courte.
Aussitôt après, les dames se retirèrent pour changer leurs costumes du matin contre des toilettes du jour, Daniel invita ses hôtes à visiter en dé.
tail Ja propriété.
Robert examinait tout et gravait tout dans sa mémoire,
Le petit parc était admirablement planté et par conséquent ombragé.
On pouvait, depnis la terrasse bor-
dant la Marne, arriver jusqu’à l'habita.:
tion par des sentiers Couverts, sans être vu.
Ceci frappa tout Particulièrement le fratricide,
En faisant de nombreux détours on atteignit la partie basse de la proprié.
té,
Robert désigna de la main le pavillon le droite,
— Voilà un bien joli chalet, fit-il, une Trétraite adorable Pour un travailleur sé.
rieux, détestant le bruit,
— Henri l’habite quelquefois pendant les grandes chaleurs... répondit M,
Vanne.......il y fait plus frais que dans la villa, à Cause des grands arbres du Voisinage de la rivière,
—Donc, ie chalet est meublé,
— Oui, et très corfortablement, Vous alles voir,
Henri, sur un signe de son oncle ge
irigea vers le Chalet, ouvrit la porte, puis les fenêtres, et Poussa les persien.
nes,
On entra,
La pièce principale du rez.de-chaus.
860 était meublée d’un grand divan Pouvant servir de lit au besoin, d'une table, d'un buffet jet de quelques sièges recouverts en cretonne à grandes fleurs,
—C'est presque une chambre à cou.
cher, dit Ribert,
véritable est au Premier étage et la fenêtre s'ouvre sur la Marne, répliqua enri,
—C'est ravissant | un isolement com.
pue Par conséquent un calme pro.
ond !
—Oh ! le calme le plus absolu, sauf 1e dimanche où Jes Promeneurs parisiens les pêcheurs Patients envahissent les rges, à peu près désertes pendant la maine,
le de clôture et demanda :
di quelle route s'ouvre cette gril.
le
pt tete nf
—Sur le quai de Marne, juste en face de nôtre canot.
—Ah ! vous faites du canotàge,
—Oui, mais surtout pour romener Ma cousine et Mile Vernière, qui cet.
te distraction plaît beaucoup.
Ouvre donc, dit Daniel Savanne à son neveu,
Henri alla chercher sous le hanger la clef de la grille, nous le Savons et ou.
vrit la grille,
Les avirons des Canotiers, frappant la rivière en cadence, faisaient jaillir de larges gouttes d’eau que les rayons du soleil irisaient de mille feux,
a s'était avancé sur la berge jusqu’.
au petit embarcadère que nous avons décrit et où le canot de nromenade était amarré,
A vingt pas de là le bateau plat daus lequel Mme Vernière, les deux jeunes filles et Henri avalént constaté ]a pré:
Pre jeta sur lui un rapide coup œil,
Malgré la Perruque et la barbe blan.
ches, il reconnut V’Brien et pensa :
i —-Il veille, on Peut avoir confiance en ui!
Au bruit des voix le Pseudo.peintre s’était retourné,
Il échangea uu regard avec Robert et
nade 1 s'écrit, Le à la fois légère, élégante et solide,
ER ben bis D Dé bent of fe
sense
Ep pe
Le, juste en face
Canotâge,
pour promener 1ière, à qui cet.
Coup.
| Savanne à son
us le hanger la savons et on.
| s’avancèrent ges déjà bien TS COuvraient
| par de nom.
, frappant la nt jaïllir de 8 rayons du
le dimanche 8 l’afirmait ais pendant
rge jusqu’.
nous avons Lenade était
à plat dans eux jeunes at6 la pré.
[ Ou trois à la même S0n poste,
vide coup be blan.
ensa :
nfiance en o.peintre Robert et le canot.
promes 8 légère,
—Je regrette que nous ne uissions Vous en faire profiter aujourd’hui... dit Daniel Savanne..…. C'est un mauvais jour.....,La Marne est encombrée d’une population aquatique singulière.
ment tapageuse.........Mais j'espère que Vous viendres nous voir de temps en temps-pendant la semaine, et Henri se.
ra heureux de visiter avec vous tous les exquis du tour de la Marne.
— Voilà un plaisir qu’il me serait très
agréable de partager... affirma Robert, “,—Qui pourrait vous en empêcher ? fit Daniel. La maison vous est ouverte et nous serons toujours heureux de vous y recevoir ; venez avec M, Philippe y passer tous les moments de liberté que Vous laissera l’usine de Saint-Ouen.
