‹ La Fille de l'officier de Marine [microforme]Chapitre 65 sur 84 · XLII · texte numérisé non relu

XLII

Après les dernières paroles de l'an.

cien marchand de curiosités, il yeutun moment de silence,

Berthaut, mélancolique, pensait :

—Voilà une seconde édition de mon mécompte au sujet de l’homme au vélo...—Pour ia deuxième fois, je croyais tenir quelque chose, et va te faire fiche!

Au moment de toucher au but plus rien |

Brusquement il se reprit à espérer,

Sur vos livres—demanda.t.il—vous inscriviez vos ventes ?

—Comiue mes achats, bien entendu,

—Le nom des vendeurs ?

—Toujours.

—Celui des acheteurs ? Fe

—Cela dépendait.

—De quoi ?

—Quand je livrais à domicile, j'inscrie vais le nom et l’adresse...—I] le fallait bien. — Autrement, c'était rare, — Je n’avais aucune raison, tu dois le com.

prendre, pour demander le nom de l’a.

cheteur qui me payait comptant et em-

‘ portait l’objet acheté.—J'inscrivais la

vente à la date du jour où elle avait èté faite, et c'était tout.

—Mais,.. reprit Berthaut de plus en plus fiévreux, n’auriez.vous pas livré ce bijou à domicile ?

—Je n’en sais rien.

—Mais vous pourriez le savoir,

—Comment ?

— En quittant le commerce, avez-vous gardé vos livres de comptabilité ?

—Ma foi, oui....C’6étaient les compagnons de toute ma vie. Cela me éhiffonnait de les vendre au poids comme vieux papiers,

— Qu'en avez-vous fait ?

— Ils sont ici, au grenier... et même les souris ont dû s’en régaler pas mal !

— Si yous les consultiez ?

—YŸ penses-tu ?

— Pourquoi non.

— Une comptabilité de cinquante ans, Quel travail !

—Cher monsieur Dutac, il faut le faire, Je vous le demande au nom de l’amitié que vous voulez bien me témoigner, et aussi au nom de la justice à qui vous pourrez peut-être venir en aide,

— Le faire 1... Le faire !.....,,..Je me connais...) n’en aurai jamais la pae tience.

Je vous aiderai....8i vous me le permettez je m’installerai ici, près de vous, et année par année, mois par mois feuille par feuille, je compulserai ces registres où dort sans doute la vérité,

—Ah ! si c'est comme ça, garçon... répliqua l’antiquaire.......je ne demande pas mieux.........je permets tout ce que tu voudras....…., Viens t'établir à, la lüaison, je te conduirai au grenier où sont les volumes à consulter et tu en

DEP MARRON PEN NP orarar am arm

SSSR

feras ton affaire... Mais, vois-tu, je ne suis plus assez jeune pour fourrer le nez dans ces vieilles écritures, pour remuer toute cette poussière du passé et du grenier..…..J'en perdrais l'appétit et le sommeil. Quaud viendras-tu ?

— Aussitôt que j'aurai demandé l’autorisation de mes chefs,

—Demande ià et arrive...Ta chambre est prête... Tu travailleras à ton aise, comme tu voudras.

—Mille fois merci, cher monsisur Dutac.

Tout à ton service, garçon ! Tu es un piocheur, toi, et tu as ton métier dans ie sang.....Je t'en félicite !......0n ne vous-rend pas justice, messieurs les agents de la sûreté... Vous valez mieux qu'on ne pense, et d’ailleurs vous êtes indispensables..…..Reprends ton bijou, serre-ie dans ta poche et allons faire un tour au village, J'éprouve le besoin de boire un bock.

—Je vous l'offre,

—Je l’accepte à condition que je t’en offrirai un autre, et même plusieurs, en faisant une partie de billard... Ta joues toujours au billard ? :

—Quand j'ai le temps, donc pas souvent,

—Nous verrons si tu esen progrès...

Et après avoir pris son chapeau et sa canne, M. Dutac appela.

—Toivette, *

—Voilà, monsieur, dit la servante en apparaissant.

—Nous sllons prendre un ou deux bocks,

—Aliez, monsieur, Moi je penserai au dîner,

—Soigne le menu !

—Comme pour moi-même,

— Alors je suis tranquille |

Berthaut, policier, infatigable, et s’em.

bailant déjà sur l'espoir du succès, aurait désiré se mettre immédiatement à la besogne et fouiller sans retard les re.

gisires de l’ancien marchand de curiosités et d'objets d’art.

Mais il ne pouvait se montrer indisoret en forçant son hôte à mettre tout de suite à sa disposition les volumes goudreux où il espérait trouver oetta piste que, selon les désirs du juge d'inse

truction il serait allé chercher à l’étran.

ger avec la presque certitude de n'obtenir aucun résultat satisfaisant.

—Au point où en est l'affaire, dont le public a cessé de s'occuper... pensa-t-il, yuelques jours de pius ou de moins ne peuvent rien compromettre... Je verrai M.Savanne, js lui expliquerai ce qui 8° passe et je proudrai mon temps.

