‹ La Fille de l'officier de Marine [microforme]Chapitre 74 sur 84 · PER · texte numérisé non relu

PER

—Il ne m'échapperont pas,

—Peutêtre y aurait-il un moyen de les retrouver...

Daniel dressa l’orreile.

—Un moyen ? — demanda-t.il vive.

ment.— Lequel ?

—J'ai entendu encore autre chose que ce que Je vous ai répété tout à l'heure...

—Qui donc ?

—Les deux scélérats ont un compli-

CO..o.00080

—Ce complice;vous le connaissez ?...

—Oui.

—ÆEt c'est ?

—L’'homme que j'étais allé consulter, confiant en la lucidité de sa somnambue le, quand vous m'aviez remis pour trois jours le bijou laissé dans mes mains par le meurtrier. .— C'est le magnétiseur O'Brien....

— Vous en êtes certaine ? L

—Ils ont prononcé son nom...

pas se faisaient entendre au de.

hors.

—Silence maintenant !-—-commanda le magistrat à l’aveugle.— Laisses.moi Pare ler...—Et toi, ma mignonne—ajouta.t.il en s’adessant à Marthe—pas un mot!

—Oh ! monsieur—répliqua avec une enfantine fierté la fille de Gabriel Savan.

ne,—jo sais me taire, allez ! ! —Je garde.

rais un secret aussi bien que grand’mèrel

Le porte du cabinet s'ouvrit

Henri revenait ramenant le chef de clinique des Quinse.Vingts,

Celui-ci poussa une exclamation de surprise en voyant D,

—-Aves-vous donc réfléchi, medame,— lui demanda.t.il aussitôt, —et consen.

tes-vous enfin à vous laisser guérir ?...

—Oui, monsieur...—répondit Véroni.

que,

—Je vous prie de m'excuser, mon ami,—fit Daniel, —si je me sui permis de vous appeler sans façon auprès de moi...—J’ai une excuse le motif est grave et le cas est pressant. .—Répondes.

moi, je vous en prie, avec une franchise absolue, brutale. —] cuvez.vons, aujourd’hui tême, avant de quitter cette mai.

son, opérer Mme Sollier et lui rendre la en ss fat-ce que pour quelques ins.

ts

Le chef de clinique regarda le magise trat avec un étonnement manifeste.

—Est.ce sérieux, ce que vous me demandes-là ?—ft.il

—Très sérieux, cui, »

—Alors, je vais vous répondre fran.

chement, brutalement, comme je me suis engagé à le faire, et je vous répére.

rai ce que je vous si dit le jour où j'ai vu cette pauvre femme pour la première fois.—Oui, la guérison est possible, et j’atlirme que je réussirai Papération, mais la tenter en ce moment, sans les préparations indispensables, ce serait non seulement la manquer à coup sûr aujourd'hui, mais encore en rendre le succès impossible plus tard.

Véronique eut un geste de désespoir,

Le chirurgien poursuivit :

—Quel que soit le cas pressant, quel que soit le motif grave qui vous fassent désirer ainsi qu’à madame Soilier qu'elle recouvre la vue promptement, je refuse d’une façon absolue d’essayér de la lui rendre dans les conditions où elle se trouve, et je traiterais de crimipel celui qui ne roculerait point devant cette dangereuse folie...

“Que Mme Sollier xccepte ici l’hoge pitalité ofterte PAr VOUS. ...00000

“Henri la soumettra à un traitement préventif dont je lui expliquerai les détails...

“Dans dix jours dans quinze au plus, les conditions seront devenues favoras bles, J’agirai alors et,avec l'aide de Dieu, je réussirai,

“Voilà ma réponse cter monsieur Savanne.........

“Voilà la marche à suivre, madame Sollier LILLLLLEI]

“Acceptes ou n'acceptez pas. — J’aue rai fait mon devoir en vous disant la vérité,

—Grand’mère, grand’mère, il faut accépter !—s’écria Marthe en prenant les mains de l’aveugle—le bon Dieu est avec nous... Il ne nous abandonnera pas. LEE ]

—Et, dans quinze jours monsieur, je Pourrai voir, vous me l’affirmes ?—demanda Véronique.

—Je l’aflirme, oui, —£h bien, j'accepterai si M. Savann,

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m'affirme, lui, que ce que je voulais faire aujourd’hui sers possible encore dans quiuse jours,

—Je ferai en sorte cue ce soit possible, je m'y engags, —.epliqua Daniel,

—Alors, faites de moi ce que vous voudrez,

Le chef da clinique se tourna vers le fils de Gabriel.

—Henri...lui dit-il... soyez chez moi demain, de bonne heure... Nous nous entendrons au sujet des détails du traitement à suivre.

—A neuf heures du mstin je serai chez vous, maitre.

Etle jeune homme reconduisit le chirurgien au saion où il était allé le chercher,

—Madams Soliier..oess fit le juge d’instruction....vous alles‘ rester ici avec Martho...Nous vous installerons dans le chalet du bord de l’eau où tous les soins nécessaires vous geront prodi-

és.

Mais, d'ici à quiuze jours, si les mi sérables fuyaient.

—Ce n’eit point à craindre, puisqu’ils ne peuvent soupçonner le danger qui les menace...Dans quinze jours je réunirai de nouveau, ici, mes invités d’aujourd’hui, et en les regardent l’un après l’autre vous pourrez nous dire quel est celui contre lequel vous aves lutté, le soir du crime,

En ce moment Henii rentrait,

Daniel Savanne continua en s’adressant à lui. à

Tu vas conduire Mme Soillier et Marthe dars ta chambre... Préviens Germain qu’il doit sller préparer immédiatement les deux lit: du chalet et qu'il aura à servir à huit heures le repas de deux personnes qui s’y trouveront... Quand tout le moniie se sera mis à tae bie à la villa, tu iras installer au chalet Marthe et sa grand'mère.........Que rien de tout cela ne transpire aujourd'hui.

Demain il sera temps de faire connaître leur présence... Nous dirons que Mme Soilier a réfléchi et que, consen.

tant à subir l’opératio:, elle est venue comme je lui avais ottert, suivre ici le traitement préparatoire,

—Un le | d'autant mieux que

c'est lu vérité....…..fit Henri Savauna.

—Une chose me préoccupe, murmura l’azeugle.

—Laqueile ? |

—Jo voudrais qu’on prévienne à son rostaurant notre bon ani Magloire...

En ne nous voyant pas rentrer, il serait trop inquiet.

Oh ! oui,oui, Notre bon ami Magloire, appuya Marthe,

—Demain je dois me rendre à Paris, dit Hanri...Avant de partirje prenurai vos instructions, s dans la journée, j’irai moi-même à “aint-Unen prévenir Magloire.

—0e ! merci, monsieur Henri, que vous êtes bon

—Que vous êies bon, mousieur :Len- Piseosoee QUE VOUS Êtes bon.,,...mnn frès PA APAEMNS timidement la potite

—Jo vous interrogersi demain, madame Soliier.... reprit Doniei......et j’atr tendrai de vous des confidences bien compiètes.

—Je ne vous cacherai rien, monsieur.

Si je m'obstinais à me taire, vous savez meintenant pourquoi.

7 wmagistrat tendit ses bras à Mare

the.

—Viens m'embrasser, ma chérie... lui dit-il d’une voix émue.

L'enfant se jeta dans 3e bras et l’em.

brassa avec eftusion.

—Fille de mon pauvre frère, murmura-t'il à s0n oreille, je t'aimerai tendre.

ment pour l'amour de luit Va. ma migooane, suis Henri, ton frère, et veille bien sur ta grand’mère,

Henri rena immédiatement l’aveugle et Martk: dans sa chambre et leur re.

commanda la patience.