Merci mille fois de cette si gracieuse invitation, répliqua Robert,
—Elle est faite de bon cœur,
— Nous l’acceptons de même et nous en profiterons aussitôt que les travaux de l'usine nous le permettront,
Ces paroles avaient été prononcées assez haut pour que l'Américain les en.
tendit depuis son bachot,
On rentra dans le petit parc eton 8e
irigea vers l'habitation où ces dames, assises à l'ombre sur la tetrasse, atten.
daient le retour des promeneurs,
Henri et Philippe avaient pris les devants,
Robert se trouvent un peu en arrière Par conséquent isolé avec Daniel, en profita pour lui demander :
—Avez-vous quelque chose de nou.
veau au sujet du crime de Saint-Ouen ?
—Hélas ! non ! —répondit le magistrat —et s'il ne s’agissait de venger votre frère, qui fut mon ami, je me laisserais aller au découragement le plus complet et je demanderais au pro.
Cureur général de me reiever de mes
Onstions, car je doute moi-même! — Le souvenir de Richard, du père de notre chère Aline, m'ordonne d'aller jusqu’au bout, et puis, ayant commencé l'affaire j'aurais l’air de déserter gi je ne continuais pas. Mais vous devez com.
prendre combien sont cruelles pour moi
toutes les déceptions qui viennent de .
succéder dans cette malheureuse ins-
instruction que js souhaitais si ardeme ment voir aboutirl.... —[mpossible ee fairo un pas en avant! Tout m’é chappe !
— Ainsi, vous n’espéres plus rien ?
—J'espère quani même... contre toute espérance,.....Ou plutôt, non, je mets mOn suprême espoir dans le bijou abandonné par l'assassin aux mains d’une de ses victimes Qui sait si ce bijou ne me guidera pas ? Le crime est trop hideux pour que la justice de Dieu ne livre point les coupables à la justiee des
‘hommes !
Robert, en écoutant parler le juge d'instruction, pensait :
Puisque le bijou dont il parle est son nos e poir, bientôt il n’espérera
us !
; On allait arriver à la terrasse,
Daniel et Robert hâtèrent lepas et re.
joigair ent les jeunes gens,
Das choses importantes au courant desquelles O'Brien désirait être mis a vaut d'agir, Robert en connaissait déjà deux,
Il savait où se trouvait la breloque accusatrice et il avait la certitude de Pouvoir venir s'installer à la villa Savan… ne pendant plusieurs jonrs, quaad les circonstances rendraient .sa présence nécessaire,
Maintenant il ne lui restait plus q décider Henri Savanne à opérer Véroni.
que Sollier, afin d'attirer celle-ci dans la demeure du magistrat qu’elle viendrait certainement habiter avec sa petie te.tille pendant les quelques jours pré.
cédant l'opération,
Ceci était le plus difficile,
Le misérable comptait bien cepen.
dant arriver à ses fins,
Aussitôt qu'Henri aurait cédé à ses instances, auxquelles sans l’ombre d’un doute, Amélie, Aline et Mathilde join.
draient les leurs, il songerait à mener à bien le mariage de son beau.fiis avec la fille de Richard.
nee 1 f Fa !
Al!
fi
du côté d’Amelie il ne trouverait aucune opvorition. aucune résistance,
Quant à la volonté d’Aline, il ne s’en préoccupsit même pas.
Il était le tuteur de Ja jeune fille, elle devait lui obéir.
D'oilleurs i] semblait invraisemblable que Philippe ne lui parût point char.
mant, et qu’elle ne fût pas séduite par le titre de comtesse.
Robert regardait comme la chose du monde la plus facile d’amener Ja con.
versation eur Véronioue Sollier et sur l'opération à tenter...Il lui suffirnit de poser une question à Daniel ou à son neveu pour que l'entretien prit le tour qu’il désirait. 1
Robert ne voulant rien brusquer. is jugea bon de n’aborder ce sujet qu'aprè le déjeuner. ;
En sortant de la salle à manger, Ma.
thilde donna l’ordre de servir le café sur le terrasse d’où on domivait le cours sinueux de Ja Marne étincelante et où ces messieurs pourraient fumer à leur aïse,
On s'installa donc autour d’une table rustique et Daniel offrit des cigares à ses hôtes,
Robert jugea le moment favorable.
—Cher monsieur Henri...dit.il au file de Gabriel... où en êtes-vous de vos é.
tudes relatives à l’ancienne gardienne de l’usine de mon pauvre frère, de cette brave et digne femme aui, par un sen.
stiment de disnité exagérée peut. être.
mais à coup sûr fort honorable, a refusé nos offres.., Combien il serait à gouhai.
ter aue vous puissiez lui rendre la vue,
—J’ai étudié beaucoup ce qui concer.
ne son cas particulier,.....répondit le jeune homme. ...., et j'étudie enco.
re...
—Vous n’aves point abandonné la pensée de tenter sa guérison ?