Tout en causant les deux hommes s'étaient dirigés vers le soul café existant dans le pays, et où chaque jour M.

Datac, avec quelques vieux rentiers de ga connaissance, venait faire une boane partie qui se prolongeait jusqu'à l’heue re du diner.

Les consommateurs étaient rares au café de la Marie, situé sur uno place ombragée de tilleuls,

Néanmoins, au moment où Berthaut et Dutac en franchissaient le seuil, il s'y trouvait quelques buveurs et un quatuor de paysans faisant une partie de mauille et vidant de pleins verres d'un petit vin clairet,

Au nombre des quatre joueurs on comptait le garde champêtre de la come mune, facilement reconnaissable à son képi galouné d'argent et au baudrier que laissait voir l'entre-bâillement de son bourgeron bleu.

—Bonjour, tout ie monde ! fit l'ex.

antiquaire en entrant,

On lui rendit son bonjour, et toutes les mains se tendirent pour serrer la sienne,

Le billard était libre et couvert d’une housse de coutil rayé,

Dutac command :

—Une canette bien fraîche etles billes. :

La patronne de l'établissement servit 14 bière, puis débarrassa le biilard de sa housse et plaça les billes sur le tapis vert reprisé en maint endroit,

—Trinquous d’abord, dit Dutac en remplissant les verres.

On les vida et la partie projetée s'en-

gen:

L’ex.antiquaire était d’une jolie force moyenne, et fort en train, d’ailleurs, ce jour-là.

Il gagna la première partie haut la main.

—Ma revanche, fit Berthaut.

—Toutà l'heure, garçon, laisse-moi souffler un peu... d’ailleurs, j'ai soif... Rien n’altère comme le carambolage !

Et Dutac commanda une autre canet.te, en allant s’asseoir avec le policier à la table où on les avait servis.

Les paysans venaient de terminer leur partie de manille, il ne restait plus une seule goutte de vin clairet, Le garde champêtre bourrait sa pipe.

—Dites donc, Pierreleu, lui demanda l’ex-marchand de curicsités en riant,ça

marche-t.il un peu vos études de vélo- }

cipédie,

—Ne m'en parlez pas, monsieur Due tac, répondit le garde, je peux pas y ar:

TIVET oo... JO TaMasse des pelles, ‘que c’est une bénédiction... JaMAiS....

amais je ne pourrai me teuir d’aplomb à-dessus !

—Vous, un ancien dragon !

—Le cheval, ça me connaît. Mais la bécane, comme ils disent, va te faite lanlaire.

—Alors elle n’a pas encore rencontré son propriétaire, la bécane ?

— Pas encore,

Depuis plus de quatre mois que vous l’avez trouvée, c'est drôle.

— Oh ! oui, plus dé quatre mois...

Nous voilà au milieu de mai, quasiment et je l’ai ramassée dans le petit bois de M. Moulin le matin du 2 janvier...

On a tambouriné ma trouvaille dans tou.

tes les communes des environs, et personne ne s’est présenté pour la récla.

mer.

—Alors qu'est-ce que vous allez en faire ?

—Au hout d’un an et un jour, si elle n’a pas retrouvé son maître légitime, M.

le maire de Survilliers la fera vendre à la criée au profit des indigents de Ja COMMUNE... ÇA VaU au moins trois cents francs d'occasion, cette machine la...ça sort d'une bonne maison, à ce qu’il parait.

Berthaut, en entendant parler de biocyclette,avait auseitôt dressé l'oreille et prêté une attention toute particulière

au neralea du varda chamnâtra.

Ets a —

yes in

11 pensait au cycliste dont ilavait re-

levé la piste à Saint-Ouen, piste pe sur la route du Bourget, ph pop directement à Survilliers,

Un soupçon avaittout à cou pris naissance dans s0n cerveau toujours en travail.

Îl s'était dit :

—Si cependant il s'agissait de mon homme !

Vague d’abord, ce soupçon prit de la consistance quand Berthaut entendit Je garde préciser le jour de la trouvaille,

Or, cette trouvaille avait eu lieu le matin du 2 janvier,

C'était peut-être, la piste perdue re.

trouvée, :

Il intervint en disant à Pierreleu :

sat ! es mir trouvé un vélo, C’est cependant un objet qui ne se pe Molemens . Pr

—C’est mon avis ;.......il fallait que celui qui le montait fut terriblement émêché pour ne point s’apercevoir qu’il ed plus sa bécane entre les jame

—À moins qu’il n’ait eu quelque raie son de s’en débarrasser, fit observer Ber.

thaut.

—(Ça se que bien tout de même,

— Vous l’aves trouvé sur la route ?

——Que non pas ! Dans un petit bou.

quet de bois à trois cents mètres de la gare de Survilliers..,,., Not? monsieur lemaire m’avait envoyé porter une dépêche au chemin de fer...…...En reve.

nant, l’idée me vint d'entrer dans le bois où je savais que des braconnie:s..

Gil n'en manque point par ici 1).....tendaient souvent des collets …, je n’ai pas fait un chou blanc, seulement an lieu de collet, j'ai mis la main sur une bécanne,

Et c'était le 2 janvier ?