Quelques heures après, au moment où tout le monde se mettait à table dans la vaste salle à manger de la villa, il les conduisit au chalet du bord de l’eau où Germain, le valet ds chambre, avait fait les préparatifs nécessaires pour leur iu:sallation, ainsi qu'il en a vait reçu l’ordre, et où il leur apportait à diner,

V'Brien n'avait point quitté l’avenue sur laquelle s’ouvrait la graade entrée de ia villa Savanne.

Toujours aux aguets, il avait vu l’a.

veugle et sa petite-fille introduites par Henri dans la maison de 80n oncle.

A la nuit tombante ne les ayant pas vu repartir, il se dit que Mme Sollier s'était certainement décidée à subir l'o.

pération, et cette conviction modifia, encore une fois ses projets,

Il résolut de revenir à seu plan primitif,

La situation était grave, terrible, effrayante pour Daniel Savanne,

Chose peut-être sans précédent ! Chez lui, le juge chargé d’instruire l'affaire du triple crime de Saint-Ouen, à la table, parmi ses hôtes, se trouvaient les misérables qui avaient assassiné Richa:d Vernière, à moitié tué Véronique, in.

cendié l'usine et volé deux fortunes |!

Ces misérables étaient là, près de lui, inconnus de iui ! :

Il leur avait serré la main au moment de leur arrivée,

1 la leur serrerait de nouveau au moment du départ,

Cette pensée faisait passer un frisson d’horreur sur sa chair, car il ne pouvait mettre en doute les a pe de Véronique à ce sujet, pas plus que ses ame, relatifs à la paternité de Gabriel et au dépôt de trois cent mille francs fait par lui le 30 déceinbre dans les mains de Richard.

Marthe était bien la sœur d'Henri.

Véronique avait bien entendu les paroles sinistres échangées entre les meurtriers. ; .

Qui donc étaient.ils, ces monstres, qui venaient braver la justice jusque dans la demeure de l'un de ses représentantsi ù

Comment soulever les masques d’honnôtes gens qui cachaient leurs faces de bandits, A

Faisaient-ils partie de ses invités ou de ceux de Robert Vernière.

Daniel se posait ces questions et, à table, tout en s'eflorçant de ne sembler préoconpé, il étudiait d’un œil inquiet et soupçonneux les visages de ses convives.

Le caissier Prieur, Claude Grivot, le vieux Simon, plusieurs chefs d'ateliers, des officiers

C’est parmi ceux-là, les uns anciens et dévoués employés de Richard Vernière, les autres portant un uniforme aimé et respecté de tous, qu’il fallait choisir.

Sans Vérouique, ärracher less masques était impossible. Ya Quant à Robert, l’ombre d’un soupn ne pouvait même pas l’effleurer. C’est Drniel lui-même qui l'avait appelé à Paris où il ne se trouvait point au moment du crime, + D'ailleurs il était pauvre, et sans l'ai de de sa femme il n'aurait pu réédifier l’usine. , Une angoisse douloureuse étreignai le cœur du magistrat,

Malgré lui, ses regards revenaient sans cesse à Prieur le caissier et à Claude Grivot.

Mentalement il se demandait :

—Si c'étaient ces deux.là ?

Mais aussitôt il se répondait :

—C'est insengé ! Personne n''gncre qu'ils ont, l’uu comme l’autre, derrière eux, un passé de travail st d'honneur...

il faudrait être fou pour les accuser !

Ils étaient là, cependant, les deux ucélérats inconnus ! ils étaient là le ver.

re en main et le rire aux lèvres,

Et cet O'Brien, ce magnétiseur, ce troisième complice dont l’aveugle avait prononcé le nom.

Uh ! celui-là, il aurait vite fait de le trouver, et par lui il parviendrait bien à connaître les autres, si l’on tardaït trop à rendre la vue à Mme Sollier, Jusqu'à la fin du repas Daniel Savanne resta plongé dens de noires et sinistres réflexions,

Le diner s'était prolongé longtemps, au milieu de la gaieté générale,

Onze heures allsient sonner.

Les invités sungeaient à partir.

Il ne fallait pas manquer le dernier train pour Paris,

Quelques personnes, en petit nombre ayant loué des voitures, avaient donné aux cochers l’ordre de venir les prendre à onze heures,

Grivot, le d’ateliers,

18 anciens hard Ver- \ uniforme d'il fallait

8 masques

un soupjeurer.

avait apvait point

; sang lai.

1 réédifier

éireignait

revenaient et à Clau-

rit :

n'igncre >, derrière 1Onneur...

cuser !

les deux ; là le ver.

CA

tiseur, ce aigle avait

ait de le irait bien n tardaït lier,

el Savans et ginis-

Jngtemps, ).

tir.

e dernier it nombre

nt donné 8 prendre:

Robert Vernière fut un des premiers qui se levèrent de tsble.

—Cher monsieur Savanne..…..... dit'il avant que vosinvités ne se sépareni, voulez.vous me permettre de leur a.

dresser ouelques mots ?

—Certes 1 répondit Daniel,

—Mosdames et messieurs. ..... fit alors le fratricide........vous vous êtes réunis aujourd'hui, chez notre hôte excellent et respecté, dans un double but, Le premie* était de célébrer la Saint.

Landry, le second de fêter ma ncmination dans l’ordre de la Légion d'honneur et croyez à toute ma reconnaissance.

& Cetie reconnaissance je voudrais vous la témoigner ailleurs que sur un terrain neutre et je vous demande à tous,— à tous sans exception.— lu promesse de venir passer chez moi, à Neul.

]y une journée que je tâcherai de rendre pareille à l’heureuse journée d’aujourd'hui.s.s.

Me le promettez-vous ?

Toutes les voix répondirent, avec un merveilleux entrain :

Oui... Oui... Nous acceptons.

—Alors, c’est promis ?

C'est juré ! !

Daniei Savanne avait tressailli,

Ce que Robert venait de proposer, il comptait le demander lui-même,

nsi tous ceux qui étaient là présents se trouveraient réunis de noue veau quand Véronique aurait recouvré la vue et, ce jour là, pouvant regarder les visages elle désignerait l’homme con.

tre lequel elle avait utté dans la cour de l’usine de Saint-Ouen, le soir du crime,— et ce ne serait point chez lui, —L'effroyable scandale n’éciaterait pas dans ca maison.

Et nous sommes heureux d’accepter cher monsieur Robert,—dit-il, en con.

traignant ses lèvres À sourire.

Puis il ajouta :

—Quand comptes-vous donner votre fête?

—Dans quinse jours, le 23 juin, rendes.vous général à la villa des Piatanes, à Neuilig..Le programme sera le méme que celui d aujourd’hui.—Déjeuner à midi et «smer à sept heures...Oest

coavenu, n’est-ce pas

— C'est conven”,

Le viéux Simon pensait:

—Décidément le patron est un chic type !...—Une politesse en vaut une autre et ça nous fera deux jours de réjouissance au lieu d’un !

Quelques instants après, tout le monde quittait la villa Savannie,

Philippe de Nayle, en partant, dit à sa mère :

—J’ai des travaux à torminer demain matin... — Je reviendrai dema'n soir,

—dJe le ramènerai—fit Henri qui avait entendu.—Je suis obligé moi-même d'aller à Paris... J'irai déjeuner avez Philippe et nous reviendrons ensemble,

Le jeune homme monta en voiture après avoir serté les mains d’Aline et de Mathilde qu'il avait entourée toute la journée d’attentions presque tendres à la grande joie de la jeune filie qui sentait l'amour naissant faire battre déli.

cieusement son cœur.

Robert couchait à la villa Savanne où on lui avait préparé une chambre,

Daniel et son neveu, après les incidents que nous venons de mettre sous les yeux de nos lecteurs avaient bosoin de se consulter.

Le magistrat emmena le jeune homme dans son cabinet où ils s’eufermèrent.

