VI
—Voilà, certes, une doulocreuse et, touchante histoire, capitaine... dit Nestor Fauvette, feignant de pos l'émotion de son visiteur.—Et là s’arrê tent sans doute,—ajouta-til,— les indi- -cations que vous pouvez me tournir.
—Héilas ! oui, monsieur,
Mais, rue de Miromesnil, où demeu-
rait la mère, où la jeune femme dovait nécessairement aller la rejoindre en
artant de Toulon, aves-vous pris des informations — Si Mme veuve Sollier ne s’y trouve plus, on doit au moins savoir dans la maison ce qu’elle est devenue
Gabriel Savanne secoua la tête et ra conta à l’ancien agent de la sûreté les QU de sa visite à la rue de Miromesni L]
—Dono,— reprit Fauvette après avoir entendu ce récit,— pas d'autres indices que ceux dont je viens de prendre note
—Auouñ,
—Saves-vous sous quel: nom et pré»
noms l'enfant de Germs‘ae Sollier a été inscrite sur les -egistres de l’état civil ?
—Oui, à Toulon j’ai pu faire relever l'acte de naissance de cette enfant-— Elle a été inscrite sous les nom et prénom de Marthe Sollier, fille naturelle de Germaine Sollier et de père inconnu née le 15 juillet 1885.
__— possédezjcet acte de naissance
—Oui,
— Voulez-vous me le confier ?
Le voici,
Gabriel Savanne tira son portefeuille de la puche de cêté de son vêtement, y prit l’acte qu’on lui demandait, et ajouta d’une voix entre-coupée, en le présentant au directeur de l’Agence générale et centrale :
—Il faut retrouver Germaine Sollier et sa fille, monsieur....…..Il faut que je sache si la mère et l’enfant vivent encore ..Faites l'impossible, mais rénssiss03, je vous en prie, je vous en supplie.
—La tâche que vous voulez bien me faire l'honneur de me confier est hérissée de difficultés, monsieur, vous le comprenez sans peine !—répliqua Nestor Fauvette. Les recherches à opérer seront lentes, puisque nous n’avons absolument rien pour nous guider, —Rien!
rien ! rien!..Nous nous trouvons en face du vide et des ténèbres !...... En de telles conditions les chances de 8 sont bien faibles 1—Au bout de — ans retrouver une piste perdue ce tiendrait presque du prodige.
— Alors, ancus espoir. —murmura (a-
briel Savsise.
—Je ne dis pas cela... J'ai mené à bien des reglt/6fè8 qi n'étaient guère moins ardues que @ellénlh,,....... Comme
vous me le demandies tout à l'heure je ferai plus que le possible, je ferai l’ime possible... ,J'userai de tous les moyens que met à ma disposition l’admirable organisation de mon agence.— Je diri.
gerai moi-même mes sous-ordres avec
‘cette supériorité qu’on veut bien me reconnaître... ÆÉnfin, je ne désespère point d'arriver au but, mais je dois vous prévenir que cela coûtera cher.
—Je ne marchanderai pas avec vous, monsieur. ...
—Mes hommes seront obligés de se déplacer... Les voyages sont onéreux et je devrai faire d'importantes a.
vances...
— Vous desirez une provision ?
—Vous devez le comprendre facile.
Ep nt
—Fixesen le chifire, je vous prie.
—Cing mille francs.
—Et, l'affaire terminée... quel qu'en soit le résultat, — j’aurai à vous verser ?
—Dix mille francs,— sommes-nous d'accord :
—Parfaitement, et j'ajouterai même, eu cas de succès, une très large gratification pour votre personnel... :
Le capitaine Savanne tira des billets de banque de son portefeuille et les ali.
&na sur le bureau,
—Voici les cinq mille francs de la provision..……..f:-il—dix mille francs seront dé par moi, à votre nom, chez M. Vernière, constructeur-mécani.
cien, rue Hardoin, numéro 6, à Saint:
Ouen, en même temps qu'une somme
—Pourquoi Aéporeres.vous l'argent 3 M. Verniere ?- “«manda Fauvet.
—Parce que je six , : * :juelnure jours seulement à Per: ‘. dois eprendre la mer le 2 jari:ir : ‘se sil
faut que le Ier janvier je sois à Toulon, Acceptez-vous, monsieur, cette façon de recouvr@r vos honoraires ?
— J'ai mhance en vous comme vous avez confiänce en moi.....J'accepte. ….,
— Et je vous en remercie,
— Je vais classer ce dossier sous la ru.
brique : Affaire Gabriel Savanne — —Cette nuit je combinerai un plau, et dès demain je donnerai à mes hommes des instructions spéciales et l’ordre de marcher.
L'ex-inspecteur de la sûreté ajouta en souriant :
—Pardonnes-moi ma question, monsieur, si elle est indiscrète........Seriez.
vous parent de Daniel Savanne, le juge d'instruction, un de nos magistrats les plus distingués et les plus estimés ?
—Daniel Savanne est mon frère, — répondit Gabriel.—Ceci vous explique pourquoi je vous ai demandé, au début de notre entretien, la discrétion la plus absolue... Mon frère, étant irréprochable, à le droit de juger sévèrement les écarts des autres, et j'ai ‘un fils...
Il faut que ni mon frère, ni mon fils ne sachent js:uais que Gabriel Savanne, capiiaine de vaisseau, officier de la Légion d'honneur, a dans sa vie une action dont il doit rougir....…..
—Vous pouvez compter sur moi, capitaine, je vous le jure I—repliqua Fau.
vette avec une certaine solennité.—Votre secret sera bien gardé ! 1
—Un seul homme le connaîtra, ce secret : Richard Vernière ; —reprit l'of.
ficier de marine—mais à lui, je puis tout dire.....,— C'est un ami sûr et indul.
ent qui, tout en me blämant, me par-
onnera...—- Commencez donc vos re.
cherches sans retard, monsieur, je varie en prie...
—Demain, je vous hommes marcheront,
—Actirez leur zèle, qu’ils réussissent, et vous aurez droit, monsieur, à toute ina reconnaissance...
Puis, après avoir salué le directeur de l'Agence générale et centrale qui le re.
conduisit jusqu’à la porte de son cabi.
net, Gabriel anne 86 retira,
le répètc,
De toutes les usines établies à Saint.
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