—Üui, entre huit et neuf heures du matin.

—ÆEt aucun indice ne pouvait vous faire deviner à qui cette bécane appar.

tenait ?

— Si, il y avait un indice, mais qui n’a servi à rien,

—Lequel ?

—Une initiale, tout simplement, ime p! toi eu fer chaud sur 16 euir de Ia 80:10,

Une initiale ?

—Oui, un G.

—Un G ? répéia Berthaut.

—Mais allez donc chercher avec ça ?

Est-ce la première lettre d’un prénom ou d’un nor de famille ? on a tambouriné, je vous l'ai déjà dit, et personne n’est vous réclamer,

—Vous êtes-vous renseigné au chemin de fer ?......... Un ivrogne, ainsi que vous le supposiez tout à l'heure, aurait pu s'écarter du droit chemin et se laisser dégringoler en traversant le bois...

que sais-je moi On aurait été peut-être à même de vous renseigner,

—J’ai demandé,

—E£h bien ?

—Eh bien ! un seul voyageur était parti dans la nuit de la gare de Survilliers, et il paraît qu'il n'était pas plus émêché que vous et moi...Il a pris une place de première classe, et il est monté dans le train qui passait à une heure dix-huit minutes. .....Ce n’est pas celui-là qui pouvait voyager en vélo, car il était embarassé d’une sacoche assez volumineuse,

—Une sacoche 7... fit vivement Berthaut,

— Voilà du moins ce que m’a répondu l'employé du service de nuit à qui je me suis adressé,

—Et où allait le train qui emportait ce voyageur ? :

—0Oh ! Quent à ça, j’en ignore.

Berthaut, lui, en savait assez, pour le moment,

Il avait la conviction absolue qu’il venait, par un hasard, providentiel, de retrouver la piste perdue de l’homme à la sacoche que plusieurs habitants de Saint-Ouen, et ies pompiers courant at feu, se rappelsient avoir vu passer, pédalant à toute vitesse,

Sans l’avoir cherché, 1l faisait coup double,

La breloque et le vélo devenaient des

. pièces à conviction qui devaient, danse

un temps donné, selon toute apparence, livrer ie coupabis à ia justice.

: L'agent aurait bien souhaité voir le

vélo abandonné, mais pour cela il aurait fallu se faire connaître, ce qu’il ne voulait pas, du moins quant à présent.

De plus il se trouvait sans mandat et sans qualité pour suivre une aflaire dans un pays qui n’était pas du ressort du sp de la Seine,

. Savanne, en vertu d’urs commission rogatoire, pourrait seul agir en cette circonstance. ci

Une nouvelle partie de billard re dommença et le garde champêtre fut invité à prendre un verre de bière.

À six heures précises Dutac et Berthaut rentrèrent et firent grand honneur à l’excellent dîter que Toinette leur servit.

A onze heures moins un quart le policier prenait congé de l'ancien mar.

chand de curiosités, en lui promettant de revenir bientôt s'installer ches lui afin de compulser à loisir les registres poudreux,

A ia gare de Survilliers, Barthaut aborda le sous-chef de service de nuit,

Monsieur, lui dit-il, j’aurais un renseignement à vous demander.

—De quelle nature ?

—Un train passe ici, n'est-ce pas, à une heure dix-huit minutes du matin ?

—Oui, monsieur, ls train qui part de Paris à minuit vingt minutes,

—Quel est le point terminus de son parcours

—Brüuxelles,

—Est-ce vous, monsieur ie suus-.chef, qui étiez de service dans la nuit du ler au 2 janvier de cette année ?

—Je n’étais pas encore ici, monsieur, J'ai remplacé, il ya un mois, le souschef qui s’y trouvait... Le chef de gare seul, pourrait vous dire qui faisait le

servise de nuit à la date que vous indiquez,

Ne puis-je le voir ?

—Demain matin, tant que vous vouc‘ez, mais à ce moment il est couché et ii dort,

—Merci, monsieur.

Le train montant vers Paris sifflait,

Berthaut passa sur le quai et prit place dansun compartiment de seconde classe.

