FA
nt AD
—Tu connais les pratiques des magithparne Si tu l'endormais, toi, elle t
pourrai dre?
—Non | 08 1—g'éoria Véronique avec épouvante—Je ne le veux pas !
Vous la tueries,
Ii m'est impossible de tenter cela, —répondit Hénri.—Mme Sollier a raison... Je pourrais, en eflet, sinon tuer l'enfant, du moins lui faire beaucoup de mal.....,
Je t'approuve donc de t’abstenir..…...
—Nous attendrons...— U’Brien est le -complice des assassins de Saint-Ouen. .
C'est maintenant indiscutable... S'il nous échappe, Véronique, une fois guérie, nous désignera ceux qui lui ont or.
donné ce dernier crime...— Aujourd’hui
ne pensons qu’à une chose, mettre la grand'mére et l’enfant à l'abri de tou-
tes nouvelles tentatives. .—Lorsqu'el.
les seront bien à l’abri, aous continuerons notre enquête...ssssse
Daniel, s'adressant à l’aveugle, pour.
suivit :
—Je vous ai fait connaître mes inten-
tions, ma bonne madame Sollier. Vous êtes entourée d’ennemis, toujours les mêmes... Vous quitteres la villa... Ce soir même Henri vous conduira à l’hospice des Quinse-Vingts où l'opération vous sera faite s0a chef de clinique, Marthe restera ici, auprès de nous, incessamment surveillée par Germain quand nous ne serons ‘as là.....11 ne 18 perdra peint de vue un seul instant...
Avec ce serviteur dAvoué, vous n’aures rien à craindre pour elle. Vous accepies u’est-ce pas ? «
—Oui, monsieur, répondit l'aveugle...
J'accepte toat pour venger M. Richard et mn venger moi-même !
—1258 voitures qui ont amené M, le -chef de la sûreté et les agents sont ici...
Henri vs en prendre une et vous conduire à Paris. FU
Le magistrat signa l'ordre de recevoir Véronique à l'hospice des Quinze-Vingts et ajouta :
—-Pars tout de suite, mon cher Henri, mais que ton départ soit secret... Vous entendes, messieurs, absolument secret.
pas un mot aux journaux...rien...rlen...
Je voudra s que tout le monde puisse
croire que Véronique et Marthe sont mortes noyées l’une et l'autre... Eooutes-moi, mon bon Magloire,. Que quoi que ce soit ne transpire par vous de qe qui s’est passé ioi et, quoi qu'il arrive, quoi que vous apprenies daus quelques jours, ne vous étonnes de rien...5i vous aves besoin d'explications, veres me trouver et je vous tracerai votre ligne de conduite.
—AÀ vos 0 monsieur le juge d’instruction, répondit le manchot...
muet comme un poisson, voilà la consigne, le poisson ne parlera pas,
—Hatons-nous, mon cher Henri, ajouta Daniel Savanne .. ièdame Sollier embrasses Marthe, prenes le bras de mon neveu et que tout soit fait comme je viens de l'indiquer,
Véronique serra contre son cœur en pieurant l'enfant qui pleurait-»ussi et qui lui donna ses baisers avec etfusion, puis elle sortit, soutenue par Henri et par Magloire,
Daniel appela Germain,
—J': VAis à Paris....es lui iteils.ocse et mon absence peut se prolonger plus ou. moins longtemps, je vous contie Ma the, Qu’eile ne mette pas les pieds hors d'ici, Qu'on ne la voie pas. Qu’on la er pi Vous comprenes,
—Monsieur peut partir tranquille, répondit le brave Valse 0 Dent e veilierai sur l’enfant comme si elle était ma lille. :
—Va avec Germain, ma chérie. Gardée par lui tu n'as rien à craindre.
og valet de chambre emménx Marthe,
Le magistrat, s'adressant au chef de la sûreté.et au commissaire de police Jonvilie,
—Faites continuer les recherches, messieurs.er+.. Qu'on traque le magné-tiseur U’Brien comme une bête tauve.., Qu'on fouille jusque dans ses moindres recoms ia maison où Marthe évait prigonniére...s Peut-être y trouvera-t-0n quelque chose encore qui pourra nous éclairer. ...C’est au parquet que vous communiquerez vos rapports. Je cOmpe te sur voire sèle, Berthaut...?renes cette valise et portes-ls immédiatement dans mon cabinet, au Palais de Justice,
ininatiOn devais si
J'en vxaminerai le contenu à tête re.
posée, J'ai besoin, avant tout, d'instrui.
re le procureur de la République de ce qui s6 passe...J’ai la tête en feu !,.....J' vois de moins en moins clair au milieu de tous ces crimes, se reliant les uns aux autres, tendant au même but: fai.
r® disparaître les preuves et les témoins du premier crime acrompli.
Daniel Savanne, avaiten effet, le front brûlant, Un ouragan de pensées confu- 83 grondait dans son cerveau,
Ii coctinua :
—Berthaut, nous allons partir ensem.
ble... j'aurai des ordres à vous don- Le C2 APE
Pendar t le trajet du Farc-Saint.Maur à Paris, le juge d'instruction fit ses recommandations à l'inspecteur en ces termes :
—Je suis heureux de votre retour, Car j'ai besoin de voun ici...
# Demain, sans faute, vous ires chez
67e AMi,...sosce
“ Les livres en question ont été re.
trouvés, j’en ai reçu l'avis,
“ 11 fout savoir si sur ces ‘livres vous pourres relever la vente du bijou qui est entre vos mains... Si nous «rrivons à connaitre j'achetñur, nous surons peut-être fait un gran pas,
— Vous vous occuperes ensuite de la gare de Survilliers ie 2 janvier dernier,
En arrivant à Paris ies deux hommes se séparérert, ;
Daniel alla droit à la demeure parti.
culère du procureur de la Répubiique,
Celui-ci, parti depuis la veilie pour la campagne ne devait rentrer à Pa.
ris que ie iendemain matin,
La nuii était venue.
Brisé par toutes les émotions de la nuit piécedente et de la journée, le TOAgISLrAt gagna 80n appartement qu bouievara Muiherbes où Henri l’atten-
A l'Hospice des Quinse- Vingts, Véro.
nique avais été placée dans une chambre partuvulière.
Le iendemuin le chet de clinique l’exemineraitet prendrait une déterlinatiOn au sujet ‘le l’opération qu’eile devait subir,
le successeur de l’antiquaire Dutao, vo-
—]1 faut qu’on lui rende la vue ! — dit A Savanne à Henri,— I] faut qus semedi, elle puisse être conduite à ln villa de Neuilly et s désigner les assassins de KRichard Vernière, , Mais il faut aussi que, d'ici à, ces misérabies croient que leur complice O'Brien «a réussi... Sans cela ils prendraient peur et pourraient noue échapper !
‘La journés s'était passée tristement à la villa de dgn à
L'absence de Daniel Savanne et celle d'Henri, connues dès le matin avaient jeté un froid,
Mathilds perdait l'espérance de voir son père et Aline celui an’elle aimait,
Les deux jeunes filles, iacapables de cacher leur dépit de ce contretemps, se demandaient quelle affaire si grave pouvait empêcher le père et la fiancé de tenir leurs promesses,
Philippe ies voyant boudeuses, et ne s6 sentant disposé en aucune façon à supporter leur maussaderie, s'était retie
son appartement, aussitôt, après le déjeuner, sous prétexte d’un travail pressé à finir,
Ceci n'était nullement, du reste, un prétexte menteur,
Le jeune homme allait profiter de son après-miai pour terminer la lecture du volumineux Traité de Cryptographie, qu’il avait étudié jusqu’à ce moment sans résultat,
Li s’enferma, afin de ne pouvoir être surpris dans ses recherches dont il lui aurait été désagréable de fournir l'explication,
Installé devant son bureau il ouvrit ua tiroir fermé à double tour,et il en tira Là lettre chiffrée qui avait été déja à plus d'une reprise l’objet de son exa.
men,
Après l’avoir dépliée, il la plaça tou.
te ouverte devant lui,
Une tois de plus il parcourut du re.
gard les chiftres alignés, cherchant ls clef qui lui permettrait de comprendre ve langage mystérieux,
Il avait essayé déjà de cent À combinant, caicuiané, se mettant ie cer« :
si LD D + 00 D D Dm
veau à la torture, recourant aux différents exemples donnés dans le traité de cryptographie,
Aucun résultat, même approximatif, pe se produisait; —aucune lueur ne jaillissait,—si faible fût-elle.
Il repoussa la lette avec impatience et prit le volume qu'il ouvrit à endroit où ils’était arrêté dans sa précédente lecture et que désignait un sinet.
C'était la dernière partie de l’ouvra-
’ fille traitait : “Des méthodes et systèmes usités en diplomatie, méthode de Jules César,méthode Jay onaise, méthode parallélogramme, méthode de Scott méthode du comte Gronsfeld, méthode de lord Bacon, méthode des diviseurs, etc.” les faisant suivre d'explications détaillées.
Il s'enfonça avec acharnement dans la lecture de tous ces systèmes, mais aucun ve venait l’éclairer,
. Alors il passa aux observations générales.
Un paragraphe attira son aitention.