—On ne renonce pas à l’idée d'une cure qui peut faire tant d’honneur à ce.
lui qui la réussirait, mais au moins faut.
at quelque chance de suc.
— Et vous ne les entrevoyesz pas ?
—Je ne dis point cela..…...Je ne fais en ce moment que répéter les opinions émises dans la mémoire du docteur
Sermet......….J’ai examiné Mme Sollier et ma conviction est Join d’être, faite...
—La possibilité du succès soulève des doutes dans mon esprit, et je cher.
che s’il existe un moyen de tourner les difficultés presque insurmontables que j'entrevois
—le docteur Sermet n’est point un oculiste,..…..... fit observer Daniel, Sa.
vanne. pe
—Et je me souviens.......ajouta Robert,....de vous avoir entendu nier ga re ag en cette matière si délicae.
— Je l’ai niée en effet, et je la nie en.
core... J'ai étudié son mémoire au point de vue de Ja belle opération qu’il a faite comme chirurgien, afin de me convaincre que cette opération, magis.
tralement conduite et savamment expliquée, n'avait 1686 aucun dea organes auxiliaires dela vue, Il conclut par l'af.
firmative,
—Y croyez.vous ?
—Te n’ose.
—Pourquoi ?
—Parce que je crains que le trèa dis.
tingué chirurgien en chef de l’hôpital Saint-Louis ne se soit trompé dans ses appréciations... Je crains que les nerfs
optiques n'aient été intéressés, etque la :
cataracte quicause Ja cécité ne soit point une de celles dont .On vient à bout facilement... J'étudie tous les effets des traumatismes expliqués par nos maîtres, et je ne trouve chez eux AUCUN exemple de cette cataracte dou.
ble qui existe chez Véronique Sollier, Bref, ce que je croyais possibla il y a quelques jours, me semble aujourn’hui bien dangereux à tenter.
— Vous doutez de vous ?
—Franchement, oui,
—Âlors que ferez.yous ?
—Ce qu’on doit faire dans le doute, s'abstenir.
Je m’abstiendrai,
Daniol Savanne intervint :
—Je comprends......dit.il qu’à ton & ge, et n’ayant pas joint beaucoup enco.
re la pratique à l'étude, tu sois hésitant
als pourquoi ne consulten.tu pas tes maîtres, tes professeurs ?...Pourquoi ne demandes-tu pas consail an chefds ch.
Mme Sollier l'être, faite.
soulève des etje cher.
» tourner les ontables que
et point un Daniel Sa.
L mail
ajouta Ro.
ndu nier sa re si délica-
je la nie en.
mémoire au ration qu’il afin de me ion, magis.
mment exlea organes lut par l’af.
le trèa disle l'hôpital 6 dans ses ue les nerfs
68, etquela
té ne soit n vient à ie tous les liqués par chez eux racte dou.
ue Sollier, le il y a ujourn’hui
le doute,
u’à ton &- JuD enco- 5 hésitant 2 pas tes urquoi ne efde ch.
à nique des Quinze-Vingts....Celui.là est
uneautorité de premier ordre.
—Certes | Mais je ne voudrais le con.
sulter que quand ma conviction sera faite. '
— Vous êtes trop hésitant ! s’écria Ro.
rt... Songes donc à la joie que nous éprouverions tous si, par vous, cette pauvre femme recouvrait la vue LE — Songes que votre oncle n’a plus d’es.
poir qu’en elle pour retrouver les assas.
sins de Richard 1 11...,.. Elle seule pourra guider la justice en reconnais.
sant le misérable contre lequel elle a -
lutté 1... Si elle reste aveugle, il fau.
dra renoncer à venger mon frère, à venger le père de notre chère Aline ÉTÉ Ce serait désespérant et je refuse de l’'admettre | Henri vous tenterez l'im.
possible... — C'est pour vous un de.
voir !
—Monsieur Vernière a raison appuya
niel.
— Nous vous prions. ... Nous vous sup plions, mon ami....ajouta vivement A.
lin
Amélie et son fils prirent la parole à leur tour, et eux aussi pressèrent le jeune homme avec une nouvelle insistan.
ce,
—Quelle reconnaissance nous vous devrivns ! dit Philippe, et, Pour vous, quel-triomphe !
—Nous aurions ainsi payé à cette pauvre femme une dette d'honneur, fit Mme Verniére..…., De tous les biens qu'on lui pourrait offrir, la vue serait pour elle le plus précieux, et c’est à vous qu’elle le devra,
Certes, Henri ne demandait pas mieux, en somme, que de céder à ces instances,
Ce serait, en cas de succès, une glorieuse étape dans la carière qu'il avait choisie et où il comptait bien arriver au premier rang,
Mais il fallait réusair, etil ne se sentait pas sûr de lui.