Le lendemain de bonne heure, il se

présentait au cabinet du chef de la sû. Une lettre suivra ceite dépêche, et afär reté à qui il rendait compte des décou- | nous obtiendrons que le vélo en ques- prés vertes imprévues faites Par lui la veille | tion nous soit remis, provisoirement du C" à Survilliers, | moins, : qu’il Aucune détermination ne pouvait —Monsieur le chef de la sûreté vou. M: tre prise sans qu’on en eût préalable. | dra.t.il bièn m’accorder une permission 88 pi ment référé au juge d'instruction, de buit jours pour suivre cette affaire ? Nc 11 fallait donc attendre l’arrivée au —Îl vous faudra huit jours ? brav Palais de Daniel Savanne. ; Et je vous assure, monsieur, que ce cont: ès que sa présence fut signalée, 1e ne sera pas trop. Sa chef et l’agent se rendirent auprés de —Îls vous sont accordés. taura lui, et Berthaut recommença son récit, —Quand partirez.vous ? demanda Da. : La Daniel félicita Berthaut qui venait piel Savanne, tant e faire faire un Pas en ayant à l’ins. —Dès demain matin. Dans la journée Le truction Jusque.là stationnaire, ” je me procurerai un vélo. doct. Maintenant OR pouvait es pérer, grâce —Nous en avons à la préfecture, dit le du re aux livres'de commerce de | antiquaire | chefde la sûreté; Je les mets à votre dis. Po: remonter jusqu’à l’acquéreur de la bre. position, : le vie l loque accusatrice. : —J’en choisirai un, petit | uant à la bicyclette elle pouvait en Daniel Savanne reprit : renne | eflet avoir appartenn à l’homme à la sa. —Marchez, mon brave Berthaut, Je Be: | coche qui paraissait tuir de Saint-Ouen, | you donne carte blanche, je vous le ré. vait € | et que l'abardon même de son vélo pète... Monsieur le chef de la sûreté, d'Org Le Hot désigner comme l’an des as. vous “tes bien remettre à Berthaut Saint 18. avant son départ, la somme qu’i jugera dre c: Mais, ,°2 somme, tout cela n'était en. nécessaire, 4 je vous la po | HE } pense core qu’hypothèses et conjectures, L'agent et le chef de la sûreté se reti. Ne Daniel Savanne avait une très grande rèrent ensemble, l’esto Confiance dans l'esprit lucide et le rare mang ù sens de l'inspecteur de la sûreté. PA ‘ verre Il lui posa Cependant cette objection: ltc —-Croÿesz-vous, Berthaut, qu'uu oyclig. IL était sept heures du matin, Ma; te chargé d'une sacoche assez lourde, Au rataurant de la Joueuse d'Orgue, — lui ter ait pu faire le trajet de Saint-Ouen à la ancien établissement Aubin, Magloire, Ros gare de Survilliers en si peu de temps. | successeur. —on dressait déjà le couvert matio .° ne M en suis pas rendu ‘Compte, | devant lequel, au sortir de l’église de. Ens Monsieur, répondit Ber thaut,... mais Je | vaient venir s’attabler les mariés et service m'en assure’ai, leurs invités, nombr —Comment f Ils étaient nombreux, 1es invités, Lét —En partant de Saint.Ouen sur une Le brave manchot, aimé et estimé de | la ren bécane chargée, eten me rendant à Sur. | tout le monde, s'était fait un devoir de : | On 1 villiers par le chemin qu'a suivi mon | convier ceux qui depuis, son arrivée de der homme. : dans le pays lui avaient témoigné le plus —Re — Vous pédales donc ? d'intérêt et de bienveillance, — Bertha —Un bon policier, monsieur le juge Le docteur Bordet était de ce nom. re que d'instruction, doit savoir un peu tout | bre et aussi je maire de Saint-Ouen, qui —Vr faire, allait le marier, des industriels de la lo. gigneul — Alors, agissez, calité clients de létablissement, enfia douce —C’est le vélo qui se trouve à a mai. | bon nombre des Ouvriers de l’usine Ver. —]lm rie que je voudrais bien voir en notre | nière réédifiée, 5 mais sa possession, Claude Grivot, invité l’un des pre. impossi —Je vais télégraphier au sous-préfet | miers, avait promis d’assister à la béné. —Al de Senlis, qui donnera l’ordre au maire | diction vuptiale, quoique ses travaux— riée, le. de Surviliers de vous le laisser examiner, Seiat-E

Dr np mo ms es

affirmait.il — rendissent nécessaire sa présence à l’usine.

C’était—à son grand regret—tout ce qu’il pourrait faire. ‘ ®

Magloire ne tenait pés autrement à 88 présence,

Nos lecteurs n’ignorent point que le brave manchot n’avait nullement le contremaîitre en odeur de sainteté.

Sa qualité de client habituel d u res.

taurant rendait l'invitation nécessaire,

La politesse faite, Magloire aimait autant qu'il s'abetint,

Les témoins étaient, pour le marié, le docteur Bordet et Rossigneul, le patron du restaurant de la Péniche,

Pour la mariée, le doyen des ateliers, le vieux Simon, le beau parleur, et un petit cousin, venn tout exprès de la Va.

renne-Saint-Hilaire avec sa femme.

Be:thaut, à huit heures précises, arrivait en face du Restaurant de la Joueuse d'Orgus, prêt à faire à vélo le voyage de

int.Ouen à Survilliers, afin de se ren.

dre compte du mimum de temps indis.

pensable pour accomplir ce trajet.

Ne voulant point se mettre en route l'estomac vide, il avait fait halte afin de manger un morceau accompagné d’un verre de vin blanc,

Il tombait en pleine fête,

Magloire, qui le recounut, vint à lui et lui tendit amicalement la main.

Rossigneul poussa une joyeuse exclamation en le voyant,

Ensemble ils avaient fait partie du service de la sûreté,— ils svaient de nombreux souvenirs communs.

Il était imposeibie de ne pas arroser la rencontre,

Où l’arrosa d'une bouteille de chablis de derrière les fagots,

—Restez donc avec nous, monsieur Berthaut,—dit Magloire, —je vous assu.

re que ça me fera plaisir...