Ce paragraphe était ainsi conçu :
“On peut aussi prendre des lettres ou des mots dans un ouvrage désigné d'avance, pourvu que l'édition goit bien déterminée. Dans ces trois chiffres numéraux formant la clef.—Le premier désigne la page du livre, le second la ligne et le troisième le mot dont on veut faire usage.”
Trois nombres, — répéta Philippe.
J1 lui semblait entrevoir une lueur naissante.
Ses yeux se reportèrent sur la lettre chiffrée,
— Est. ce que je commencerais à voir
lair 1... — murmura-t-il, Essayons...
Mais, non..,.iciil n’y a que deux nombres, séparés par les pe moins ou plus. Le signe égal est là pour indie uer deux autres nombres et le mot...
e n'est donc pas cela encore..…...#t, qe ce serait cela ? que eigne vienait ang Lau de quel volume je dois me servir ? de quel ouvrage il a été convenu de partet d'autre qu'on ferait usage pour chercher les mots, former
liés ligues î 1 Comment, je ne parviendrai pas à
trouver cette clef, à déchiffrer cette lettre ?
Il revint au volume et termina la lecture de l’alinéa dont nous avons reproduit le commencement et dont voici; la
‘Quelques cabinets se servent aussi, comme moyen de correspondance chif.
frée, d’un dictionnaire désigné d’avance et dont l'édition, soit en langue française soit en langue étrangère, est bien déterminée. — Alors, en usant de la page marquée et du placement du mot, on obtient seulement deux nombres,
Philippe tresaillit.
—Deux nombres— fit-il—- c'est bien cela..c'est ce qui se trouve ici,
Et «on indexse posait sur la lettre chiffrée,
—Ce doit être la méthode du dictionpaire..—continuaet-il—Du dictionnai.
re... mais, lequel ?—anglais ? allemand ?
italien ? français comment le savoir ?
aucun signe ne l'indique.—C'est une autre forme du problême mais c’est toujours le probléme...
Ses yeux s'arrétèrent sur les deux lettres majuscules ; P. LL qui se trouvaient placées en tête à la gauche du premier chiffre,
—P. L,, que signifient ces deux lettres ! —Qu’indiquent-elles ! Est-ce le livre qu’on doit consulter ? le dictionnaire qui faut interroger !
Que) dictionnaire ?
Un éclair traversa son x Ep
-— Pierre Larousse 1—fit.il tout à coup.
Bi c'était cela.
Le jeune homme avait dans sa bibliothèque, au complet, les nombreux volumes du grand dictionnaire Larousse.
Il se leva prit eur un des rayons le premier volume qu'il plaça devant lui.
Les deux premiers nombres marqués sur la lettre, réunis par le signe+ et enclavés dans les deux signes—6étaient
11 ouvrit le volume, chercha la p 515 et compta leB sept premiers mots de la première colonne et continus ainsi, selon les indications du traité.
Une déception l’attendait.
Le réeultat de son travail n’offrait au cun sens,
r cette
a la lecy reprovoici; la
it aussi, ce chif.
d’avanque franest bien le la pa | mot, on es.
est bien la lettre
| dictionctionnaie lemand ?
savoir ?
est une ais c’est
les deux se trouuche du
leux let- Est-ce le y, diction-
be ut à coup.
sa bibliobreux VOarousge.
rayons le vant lui.
[] a eV signe-+- e sr étaent
a la page rs MOs e nu& Ainsi,
offrait au-
Il en fut 4e même du second volume, puis du troisième.
Cependant il lui semblait deviner qu’ il br lait, comme on dit en langage vul.
gaire,
Il replaça les volumes et de nouveau il examina les deux initiales : P, L. et pendant quelques secondes resta silen.
cieux.
Soudain sa main s’étendit vers un coin de son bureau où se trouvait un petit volume relié en toile TOU GO.
C'était l’abrégé du Grand Dictionnaire qu'il venait de consulter vainement —?, L—murmura.t.il4 Petit Larou..
se Le peut-être... Voyons...
Et il recommença le travail inutile.
ment fait jusqu’alors,
Au bout d’un instan'’ . ne exclama.
tion de triomphe s’échs, :* de ses lèvres,
—C'est cela 1... C'est cela 1.
—fit.il—j'ai trouvé l coco
Et, fiévreusement il continua.
Ce travail fut long et pénible, mais enfin il arriva à son terme, et Philippe lut, non sans épouvante ce mot à mot que nous connaissons déjà :
# Que votre Excellence conserve yeux fixés sur capitaine artillerie D..., atta.
ché ministère guerre. — Doit remettre plan mobilisation armée française cas guerre, Payer concurrence cinq cent mille francs besoin divers. Stimuler
attaché militaire, poudre sans fumée, Obus nouveau, Marine torpille.
En achevant cette lecture le jeune homme était livide,
Le sens de cette lottre lui apparais.
sait dans toute son horreur,
On demandait d'acheter, de voler le secret des armements de la France,
On paraissait avoir sous la main des gens en position de se prêter à ce mar.
ché infâme et d’en exécuter les clauses,
Et, plus que jamais, Philippe se posait cette question :
—Comment un document pareil peut.
il s6 trouver dans les mains de mon
beau-père,
Il ne comprenait pas, mais instinotivement il avait peur et pressentait quelque chose d’effroyahle,
Que faire ?
Prendre sa mère pour confidente de ce qu’il venait de découvrir ?
Ne serait.ce pas jeter le trouble, L’effroi, le désespoir peut-être, dans l’âme de la pauvre femme ?...... Ne serait-ce pas risquer de lui porter un coup mortel,
is expliquer avec Robert Verniè.
re
4 Celui-ci ne pourrait.il pas lui réponre :
—J'ignorais la présence de cette let.
tre chiffrée dans mes papiers, je ne sais ni d’où elle vient ni ce qu'elle contient,
Avertir le gouvernement ?
En le faisant, ne deviendrait.il point DA CAMDIe d’une catastrophe posai.
Prendre une décision immédiate lui parut impraticable.
Parler et se taire lui semblaient également dangereux,
Il conclut :
—Je réfléchirai.
Et il serra soigneusement la lettre chiffrée en même temps que la traduction faite par lui.
Le lundi matin, Henri partit du boulevard Malesherbes pour la clinique de la rue de Charenton,
Deux heures plus tard, Dani, Savan.
ue se rendit au Palais, au :abinet du Procureur de la République, qu'il n’a.
vait pu trouver la veille à son appartement particulier,
[lfut immédiatement introduit au.
près du magistrat, avec lequel il resta enfermé pendant plus de deux heures.
Au moment où ils se s6 araient, le procureur de la République lui dit :
— 4 gissez dans cette afilaire comme bon vous semblera..…….. Votre pouvoir discrétionnaire est saus limites. Tout ce que vous feres sera bien fait et je
l’approuve d'avance,
Le juge d'instruction alla retrouver dans son cabinet le chef de la sûreté et le commissaire de police de Joinville.le.
Pont qui l’attendaient,
Lis lui rendirent compte, in extenso, des recherches vaines opérées au Parc Saint-Maur et dans les vi environ-
nants et des résuliais des perquisitions
faites à la villa des Marronniers où O'- Brien n'avait pas reparu,
Le principal rés'itat de ces perquisitions avait été la découverte d’une garde-robe complète, prouvant jusqu'à l’6vidence que le magnétiseur ue se montrait que sous les déguisements les plus variés.
On apprit en outre au magistrat que l'Américain n’avait pas loué cette maison sous son nom véritable, mais sous celui de Nelson.
—Le gredin aura su que la petite Marthe était retrouvée... s’écria Daniel, Il est en fuite à cette heure, et, n’ayant de lui aucun signalement, nous ne pouvons même garder l'espoir de le faire arrêter aux frontières.
& D'ailleurs, saus doute, à cette heure il se trouve hors de France...Nous n’a,
vons qu’un parti à prendre: celui de
l'attente, Cependant, messieurs, veillez toujours !
M. Savanne, resté seul avec son greffier donna l’ordre de ne le déranger sous quelque prétexte que ce fût,
Il voulait faire,à tête reposée, l'inventaire du contenu de ia valise d’O'Brien, saisie à la vilia des Marronniers et apportée par Berthaut, et sans perdre un instant il commença son examen,
La valise ne contenait que des valeurs et des papiers.
__ Les valeurs représentaient, en billets de banque et en or, une certaine s0mme dont le juge d’instruction prit note; mais là n’était pas pour lui le point important. 4
Son attention tout entière se porta sur les papiers,
C'étaient...mêlés à des papiers de famille...des diplômes, des brevets, émanant de plusieurs sociétés savantes françaises et étrangères,
. Daniel, après les avoir feuilletés, passa à l'inspection d’une liasse de lettres réunies par un caoutchouc.
Il les déplia l’une après l’autre.
Plusieurs étaient écrites en an À en allemand, en italien, Il faudrait donc les faire traduire, ce qui demanderait pag mai de temps.
correspondances en langue franqaise étaient insignifiantes : Des compli.
ments, des remerciements, des demandes de consultation,
La case principale de la valise ne contenait rien ds plus.
Le magistrat fouilla une petite poche qu'il n'avait point encore visitée, et il en tira une lettre, une seule,
Eu la regardant, il tressaillit,
Cette lettre était adressée à Son Excellence monsieur l’ambassadeur d'Al.
lemagne à Paris.