—Ah !—s'écria M. Savanne se lais.

sant tomber sur un fauteuil, — ce que j'ai souffert depuis les révélations de V6ronique ! !—Pendant toute la durée de cet interminable repas, j'étudiais les visages, je m'eflorçais de soulever îes masques, et je n’ai rieu vu, et il fallait faire bonne contenance, écouxier, répondre semblerme mettre à l'unisson de la gaité de mes convives |

—Quel supplice Fssossebse

—Je le comprends,— répondii Henri,

Mais songes, mon cher oncle que .

ls moment de la revanche est proche!, Tu as raison.….—Notre ami Roc

bert vient, sans savc\r, de fixer le jour

où la vérité nous ser: :unnue, si je ne l'obtiens pas d'ici là de cet rien désigné par Véronique,— Le 23 | ! — Dans quinze jours ! ! —Mme Sollier aura-t-elle recouvré la vue 7...

—Demain seulement, après avoir

pourrai vous répondre par une «ffirms.

tion positive,

— Faites l'impossible ! Comme te le disait tantôt Mme Sollier : songe qu’il s’agit de ver 4er Fichard Vernière ! De.

wa:n j’interrogerai longuement l’aveugle ei ensvite j'agirai contre cet O’Brien mais .! or ut m'échapper, il prut refuser de mer/;ondre, et comment l’y contraincre, n'ayant aucune preuve de sa Complici:i avec des criminels inconnus, J'est done sn réalité sur la guérison de la grau l'mèrs de Marthe yne ae fonde tout mun egyir,

—No: ferons l'impssible, nou on.

cle, je vous le promets.

—J’y compte.

Après un silens: Henri sourit: |

— Un mot encore. Marthe est ma sœur... 8 parlons point de la faute commise par mon père... Aucun roproche doit s'élever devant une tombe, at d'ailleurs le respect me formerait la bouche.

Guelles mesures s!lons-nous prendre vis-à-vis de cette enfant charmante et sÿmpathique vers laquelle je me sentais &ttiré par un secret instinct avant de rièn savoir,

-- {1 sut attendre......réplique le ma. tra‘... Mais elle est la tille de mon

ère bien-aimé, elle est ta sœur. Elle ne nous quittera jamais,

Evil tendit la main à Henri qui la serra avec effusion,

M. Savanne ajouta :

—Pas un mot, n’est.ce pas, sur le véritable motif du brusque changement de résolution de Mme Sollier, Une phrase imprudente pourrait tout compromettre. Tu le comprends ?

—Oui, certes, et je serai discret.

L'oucle st lv neveu se séparèrent,

Lo lendemain matin, de très bonne heure, avant que persoune fût debout dans ia villa, ils se rencirent ensemble au chalet du bord de l'eau, où Véronique et Marthe étaient installées depuis la veille au soir,

L'enfant avait couché au rez-de . aus.

sée, Véronique au vremier étage

Marthe étais déjà debout, au: de sa grand’mère,

e avait bien dormi, mais Véroni.

que, sous le coup des terribles préooc:r. pations qui l’übsédaisat, n'ovsl, à pri près pas fermé les yeux, ei ii on était résulté un reu de fièvre,

Cela n’offrait d’ailleurs aucuxe gravi- ‘Juelques heures de sommeil ramène.

räient à coup eûr le salme qu'Henri dé.

irait,

I! écrivit la formule d'une potion lé.

légèrement opiacée que Germain ferait exécuter chez le phaï:aacion du Pare et que Marthe, excellente petite grrdge malade, administrerait à sa graud'mès Le,

Ensuite il s’informa de ce que l’aveue gle voulait faire dire à Magloire eë de ce qu'elle avait à lui demander.

Elle désirait un peu de linge pour ei.

le et pour l'enfant, et quelques vête.

ments de rechange, mais &iis souhaitait surtout avoir la visite du brave manchot et elle pris Henride lui iemarder de venir le lendemain en lui emportant les hardes nécessaires et le: papiers qu’elle lui avait confiés, parmi lesquels se trouvait le reçu du dépôt de trois cent mille francs fait par Gabriel Savan.

ne au nom de Marthe, et signé par Richard Vernière,

Muni des instructions et des recom.

mandations de l’aveugle, Henri partit, laissant son oncle auprès d'elle.

Daniel, alors, la questionns longue.

ment,

Elie lui raconta par le menu, sans rien omettre, sans rien oublier, sa visite chez le magnétiseur O’Brien et les incidents de cette visite, puis elle ré.

péta, mot pour mot, ce qu'elle avait en. tendu la veille derrière la grille qui sé.

parait le parc de la villa Savanne du chemin du bord de l’eau.

Le magistrat, se servant à lui-même de greffier, écrivit cette déposition, et de nouveau il fut bien conveuu que le vrai motif du changement d: “‘ oiution de Véronique devait rester secret pour tout io monde,

Mme Sollier et sa ÿ ;. +.älle avaient l'habitude de rentrer : ::. =t.Ouen le

2 où

FÉOOG ie où pi n éfait

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1 ferait Parc et gr As u1A'Mès

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mander portant papiers esquels B trois Savan.

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# n ‘ & D areneenene

samedi soir et de dîner en compagnie de Magloire, de la Marie, devenue Mme Magloire, et de la mère Aubin qui de.

vait rester pendant un ou deux mois encore avec ñe8 sUCCEsseurs,

Leur étonnement fut grand enne vo.

yant point Véronique et Marthe arriver à l'heure habituelle, et cet étonnement devint de l'inquiétude quand, vers minuit, au moment de fermer l’établisse.

ment, il devint évident qu’elles ne rentreraient pas,

Magloire, cependant, se rassura un peuen pensant que la chaleur torride de la journée avait fatigué beaucoup les deux femmes, et qu'elles s'étaient déci.

dées à coucher dans un des villages placés sur leur itinéraire,

Ce qui n’empêcha pas d'ajouter :

—8i demain, à deux heures, elles ne sont pas rentrées, j'irai jusqu’à Saint.

Maur et au besoin jusqu’à Joinville, et je retrouverai leurs traces.

La visite d'Henri Savanne le dimanche matin vint heureusement le tran.

qüilliser,

— Vos protégées sont au Parc, chez mon oncle...lui dit-il. Véronique a cédé à nos instances, Elle consent à subir l’o.

pération,

—Æt vous êtes certain de réussir sans mettre la vie de la chère femme en péril ? demanda Magloire le visage boule. versé par l’angoisse, car il aimait Véronique comme une seconde mère,

—Je crois pouvoir affirmer le succès, répondit Henri, et dans tous les cas, j’atfirme à coup sûr que le danger n’existera pas,

Magloire en entendant cette bonne parole, fut pris d’une folle envie d’eme brasser le jeune homme, mais, n'osant point se le permettre, il se contenta de lui serrer la main droite de toutes les forces de sa main gauche,

Henri iui fic pars alors de ce que Véronique attendait de son amitié,

—Demain je serai là-bas, à l'heure que vous m’indiquez, monsieur ! s’écria Magloire joyeux, et je porterai tout ce

qu'elle demende !

® even

Ayant pris dès le matin les instruo.

tions de son chef de cliaique et s'étant acquitté du message de Mme Spoilier, Henri n’avait plus qu’à tenir la promes.

se faite la veille à Philippe de Nayle d'aller déjeuner avec lui à Neuilly et de le ramener ensuite à la villa Sayvane ne.

Le travail pressant pour lequel le fils d'Amélie avait quitté le Par: Sainte Maur, où l'hospitalité lui était ofterte n’était point du même genre que ceux qu’il l’exécutait chaque jour en vue des besoins de l'usine de Saint Ouen.