—Vn s’amusera un peü, appuya Ros.

sgigneul,—et tu n'es pas ennemi d’une douce gaité...…

—1Impossible,..—répondit le policier, mais sans expliquer les motifs de cette impossibilité

—Alors,—fit un des témoins de la ma.

riée, le cousin qui habitait la Varenne- Saint-Hilaire, —prometies.nous de ve. |

RES APN M js

nir déjeuner à la maison avec Magloire et la cousine, —Ce sera l'ouverture de la pêche et nous aurons une riche friture, saus oublier la matelote,—le 16 Juin, ça va-t.il ?—Monsieur Rossigneul nous fera l'avantage d'être de la partie, —Nous serons tous rigolos, et j'ai dans ma cave un petit vin de Joigny qui n’est point piqué des hannetons..,

—Accepté mon vieux ! répliqua Rossigneul—il n’y a pas de danger que j'y manque,

— Le 16 juin, le cousin,

—Soyez paisible, on » bonne mémoi.

re.

—À la Vareune-Saint.Hilaire, quai de Chennevières...à l’enseigne du Goujon.

à-deux têtes, Caraton, restaurateur,

—Entendu.

Et après avoir avalé un dernier verre de chablis, Berthaut enfourcha son vélo, regarda l’heure à sa montre, et se mit à pédaler avec l'énergie d’un profession.

nel disputant un record.

—Je parierais cent francs contre cent sous, dit Rossigneul en le regardant s’6.

loiguer, que le gaillard suit une piste !

C’est un malin, Berthaut, il aime le m6.

tier et il est intelligent... ils n’ont pas mieux que lui à la sûreté... brigade des recherches,

—Quelle piste pourrait-il suivre en partant d’ici ? demanda Magloire.

—Si tu lui avais posé cette question mon vieux marsouin...s’écriaRossigneul en riant,.......1l t’aurait répondu carrée MONDE ÿ,ovv0000 FIÛLS loss Un bon inse Pecteur de sûreté ne doit jamais dire, ni d'où 1l vient, ni où ii va, ni ce qu’il fait, ni ce qu'il pense ! Le silence, c'est sa force.

Plusieurs invités arrivaient,

Le conversation fut interrompue et

n’oublies pas — reprit

. On ne pensa plus à Berthaut.

Celui-ci poursuivit son chemin en songeant à la mission qu'il devait ac.

cumplir et qu'il s’était juré de mener à bien,

1] était parti du restaurant de la Jou.

euse d’Orgue à huit heures et demie précises.

Eu vingt minutes il avait paroourn la

route conduisant à Aubervilliers.

mg

Un UT Dal 5 mn.

Sa montre indiquait neuf heures moins minutes lorsqu'il mit pied à terre, comme l'avait fait Robert Vernière, en arrivant à la montée assez rapide du

Bourget.

A neuf heures et quart ilse trouvait à la Patte d’Oie où le chemin devenait

facile.

En passant devant le village de Lou.

vres il entendit sonner au clocher de l’église les trois Quarts avant dix heu.

Il avait ralenti à dessein son allure afin de se rendre compte des aléas de

route.

A dix heures trois minutes il arrivait

en face de la gare de Survilliers.

L'épreuve était concluante,

En une heure et trois-minutes il avait

accompli le parcours total, +

Or, partant à onze heures de Saint.

Ouen, aussitôt après le crime commis, l'assassin de Richard Vernière, le voleur, l’incendiaire, avait pu arriver sans la moindre fatigue à la gare de Survil.

liers pour prendre le train qui y faisait haite à une heure dix.huit minutes et

devait l'emporter vers la Belgique.

Berthaut, ne voulant point tomber encore à l’improviste, au moment du

déjeuner, chez M, Dutac, rebroussa che

min et fila vers la Chapelle-en-Serval où il déjeuna avec un appétit bien gagné par le voyage rapide qu’il venait d’ac.

lir,

ra fervents de la pédale afirment d’ailleurs que le mouvement précipité des jarrets est le plus puissants des apé.

ritifs. 4 Re

A une heure de l’après midi, il reprenait la route de Survilliers et venait frapper à la porte de l’ex-antiquaire,

Il avait huit Jours devant lui pour me.

ner à bien les recherches qu’il allait en.

treprendre dans les registres poudreux.

Le chef de clinique des Quinze. Vingts s'était empressé de prendre connaissan.

ce des pièces apportées par Henri Savanne et relatives aux soins donnés à Véronique par le docteur Sermet à l’h6- Pital Saint.Louis,

Il avait étudié surtout les notes anne.

z6es à ces pièces par son élève et : dans lesquelles il constatait avec joie un sens

scientifique de mémoire adressé au ju

la blessée de Saint.Oue Il lui semblait se trouver soit en face

pareil ne s’était présenté à lui,

leurs secrets,

Il lut et relut les observations faites par les chirurgiens des armées pendant

les guerres d'Italie, de Crimée, du Mezxique et aussi pendant la guerre franco.

allemande, observations précieuses, ai.

gnées des noms illustres de Chénu, Otis Quesnoy, Willamson, et d'autres encore dont la nomenclature serait tro P lon.

gue.