Je verrai mon professeur, dit:il, enfin......Je le consulterai.. seue Jement, ne nous trouverons-nons pas en face de difficultés d’une autre nature que celles dont je vous ai signalé l’exis.
ténce,
--Lesquelles 1....lui demanda Ro.
bert
— Véronique Sollier, après toutes les aporéhensions que l'on a fait naître dans son esprit, ne refusera.t.elle pas de se laisser opérer ?
—Non, si vous lui affirmez que ses appréhensions sont sans fondement et que la réussite est certaine,
—Le traitement prépuratoire devant précéder l’opération sera long.
— Qu'importe ?
—Il faudra qu’elle passe quinze jours au moins, trois semaines peut-être à l’hôpital, et je suis sûr que, même pour recouvrer la vue, elle ne consentirait pas à se séparer si longtemps de Marthe, sa petite-fille,
— Nous vrendrons lenfant avec nous répliqua Mme Vernière.
—Elle refusera,
—Que faire alors ? dit Aline.
. 1 me semble qu'il existe un moyen bien siple de tonrner la difficulté...
insinua Robert,
— Et ce moyen ? demanda Henri,
— Avec l'autorisation de votre oncle, qui, j’en suis convaincu, vous l'accorde.
mettre ici même Mme Spollier au traitement préparrtoire.
—Ioi ? 3
— Oui, De cette façon, elle se trouve. rait sans cesse sous vos Yeux et elle aurait auprès d'elle, outre sa petite-fille, trois gardes-malades qui lui prodigue.
raient les soins les plus assidus et les plus affectueux.
. — Si cela peut déterminer laccepta.
tion de Véronique, je cunsens de grand Cœur fit le magistrat,
—Opérer Mme Sollier dans cetté villa murmura le jeune homme,
.—Pourquoi non ? répliqua Mme Vernière. N’auries.vous Pas ea nous des ai.
des posent
ve ne repousse pas l’idée en .cipe ...... dit Henri n....mele où Le rions-nous loger l’aveugle et sa petite.
fille ?......11 me faudrait de l'ombre beaucoup d’ombre...des fenêtres sur A le ie donne le moins Dos.
19e, ef des volets pouvant @ l’obs.
curité complète, dé no lobe
1 }—Eh ! s’écria Robort, mais c'est tout trouvé, cela | \ —Tout trouvé 1... répéta Henri, re interrogeant du regard le fratrici.
—Sans doute l...reprit celui.ci.....et re gêner aucun des habitants de ia villa,
Votre chalet du bord de la Marne est
e tous points conforme au programme
que vous venez de mettre sous nos yeux.
—Le chalet1 ,,,, sécria Henri...
Mais oui, cent fois oui, M. Verniire raison |
—C est ma foi, vrai !...appüya Daniel
avanne,
Robert poursuivit :
.— 1 semble fait tout EXDrè8 il est bien Ombragé. Ii a des chambres dans lesquelles on peut facilement produire
l'obscurité la plus complète... le; grands äxbres serviront d'écran contre le soleil, Mme Sollier pourra suivre votre traite.
ment dans les meilleures conditions Possibles, sans se séparer de sa petitelille et ayant auprès d'elle trois anges de charité | sw L’aveugle habitera tage et l’enfant sera installée au rez.
e-chaussée où, tout en surveillant l'en.
trée du chalet, elle pourra répondre au Premier appel de sa grand'mère,., N'est.
ce pas bien disposer ainsi? Qu’en pensez-vOus ?
—L'approbation fut unanime.
—Alors, il ne te reste qu’à agir mon ami,
—J’agirai, oui...répliqua Henri,..mais Pas avant d’avoir soumis à mon professeur le mémoire du docteur Sermet, et lui avoir demandé éonseil..,, Demain, je le verrai, je lui remettrai le procèsverbal, et quand il en aura pris con.
baissance et qu'il aura exprimé son opinion, je décidérai ce que je dois faire
—Ah Bt Robert en riant, on ne vous 80Cnsera pas d'engager à la légère votre rosvonsabilité,
—Mieux vaut avoir trop de prudence que de ne pas en avoir asses !