Très désireux de savoir ce que con.

tenait la lettre chiftrée trouvée dans l’un des volumes de la bibliothèque de son beau père, il voulait chercher à ia déchiffter avec l’aide du traité de cryptographie acheté par lu: deux jours auparavant,

L'ouvrage était volumineux, —nous l'avons dit,—et pour le bien comprendre il fallait le Lre entièrement et s’as.

similer les différentes façons de tradui.

re les messages secrets dont il donnait les formules.

Au début le jeune homme ne trouva rieu qui fût de nature à l'éclairer.

Il avait beau lire attentivement, cher.

cher à pénétrer toutes les combinaisons il marchait de déception eu déceptions,

Arrivé aux trois quarts du volume, il avait pensé que dans la matinée du di.

manche il pourrait terminer sa iecture, et peut-être mettre enfin le doigt sur l’explication attendue,

Malgré la lucidité de son esprit, male gré sa tacilité à résoudre les problèmes les plus £.dus, il continuait à se briser

‘Contre une muraille intranchissabie.

Le casse-tête chinois n’était rien à côté des difficultés devant lesqueiles il s'arrétait,

Le volume sous les yeux, la lettre chiffrée à côté de lui sur son bureau, il Cherchait toujours, et le temps passait, et L’inutilité de ses recherches conmen.

fait à l'énerver considéraviement,

Ses mains fiévreuses pressaient son front brûlant,

Li murmurait sous toutes les formes :

—Que la lumière se fasse !

Et la lumière ne se faisait pas,

Absorbé par cet inutile travail il n’en.

tendit pas qu’on venait de frapper légè.

rement à la porte de son cabinet,

Il fallut qu'on heurts une seconde fois À fort pour que son attention fût éveillée.

Précipitamment, il glissa la missive allemande sous le buvard qui se trouvait placé devant lui, et il erma le gros volume.

Henri Savanne ouvrit la porteet en.

tra.

— Onse heures sont sonnées mon cher Philippe—dit-il en serrant la main du jeune omme,—j’ai une faim de loup, et vous me faites l’eftet de n'être pas

rôt !

? J'avais oublié l'heure en travaillant, mais je ne vous demande que cinq

minutes pour être habillé et à votre dis.

position.

Pendant que Philippe prenait les vétements disposés à l'avance sur un meuble, Henri s’approcha du bureau et ses regards tombèrent sur le gros volume dont le titre attira son attention,

—Tiens ! vous vous occupez de cryptographie 1— fit.il en soulevant la cou.

verture de l'ouvrage.

—Mon Dieu, oui...—répondit Philip.

Etain déié ic?

hilippe ne voulait point mettre son !

ami au courant des recherches qu'il opérait, —Je commence à comprendre un peu...—ftei], s Est-ce intéressant ?

"Fa intéressant, oui, mais très le.

—Est.ce que cela pourra vous servir à quelque chose ?

—Absolument à rien... —(J'est pour moi un basse-temps...une distaction —e voici prêt, mon cher Henri...

—£h bien ! partons.

—Vous aves une voiture ?

Philippe ferma à clef la porte de son Cabinet, mit, la clef dans sa he, et les deux jeunes gens descendirent.

a Wii

—Où déjeunerons.nous 1—damanda hilippe, : À

—A la place de la Bastille... Nous serons à deux pas du chemin de fer de Vincennes, etJj'ai à prendre chez un pharmacien du boulevard Beaumarchais un collyre dont je lui ai remis la formu.

le en arrivant ce matin à Paris...

—Quelqu’un souffre.t.il de la vue à la villa Savanne 1 :

— Voilà une nouvelle qui me cause une joie vive Les 8’écria Philippe...

Si lopération, réussit, comme je n’en doute pas, quel honneur pour vous, mon cher Henri..…......sans compter que la brave femme, ayant recouvré la vue, Pourra vous désigner l'assassin de Rie Chard Vernière |

—Dieu nous permettra de réussir... fit Henri,

Grivot son complice,

Le fratricide, nous le SAVOnS,.., avait passé la nuit à la villa Savanne, Après avoir dormi du sommeil d’un homme qui n’a rien de re ettable sur conscience, il s’était eve vers les reuf heures du matin, s'était habillé a.

vec les soins minutieux qu'il mettait d'habitude à ga toilette et était allé fl

La jeune fille attachée au service d’A.

mélie pendant son séjour au Parc Saint.

aur a apprit que madame venait de L

descendre Robert La rejoignit sur 1a terrasse, au

6 avec st donc

| Soir à ent se ouvan.

stallée ord de

cause LILLLOLETS ) n’en 3, mon ue la \ vue, le Rie

r... fit

6 les | res. chel.

AvOr: x lande:

DR je

Moment où elle se disposait à faire un tour dans le petit paro,

—Aves.vous bien dormi mon ami LA || demanda.t.elle, u sè—J’ai passé une excellente nuit, et vo ma chère Amélie ? à

— /ne nuit très agitée, J'ai uu peu de

ne, et j'allais prendre l'air pour la

Combattre,

—Me Permettez.vous de vous accome Pagner ?

—Je vous en prie,

Le mari et la femme descendirent les larges degrés de la terrasse et s’engagè.

rent sous bois,

—Me psrdonnes-vous, demanda tout à coup kobert

été rofondément touché de ia condui.

te de Mathilde, conduite pleine de tact

—Mais, elle ?

His Pa jen suis sûre,

—£h bien parles.en discrètement à M. Savanne, Nous verrons après,

Robert et Amélie arrivaient au tour.

nant d’une allée,

oudain, ils s’arrétèrent, Mme Vernière Poussa une exclama.

tion de Surprise,

Le fratricide sentit un frisson effleurer 8a Chair,

Il pâlit légèrement, est qu’en face d'eux, à quelques pas 8e trouvait Daniel Savanne tenant par e,

ir passer la ne ur du 23 juin à notre villa de Neuil.

—Je vous pardonne d’autant plus votiers que je vous approuve, Votre i. Ah ! je comprends que vous soyen

étonné: ! tit le magistrat en riant, vous ne pouviez vous attendre à me ren.

contrer ce matin en Compagnie de notre

mignonne joueuse d'orgue,

b —Assurément, ,n0n !...murmura Ro.

ert.

—Elle m'est venue si brusquement que je n'ai pu vous consulter, ,,,,, Je suis heureux que vous lapprouvies, quoiqu’elle ait Pour conséquence forcée d'abréger le temps de votre villégiature

—Je serai enchantée de rentrer à Neuilly où je verrai plus souvent Philip.

pe.

—Quand pensez-vous quitter le Parc

—Mais, par quel hasard ? demanda Amélie,

di Daniel... Veronique, sagement con.

: seillée, a réfléchi, Eile est,venue hier au

Saint-Maur * ; soir me rappeler l'offre que nous lui a. —A la sd r semaine prochaine, vions faite... Elle et installée avec aus) 9 ne

: : iera; | 2 Petite-fille dans le Chalet, où elle sui. Elle m a0COmpagnera, et Je prierai | ya te traitement précédant l'opération M. Savanne de nous confier encore Ma. ui doit lui rendre la vue. . . à q u de pour Quelques semaines, ce quil —Ah ! tant mieux | tant mieux | s°6. ers, je n’en doute pas... cris Mme Vernière, Dieu veuille ne réfléchi à ce dont Je vous a i parlé

vre femme puicse désigner l'assassin du —Concernant ? frère de mon mari | —Philippe et Mathilde, Robert avait repris soudainement pos. —J’avoue n’avoir Point pris cela au session de lui-même. sérieux, —En effet... ,, fitil d'une voix qui — Pourquoi dons ?

ne tremblait point, il est heureux qu’

£rand amour de Philippe Pour | elle ait réfléchi,

Aline se serait.il don: “ anoui si vite Amélie embrassa Marthe, :

Pour faire place à up - ef —Chère fillette, lui dit-elie,..ts bone —Philippe en Sarec : de bon 5808, & | ne grand’mère Pourra donc voir enfin

Compris que, n'ayant aucun espoir, il

combien tu es jolie, combien tes grands ne devait plus Penser à Aline... fl # | yeux sont purs, e6 €

pere

Ru rayonnant d’intelligence et de bo

Puis s'adressant à Daniel, elle: ;uix, |

—Peut.on voir M'1e Sollier, —Elle repose en ce moment, mais lus tard, lorsque Henri sera revenu de aris, il nous donnera certainement la permission de faire à sa malade une ‘courte visite.