Et malgré toutes ces recherches Opée rées avec la conscience patiente d’un savant, il continuait àne pas entrevoir la solution du problème.

La nécessité de se former une Opiunion s’imposait,

Un matin, après la visite, le chef de clinique prit Henri Savanne à part et lui dit :

—Mon cher enfant, verrez.vous EUR jourd’hui votre oncle ?

—Je le verrai aussitôt que vous m’an.

rez rendu ma liberté—répondit le jeune homme,

—ÆEh bien, prévenez.le que j’aurai le plaisir d'aller déjeuner demain avec lui au Parc Saint-Maur,

Henri demanda vivement,

—Vous avez étudié le procès-verbal que je vous ai remis ?

—Ne m'interroges pas, je ne répondrais rien......Seulement pries votre

| oncle de faire tout cs qui dépendra de

d'observation profond et des dévelop- Pements dont la logique serrée lui ins.

pirait quelqués\ doutes sur la vâleur

d'instruction après l'opération subie par n.

d’une erreur du chirurgien, si habile et si expérimenté cépendant, soit en face d’un cas tellement exceptionnel que, durant sa pratique déjà longue, rien üe

Cette dernière hypothèse, vers laquél.

le il penchait, le préoccupait beaucoup, Lui aussi, comme l'avait fait Henri...

recourut aux ouvrages des maîtres an.

ciens, les étudiant, s’inspirant de leur science, et s’eflorçant de surprendre

train p!

lui pour que mon très estimé confrère, le docteur Sermet, soit son hôte en même temps que moi, demain, à la villa Savanne,

—Cela sera facile...Le docteur Sermet ne pourra décliner une invitation à lui adressée par un magistrat qui est aussi son ami.

— Alors, que cela soit...Demain après la visite, je partirai d'ici avec vous pour ailer au Parc,

En sortant de l’hospice, Henri 8e rendit au Palais de Justice où il avait bien des chances de trouver son oncle,

Il l'y trouva en eflet, et lui fit part

* des désidérata de son chef de clinique.

Henri porta au docteur Sermet un mot de Daniel Savanne auquel le chirurgien répondit qu’il se ferait un piaisir d’aller le lendemain au Parc-Saint Maur serrer la main du juge d'instruction et conférer avec son savant ami, le chef de clinique des Quinze. Vingts,

Aussitôt qu’il eut connaissance de cette réponse, Daniel télégraphia à KRobert Vernière : je

“ Prière venir déjeuner demain midi à Villa Savanne. Question Véronique Sollier y sera discutée et probablement résolue.. Amitiés.

Daniel. ”

On était au vendredi

Henri était allé à Paris, comme chaque jour, pour l’heure de la visite, et à onze heures et demie il prenait avec son professeur le train à la gare de Vincenne où il rencontrait Robert qui se demandait, non sans angoisse, quel serait le résultat de l’entretien des deux sommités scientifiques dont la rencontre allait avoir lieu, et s'ils décideraient que l’a.

veugle devait venir suivre un traitenent préparatoire à la villa du Parc, ce qui rendrait possible et facile l’exécution des plans ténébreux du magnétiseur O?- Brien,

Le jeune homme présenta Robert Vernière à son chef de clinique des Quinse-Vingts et le trajet de Paris à Saint-Maur s’accomplit sans qu'on y

nsât.

Le docteur Sermet 6tait arrivé par le train précéent et ils le trouvèrent en

grande conférence avec le juge d’instruction.

L'échange obligatoire de cordiales politesses s’achevait à peine quand le valet de chambre vint annoncer que le déjeuner était servi,

—Nous causerons en sortant de table, mon cher confrère, s'étaient dit les deux chirurgiens.

En eftet, aprèsle déjeuner, on alla prendre le café au fumoir, où les dames furent invitées à rester, la discussion qui allait avoir lieu offrant pour elles le plus vif intérêt.

Nous ne nous attarderons point dans les détails, curieux à coup sûr, mais nullement de notre compétence, de cette discussion qui s’éleva à une grande hauteur et qu’Henri, sans s’y mêler, même par un mot, suivait avec une attention profonde,

—Ainsi, moa cher confrère, demanda le .nef de clinique des Quinse-Vingts au docteur Sermet quand la controverse fut épuisée... vous maintenes sans hésiter toutes les appréciations que j'ai trouvées dans le procès-verbal remis par rs à notre cher hôte Daniel Savanne

—Toutes sans exception, À

—La balle, dont j’ai eu le modèle en.

tre les mains, a fait, comme vous l’aflir.

mez, un trajet entièrement horizontal.

—Entièrement !

—Saus léser les deux grands nerfs optiuues ou leur chiasma ?

—Le projeotile a suivi la voûte cranienne, et le traumatisme n’a atteint aucune partie de ces nerfs.

—Pas même les bandelettes ou les parties antérieures des pédoncules ?