L’enveloppe large et carrée portait l'empreinte d'un cachet aux armes de la Prusse,
Le cachet était brisé, l'enveloppe ouverte. .
Daniel en tira la lettre qu’elle contenait et son regard exprima le plus pro fond étonnement,
. —Qu'est-ce que cela ? se demanda.t-
C'était une lettre chifir6e, écrite avec le même chiffre que la lettre donnée par O'Brien à Robert Vernière,
Il nous paraît absolument inutile de reproduire s0n aspect hiéroglyphique, et il nous suffira d’en indiquer le sens quand le moment sera veau.
— Une lettre chiffrée adressée à l’ambassadeur d’Allemagne entre les mains de cet homme... MUrMUrA-t-il...000602 Cela est peut-être d'une importance capitale. ... Il faudrait savoir, et je saurai.
Le juge d’instructipn replia la feuille la repiaga dans son enveloppe et, la joignant aux autres pièces tirées de la valise, l’enferma dans un des tiroirs de son bureau ; puis prenant une feuille de papier, écrivit ces lignes :
4 Chère madame Vernière.
“ Ne vous inquiétez pas,je vous en prie ‘6 et que À oi or ne s'inquiète à la vil.
4 ]a de Neuilly...Henri et moi, nous ne “ vous verrons que samedi prochain...
“ Nou: sommes retenus à Paris pas des 6 affaires qui ne nous laissent pas une “ heure de liberté pour aller vous voir.
« Aflectueux resnects our vous, chère
leman- 6 CON:
poche til en
nm Ex.
r d'Al.
portait mes de
)pe Ou-
conteug Pro
auda-.t-
ite avec née par
itile de hique, et le sens
» à l’'am- >s Mains RElicosesses ANCE CAe ot je sau-
a feuille e et, la ss de la iroirs de e feuille
18 en prie e à la vil.
nous ne rochain...
8 pas des
PM en ous voir.
ous, chère
4 madame, et toutes nos amitiés autour # de vous.
4 Daniel Savanne,
“ Embrasses Mathilde et Aline pour ‘# moi, je vous en prie, ”
Après avoir mis cette lettre sous en.
veloppe et tracé l’adresse, le magistrat regarda la pendule,
Elle indiquait midi moins un quart,
Il se leva pour aller déjeuner emportant le mot qu'il venait d'écrire, et en partant il dit à son greffier :
— Pasees chez votre traducteur asser.
menté. J’ai besoin de le voir etje désire qu’il soit ici à deux heures, .
En arrivant le lundi matin à l’usine de Saint.Ouen avec Philippe, dont l'at.
titude calme ne trahissait point les sombres et douloureuses préoccupations Robert Vernière s'installa dans son cabinet et s'empressa de parcourir les journaux qui se trouvaient placés sur le bureau avec son courrier,
Il espérait y trouver quelques détails, intéressants pour lui, sur les évêénements accomplis la veille àla villa du Parc-Saint.Maur, c'est.à-dire la dispari.
tion de Mme follier et de la petite Marthe, disparition si largement payée par lui au magnétiseur O’Brien,
Les journaux restaient muets à ce sujet,
Pas un mot aux nouvelles de la ban.
lieue.
Après réflexion, Robert ne s’inquiéta point de ce silence,
—Ou le temps a manqué pour avertir la presse — se dit-il — ou ce silence est vélcutaite, ce qui ne m'étonnerait guère !— C'est de la maison du magistrat
u’ons enlevé Véronique et sa petite.
île, ce qui engage sa responsabilité et lui fait une situation singulièrement délicate,,.—Tant pis pour lui 1—il n’a.
vait qu’à ne pas s'occuper de ces deux femmes looossoso = Quand je reviendrai d’Angleterre, le drame de la villa Sa:
vanné se sera divulgué malgré les précautions prises, et je serai au courant |
7 de tout....,—Atten Ons,
Impossible, cependant, de ne point
prévenir Claude Grivot, le fit appeler et le mitau füit des événements accomplis,
Claude se sentit enfin rassuré,
La suppression de l’aveugle et de l’enfant supprimait définitivement pour tout danger,
Robert, devant partir le lendemain, pensa qu’il dévait prévenir de son départ le père de Mathilde.
écrivit :
“ Cher monsieur Savanne.
“ Je suis obligé de faire un petit vo.
yage qui me tiendra éloigné de Paris peadant quarante-huit heures,
“A samedi prochain.— N'oubliez pas ! »”
Il adressa cette courte lettre au Parc Saint-Maur et la fit porter à la poste.
Ensuite il s’occupa des affaires de l’usine et prépara les instructions qu’il vous a laisser à son beau.fils et à Claude
vot.
“x Après avoir quitté très tard l’hospice des Quinse-Vingts, Henri avait déjeuné aux environs de la place de la Bastille et s’était rendu au Palais de Justice pou mettre son oncle au courant de ’état de Véronique et de la détermina.
tion prise à son égard par le chef de ci.
nique, traducteur assermenté près du parquet de la Seine venait de se rendre à .
l'invitation du magistrat instructeur et se trouvait dans son cabinet, Malgré cela, Henri fut immédiate.
ment introduit, — Je serai à toi dans quelques minu.
tes, —lui dit DanielL—Assieds.toi,.….. Je termine avec monsieur,
Le jeune homme s'assit et attendit,
. Savanne venait de numéroter tou-
tes les lettres trouvées dans la valise d’O’Brien.
11 fit un paquet de celles écrites en langues étrangères et remit ce paquet au traducteur, en lui disant :
—- Voici onse lettres. —Traduisez vite, je vous en prie. —I] y a urgence...
Je vous demaude deux jours,
—Soit mais pas plus.
&j—Monsieur le juge d'instruotion je serai exact, etje vous présente mes TOEBPECLS. ose
Le traducteur allait sortir ....es
—Ah | un mot encore, —fit Daniel, — vous êtes-vous jamais occupé de cryptographie ?,...
—Un peu, mais très peu, monsieur.— Cette étude, à notre époque, n’a guère sa raison d’être...—Excepté pour les diplomates ce système de correspondance, asses usité autrefois, est tout à fait tombé en désuétude.
a —Connaisses-vous quelqu'un qui soit en état de découvrir le sens d’une let.
tre chiffrée ?
—Non, monsieur,—Peut-être au ministère des affaires étrangères, mais je n’oserais l’affirmer...…—Ou bien il faudrait avoir la chance de tomber sur un curieux de cryptographie, ur un ama:
teur.—Il y en a mais ils sont rares,
N'ayant rien à tirer de lui M. Savanne congédia le traducteu, et s’adressant à 80n neveu :
—Eh bien ?—demanda-t.il.
—Véronique se trouve dans les meil.
leures conditions possibles pour supporter l'opération... —répondit Henri.
—Alors, quand cette opération aura t-elle lieu ?
—Demain,
—Æ£t, ensuite ?
—Daus trois jours on enlèvera le ban.
deau, et on lui permettra de voir...
"La réussite est certaine ?
—Infaillible.—Oui.
—De ce côté, tout va bien.—Vendredi soir nous étudierons la manière dont nous devrons agir...—Que fais-tu auourd’hui |
—Je vais retourner au Pere. et j'y coucherai.—[l me tarde de savoir comment va ma chère petite Marthe, et toutes les nuits je veux veiiler sur elle...
—Tu ne saurais mieux faire !—et, maintenant, mon enfant, quitte-moi, j'ai à travailler,
—Avant de vous quitter, laisses-moi vous adresser une question,
—Laqueiie f
LS
enr Ps en A TR RE RCE gens à + ES nee
RARE ment A gén tés uns + ji Gén nnibiénadinindteie ges 2 dr
—Je viens de vous entendre parler de cryptographie.
—Oui.
—Ce n'est pas sans raison que vous avez demandé à l’homme qui sort d'ici g’il connaissait quelqu’un en état de traduire une lettre chiffrée,
—Certes |
— Auriez-vous trouvé dans les papiers d’O’Brien quelque chose de ce genre, par conséquent indéchifirable pour VOUS ?,ossosoe
—Une lettre chiftrée dont il serait très intéressant et sans doute très im.
portant, d’avoir la clef,
—E£h bien ! je connais quelqu’un qui s’occupe de cryptographie en amateur et qui, selon dire, est arrivé à une as- 8es jolie force...
—Qui cela ?
Philippe de Nayle,
—Allons donc I—s'écria Daniel aur.
pris.
—Parfaitement, mon oncle,
—Tu en es sûr ?
—Autant qu'on le puisse être, puisque j'ai vu entre ses mains un traité de cryptographie qu'il étudie avec passion .—C'est un délassement chez lui, à ce qu'il paraît...—Qa ne me délasserait nuilemevt, moi, et ça me casserait la tête; mais tous les goûts sont dans la nature.—Il y a bien des gens—oh ! les malheureux ! ! !—qui piochent l’algèbre pour leur plaisir...
—Alors, tu crois que Philippe pour rait me venir en aide ?
—C'est ma foi, bien possible... Voules-vous que je le prie de passer à vo.
tre cabinet ?