Je conduis cette enfant à la villa pour

la présenter à Aline et à Mathilde,

—Je remonte avec vous, cher mon.

sieur Savanne....…...Mathilde et Aline Ye que Mme Sollier est au chae

et

Elles l’ignorent :ncors......Hier au soir je n’ai voulu dér’nger personne, et j'ai tenu secrète l'arrivée de l’aveugle.

— Leur surpri:e sera donc aussi grande que la nôtre !

Daniel, Amélie et Marthe se dirigè.

rent du côté de l'habitation.

Robert resta seul.

L'épouvante qu’il avait eu jusqu’à ce moment, la force de contenir, éclata tout à coup.

D'une voix sourde, sifflant entre ses dents serrées, il murmura :

—Ic1 ! Elle estioi !.....Xile s’est ravisée 1... Eile consent à subir l’opération !...Mais alors les dangers que je croyais anéantis renaissent plus mena.

ts que jamais ! Jesuis sur le bord d’un abime ! Véronique recouvrant la vue, c’est l'échafaud pour moi,

Il marchait dans les allées comme un fou, le visage inondé de sueur, les yeux égarés.

Arrivé devant le chalet il s’arrêta, tant à l’innocente construction rustique des regards chargés de haine.

—Là 1 Elle est là... bégayait-il.…. Elie est 1à !...Eh bien { comme il ne faut pas qu’elle voie, il ne faut pas qu'elle vive !

O'Brien agira ! ! !

À la villa, Mathilde et Aline, prévenues par Mme Vernière et non moins surprises qu’elle l'avait été, s'empressè.

reni de descendre auprès de the qu'elles comblèrent de caresses.

Un fit visiter à i'enfaui l’intérieur de la villa... .On lui montra les cuisines où elle viendr:i: demander tout ce qui est nécessaire au chalet, et les domestiques

: l’ordre de se mettre à sa dis.

: va quand elle réciamerait leur ai.

Après avoir passé une demi-heure à

la villa, Marthe alla jeter un cou d’œil amical à l’orgue-orchestre placé veille au soi; p dinier dans une remise, puis elle regagna le chalet, . On attendait le retour d'Henri avec impatience, car tout le monde avait h4.

te d’aller visiter Mme Sollier et son au.

torisation était nécessaire,

L'heure du déjeuner sonna —On se mit à table,

En entendant la cloche, Marthe vint aux cuisines chercher le déjeuner de sa grand'mère et le sien,

Chose digne de remarque, un tel ra.

yonnement sympathique s’échappait de CES be personne qu’elle fit la conquéte des domestiques comme elle avait fait celle der maîtres et que c'était à qui s'empresserait pour la servir.

Il était deux heures lorsque Philippe et Heori arrivèrent à la villa, première action d’Henri fut d'aller trouver l’aveugle afin de lui faire come mencer le traitement convenu le matin,

—La malade avait un peu de fièvre au moment de mon départ--répondit.il, —Je vsis lui administrer une potion et faire sur les yeux une onction de collyre.— Votre présence serait gênante pour moi et fatiguerait Véronique.

Nous ne L- suivrons point dans sa vi.

ice et nous ne ferons pas assister nos lecteurs au premier pansement dont il venait de parler et qui devait se renouveler trois fois par jour.

En cas d’en:pêchement shsolu de sa part, Marthe, très intelligente et d’une adresse de fée, rourrait le supzliéer quand elle let: va pratiquer deux ou trois inis,

On v it l’accompegner,

Ile” 182 nergiquement,

Iléts onc :e spécialement recom.

mandé + maintenir dans la chambre sinon des ténèbres complètes du moins une demi-obscurité,

e.,2 on D uaeeh" 1 TT EE ane at

CRE Rm 0.2

Henri avait donné très clairement ses instructions à sa petite sœur.

—Je ferai tout ce qu'il faudra faire Pour que vous puissies guérir grand’mè.

re—s’était écriée l'enfant j—vous pou.

ves compter sur moi autant que sur une grande personne.,,—je n’oublierai rien monsieur Henri.

Le jeune homme la prit dans ses bras,

—Ma chérie—lui ditil en l'embras.

sant—lorsque nous ne serons que nous deux appelle moi ton frère...

—Mon frère, je t'aime... — fit Marthe et lui rendant ses baisers, —Oh | je t'ai.

me de tout mon cœur {….

Henri quitta le chalet pour retourner à la villa où une grande conversat n était engagée.

Mme Verniére annonçait à Daniei que, forcée ds surveiller les préparatifs do la réception qui devait avoir lieu à Neuilly le 23 juin, il faudrait, à son

d regret, quitter la villa Savanne à a fin de la semaine, et lui demandait en même temps de lui permettre d’emmener Mathilde, afin de ne point la séparer de Ia fille de Richard,

Aline qui, après ce qui s'était assé, ne

algnait plus les assiduités de hilippe, Mathilde, convaincue qu’à Neuilly elle ver’: ‘ Henri plus souvent qu'au Parc- Se 1: laur, eppuyèrent de toutes leurs forces 1a demande d’Amélie.

M. Sava consentit,

Il ne de. lait pas mieux que de se trouver seul avec llenrià la villa Sa.

vanne.

Le magistrat avait besoin de calme pour se recueillir,

En conséquence, il fat convenu que Mme Vernière, Aline et Mathilde re.

tourneraient à Neuilly, le vendredi sui.

vant.

à On était fatigué de la fête de la veil.

Le dîner fut court.

Robert et son besu.fils quittèrent le Parc vers neuf heures.

À onze heures, ils rentraient chez eux.

Il n’avait pas été possible au fratricide de quitter Philinne ce soir-là, n’ay.

ant aucune explication plausible à lui donner, .

Il désirait cependant—on le comprend a peine—voir O’Brien le plustôt por.

sible,

Avant de se rendre dans son apparte.

ment, il dit à Philippe :

—Je sortirai demain matin de très

nne heure...Tu iras seul à lPusine.— Je t’y rejoindrai dans Ja journée,

À lheure où ils se mettaient au lit, Daniel Savanne, après avoir fermé sur lui la porte de son cabinet, relisait à tête reposée et étudiait longuement les réponses faites par Mme Sollier aux questions qu'il lui avait posées la main,

bert Vernière était debout dès le point du jour,

Un train partait de la gare de Vin.

cennes pour Saint-Maur à six heures trente.cinq minutes,

Il put y monter, et à sept heures et demie il sonnait à la porte du pseudo Nelson, c’est-à-dire d’O'Brien.

L’Américain était déjà debout.

En voyant entrer Robert, il eut un singulier sourire,

—Ma parole d’honneur, cher ami, je vous attendais | — dit.1l,

— Vous m’attendiez !—répéta le fratricide au comble de l’étonnement,

—Depuis samedi soir...

—Comment ? Pourquoi ?

—Point de parole inutiles l—inter.

rompit le magnétiseur,—Tout ce que VOus venez m'apprendre ce matin, je le sais aussi bien que vous !— Véronique Sollier, revenant sur son premier refus, consent à ce qu’on lui fasse l'opération qui l’épouvantait...—Elle est allée frap- Per dans l'après-midi de samedi à la porte de M, Savanne, vor: réclamer de lui l’hospitalité qui L.. avait 14 offer.

te...