—J'eu suis convaincu,

—Dans votre opération du trépanes ment vous avez dû extraire plusieurs esquilles ?

i Cinq, et toutes les cinq minuscues,

—Les plaies ont marché rapidement vors la guérison ?

—Pius rapidement même que je ne le supposais.

—Aucun dépôt après l'opération ?

—Aucun. ;

La cécité estelle venue tout à Coup ?

RE

Ilya dans la

vie des hasards ai singu. il va liers qu'ils peuvent Passer pour invrai. êtes : —J'ai tout lieu de croire qu’elle exis. semblables, ce qui ne les em che dame tait déjà en £rande partie du Moins, a. © 8e reproduire chaque jour et pour vais | Vant l'Opération, ainsi dire à Chaque heure, et du —N'avez.vous Pas supposé qu'une ‘ Moment précis où le chef de clini. Vé esquille ou une parcelle lüfinitésimale que des Quinso. Vingts achevait de pro. tion. du Projectile aVait pu ge loger dans les noncer le; Paroles que LOUs venons Ma bandelettos Optiques ou les communi. reproduire, le 80n d’un orgue-orchestre —! cantes ? retentit dans l'avenue, devant la grille bon —Non, car selon MOi, dans ce Cas, il 6 la villa, raère $e serait formé deg dépôts, L'orgne jouait une marche Militaire reme —De quelle Lature sont Jos membra. très brillante et fort en vo k aussi, 268 de Ja 2Ataracte ? Aussitôt la Conversation fut interrom. ne ar 6 fut Henri qui répondit : ue, Vér 7 'Ugueuses, ornées, onduléeg Henri se leva et courut à 1a fenêtre, » ex ri fur Couleur ? ine l'avait uivi, pris 8 —Dun blanc livide, tirant sur le jau. + C'est elle l'érécrin la jeune fille pe nv. À C'est ; éronique Sollier qui est là, mon. Je se —La sensibilité de Pœil se Manifeste. sieur le docteur, , cier L t-elle qua 0n appuie sur ies membra. —L'aveugie, ici, avec un Orgue f pouve nes ? : —C'’est son £agne.pain, —à NS n'ai pas Poussé aussi loin mes —Ll faut aller {a Chercher, ,,,.. dit lier, d Sn Véstigations, Maître... répondit Hen. Vivement Mme V, raière..... ceg mes. Et] ri, Aeurs Pourront ainsi l iner tout la vill —Nous devons NOUS tronver en face de suite, leque d'un cas tout à fait xCeptionnel, reprit —J'y cours, cé, le chef de clinique, 26 l'avais pros. enri Savanne sortit 44 famoir, tra. Ur senti en lisant le très Temarquable pro. versa la pelouse, où vrit 14 grille eb g’a. nique cYerbal de mon confrère et ami Je VanÇa vers Mme Sollier. Marth octeur Sermet,.. Mai » SANS avoir moi. arthe avait reeonnu le jeune hom. entre MÊME examiné l’aveugle, je ne conclu. me, entrée Fa me lui qu’u nOuyelle 0 —Bonne maman c’est M, Henri..ft. Mar ration pourrait btraîner des complicae | le °A cessant de tourner la manivelle les pe tions Mortelle 8 l'orgue, es Wélons que Je maintiens Ce» —Henri qui ? demanda l’aveugle, fantin Pendant 1... *répliqua je chirurgien TS Henri Savanne, plus d en chef de l'hôpital Saiat. Louis, P 0° —Son frère | Murmura.t.elle Ben Ce que ; * °AVANNE N'a pas fait, je lai Oui, Henri Savaune, ma bonne ma. met, fait, moi... L'œi] devient je siège dame $ Ilier,,... it le jeune homme À d'une vive douleur quand on ‘père une |! d'une Voix très douc ere t un teur, } Pression sur la ca aracte, Elle doit s’y asard heure qui Aujourd’hui, vous Ar Ouver adhérente, amène ici... Vong Vous êtes arrêtée cn —Cas plus extraordinaire encore {... | juste en face de ia Maison de mon on- | | Fi s’écria le chef de clinique des Quinze. cle, Î La p IDgts, M. Daniel] Savanne, le juge d'ins. | —M L APération,.. inutile d’ailleurs truction, | suis CO pue entraînera; Presque fatalome —Oui, ; | VO ose. une Méningite qui, en moins de trois —Et nous AVORS avec nous des amis | chère ; Jours °Mporterait la malade, au nombre desquels ge trouve Je . dos. | jamais, =" eut.être à eZ:VOus raison mon | teur Sermet Qui Vous à si bien soignée | toute n cher co frère, mai je te répète, avant l’hôpital aint-Lo esse Tout mon c« de me Prononcer, je voudrais voir Mme |] heure justement, EOUs parlions de vous | pour v Sollier, ÿ et il manifestait Je désir de vous voir... Le d

de si singu.

ur invrai,

che pas et pour

| de clini.

6 pronons de rchestre

la grille Militaire terrom.

enêtre, ‘

ille {,.

» Mon.

il va constater avec joie combien vous êtes alerte et vigoureuse... Venez, ma.

dame Sollier, viens, chère fillette, je vais rous conduire auprès de mon oncle et du docteur,

. Véronique eut un moment d'’hésitu.

on.