—Non... Je préfère lui écrire s’il y a lieu, Nous ne devons en ce moment nous montrer ni à Neuilly, ni à Sainte Ouen, afin d'éviter des questions auxques il nous serait difficile de répone
SANS ELADATTAS....ee — J'ai écrit à Mme Vernière pour nous exCus°r, Donc on ne sera point inquiet de nous .… C'est tout ce qu’il faut... —On ne nous attendra que samedi à la villa de Neuilly... — Si j'ai besoin de Philippe, je lui enverrai une dépêche...
Henri quitia s0n oncié pour se rendre
parler
) VOUS rt d'ici tat de
papiers genre, pour
serait »8 ime
n qui aateur ne Age
l aur.
un 487. 0e
au Parc.Saint-Maur où il voulait diner et coucher,
Il y trouva Marthe se portant à merveille, mais s’ennuyant mortellement do sa réclusion forcée, et surtout très préoccupée au sujet de sa grand’mère,
jeune homme la rassura et parvint pre distraire un peu en causant avec elle,
Par le dernier courrier du soir arrivè.
rent à la villa plusieurs lettres.
, L'une d’elles attira l'attention d’Hen.
LE
Il reconnaissait l’écriture de Robert Vernière,
Le lendemain matin il quitta sa sœur en emportant les lettres afin de les fai.
re parvenir à son oncle, à qui elles étaient toutes adressées.
Le jeudi suivant on pouvait lire dans les journaux de Paris sous cette rubri.
que : ‘‘ Epilogue du triple crime de Saint-Ouen ?” l'article suivant, évidemment communiqué, puisque sa forme était identique :
‘ Le sombre drame dont nous avons “ entretenu nos lecteurs il ya près de “aix mois vient d'avoir un épilogue non “ moins étrange et nn moins myséé- “ rieux pue le drame lui-même,
“ Véronique Sollier, l’une des victi. “ mes et le seul témoin du crime qui “ pât venir en aide à la justice comme “ayant vu l’un des assassins de Richard “ Vernière, avait été recueillie, ainsi # qe sa petite-fille, dans la villa du “ Parc Saint-Maur, par M. Daniel Sa- ‘ vanne, le magistrat chargé d'instruire “ l'affaire de Saint-Ouen, Là elle suivait “ un traitement préparatoire avant de # subir l'opération de la cataracte qui devait Ini rendre la vue, car elle était “ aveugle par suite d’une blessure re.
“que dans la nuit du ler au 2 janvier, “ en 8e portant au secours de son mai.
“tre, La réussite certaine de l'opéra:
“ tion lui permettrait de reconnaître et “ de désigner le criminel, =, Dans la nuit da 16 au 17 de ce mois # du samedi au dimanche, Mme Sollier, “ toujours aveugle, et sa petite.fille, ont “ été enlevées de ia demeure du juge # d'instruction.
‘ Après enquêtes, recherches, consta.
“ tations de toute nature, on est arrivé # à la certitude que Véronique Sollier “ a été précipitée dans la Marne et que ‘“ sa petite-fille a subi le même sort,
“ Des sondages sont opérés sur tous “ les points de la rivière dans le but de “ retrouver les deux corps. 4
“ On se perd en conjectures dont au.
“ cune met sur la trace de la vérits.
“ Engore un crime dont les auteurs “ resteront très probablement incon.
66 nus.”
La lecture de cet article produisit dans Paris une impression protonde, car personne n'avait oublié complètement le crime de Saint Ouen, et la sinistre nouvelle de la mort de Véro.
nique Sollier et de Marthe en ravivait le souvenir dans toutes les mé moires.
A la villa de Neuilly, on éprouvait une véritabie stupeur.
Voilà donc pourquoi Daniel Savanne et son neveu ne venaient point !— Voilà quelle était l'affaire très grave qui les absorbait,
A Saint Ouen, au restaurant de la Joueuse d'orgue, Magloire, ayant de bonnes raisons pour savoir à quoi s’en tenir, devinait une ruse de ia police, mais se gardait bien de dire, —obéissant ainsi aux recommandations du magis.
trat,—et il se donnait une physionomie désolée,
Sur ces entrefaites, il reçut une dé.
pêche de Daniel,
Le juge d'instruction le priait de ve.
air le trouver ce jour.là même, ches lui nt Malesherbes, à huit heures
u eoir,
Presque en même temps, Philippe de Nayle recevait une dépêche sembiable, nas indiquant sept heures au lieu de
uit.
Le jeune homme très intrigué se pro.
mit d'être exact au rendez-vous don.
né,
Claude Grivot exultait,
Lui aussi avait lu les journaux ; Mais la nouvelle de la mort de la grand’mè.
re et de l'enfant au lieu de terrifier le misérable, le comblait de joie,
Tout était décidément bien fini,
Robert et iui n'avaient plus erien à craindre,
À sept heures précises, Philippe sonnait à la porte de Daniel qui le recevait aussitôt dans son cabinet.
Les premières paroles du jeune homme furent pour demander ce qu'il y avait de trai dans la nouvelle publiée le ma.
tin per les journaux.
—Tout est vrai, mon cher enfant— lui répondit le maegistrat.—La fatalité qui nous poursuit ne désarme pas !
—Avez-vous du moins cette fois l’espoir de découvrir les coupables ?
—Je n'ose répondre aflirmativement les déceptions, depuis six mois, ont été pour moi si nombreuses !
—Me permettes-vous de vous deman.
der poranol vous m'avez convoqué ce soir
—J’ai besoin de vous. k
—Tant mieux |... Je serai heu. reux et fier de vous être bon à quelque chose,
# — Vous allez peut-être m'aider à trou.
ver une piste....
—Moi !
—J'’ai dit : peut-être,
—J'avoue que vous piques au vif ma curiosité !.........De quoi s’agit il donc?
—J’ai appris par Henri que dans vos loisirs vous vous occupiez de l'étude de cryptographie.
Philippe tressaillit,
—M'a-t-il trompé, ou plutôt s'est-il trompé ? ajouta M. Savanne.
—Nullement, monsieur, Ce qu’il vous a dit est parfaitement exact.
—Henri affirme même que vous êtes déjà d’une très jolie force,
—Je n’ai pas cette prétention, mais enfin je suis arrivé à quelques résultats, Est-ce d’une lettre chiffrée que vous voules me parler ?
Oui... Une lettre dont je désire vivement connaître le sens...…....Je me suis adressé à plusieurs cryptographes.… Aucun n’a pu me donner la clef que je cherche et me traduire cette lettre...
C’est alors que mon neveu, voyant mon embarras, m'a parlé de vous,
—Soyes certain que je ferai tout ce qui dépendra de moi pour vousen tirer,
—Je dois avant tout vous demander le secret.
—Je vous promets la discrétion la plus absolue. ;
Daniel ouvrit un des tiroirs de son bureau, y "it /a lettre trouvée dans la valise d’O’B1 an et la présenta à Philip.
En voyant le cachet de cire rouge aux armes impériales, le jeune homme devint pâle.
L’enveloppe était exactement pareille à celle de la lettre déchiffrée par lui quelques jours auparavant,
—Ouvres cette enveloppe, mon cher enfant, lui dit le magistrat, et voyes ce qu’elle contient,
La main de Philippe tremblait en ti.
rant de son enveloppe l’épaisse feuille de papier et en la dépliant.
Du premier coup d’œil il reconnut que le même système de cryptographie avait servi pour les deux lettres.
11 fit un effort pour dissimuler le trou.
ble qui l’envahissait et il en vintà bout.
—Devines.vous quelle peut être la clef de ce chiffre ? demanda Daniel,
—Jele crois.
—Et vous pensez pouvoir déchiffrer cette lettre ?
—Je l'essaierai du moins...
—Cela vous demandera-t-il beaucoup de temps ?
—J’espère que non,
—Je vous saurai un gréinfini de ce que vous voulez bien entreprendre et, si vous réussisses, vous m'aures rendu un signalé service !....Emportes donc cette mystérieuse épitre, mon cher en.
fant, et faites tous vos efforts pour en pénétrer le secret.......Je vous verrai samedi....Tâchez d’avoir obtenu un résultat avant ce jour-là... Présentez mes respectueux hommages à Mme vo.
tre mère et embrasses pour moi Aline et Mathilde, À samedi,
—AÀ samedi, monsieur,
Philippe, la tête en feu, quitta le ma, gistrat.
Dix minutes plus tard, Henri entrait avec Magloire chez son oncle,
Les trois hommes s’enfermèrent et causèrent longuement,
À ia vilia de Neuilly, ie fils d’Améiie
emander rétion la
de son dans la
© rouge homme
t pareille par lui
on cher oyes ce
iten ti- » feuille
econnut
1 Aline
, le ma, entrait rent et
‘Amélie
arriva fort en retard pourle diner, mais obtint vite son pardon quand il eut dit qu’il venait de chez Daniel Savanne, qui l’avait chargé de présenter ses respects à Mme Vernière et d’embrasser pour lui les deux jeunes filles ; agréable commission, dont il s’acquitta avec empressement, ‘
Pendant le dîner il ne laissa rien paraître de son trouble intérieur et de ]a hâte qu’il avait de rentrer cheslui pour déchiffrer la lettre confiée par le juge d'instruction,
Ce fut seulement vers dix heures qu’.
il put remonter dans son appartement,
I1 se mit immédiatement au travail.