—Comment savez-vous sas i

— Peu vous importe. je je sais, ce.

la suffit ..,,—Je sais ausei que les dan.

gers que vous croyez disparus vous me.

nacent de plus belle... Or, comme vous n'êtes pas homme à soutenir la lutte avec vos seules forces, je me suis dit :

—Mon ami Robert Vernière va venir me voir, ayant un pressant besoin de moi !...--Voiià Pourquoi je vous atten.

dais, et vous voyez que mes pressenti-

i F8 26 m0 Wolpaient point | — I]

wagit d'en revenir au premier plan, m'’est.ce ?

—Oui et il faut réussir |

—Je réussirai si vous vous souvenes bien de mes conventions pri.

mitives.,.,

Je ne les ai À rryus oubliées, et je tiendrai ce qui a été promis,

LI" million aussitôt après le snc-

—Alors, causons ! J'ai, depuis samedi soir, combiné bien des choses !

* Les deux hommes s'entretinrent pen-

dant plus d’une heure, discutant dans leurs plus petits détails les combinaisons dont O’Brien venait de parler,

Quand ils se séparèrent, Véronique et Marthe étaient irrévocablement con.

damnées,

L'une devait mourir, et l’autre dispa.

Daniel Savanne, absent du Palais de.

uis deux jours, éprouvait le besoin d'y faire une apparition, afin de savoir si l'inspecteur Berthaut avait été invité par le chef de la sûreté à poursuivre ses recherches ches le successeur du vieil antiquaire Dutac.,

Il voulait aussi s'occuper sérieusement du magnétiseur O’Brien dont Vé.

ronique lul avait donné Je nom et l’a.

dresse,

Le lundi matin il arrivait de bonne heure à son cabinet de juge d’instruction, et faisait aussitôt prier le chef de la aûreté de se rendre auprès de lui et d'amener Berthaut,

Le chef vint seul.

L'inspecteur était depuis trois jours en province, cccupé de recherches con.

cernant un attentat anarchiste, et ne devait être de retour qu’au milieu de la semaine suivante,

Ce contre-temps imprévu contraria vivement Daniel,

Il fallait agir cependant.

Pour l’affaire de la breloque on atten.

drait le retour de Berthaut, mais quant au magnétiseur O’Brien, i] n’y avait pas un instant à nerdre,

Le chef de la sûreté, mis au courant

de ce qui se passait, demanda au magistrat de lui signer un mandat d'a.

mener.

Une fois ce mandatentre ses mains, il s’ocouperait lui-même de l’arresta.

tion de l’Américain,

Daniel signa.

—Dès que vous tiendrez l'homme...

dit.il.....qu'on me l'amène, et, si je suis au Parc.Saint-Maur, qu'on me prévien.

ne par dépêche,

Le chef de la sûreté, en sortant du cabinet de M. Savanne, s'était immé.

diatement rendu avec deux agents et une voiture au numéro indiqué de Ja rue de la Victoire,

Sa déception tut graade en apprenant que depuis plus de deux mois l’Améri.

Cain avait quitté la maison après avoir vendu son ameublement, et en disant qu’il partait pour l'étranger.

Cette nouvelle, que le chef de la sûre.

té lai annonça, porta à Daniel un coup TL bain dé

rusque départ ou plutôt la fuite d’0’Brien, lui paraissait démontrer jus.

qu’à l'évidence sa complicité dans le tri.

ple crime de Saint-Ouen,

Mais, dans cette malheureuse affaire, tout lui glissait entre les doigts,

Dès qu'un semblant de piste apparaisssit, c'était pour disparaitre aussi.

Il ne savait quel parti prendre,

Où chercher le magnétiseur ?

—De quel côté mettre des agents en quête

Quels ordres donner ?

De mémoire de magistrat jamais af.

faire plus embrouillée, plus inextricable plus mystérieuse, ne s'était présentée,

C'était à en perdre la tête.

Rien à faire d'immédiat, Il fallait at.

tendre encore, Attendre toujours !

Notre ami Magloire avait été exact au rendez-vous donné la veille par Hen.

ri

Muni de tous les objets que Mme Sol.

lier lui faisait demender, il se présentait

| à deux heures et domic à ia viila où ie

neveu de Daniel le recevait pour le con:

duire auprès de Mme Soilier,

L'ave e et Marthe.........il est superflu de l’afirmer, l’embrassèrent avec e

L’ancien soldat de marine, tout en i.

re le motif véritable qui décidait

éronique à se laisser opérer, ne pouvait qu'approuver sa décision,

Outre le lingeet les effets d’habille.

ment + a nan il lui remit les ? va piers de fau) e qu’elle lui avait confiés, et auxquels se trouvait joint le reçu de trois cent mille francs signé par Richard

ernière,

— Vous aves donc bien besoin de tou.

pr ces paperasses 7... lui demanda.

toi

La confiance de Véronique en Ma- | pr était illimitée, nous le savons...

e aurait bien voulu lui dire la vérité, mais une indiscrétion pouvait tout compromettre pre l'avenir, tout perdre peut-être... lui avait atfirmé M. Savanne be À se renferma dans un mutisme re.

—J’en aurai gt besoin, mon bon Magloire, répondit.elle sans autre explication,

Le manchot n'insista pas,

Après une heure passée auprès de l'aveugle, après lui avoir affirmé à dix reprises que le jour où elle rentrerait bd dans l’ancien établissement de

mère Aubin serait un jour de fête at.

tendu ar tout le monde avec impatien.

ce, enfin, après lui avoir promis qu'il re.

viendrait la voir la semaine suivante, il l'embrassa, il embrassa Marthe, et partit,

Henri l’attendait et le fit passer par la grille s’ouvrant sur le quai de Mar.

ne,

—ÆElle est bigrement bien logée, la bonne Mme Soilier ! — s'écriact-il en se retournant pour admirer le chalet dont les fenêtres s'ouvraient sur la Marr.s, … Pour un hôpital joli et coquet, on peut dire qu'il n’y a pas mieux 1... — Ah je connais la propriété depuis pas mal de temps déjà, monsieur Henri, — ajouta-t-il —En faisant mes tournées, vous comprones qu'ii u’est Coins ni recoins de ces côtés-ci que je n’aie explorés..

— J'ai donc vu bien des fois la maison de votre onole,

—Dont la porte vous sera toujours ou.

verte, mon brave loire, et où vous seres toujours acoueilli aveo plaisir, —

Le manchot/échangea avec le jeune homme une bonne poignée de main et reprit le chemin de ia gare du Parc.

le retour de Daniel, Henri lui apprit la visite de l’ancien marsouin et se rendit avec lui auprès de l’aveugle,

Celle-ci remit au magistrat le regu de Richard Vernière.

Le doute était impossible, :

L'industriel avait bien reçu trois cent mille francs destinés à Marthe, et le donateur voulant rester inconnu ne pou. vait être que Gabriel Savanne,

Les trois cent mille francs confiés à Richard le soir du 30 décembre étaient bien ceux que le capitaine de vaisseau avait touchés quelques heures auparavant ches s0n notaire ainsi qu'en faisait foi la comptabilité de ce dernier, —Ces trois cent mille francs avaient donc été volés, eï même temps que la tortune de Richard, par les incendiaires de l’ue sine de Saint,Quen.

LVITI

Confiant dans les combinaisons d’O’- Brien ne doutant point qu'il tint parole donnée, Robert n’avait pas cru devoir prévenir Claude Grivot du danger réapparu soudainement,

rivot était devenu plus trembleur que lui-même.

Le fratricide gardait donc soigneuse.

ment le secret de ce qui venait de se Passer à la villa Savanne et de son entre.

Vue avec le magnétiseur.