Marthe s’en aperçut,

—Tu ne peux refuser d'aller voir le bon docteur qui t'a sauvé la vie, grand.

raère......dit-elle câlinement...... Tu le remercieras, et je pourrai le remercier aussi, moi, de m’avoir conservé ma bonne grand’mère,

Véronique ne discutait jamais les désirs ex-rimés par sa petite-fille qui avait pris sur elle une influence sans bornes.

—}#h bien l Oüissernfit-elle,. allons.

J6 serai bien aise, comme toi, de remercier le docteur Sermet, mais nous ne pouvons nas laisser notre orgue deburs,

—Nous allons le rentrer, madame Sol.

lier, dit Henri,

Et lui-même noussa dans la cour de la villa le véhicule à quatre roues: eur lequel l’orgus-orchestre se trouvait pla.

ll referma la grille et prenant Véro.

nique par la main et suivi de la petite the il parcourut l’espace compris entre l’avenue et l'habitation et fit son entrée dans le fumoir.

Marthe connaissait presque toutes les personnes qui s’y trouvaient,

Elle leur prodigua, avec sa grâce enfantine, ses plus belles révérences et ses plus doux sourires.

Henri conduisit l’aveugle à M. Ser.

met,

—Voici votre ex-malade, cher doc.

teur, lui dit.il., Sa joie est grande de

uvoir vous témoigner sa gratitude des | soins que vous lui avez si libérale.

ment prodigués,

La petite Marthe s’avança,

—Moi aussi, monsieur, fit.elle..…, je suis contente, bien contente de vous VOiPessensss VOUS m’aves conservé ma chère grand-maman...Je ne l'oublierai jamais... J’en serai reconnaissante toute ma vie, et je vous aime de tout mon cœur...eb je prierai le bon Dieu pour vous, tous les jours, matin et soir.

Le docteur Sermet, très ému, car

uoique chirurgien, il avait l’âme ten.

re, embrassa l'enfan t,

—‘[u me payes de bien des ingratitue des, ma chère mignonne...lui d'*.il,., je sais lire dans les yeux, et je lis uans les tiens que tu es uno bonne retite fille et que tu seras bonne toujours,

Puis prenant la main de Véronique :

—Je suis heureux de constater, mas dame Soilier, que votre santé eat excel.

lente et que vous êtes forte ot courageuse. Le métier que vous faites est un peu fatiguant pour votre âge,

—Nca, monsieur... répliqua l’aveugle .….l’ai la précaution de ne pas abuser de mes forces, et cela me distrait... Ah LES si on avait pu me conserver les yeux a.

vec kr Ke

—lJ'ai des yeux pour toi, moi, grandmère ......s’écria Marthe... Put tu sais bien que je ne te quitterai ja.

mais.

. Mais je ne té vois pas, mon enfant, Je ne peux pas te voir,

Et l’aveugle pleurait,

Le chef de clinique des Quinze. Vingts s'était avancé,

Marthe ne le connaissait pas et le re.

garda curisusement,

Il s’arrôta près de Véronique, et d’une voix lente et persuasive :

—Cette vue que vous regrettes amè.

rement, madame, pourquoi ne tenterioge vous pas de la recouvrer ?

—Et comment le pourrais-je, mon.

sieur ? demanda l’aveugle.

—En vous remettant entre les mains d’un spéciuliste assez sûr de lui-même pour faire, sans hésiter, une opération nouvelle,

— Une opéraiice aui pourrait me tuer s’écria l’aveugle.., non ! non 1... j'aime encore mieux ne pas voir ma petite.fil.

le, mais vivre pour rester nrès d’elle joie Est-ce qu’elle pourrait se passer de moi la chérie !...... Mais qui êtes-vous, monsieur, vous qui venez de me parler? Je ne reconnais pas votre voix,

—Je suis le chef de clinique à 1’hos.

pice des Quinze. Vingts, et je pourrais peut-être vous guérir,

—Vous!

—Qui, moi, peut-être,

—M, le docteur Sermet m'a affirmé

D PR me

ue |: grérison était im ible, et M.

enri Sa

Vanne, après m'avoir examinée

— Qui, monsieur, Qa n'a n'a pas osé se Prononcer,

Pas duré plus longtemps que la pression, Je Vais appuyer de

nouveau, un peu plus fort, ttendes.vous donc À res.

4 point dans son afrmation sentir une nouvelle douleur,

s’il lui est démontré qu’il a Pu se trom. us la pression nouvelle et très AC Tee Quant à Henri Savanne, mon centuée Véronique tressaillit comme un lève, qui sera bientôt un maître, il n'a iuctant Auparavant,

Pas voulu, par modestie, émettre une —Je vons fais plus mal que la pre.

Opinion sans m'avoir consulté, Mmière fois —OUn a trop hésité. ‘ i

‘+. Murmura l'a.

Veugle......et ces hésitations m'ont fait Peur.........je le répète, je veux vivre

Pour Marthe... Je refuse d’être Opérée,

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