Ce travail, sans présenter de difficult6s sérieuses, puisque Philippe possédait la clef du chiffre, était long, minutieux et demandait beaucoup d’attention et de patience.
Enfin, vers deux heures du matin, la sueur au front, l’angoisse au cœur, après avoir épelé chaque mot, et ende plaçant sous chaque nombre...et chacun de ces mots était pour lui une révélation, un coup de foudre !...le jeune homme re.
lut entièrement la lettre traduite, en la complétant par l’adjonction des sousentendus qui s’imposaient.
“ Surveillez l’usine de Richard V., in.
génieur à Saint-Ouen... Achetes l’homme, s’il est à vendre, et ses engins pour la marine.... Payez un million s’il vou.
lait l'exiger.....Son frère Robert V., un agent secret à nous, est certain que Richard pourrait nous servir .…, Le contremaître Claude G. est facile à circon.
VODiT...e.ss Il faut avoir à l'état-major de la guerre les plans nouveaux des forts de la frontière de l'Est... Voyez le lieutenant du génie X. au ministère, Payes cher...Merci du renseignement donné sur le nouveau fusil. .... Il faut avoir un modèle... Voyez le capitaine artillerie D. au ministère de la guerre.
C’est un homme à nous... Communiques cette lettre à notre attaché militai »”
ire.
Tout cela était clair, précis, ne pou.
vant laisser subsister l'ombre d’un doute dans l'esprit de Philippe.
L'usine de Richard V., qu'on devait surveiller, c'était jl’usine de Richard
Vernière......Son frère Robert V. c'était Robert Vernière, le contremaître Claude G. était Claude Grivot, et Robert était l’agent secret de l'Allemagne !
Qui sait si Richard Vernière n'avait pas rayé de sa vie son refus de se ven.
dre à l'Allemagne ?
Qui sait quel était l’assassin.
Le fils d'Amélie se posait cette question, mais n’osait y répondre,
Un frisson d’horreur passait sur sa chair...
Tout à coup, une autre pensée traversa son cerveau comme un éclair,
Les plans que Robert l'avait prié d’ex.
écuter......les plans de la mitrailleu.
se nouveau modèle, des obus nouveaux pour la marine.........et d’autres encore.
Un effroyable soupçon naissait en lui, Il regarda l’heure à sa pendule.
Elle indiquait deux heures du matin.
—Non...murmura.t-il,.,.je ne puis aller à Saint-Ouen cette nuit, il faut que tout cela reste secret,
Philippe se coucha, mais il lui fut im.
possible de fermer l’œil,
Debout et habillé à cinq heures, il partait pour l’usine ét il y arrivait au moment où la cloche appelait les ou.
vriers au travail,
Lersque Robert s’absentait, Philippe seul avait le droit d'entrer dans son ca.
binet dont-il possédait une double
Il £’v rendit.
Sur son passage, il rencontra Claude rivot.
A sa vue tout son sang reflua vers son cœur,
—Celui-là n'était.il pas un complice ?
se demanda-t.il,
Il passa, en rendant au contremaitre son salut,
Claude, —très observateur et très défiant,—avait 6té frappé du bouleverse.
ment des traits du jeune homme, —Qu’est-ce qu’il a cet oiseau.là ?— ommela.t-il entre ses dents,
Philippe était entré dans le cabinet de son beau-père,
Il forma au verrou la porte derrière lui. , Les plans précieux étaient classés, fpar ordre, dans des cartons numérotés.
lüblo C'est Philippe ui se chargeait de ce Classement, . .
Quelques jours Auparavant il y avait » épinglés ensemble les plans et es formules se rattachant aux engins ACCeptés et payés par les ministères de -narine et de la guerre, « Plans et formules étaient en triple ex.
Pédition,
’ane de ces expéditions ayant été fournie aux ministères en même temps que les engins il devait en trouver deux autres,
D'une main fiévreuse, il les chercha dans leur ordre de classement,
ppe;—luttant contre l’évidence, —Chercha de nouveau, fouilla portout, MAIS en vain.
La dernière des trois expéditions fai.
Marine, modèles en acier, prôts à Abe chargés, et le modèle de la mitrail.
euse,
L modèles des obus n'étaient plus
Celui de ta mitrailleuse s’y trouvait, Mais Philippe se souvint tout à cou qu’il avait aperçu Claude Grivot travail.
lant à en construire un autre,
Convaincu qu’il agissait par l'ordre de son beau-père, il ne s’en était point préoccupé, et maintenant la vérité lui 8pparaissait terrible |...
Claude et Robert étaient complices.
devaient avoir vendu tous les deux les secrets de l’usine de Saint.Ouen à l’Allemagne dont ils étaient les agents secrets,
L’évidence s'imposait de telle sorte qu'il ne fallait même plus essayer de lutter contre elle.
ilippe, anéanti, tomba sur un Bièe
lant de colère —Je ne, laisserai pas la France à la merci de ces misérables 1
= win e ne laisserai pos si je peux l'empêcher, l’Allemagne profiter du crime de ces deux sans.patrie | —Mais, comment 7 moyens ? — [ls sont tout trouvés.
pion Robert Vernière, — ]a lettre chif.
re que j'ai pu traduire l'indique asses.
—Eh bien ! c'est ches cet homme que j'irai d’abord Pour essayer de lui repren.
dre par la ruse sil en est temps en.
core—ce qu’on lui a vendu, “Réussirai.je ?—Ne sera-t-il pas trop tard ?-—Je le crois, je l’espère et Dieu le permettra !I] me faut du sang.
roid, du calme, de l'énergie, et surtout ne rien laisser deviner de m°3 projets !
Eh bien ! j'aurai la force de me conte.
air, et de cacher à toutes mes préoccupations, mon trouble et ma colère !
Philippe, en ce moment, ne pensait lus àsa mère, à Maithilde, à Aline, à aniel Savanne qui lui avait confié, pour essayer de la traduire, la lettre chiffrée allemande, —Le brave enfant de Lorraine, Français de naissance de cœur etd'âme, ne songeait qu’à dé.
fendre contre la Prusse la patrie de son père, de son grand-père, martyr de son
Dans le carton qu'il avait ouvert il prit l’expéditior no 2 des plans et des formules,
Il les roula les enveloppa, et après les avoir glissés dans sa poche ainsi qu’un revolver chargé de six balles, il remit
u-père, repoussa les tiroirs des meu-
bles qu’il avait fouillés,: et sortit en ayant soin de retermer à double tour derrière jui la porte du cabinet,
Avant de quitter l’usine, il donna quelques ordres aux chefs de service des ateliers, évitant de se mettre en Contact avec Claude Grivot, qui produisait sur lui l'effet du pius venimeux des reptiles,
Ilse défiait de la colère qui grondait sourdement en lui,
L'approohe du gredin pouvait lu faire oublier son calme de commande,
Ensuite il partit st réemonta däus ja
nent ?— "ou vÉS.. ; ge alleec l’esre ochif.
le asses.
me que reprenne ps en.
a8 tro t Dieu | SAlge surtout rojets !
conte.
éoccupf ensait iue, à confié, lettre enfant sance L’à déle son > son
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voiture qui l’avait amené et quile con. | “ sible rue de Verneuil, numéro 4, en-
duisit à la villa de Neuil, LXVIU
t Philippe de Nayle était décidé, nous l’avons dit, à aller trouver le chef de l’espionnage allemand à Paris,
Mais quel était ce chef et où demeurait.il, car il ne fallait pas songer à le demander à l’ambassade, mais bien à son domicile.
Le jeune homme eut une inspiration,
—1l est imposible,—se dit-il—que Je ne découvre pas dans les papiers de mon beau-père quelque chose qui me mette sur la voie...
C’est pour cela qu'il retournerait à Neuilly.
Aussitôt arrivé il s’enferma dans le cabinet de Robert Vernière et, sans l’ombre d’un scrupule— (les scrupules n'étaient point de mise quand il s’a.
gissait d’un tel misérable, et d’ailleurs la cause sainte pour laquelle il travail.
lait justifiait tout)—il essaya l’une après l’autre les clefs de son trousseau, aux serrures des tiroirs du bureau.
Aucune n’allait,
Philippe fit alors appel à son talent de mécanicien, joignant la pratique à la théorie,
Il lima une des clefs, en modifia is système et l’ajusta avec une habileté si grande qu’après quelques tâtonnements elle entra dans ja serrure et fit jouer le pène.
Le premier tiroir qu’il ouvrit renfermait des liasses de lettres.
Le jeune homme prit une de ces liasses, la dénoua passa les lettres en revue se contentant d’un coup d’œil pour cha cune, et après quelques minutes de recherches inutiles tomba sur un billet que nos lecteurs connaissent déjà, et ainsi conçu :
“Monsieur Robert Vernière,
Dans votre intérêt, dans l'intérêt de l'avenir de votre usine et de ia tran-
“ quillité de votre famille, vous êtes in.
st vité à vous présenter le plus tôt pos.
“ tre neuf et dix heures du matin.
“Ne tardes point à vous rendre à & cette convocation dont vous deves ‘“ comprendre toute l'importance, et re- “4 ceves mes salutations,
4 Baron GUILLAUME SOHWARTZ, "?
Philippe n'eut pas un instant de doute,
Il savait qu’un certain baron Schwarts occupait à l’ambassade d'Allemagne des fonctions importantes, mais iguorait quelles étaient ces fonctions.