. Une fois les crimes projetés accomplis il serait temps de lui faire connaître is vérité et de régler les comptes.

Pour legmoment Robert ne songeait plus qu'à toucher les miilions de l’Aile.

magne en livrant ies formules et les modèles des terribles engins que la France croyait être seule à posséder et

dont on avait si magnifiquement récom.

pensé l’inventeur.

Ciaude avait préparé et ajusté lui-mé. me toutes les parties de la mitrailleuse

qui devaient être déposée mystérieuse.

ment rue de Verneuil chez le baron Guillaume Schwartz, ainsi que les modè.

les des obus et les formules des poudres destinées au lancement des projectiles,

Ces formules, indispensables pour complèter la livraison à l'Allemagne, se faisaient attendre.

Philippe , pressé par des travaux qui Jui semblaient plus urgents, les laissait inachevées,

Sur une nouvelle injonction de son beau-père il mit enfin la dernière. main au travail que celui.ci réclamait.

Deux jours plus tard, possesseur de tout ce qui devait rendre son effroyable trahison complète et irréparable, Ro.

bert, la nuit venue, les ateliers fermés et Philippe absont donna à Grivot l'ordre de trouver un fiacre,

Au bout d’une demi-heure le contre.

maître revenait avec une voiture fermée, qu’il faisait entrer dans la cour de l'usine et dans laquelle il placait, soigneusement enveloppées, les diverses pièces qu’on allait payer si cher,

Un peu avant minuit le fiacre s’arré.

tait rue de Verneuil." ‘ivraison inf4.

me était faite à l’atiaché spécial, Ro.

bert touchait la somme convenue et laissait au baron cent mille francs com.

me épingles,

Le crime était accompli,

Celui-là devait.il rester impuni com.

me les autres ?

sx

Le 15 juin était arrivé, jour de l’ou.

verture de la pêche, fermée depuis le 15 avril.

De nombreux bateaux sillonnaient la Marne.

Les pêcheurs se trouvaient en foule, les uns sur les berges, les autres dans des canots amarrés aux longues fiches qui marquaient les places choisies par les véritables amateurs, désireux de bien amorcer pour faire ce qu'on est convenu d'appeler en termes de pêche:

un bon coup et de se donner toutes les chances de recueillirune jolie friture,

En foce du petit émbarcadère où se trouvait amarré le c0t de la villa Sa.

s nn, NN __— DEN PR enr eaureccse eee ne a si Re nt

vanne, deux fiches étaient placées juste à l’endroit où nous avons vu O'Brien, déguisé en paysagiste amateur, surveil.

ler attentivement les allées et venues des habitants de la villa.

Vers six heures du matin, un bateau arrivant du côté de Champigny et mon.

t6 par un pêcheur parfaitement outillé.

vint se ranger coutre les fiches placées la veille. à

Le pêcheur déplia ses cannes, ex choisit une, y attacha une ligne, sonda son fond et prépara son amorce avant de jeter sa ligne à l’eau,

Il manipula une poignée de terre grasse dans laquelle il mélangea du blé, du pain trempé et des asticots, en fit cinq boulettes et les laisza tomber dans la rivière à la place choisie par lui pour y tenter la fortune.

Ceci fait, il amorça son hameçon et lança sa ligne que le plomb dont elie était munie entraîna vers le fond dans toute la longueur qui séparait l’hame.

çon du liège servant de flotteur,

La pêche s’annonçait à merveille,

Du premier coup il ferra une jolie breme qui se débattait avec énergie d'u.

ne poche en filet pourvue d’un long manche, *

Il continua,

Laissons-le tout à son plaisir et rendons-nous à la villa Savanne vers la.

quelle il tournait de temps en temps ses regards voilés par un pince-nes aux verres légèrement teintés,

La veille de ce jour, Mme Vernière, Aline et Mathilde étaient reparties pour Neuilly,

Daniel et Henri restaient seuls à l'ha.

bitation, avec le valet ie chambre Ger.

main, la cuisinière et le jardinier,

Dans le chalet, Véronique était veil.

lée très attentivement par la petite Marthe qui ne la quittait que pour fai.

re un tour de promenade dans le parc ou pour aller à la villa chercher des pro.

visions,

Depuis le peu de temps qu’Henri Sa.

vanne donnaitses soins à l’aveugle, il avait déjà constaté un mieux sensible...

La cataracte double s’amollissait rapi.

dement et il pensait que le dimanche suivant il serait possible de s’asstire.

que la cornée n’était point attaquée et que la pupille se trouvait in'acte,

Le chef de clinique des Quinze. Vingts à qui Henri reudait compte des moindres détails, considérait de plus en plus comme assuré le succès complet de l’opération,

Chaque matin, avant de partir pour Paris avec son oncle, le jeune homme venait faire son pansement...À midi, a.

près son déjeuner, il revenait visiter la malade, et le soir il faisait le pansement de nuit,

Toui allait comme il le désirait,

Le 15, il descenditau chalet comme d'habitude et promit à Marthe de revenir promptement de Paris et de lui don.

ner le plaisir d’une promenade en Mar.

:1 aimait teudrement la petite fille chez laquelle il était heureux de reconnaître d’admirables qualités d’intelli.

gence et de cœur.

—Ë£lls est un peu nerveuse, la chérie, pensait-il... Dans quelque temps, quand sa grand'mère sera guérie, il faudra que je le soigne,

Marthe enthousiasmée par l’idée d’une promenade sur l’eau, était comma foile de joie de la promesse que son frère lui avait faite.

1] la tint,

Fevenu de Paris en toute hâte, il a.

vait déjeuné rapidement, pansé l’aveugle et dit à l’enfant :

Prends le gouvernail, ma mignon.

ve. Je vais prendre les avirons. Nous Par‘ons,

Marthe pe se l’éteit pas fait dire deux fois, et ensemble ils allèrent éani.

per l’smbarcation qu’Henri manwue vrait, veus le savons an canotier émo-

rite.

* La petite fille s'était mise à la barre après avoir reçu d'Henri des explica.

tions qui lui permettraient, malgré son inexpérience, d’être une barreuse suffsante.

1ls paitirent, remontant du côté de Joinville,

Le pé‘heur dont nons avons signalé la présence se trouvait toujours là.

Après âtre allé déjeuner dans un res-

taurant des environs, Il était venu re :

prendre sa place, à l'ombre des grands arbres qui formaient un dôme au.dessus de sa tête et de.son bateau.

L'oreille attentive au moindre bruit, il avait entendu la grille du bord de l’eau ouvrir et refermer,

L'œil aux aguets, il avait vu Henri Savanne et la petite Marthe monter en canot, et le canot s'éloigner sous la vigoureuse impulsion des deux avirons maniés de main de maître,

Il n’avait pas bronché suivant dn re.

gard son floiteur, dont l'extrémité était peinte en rouge vif.

Lersque le canot fut à vingt brasses de Jui il leva le nez et ne le perdis pas de vue jusqu’à ce qu’il eût disparu à l’une des sinuosités de la Marne,

Alors notre pécheur changea brusque.

ment d’attitude.

Il posa sa ligne dans le bateau qu'il détacha des fiches et d’un coup de gafle il le poussa jusqu'au petit ponton de la villa Savanne auquel il l’accrocha.

Mettre Je pied sur la basse marche de l’embarcadère, sauter sur la berge traverser la chaussée et courir à la gril.

le par laquelle Henri et Marthe venait de sortir fut pour lui l'affaire d'une se.

conde.

—Décidément j'ai la veine—fit-il en tournant le bouton qui céda sous une pression légère, ;

La grille s’ouvrit,

Le pêcheur, avangant la tête, jeta un rapide regard vers l'intérieur du parc et vers le chalet,

Le parc était désert, le chalet clos.

Il entra et, avant tout, il visita La ser.

rure dans laquelle 1» clef était restée.