—Veux-.tu que j'écrive à ton ch2f de clinique !... demanda Daniel au ‘jeune
onme,
—Si vous le jagez utiiu, oui, mon on.
cle,
—Îl est mon ami, et je suis certain qu’il fera tot ce qui. dépeadra ds lui jose atteindre le but auquel nous ten.
ons,
—1l faudrait peut.être se mettre dès maintenant en rapports avec l’aveugle, dit Mme Veraière.......lui faire pres.
we ceque nous voulons faire pour
—Nou.....non, madame... repli 5 qua vivement Henri......pas avant que moa chef ds clinique n’ait donné son &e Vis,
—Soit, attendons,
11 était imposable de soupçonner le rôle odieux joué par le frère de Richard Vernière dans la scène que nous venons de mattre sous les yeux de ns lecteurs, et c'est de tout cœur que cha.
cun l’avait secondé en applaudissant à ses perfides conseils,
Robert venait de travailler u ilement ea vue des projats d'U'Brien, et il ne doutait point que, pressé par tout le monde, Henri ne se vit contraint de Prendre sans retard le partit d'agir,
Il ne restait donc plus qu’à patienter jusqu’au moment prochain où le chaf des services des Quinzs.Viagts aurait formulé son opinion,
Cette opinion serait favorable à l’opé.
tion,
Kobert ne poavait en douter, puisque le dosteur américain, aussi savant qu'il était scélérat, lui avait attirms que la guérison de Mme Sollier n'était point impossible.
estait à savoir gi l'aveugle consenti.
rait à venir s'installer à la villa Savanne e6 si, par congé juent, elle ne refuserait point de 8e laisser opérer.
Ce dermer point, celui qui devait semblait.il, devoir préoccuper Robert par dessus tout, n'avait pour lui nulle importance,
0'Brien lui avait dit :
—Que Véronique Soilier entre dans la villa et, ayant le jour fixé pour l’opé.
ration, elle no sera pius à craindre, j’au.
D masse gets me
On chsf de | au ‘jeune
i, mon on.
dis certain ra ds lui nous ten-
mettre dès l’aveugle, aire presfaire pour
TI repli:
Avant que nué son a.
çonner le 6 Richard nous vex de ns que cha.
idissant à
à ilement et il ne r tout le raint de 'agir,
patienter | le chaf ts aurait
6 à l'opé.
» puisque ant qu’il que la it point consenti.
Savaune efuserait
| devait * Robert li nulle
re dans ir l’opé.
ire, j’au-
Méta
rai la petite Marthe en mon pouvoir, et le juge d'instruction n'aura plus dans les mains le cachet, preuve matérielle de votre crime |
bert comptait absolument sur la parole du magnétiseur, pour lequel il ne s'agissait de rien moins que de gagner un million,
On avait causé longuement,
Daniel se leva pour aller écrire un mot à son ami l’oculiste en chef de l’hos pice des Quinse-Vingts,
Mathilde et Aline remontèrent dans l'appartement qu’elles occupaient, ayant grandement hâte d'échanger ieurs observations de jeunes filles au sujet de l'attitude de Philippe.
Ceiui.ci se rendit avec Henri à la sal.
le de billara pour y faire une partie.
Robert resta seul avec sa femme.
—Vou:ez.vous faire un tour avec mol dans le parc ? Ini dit-il,
— Vous avez à me parler ?
—Vui,
—De quoi donc ?
—De Philippe.
—J’espère bien qn'il ne vous a donné aucun sujet de plainte, fit Amélie avec inquiétude.
—Oh ! grand Dieu, non ! le cher enfant ! répon it l'hypocrite gredin, il ne mérite que des éloges et vous pouves, à bon droit être fière de lui ! C'est à son ardeur infatigable au travail que nous devons la grande activité qui règne dans l’usine ! Tout le monde l'aime, tout le monde lui obéit avec joie ! U’est pour moi un collaborateur plein de talent, d’une intelligence hors ligue, dont il me serait diflicile et en même temps impossible de me passer aujourd’hui.
En entendant son mari parler ainsi, Amélie rayonnait, délicieusement flattée dans tous ses instincts maternels,
Robert contiuus :
—C’est de son avenir que je veux causer avec vous,
—De son avenir ? répéta Mme Ver.
nière,
—Oui, et très sérieusement,
—Eh bien, causons,
Le couple avait quitté la terrasse et descendait lentement les sentiers rapides du petit parc.
Il entrait sous bois.
—Parlons âssez bas pour qu’on ne uisse nous entendre, dit Robert en of.
rant sou bras à sa femme, qui s’y ap-
puya d’une façon presque tendre, heu.
reuse encore des éloges pro ligué: à son fils un instant auparavant,
—C'est donc bien grave, ce que vous allez me confier ? demanda-t-.eile, —Grave non, mais important,et il est in.
utile de mettre des indiscrets au courant de notre entretien,
Ils arrivaient à un groupe de tilleuls presque entièrement feuillés, omora.
geant un banc.
—Asseyons-nous là......dit Amélie.
— Nous causerons mieux qu'en mar.
chant. ;
—(Comme vous vodrez.
Robert conduisait sa femme au siège qu’elle désignait, et tous deux y prirent place, l’un à côté de l’autre,
—Maintenunt je vous écoute, fit Mme Vernière,
Robert se recueillit pendant quelques secondes.