Mainteaant il le savait, ou plutôt il le devinait et son intuition équivalait à une certitude. é
C'était à coup sûr rue de Verneuil, chez le baron Guillaume Schwartz que le pacte d'infamie avait été signé.
Rien maintenant n’empêchait plus Philippe de mettre à exécution son héroïque projet. à
Il partit pour la rue Verneuil.
Guillaume Schwartz, debout dès le point du jour, était dans son cabinet, lisant des correspondances qui lui avaient été envoyées, ia veille au soir de l’ambassade. ï :
L'une de ces lettres le complimentait du succès complet de ses nègociations avec Robert et lui enjoignait de faire parvenir par les voies directes les Oobjets qu'il détenait à l'adresse d’un core respondant voisin de la frontière, qui
se chargeait de lesintroduire en Allemagne. à
Les plans et les formules devaient être envoyés sous le couvert de l'ame bassade,
Dans un coin du cabinet, à côté de caisses tout ouvertes, gisaient, prêts à être emballés et expédiés, les obus d’acier et la mitrailleuse démontés.
A part les informateurs allemands, et les sans-patrie vendus à la Prusse, personne ne franchissait jamais le seuil de ce cabinet. à
Il était dix heures moins un quart,
Le timbre de la porte donnant sur la
rue 8e fit entendre.
Le valet de chambre alla ouvrir et, se
— 492 — | trouvant en présence d’un visage incon.
ponime étant celui du beau-fils de Ro | »
Du, demands en allemand ! bert. | —Que æ-VOUSs, monsieur ? Le jeune homme était.il donc non | ri Dans le même diome Philippe ré. | seulement l'associé, mais le complice de | pondit : son beau-père. | il —Voir M, le baron Schwarts. Sa visite le démontrait jusqu’à l'évi. | ni Le domestique hésita pendant une dence, ptet LA rt seconde avant de répliquer : T —Vient.il se plaindre de n’avoir pas —M, le baron est absent. ou part suffisante du gâteau ? murmura # prit: entrer, CI —J6 sais que votre maître est ici... Il Un instant a rès, Phili de Nayle est indispensable que je le voie sans Te. | franchit le pe à : Ppe À * tard pour une affaire urgente... Préve. Il était aussi calme en apparence qu’à nes-le de ma présence, l'ordinaire, mais un peu pâle, t aplomb du jeune homme en impo. u premier coup d'œil il aporqut | 8 Pau valet qui n’oss pas s'obstiner dans | jans l’angle du cabinet, les caisses ou. | son mensonge, à vertes, les modèles d'obus et la mitrail. | d pe Deer vient-il de Ja part de leuse démontée, p quelqu'un — Rien n’est perdu ! se dit-il, j’arrive Cerrément Philippe répondit, à demi. à temps | P du F Voix :
—De la part de M. Robert Vernière, Constructeur à Saint-Ouen.
peine avait.i] prononcé le nom de me u-père que le domestique ouvrit
Guillaume, caressant sa belle barbe blonde üe ses doigts chargés de bagues,
| fit deux pas à la rencontre du jeune homme,
—À que Cause, monsieur Je comte a porte tout an large et laissa pénétrer dois-je l'honneur de votre visite î titi € visiteur dans la cour de l'hôte] en saluant.
—On vous a remis ma carte, monsieur baron ?
—Oui, Monsieur, et Je sais que vous êtes le beau.fils du &rsnd industrie] Ro.
bert Vernière, Mais cecine m’apprend
As...
le dire........Je viens au nom de mon | on ordre, réparer | ur qu'il a commi. l
: le — Voici ma carte, jeune homme pensait :
— Il me connaît certainement de nom il n’hésitera P98 à me recevoir, —J < prie movsieur d'attendre une e
Et, laissant le visiteur dans la cour, le valet de chambre alla frapper à la porte du cabinet de son maître,
—Qu'y at-il ? demanda oelui.ci,
—Quelqu’an pour monsieur le baron de la part de Robert Vernière, de Saint.
Ouen.
L'attaché spécial tressaillit,
—De la part de Robert Vernière, ré.
péta-t.il avec surprise, Qui donc ?
—C’est un jeune homme. ... Voici sa carte.
Guillaume Schwartz prit le petit car.
ré de carton et lu :
laume Schwart
—Oui, monsieur, Mais réparable, heu.
reusement,
— Pourquoi n’est.il Pas venu lui.mé.
me ?
—Parce qu'ila étés forcé de partir hier au soir à limproviste pour l’Angle.
terre, où l'appelait une affaire de gran.
e importance... Il à compté i
—Une déplorable erreur ? répéta Guil. | LA
“Comte Philippe de Nayle” 11 connaissait parfaitement ce nom
ND on been ee CRT SALE
fils de Ro.
donc non o1plice de
qu’à l'évi.
avoir pas
| murmura Faites
de Nayle ence qu’à , Sporgut, isses ou.
à mitrail.
, j'arrive le barbe ) bagues,
u jeune
e comte 0 À ftit.i nopsieur le vous riel Ro- \pprend is vous le mon réparer commi.
a Guil.
>, heu.
Ui-Môe
Partir \ngle.
498 — my re
pouves comptes sur moi comme vous comptes sur lui.
aillaume Schwarts s’inclina, le sou.
rire aux lèvres,
4—Mais enfin, monsieur le comte, fit.
il ensuite, quelle est ostte erreur dont vous parles, et pour qui est-elle déplo.
rable
—Pour mon beau-père dont elle pour.
rait faire suspecter la bonne foi, et pour vous, monsieur, qu’on acouserait à coup sûr en haut liea de négligence et d'in.
Capacité,
L'attaché spécial tressaiilit,
—Négligence ! incapacité ! murmura.
til. C’est dur !.....mais enfin, de quoi s'agit-il ?
—Mon beau-père a traité avec vous de l'achat par votre gouvernement de plans d'engins de guerre et de formules pour le chargement de ces engins.
—Æ£u bien ?
—ÆÉh bien ! en vous livrant les choses vendues, il s'est trompé de plans et de formules, et c’est hier au soir seulement qu’il s’en est aperçu,
—Æst.ce possibie, grand Diea ! s'écria l'attaché spécial en levant ses deux mains vers le plafond,
—Li vous a donné les formules de nos promiers essais, au lieu de celles accep-
tout récemment à Fontainebleau p* le x inistre de la guerre et qui annu.
nt les précédentes,
Phuippe ajouta, en désignan* un rou- Jeau qu’il tenait à ia main,
—Je vous apporte les véritables, en ‘vous priant de me remettre celles qui Le peuvent vous servir, à moins que ur ne les ayez déjà expédiées à Ber.
in,
— Non, grâce au ciel, pas encore ! fit le baron Schwarts très troublé par ce qu’il venait d’apprendre.... Mias j'allais les expédier aujourd'hui même si vous n'éties point venu Ce MAtiN ses Æt alors quelle effroyable responsabilité pèserait sur m0i1.....Je frissonne quand J'y songe loco Ah ! il'y a une providen.
ce et elle me protège visiblement... Je vais VOus remettre vos formules et vos plaus, en échange de ceux que vous m'apportes.
Le piège était bien tendu et l’attaché
spécial venait d'y donner, tête baissée, sans le moindre soupçon.
Il réunissait toutes les pièces, tandis que le jeune homme dénouait lentement le rouleau dont il s'était muni,
— Voici, monsieur le comte, fit Guillaume Schwarts, en plagant devant le fils d'Amélie les plans et les formules livrés par Robert... Voyes si c'est bian complet.
Froidement Philippe prit les papiers, les collationna pour s’assurer qu’en ef.
fet il n’en manquait auoan, les replia et les mit dans sa poche,
L’Allemnnd étendait la main pour recevoir celles promises en échange.
—Pardon, monsieur le baron, dit le fils d'A mélie en reculant d’un pas.. les pièces que vous venes de me rendre m'appartienuent, et vous n'aurez pas les autres,
Guillaume Schwarts devint livide,
—Que faites-vous, monsieur ? balbu.
tia-t'il. à
—Je reprends possession du bien vo- 16 dont vous étiez le receieur.
—Ab ! c’est ainsi ! s’écria l’attaché qui comprenait enfia,
—Oui, c’est ainsi !
Le baron s'élanga vers son bureau et saisit un revolver quil arma,
Philippe s'était dirigé vers la fenêtre donnant sur la rue de Verneuil,
Il l'ouvrit, et se retournant, toujours calme, mais tenant à la main, lui aussi un revoiver tout armé dont le canon menaçait Guillaume Schwarts, il reprit d'une voix ferme :
--Au premier coup de revolver, qu'il soit tiré par vous on par moi, les agents qui m'ont escorté feront irruption dans votre maison qu'ils surveillent.
Le corps secoué par un tremblement nerveux, l’Allemand bégaya .
—C'’est un guet-apens, monsieur !
—J'aspelle cela, moi, une revanche !
— Vous avez vendu ces p et ces formules !... Vous en aves touché le prix |
—Robert Vernière, peut-être, mais non le comte Philippe de Nayle,
—Vous êtes l'associé de votre beau.
père...
—Pour servir mon pays et non pour le trahir,
—Nous vous perdrons.