Enlevant cette clefil en tira une de sa poche et l’essaya en faisant jouer le pène.

Elle fonctionnait à merveille.

—Allons l'empreinte était bien prise f —murmurs-t-il en souriant— Tout mar.

che comme sur des roulettes !

1 remit dans sa poche la clef appor.

tée par lui, replaça l’autre à la serrure, sortit, reforma doucement la grille et regagua son bateau,

n instant après il avait repris sa li.

gne et son attitude de pêcheur émerite,

Au bout d'à peu près uue heure Hen-

| 4 | t 4 FRE [4 if à LA

7 on

ri Savanne revint avec la petite Marthe, eureuse de sa promenade,

Le canot fut amarré, cadenassé, jes àgrès rentrés, et la grille refermée à dou.

ble tour. Marthe reporta la clef dans + resserre où on l’accrochait d'habitu.

Avec une patience d’ange, le pécheur

Il détacha son embarcation, reprit les avirons et regagna l'établissement du loueur de bateaux-restaurant où il ge

| taccommoder une partie de son poisson | pour diner, | La journée avait été admirable, un peu chaude, mais d’une chaleur en som. | me très supportable.

soirée s’/annonçait brumeuse, per.

mettant ainsi de prévoir un temps superbe pour le lendemai

cieuse et désertes.

À la vilia Savanne, les lumières bril.

lant derrière les fenêtres du premier étage s'éteignirent l’une après l’autre, .

Avant dix heures tout le monde re.

Dans le chalet du bord de l'eau, Mar, 8 venait de dire bonsoir à sa grand”.

Te qui s’endormait d’un calme 80m meil, L'enfant éteit redescendue au res-de.

Ussée où elle Ccouchait, prête à ré.

Pondre au premier appel de Véronique 4 nr Pendant la nuit, avait besoin elle,

Un escalier de quelque marches sé.

Parait seul les deux chambres dont les portes restaient ouvertes,

Anis éteignit sa bougie et se mit au lit,

Une veilleuse brûlait sur la cheminée sirant faiblement la pièce.

s’endormit presque aussitôt.

Un silence prefond régnait dans Je Petit appartement où flottait une bru.

me transparente, 3 jé pe heures du soir sonneient de tous

le mue A és, eux s150h

Sischers de Champiguy, |

ville-le-Pont, du Parc-Saint.Maur,

Une iégère brise du Nord-Est svait en partie dissipé la brume quis’étendait sur la bouche de la Marne.

Les étoiles resplendissaient dans un ciel pur d'un bleu très sombre,

On était dans les dernières nuits de la pleine lune qui n'apparaissait, comme u® large bouclier d argent, que vers deux heures du matin.

Le dernier train de la Grande-Ceintu.

re, franchissant le pont de fer jeté sur la Marne en arsont du pont de Cham.

Pigny, venait de passer,

6, un instant troublé par les trépidations de ce train, se rétablit après 80n passage,

Un homme chaussé d’espadrillus, coif.

fé d’an chapeau mou dont les bords se rabattaient sur son visage, raversa la

asserelle mettant en communication

e petit parc et le grand Parc À l'extré.

mité de l'avenue du Nord.

Arrivé auprès du passage à niveau du chemin de fer qu’une lanterne à étroie éclairait tant bien que mal, l'homme obliqua à gauche et s’engegea dans la pente rapide aux marches taillézs dans le sol, que nous ayons indiquée précédemment,

Une fois sur les bords de la Marne, il tourna encore à gauche, lovgeant les murailles d'enceinte de plusieurs Pr0e priétés, et ne s/arrôta qu'en face de la grille donnant accès dans ie parc de ia villa Savaune,

KReculant un peu, il interrogea du regard les lames des persiennes fermant les fenêtres du chalet du côté de ia ber-

Ancune lueur, si faible fat-elle, ne s’en échappait,

Il revint à la grille et se pencha vers serrure dans laquelle il iniroduisit

une clef,

Elle entra sans résistance et sans bruit.

11 ft jouer le pène, sntrebâilla la gril.

le et pausa,

Aussitôt dans le pare il referma le battant.

Pendant quelanes secondes, |

+A vor

de la Varenne-Saint-Hilaire, de Join-

ES pet

penchée, retenant son haleine il écou.

ta.

Aucun bruit ne se fit entendre.

Alors, à pas lents, évitant de faire craquer sous la semelle de ses espadyil.

les le sable de l'allée, il se dirigea vers le chalet où dormaient Véronique Sollier et sa petite-fille.

Le cadre de la porte se détachait, plus chair, sur la teinte sombre du bôtiment.

Sa main s'avança vers la serrure, ses doigts touchèrent la clef qui s’y trouvait,

—La porte n’est point fermée... — murmura le visiteur nocturne, —;"y comptais bien [......

Avec une dextérité de cambrioleur professionnel il fit tourzer la clef qui fonctionna sans le moindre grincement, il poussa la porte et se glissa dans la pièce du rez-de-chaussée.

À la faible lueur de la veilleuse brû.

lant dans son enveloppe de porcelaine sur la cheminée, l’homme qui venait de franchir le seuil du chalet aperçut le petite Marthe dormant d'un profond sommeil et couverte seulement du drap de son lit,

Elle avait rejeté ses couvertures car à l’intérieur la chaleur était très lourde,

Il s’approcha de l'enfant, —après être, resté pendant un instant aux écontes afin de bien s'assurer que rien ne bougeait à l’étage supérieur, et lui posa un Goigt sur le front.

Marthe fit un léger mouvement.

L'homme opéra une pression un peu pie forte, et d’une voix très basse, très ente, éteinte en quelque sorte, il prononça ces mots en se penchant vers la petite fille :

— Ne vous éveillez pas j

L'enfant ne bougea plus.

— Vous dormes toujours ?—demanda l’homme,

—Oui...—balbutia Marthe.

— Vous m'entendes distinctéement duns 10 rameil ?

Marthe ne répondit pas,

Un irisson nerveux secoua tout son corps.

L'homme reprit d’une voix plus im.

périeuse :

—Il faut m’obéir 1—je le veux !

L'enfant se souleva eur son oreiller, les paupières entr'ouvertes, laissant voir le blanc des yeux.

Les regards du magnétiseur se pi.

vaient sur elle comme ceux du reptile sur l'oiseau qu’ils fascinent.

—J’obéirai, —fit.elle d’une voix faible comme un souffle.

—Habilles.vous1.....….,

Sous la toute-puissante volonté de l’hypnotiseur, suggestionné par une

orce invincible, inconscience de 508

actes, l’enfant se leva et s’habilla, aussi

rapidement, plus rapidement Peut-être, } qu’elle ne l'aurait fait en plein jour et

Bien éveillée,

—Maintenant, — reprit O’Brien, que nos lesteurs ont reconuu depuis long.

temps,—que ma pensée devienne la vôtre, —Est-ce fait ?

—QOui,—Ce que vous Penserez, je le penserai comme vous. ...

-Sortes du chalet,

Marthe sortit, suivie par l’Améri.

cain,

—Refermes ia porte,

Marthe obéit,

—Prenes, où elle se trouve, le clef de la grille donnant enr je quai de Marne, et ouvrez cette grille.

Marthe entra dans la resserre, prit la clef qu’elle y avait avcrochée au retour de sa promenade avec Henri, et ou.

vrit.

Puis elle attendit de nouveaux re

es,

— Venez, dit O'Brien...et attirez seu.

lement le battant de la grille à vous, sans la fermer,

Môme obéissance inconsciente et passive, Suives-moi, | le marcha..…....,Elle marcha derrière u

—Souvenezvous du chemin que je vais vous faire parcourir, commenda.t.i] je le veux.

j -—-dé w’en souviendrai, | Ils marchaient toujours,

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