Il cherchait son entrée en matière,
L’ayant trouvée, ilcommença ainsi :
—-Ce matin, lorsque nous sommes ar.
rivés à la villa, n'avez-vous point remar.
qué que les traits de Philippe étaient latigués, et que malgré la joie de vous revoir après una séparation de quelques jours, son visage pâli portait l'empreinte d’une tristesse qu'il essayait vainement de cacher,
—Je l’ai remarqué en etfot, répondit Amélie,
—Et qu'en aves-vous conclu ?
—Que la pâleur de son visage et l’al.
tération de ses traits étaient le résultat d’un excès d’assiduité au travail.
—Eh bien ! vous vous êtes trompée...
D’abord je ne laisserais pas Philippe se surmener par un excès de travail, au détriment de sa santé, et je saurais, au besoin, calmer son zèle, même malgré lui,
—Æ£t je vous remereie, mon ami...
Mais alors, puisque ce n'est point ce que j'avais supposé, qu'y a-t-il donc fi.
Quelle est la cause de 1a tristesse de mon fils ?
—Je vais vous l’apprendre.., Dès le
ee
lendemain de votre départ de Neuilly, m'étant aperçu qu'il n'était plus le mé.
me, i’ai voulu en Connaître la raison … Je n'avais pour arriver À cela qu’un seul moyen, le questionner... Ce que j’ai fait j'ai obtenu ses confidences,
—Alors il souffre réellement 7 de- Manda d’une voix émue Amélie, l’âme Pleins d'angoisse,
—Exvliquez vous plus clairement, mon ami.
— Vous n'êtes point partie seule de Neuillv.
Il suffit de ces mots pour éclairer tout con Mme Vernière.
—Philippe vous a dit qu'il aimait vo.
tre nièce, n’est.ce Pas 7... demanda.
telle.
lippe pour mari à Aline, M’approuves.
vous ?
—Oui, certes, et du plus profond de
— Oui. Et de plus il m'affirmer que VOUS encourapiez le sentiment qui l'en.
traîre vers la fille de mon frère,
—Il a dit vrai.. J'ai été la première confdente de Philippe.
— Pourquoi, ma chère amie, ne m'en avez-vous point narlé ?
—À quoi bon ? Philippe est trop jen.
ne pour que nous Puissions penser à le marier maintenant. 5 —Ce n'est pas mon avis.
Amélie regarda sou mari avec SurPri
D'abord P ilippe réunit en lui tout de qu’il faut pour plaire à une jeune fille, et ensuite si ma nièce pouvait avoir quelque hésitation, sa reconnaissance Ja ferait céder... ajouterai qu’elle est
pe er un jour,
—Ne feriez.vous Pas bien, avant tou.
tes choses, de prendre l'avis des mem.
bres du conseil de famille et de M. Sa.
vanne,
—Quelles objections Pourraient.ilg formuler ?
—Une seule, la grande jeunesse de Philippe.
—Je la battrais en brèche avec eux aussi facilement qu'avec vous, Etes.
Vous prête À me seconder ?
—Ce n’est pas votre avis ! ,... répé.
ta-telle,,,,,. Parlez-vous sérieusement ?
—Oui, je vous l'afirme..…. Si jeune qu’il soit, Philippe est un homme déjà par la raison... Sa vie active et régulière lui a donné la santé, la force. [1 est d’â.
—Un motif très Puissant, —Faites.le moi Connaître, mon ami —La situation que nous AVOns faite à
n l’associant à n
us belle, je Vavone,
avehir certain...
NOUS avons api à ou Le SX ous do U CO “a ausai..P ire et au nom da ons d’avoir teurs et de k 28 qni sans cel] ut,..Je considère acté envers elle tant plus sacrée nsidère que nous , digne de none
t de donner Phi.
>. M’approuves.
lus profond de
la Robert.
ail aime, mais ine Consentira.
n, avant tou.
is deg * et de Ke
Pourraient.ils jeunesse de
© avec eux Vous. Etes.
rolontiers. .
s l'avouer...
ment facile, >, j'ai à plu.
mots jetés ré Aline à
ARR Rap aiane
l’idée qu'elle ponts devenir un jour la femme de Philippe,
— Vous at-elle comprise ?
—Je le crois.
—A,t-elle répondu à vos insinua.
tions ?
—Non, mais il m'a semblé qu’elle ac.
ceptait sans déplaisir les assiduités de
ilippe auprès d’elle.
—Que Philippe se déclare franchement,
Dans quelques jours je parlerai à M.
Savanne.
Robert venait de se lever et offrait son bras à sa femme.