—Je vous défie !
…— Votre beau-père a touché des mil.
lions,
—Faites-vous rembourser pat lui, C'est un voleur et c’est un assase
sin,
C’est l’affaire de la justice et non la mienne.
—Nous le flétrirons et la honte re.
jaillira sur votre mère et sur vous !
—Aucune souillure ne peut atteindre ma mère et moi !...Allons, monsieur le baron, plus de vaines menaccs |... Dites.
vous que c’est une affaire manquée, et arranges la chose avec votre gouverne.
ment comme bon vous semblera !
—L’Allemand, écrasé, courba la tête,
Philippe poursuivit :
à ie votre valet de charabre.
Guillaume Schwarts ne répondit pas, Il serrait sou revolver entre ses doigts crispés.
ui de tuer l’homme qui ve.
nait de le joueret quile réduisait à l'im.
puissance bantait son cerveau,
Le jeune homme comprit ce qui se passait en lui.
D'un bond il fondit sur le baron, saisit son bras armé avant qu’il eut le temps de se mettre en défense, lui tordit le poignet, lui arracha le revolver et lui en appuya le canon sur la tempe en di.
sant :
—Si vous ne m’obéisses pas, aussi vrai qu’il y a un Dieu, je vous brûle la cervelle... Appeles votre valet de cham.
bre!
Il fallait se soumettre 1...
Le baron frappa sur un timbre,
Le valet entra.
—Prenes ces trois obus—lui com.
manda Philippe—et portes-les dans la voiture qui attend à la porte, et où vous porterers aussi les pièces d’armurerie que voilà...
De la main il désigvait les fragments de la mitrailleuse démontée,.……,
domestique ne bougea pas.
- -Grdonnes-lui d’cbéir !,...— s'écria Ph. né, ,
—Obéisses à monsienr... articuls Guillaume d’une voix mouran te.
Le valet de chambre se mit en devoir d'exécuter l'ordre donné.
Il lui fallut deux voy
—C'est fait, dit-il après le second,
—Maintenant, monsieur le baron, } vous rends votre liberté 1—reprit le d’Amélie.—Je ne vous dis pas au revoir car ilest peu probable que nous nou revoyons |
Et, jetant le revolver de l’Allemand sur le bureau, il sortit du cubinet puis de l’hôtel, rejoignit la voiture et donra l'ordre de reprendre le chomin eo Neuilly,
Au moment où le véhicule s’ébraniait, Philippe entendit un coup de revol.
ver,
L'attaché spécial venait de se faire sauter le crâne, préférant la mort à l’humiliant aveu de sa ridicule mésaventure, et aux conséquences de cet avou, car l’Allemagne ne lu: pardonnerait ni la défaite, ni les millions perdus,
—C'est ce qu'ilavait de mieux à faire !
—Murmura Philippe, devinant ce qui venait de se passer.
Tout en regagnant Neuilly,
mme. pensait :
—Le principal est fait Pour le reste, il faut attendre...
Arrivé à la villa, il fit déposer dans le pavillon du jardin les objets qu’il ap.
portait, puis,avec l’aide d’un domestique qu'il appels, il les transporta dans un cabinet attenant à sa chambre et qu'il eut soin de fermer à double tour,
Philippe descendit ensuite déjeuner avec sa mère et les deux jeunes filles,
le jeune
et à voir son vise suavi calme que de coutume, il aurait 4.4 lnpossible ‘Le soupçonner le: ‘11,07. 188 préoccu… pations de
80): OH] Lo On attendait l’arrivée de Robert dans la journée, Vers deux heures, Amélie reçut une.
épêche.
Retardé par des circonstances impré.
vues le fratricide n’avait Pupartir, mais
Dan ORDRE EE LR RASE 7 ani
min ao
braniait, > revol.
il arriverait certainement à la villa le samedi matin.
Ce retard était d’ailleurs sans impor.
tance puisque le maître de la maison serait là, le lendemain, pour recevoir ses invités.
A Portsmouth, Robert avait lu les journaux de France, et la nouvelle de la disparition de Véronique et de la pe.
tite Marthe était venue confirmer le récit d’O’Brien, de la véracité duquel, d’ailleurs, il ne doutait pas.
L’Américain, lui auesi, avait lu l’arti.
cle à Genève où il était arrivé sans en.
combre, mais il ne se trouvait pas le moins du monde satisfait,
On laissait croire'à la mort de l’enfant qu’il avait vue bien vivante avec le manchot et les agents : — cela devait cacher, cela cachait, à coup sûr, un piège de la police,
Donc il commettrait la plus dangereuse des imprudences en rentrant en France pour aller encaisser à Paris à la maison de banque Rothschild le montant du chèque signé per Robert Ver-
ne devrait se contenter des deux cent cinauante mille francs touchés au restaurant Peters.
Or, c'était d’autant plus maigre pour un coup si habilement combiné et exécuté avec une selle maëstria qu'il perdait la somme" assez ronde contenue dans sa valise dont les sgents s'étaient emparés à la villa des Maronniers.
—Un bénéfice de quelques milliers de francs à peine. et la petite m'échappe !
—murmurait-il rageusement.— C’est à se donner su diable !.. Espérons que j'aurai ma revanche ! ....
Et c’est en rêvant à cette revanche qu’il alla rejoindre en Italie Mile Eva Mariani.
On était au samedi matin.
Depuis. l’avant-veille on s’ocoupait activement à la villa de Neuilly des préparatifs de la réception qui devait avoir lieu ce jour-là.
La salle à manger n'était pes de di.
mensions suMsantes pour le nombre des
convives attendus, Mme Vernière avait fait dresser une large teute sur une vaste pelouse au milien des grands ar.
bres et des massifs de fleurs,
Une tente plus petite, annexée à cel.
le.ci, devait recevoir un orchestre de musiciens tsiganes.
Pour le repas du soir, la nuit étant venue, Jes jets de lumière électrique éclaireraient la table chargée de cris.
taux, d’argenterie et de fleurs.--Par.
tout des fleurs,
Le grand salon de la villa avait 646 converti en salle de jeu.—La salle de billard conserverait naturellement sa destination.—Le salle à manger servi.
rait de fumoir,
Les cuisiniers d’un célèbre mérchand de comestibles parisien préparaient tout pour le déjeuner qui devaient avoir lieu à midi.
Dix heures sonnaient et Robert n'6.
tait point encore arrivé,
Mme Veruière commençait à s’étonner et presque à s'inquiéter de ce re-
Elle fit part de son étonnement et de son inquiétude à son fils,
Philippe, doué d’une force de volan.
t6 peu commune, montrait un visage souriant malgré Is nuit d’insomnie et d’angoisse qu'il venait de passer, et malgré la préoccupation terrible qui l'ob.
sédait.
" Ne t'inquiète pas raère,—répondit.
il.—sois certaine que le retard de M, Vernière est tout à fait indépendant de sa volonté ! Il sera 18 tout à l'heure...
sans cela tu aurais reçu une dépêche ce matin,
À onze heures les premiers invités ar.
rivèrent.
Amélie et son fils les regurent, en expliquant l’absence involontaire et mo.
mentanée du maître de la maison,
Claude Grivot parut, accompagnant
les chefs de service et les plus anciens
ouvriers de l’usine,
Il vint saluer Mme Vernière et ten.
dit la main à Philippe,
Un feu sombre s’alluma pendant une seconde dans les pruneiles du jeune homme, mais il eut le courage de sou.
rire et de se laisser serrer les doigts par le complice de son beau-père.
Daniel Savanne et son neveu firent ensemble leur entrée,
Ils furent, à l'instant même, entourés Par tout le monde,
On avait hâte d’avoir des détails au sujet de la nouvelle sinistre publiée 8 les journaux de l’avant-veille.
Le magistrait répondit que l’euquête n’amenait aucun résultat, qu'on se per.
dait en conjectures, et qu’il était mal.
ureusement fort à craindre qu'on ne réussit point à découvrir la vérité.
demie après onze heures venait de sonner,
Les derniers invités se présentaient
Robert n’arrivait toujours pas |...
Mme Vernière était littéralement sur des charbons ardents.
Eatin le roulement d’une voiture ise fit entendre.
Cette voiture s’arrêta près de la gril.
le qui s’ouvrit, et Robert, tout poudreux de la poussière du voyage, accourut, souriant, serrant les mains tendues vers lui, s'excusant, et demandant dix mi.
Autes pour aller changer je costume,
embrassa hâtivement sa temme, il serra la main de Philippe qui pAlit, et il disparut dans la vila,
Daniel Savanne et Henri 8e dirigèe rent alors vers un groupe dont faisait partie le chef de clinique de l’hospice
8 Quinze. Vingts,
£a les voyaat s'approcher, il se déta.
Cha du groupe et aila à leur rencontre.
—Uù en sommes-nous ? lui demanda le juge d'instruction à demivoiz-
—Dans les meiieures conditions...
L'opération a merveilleusement réussi,
enri a uû vous le dure,
— Alors tout 1ra bien ?
—Aucun danger ?
—Aucun,
Les dix minutes étaient écoulées,
Robert, sa toilette achevée, reparut,
Li s'approcha de Damei,
.—Cher monsieur Savanne,.…. lui diteil. j'ai lu à Porismouth, dans.
un journal frangais, l’ettroyabie nouvel.