Ils remontèrent du côté de la villa et rejoigairent Henri et Philippe à la salle de billard,
Daniel, Mathilde et Aline ne tardèrent doint à venir les y retrouver,
Maurice Savanne venait d'écrire quelques lignes au chirurgien oculiste, chef de clinique de l’hospice des Quinse.
Vingts.
Il tenait sa lettre à la main,
—Mon cher monsieur Vernière, dit.il à Robert, puisque vous avez l'intention bien arrôtée de retourner ce :soir à Neuilly, je vais vous prier de me rendre un service,
—Je serai heureux de le fair De quoi s’agit.il ?
—Henri nous a dit que demain il par.
lerait de Véronique Soilier à notre ami son chef de clinique, et lui soumettrait le procès-verbal de l'opération à i’hôpital Saint-Louis par le docteur Sermet...
Je lui écris un mot en le priant de vouloir bien s'occuper promptement de cet te aftaire.....Je voudrais qu’il reçut demain ma lettre avant de se rendre à sa visite du matin à l’hospice de la rue de Charenton, et la poste ne la lui distribuerait pas en temps utile... Serie.
VOus assez aimable pour la remettre à son domicile, ce soir, en retournant à Neuilly ?
— Parfaitement, dit Robert, vous pou.
vez compter que ce soir elle sera remise àson adresse,
Bt prenant la lettre que le magistrat lui présentait, il la plaga dens son por.
tefeuille .
Une partie de billard monstre s’en.
gagea et dura jusqu’au moment du di.
ner.
A sept heures on se mit à table,
A dix heures précises, Robert et son beau-fils montaient en voiture.
—Mme Vernière, en embrassant son fils, lui avait glissé dans l'oreille ces mots qui le firent tressaillir de joie :
—0n s'occupe de ton bonheur,
Néanmoins il s’éloigaait du parc Saint Maur avec un regret.
Il avait espéré que le hasard lui per.
mettrait de se trouver seul avec Aline pendant quelques instants, et le hasard sur lequel il comptait ne l’avait pas ser.
Mathilde en était un peu cause, Entièrement dévouée à son cousin,
elle avait pris ses précautions poar ren-
dre impossible entre les deux jeunes gens Le tête à tête même ie plus court, et son petit manège était resté complètement inaperçu, Aussi 8e félicitait-elie du succès de sa mystérieuse tactique.
Robert Vernière n’oublia point en traversaut Paris, de remettre à son adres- 8e la lettre écrite par Daniel Savanne au directeur des services de l'hospice des Quinse.Vingts.
Le iendematin matin le juge d'ins.
truction et son neveu partirent de bonne heure, en annonçant que ni l'un ni l’autre ne reviendraient déjeuner à la villa,
Daniel, outre les pièces concernant l’attaire de Saint.Uuen qu'il avait étudiées la veille encore, emportait la copie du bijou dont il voulait charger l'inspecteur Berthaut de découvrir l’origine,
Henri, lui, s’était muni pour le soumettre à son chet de clinique, du rape port du chirurgien en chef de l'hôpital Saint-Louis sur l'opération qu'ait avait fait subir à Véronique Sollier et après laquelle 1a cécité s'était déclarée,
Le chef de clinique des Quinse-Vingts arrivé à l’hospice avant son jeune élève avait prié un de ses internes de lui envoyer H nri Sayanne dès qu'il verrait ce dernier.
l'hospice, se rendit au cabinet de son maître qui lui serra la main et lui dit :
mon cher enfant... il m'annonce que vons aves à me remettre un procès-ver.
bal et un mémoire du docteur Sermet, concernant la brave femme blessée à
femme à laquelle vous vous intéressez
vivement, paraît.il, pourra devenir, en
recouvrant la or re témoin utile et ide pour la justice,
mdrr Maitre répondit Henri,
— Vous avez là le procès-verbal et le oire ? :
on voici...J’y ai joint des notes des
observations que vous trouverez épinglées aux pièces offoielles. ;
n même temps le jeune homme ti.
rait de sa poche un petit dossier et le présent au chef de clinique qui le prit, le déposa sur son bureau et dit :
—Je ne vous demande pas si vous CE vez étudié ces pièces, puisque vous les avez snnotées, mais AVes-vous examiné l’aveugle ?
—Oui, maître,
—Et vous conclues ?
—Mes notes vous l’apprendront,
—S$i vous ne vous expliques pas ver.
balement, c'est que vous avez des dou.
es.
—J'en ai,
—C'est bien... Nous verrons... J'6.
tudierai soigneusement les pièces et vos observations... Maintenant autre chose... Entre nous, mon cher enfant ne vous défies pas tant de vous et de vo.
tre savoir. Je voudrais vous montrer plus d'initiative en toutes choses... Vous avez beaucoup travaillé j VOUS savez beaucoup, théoriquement, mais vous ne voulez pas assez faire de pratique...
Combien de fois je vous ai donné l'oc.
casion d'agir, et combien de fois vos hé.
sitations ont été profitables à d’autres...
ous pouvez, mais vous n’08ez !,... La science doit donner la volonté. . Il faut vouloir et oser ! C’est ainsi qu’on arrive
Aux grandes choses, Certes, j'ad.
mire la théorie, mais je veux la prati.
vir uno main hardie et savante... Là.
dessus, voila la cloche qui sonne, Allons à la visite,
Henri suivit son chef de clinique,
En même temps Daniel Savanno entrait au Palais de J ustice, dans son cabi.
net, et faisait appeler le chef de la sû.
psg qui s’empressa de se rendre auprès
e lui,
—YŸ a:t.il quelque chose de nouveau relativement à l’affaire de Saint.Uuen ?
lui demanda.t.il.
Le chef de ja sûreté eut un geste de découragement.
—Absolument rien...réponc t.il,
— Ainsi, vos agents ?
—Sont sur les dents et tout à fait dé.
Concertés, par cet insuccès persistant, Un seul ne se désespère pas. .
—Lequel ?
—Le brigadier Berthaut, Samedi ce.
pendant, il est rentré tout déconfit, a.
près avoir cru, pendant un instant, te.
nir une piste,
ee piste 7... répéta vivement Daniel,
—Oui, monsieur le juge d'instruction, mais après une courte joie, la déception ne s’est pas fait attendre.
—Cette piste, malheureusement faus.
se, Où l’avait.il relevée ?
—À 8: :t.Ouen même, Mais voulez.
vous le -:oir ?...Il est dans la salle des Pas. Perdus, où il m'attend Pour savoir si, en vous quittant, j'aurai quelques or. dres à lui donner,
— Oui, faites-le venir, Dans tous les Cas il était nécessaire que je le voie, J'ai une mission à lui confier,
Le chef de la sûreté quitta M. Savan.
ne et revint au bout de quelques minu.
tes avec l'inspecteur rinoipal,
—Berthaut, lui dit le magistrat, i] pa-
raît que vous avez cru, pendant un temps plus ou moins long, que vons ve.
aies de faire une découverte se ratta.
chani au crime de Saint-Ouen.
— Oui, monsieur le juge d'instruction,
répliqua l'agent, mais je me suis ape bien vite que je’ m'emballais anr te
+ Certes, j'ad.
veux la prati.
n chirurgie la a’a pour la ser.
vante... LA.
sonne, Allons
e clinique, Savanno en.
dans son cabi.
hef de la sû.
rendre auprès
] de nouveau Saint.Uuen ?
un geste de once t-il,
ut à fait dé.
3 persistant, :,,
Samedi ce.
déconfit, &e instant, te.
rement Da.
instruction, a déception
ment faus-
ais voules.
salle des Jour savoir ielques or.
s tous les > voie, J'ai
M. Savan.
ues minu-
rat, il padant un VONS VE»
se ratta-
fausse piste,
— C'est très regrettable,.... Enfin de quelle nature était cette piste,
— Voici : quoique l'affaire paraisse indéchifirable, je ne puis me décider à je.
ter le manche après la cognée, et je m’6tais remis en quête à Saint-Ouen, furetant dans tous les coins, questionpant tout le monde au risque de m'’attirer des rebuflades, ce qui ne m'a pas manqué d’ailleurs.
Un marinier, auquel je m’adreseai en dernier, m’apprit que la nuit du sinis.
tre, vers lés onze heures, se trouvant près de la mairie et regardant de loin flamber l'usine, il avait vu filer, pédalaut avec une rapidité vertigineuse, un cycliste portant à l'arrière de sa bécane une sacoche assez volumineure et dé.
bouchant de l’avenue sur laquelle se greffe le haut de la rue Hardovin,
“ Une autre porsogne, qui passait Jà par le hasard, entendant le mwarinier, se souvint d’avoir vu l’homme, et d'avoir Drnrue la sacochée su vélo derrière
‘“ Cette sacoche m'avait frappé... Je me dis qu'elle pouvait contenir la forte somme volée chez Richard Vernière— Cet homme détalant comme si le diable le poussait, et n’ayai t pas même la curiosité de jeter un coup d’œil sur le terrible incendie qui éclairait la route, we fit l’eftet d’un gredin fuyant le théâtre Ge son crime, et je résolus illicités de faire tout au monde pour découvrir le chemin qu’il avait pu prendre.
& C'était bigrement difficile.
“ Deux routes se croisent en arrivant auprès de Saint-Denis : celle d’Auber.
villiers et celle de la Courneuve.
“ De là résultait la nécessité d’une enquête à faire sur ces trois routes, ces deux là et celle qui traverse Saint-.De.