1e du crime comis chez vous, au Parc Saint-Maur, Cetie pauvre Véronique et
...Qu’y at-il de vrai dans cette nouvel.
lef
—Tout est vrai, malheureusement,
—Aves.vous au moins quelques indices vous mettant sur la piste des aue teurs de ce nouveau crime ?
—Pas le moindre,
L'annonce que le déjeuner était servi interrompit l'entretien,
Les invités se dirigèrent vers la tente sous laquelle était dressée la table.
Les mets étant exquis et les vins de premier ordre, le repas fut très gti, sans Pour cela devenir bruyant,
Robert sausait avec la verve et l’en.
train d’un homme dont l'esprit est dé.
gagé de toutes préoccupations,
Daniel comptait les convives.
Tous ceux qui se trouvaient chez lui, qu jours auparavant, étaient là...
ous
— Pas un ne manque | se disaiteil,.ssse Ce soir ils seront encore iciau grand Complet, et Dieu permettra que la lu.
miére se fasse !
Vers trois heures, le café pris, les oi.
gares allumés, on sortit de table et lès hôtes de Robert se répandirent dans les allées sinueuses et sous les ombrages touffus du jardin,
Le fratricide, s'approchant de Claude Gnivot, échangea rapidement avec lui ces ie mots :
— Tu es au courant de tout ?
—Oui.
— Véronique et Marthe ?
—Sont ailées recevoir, dans un mon.
de meilleur, 1a récompense de leurs ver.
tus,
—Nous pouvons donc, maintenant, dormir sur nos deux oreilles,
Ils se séparèrent
Philippe, tou en évitant de se faire Témarquer, ne perdait pas de vue un seul instant son beau-père,
De loin, à travers les arbres, il avait assisté à son court entretien avec le Contre-maitre,
—Je n'aurais qu’un mot à dire...
pensait:11,.., pour que la justice mette la Main au coliet de ces deux misérae bles 1... Pauence ! Li faut éviter le se.
cond s0andaie, pour ma mère.
#8 pelte-dle arracauus do foire maison | Quaüe heures sonnaient,
tte nouvel.
sement.
iques indi.
‘e des au.
était servi
rs la tente ble.
8 vins de
8 gui, sans
» et l’en.
it est dé.
s chez lui, ont là...
Baiteil,.o0e Au grand e la lu.
is, les oi.
le et Iès t dans les ombrages
e Claude avec lui
in moOneours vere
atenant,
se faire vue un
il avait avec le
Oroososo ce
) mette misérae le 86:
Daniel Savanne, absorbé dans des ré.
flexions profondes, s’étsit dirigé sané le vouloir vers la grille de la villa,
Une voix, s'adressant à lui, le tira
rusquement de ga préoccupation.
. C'était celle dn jardinier de Mme Vernière, qui le connaissait comme. ami et familier de la maison,
—Monsieur Savanne,... lui Aitrilsse j'allais aller vous trouver pour vous prévenir qu'il y a dans ma loge un mon. sieur, ét que ce monsieur &, paraît-il, grand besoin de vous voir.
—À:t.il dit son nom ?
—Oui, monsieur, il s'appelle M, Ber.
thaut,
Daniel tressaillit,
Berthaut à la villa Vernière !
Ourquoi y venait.il ? Que lui voulait-
il ? et que se passait.il donc de si pressé
ae dût en être informé à l'instant m6.
me s
—sJe vous suis, mon ami, répondit.il au jardinier...
Et il prit le chemin du pavillon.
En le voyant venir, le policier s’ayan.
ça sur le seuil, :
— Vous avez à me parler, Berthaut 7?
fit Daniel,
—Qui, monsieur... répliqua l’a.
gent,
Et baissant la voix, il ajouta :
—C’est important, et c’est pour cela que je me suis permis de vous relancer jusqu'ici... Mais sortons de Ja maison, s’il vous plaît... Une fois - dans lave.
nue je vous ferai connaître le motif de ma présence à Neuilly.
Le juge d'instruction ouvrit la petite porte placée à côté de la grille et sortit avec le policier.
—Maintenant... lui dit.il. parles,
—Je viens de chez le successeur de Dutac, mon ami de Survilliers, l’ancien marchand de curiosités.
—Eh bien ?
—J'ai trouvé sur l’un des vieux registres oubliés par Dutac le nom de la per.
sonne qui a acheté la breloque laissée entre les mains de Véronique par l’as.
sassin de M, Richard Vernière,
—Et ce nom !
—Le comte Henriot de Nayle,
Daniel poussa une exclamation d’é.
pouvante.
—Vous vous trompez, Berthaut, fit.il d’une voix tremblante, vons vous trom-.
pez, ‘
L'agent déboutonna sa redingote et tira de sa poche de côté un carnet qu'il ouvrit à une page cornée d'avance,
—Voici...dit-il,...,.la copie textuelle de la note inscrite sur le registre...
lequel, d’ailleurs, est à votre disposi.
tion, ,
Et il lut :
—“ 23 janvier, 1849....Vendu à M.
le comte Henriot de N ayle une breloque : anciénne, de travail italien, figurant un
ion accroupi, d'argent ciselé, tenant dans ses griffes une émeraude formant cachet, Livré à l'hôtel de France et
’Angleterre rue de Richelieu, Prix :
neuf mille francs, ?”
— Vous voyez, monsieur, ajouta.t.il en refermant le carnet, que toute erreur est impossible !
aniel Savanne avait le front cauvert d’une sueur d’angoisse,
—Saves-vous quel est ce comte Hen.
riot de Nayle ? demanda.t.il,
+ —Non, monsieur... Mais il «ppartient M. Philippe
de Nayle, le beau-fils de M. Robert Ver.
Dre Ça me paraît même assez proba.
—Le juge d'instruction était anéane ti,
11 s’eftorçait de ne point comprendre...Il ne voulait pas encore soupçon-
ner, M freres il fallait faire la lumière, —Av
e3.vOous a sur vous, la copie de la breloque } fit.il,
—Oui, monsieur,
—Donnes-la moi,
Berthaut tira le cachet de son gousset et le tendit au magistrat, .
—J'ai besoin de l'original, —reprit ce:
luici—Combien vous faudrait.il de temps pour aller chez moi, au Parc.
Saint-Maur, et revenir ici ?
—1l faut compter au moins quatre heures,
Daniel regarda sa montre, —Quatre haures et demie tout ET plus... dit-il, Vous Pourrez être faci..
: L lement de retour à neuf heures et de | dans la muraille sous un rideau de { Tr mie..., lierre. | Sava
—Facilement, oui, monsieur, Henri souleva le lierre, et de la main geai —Confies-moi votre carnet. * explora la petite niche, té,
Berthaut s'empressa de l’exhiber de La olef s’y trouvait. Il nouveau, et sur l’une des pages le juge Le jeune homme fit alors le tour de inqu traça au crayon ces mots : ; la maison et alla rejoindre Aline et con “Laissez le porteur de cet écrit en. Mathilde, qui causaient en faisant des mêle trer dans mon cabinet et fouiller les ti- | rêves de bonheur. rem: roirs de mon bureau dont je lui remets M. Savanne était, en ce moment, à To la clef, ; # la recherche de Philippe de Nayle. la di “Daniel Savanne.?? ‘Ille rencontra, descendant le ,perron barie
11 avait la à haute voix, tout en écri. | de la villa pour se rendre au jardin. De vant. —Mon cher Philippe,—lui dit-il en regal —Vous donneres ceci à mon valet de | l’arrêtant,—avezvous terminé le petit Ro chambre Germain que vous connaissez | travail dont sur ma demande, vous vers: —ajouta-t-il—et il vous conduira lui. | avez bien voulu vous charger ? Cl ; même,—Voici la clef..—C'est dans le Le fils d’Amélie tresr aillit. Le premier tiroir à main droite de mon bu- —Ah ! oui ......., cette lettre chi rapp reau que vous trouverez la breloque,— | frée......—murmurat.il avec embar. mais Vous la prendrez et vous me l'appor. | ras 4 sa pl teres ici.—Je vous attendrai à neuf —Précisément, — Aves-vous réussi ? ‘ heures et demie dans le pavillon dujar. | —Il reste quelques points obscurs, — la ta dinier,..—Alles, Berthaut, hâtez-vous! | je crois que, néanmoins, mon travail Qu —Monsieur Savanne, je ne perdrai pas | pourra vous guider, * .., : gé ut une minute. —Est-ce grave ? leva Le policier partit, ; —Je ne le pense pas.—Du reste, ce des r Daniel, en proie à une angoisse effro. | soir, avant votre départ, je vous remet. le lai yab.e, qu'il lui fallait dissimuler, se di. | trai original et traduction... D’ ù rigea vers la villa. —Je vous en saurai un gré infini, et porte vous m’aures rendu grand service. .. . .. on tr LXX Henri appelait Philippe, Er
Le jeune homme quitta Daniel, nes
Henri Savanne s'était, lui aussi éloi. : Pur dont 6 des groupes, et il se glissait au mi. Huit heures venaient de sonner. mati
ieu des touftes d’arbustes formant d’6. On était à table depuis une heure
is massifs qui masquaient les derriè. Me + Vern res de l’habitation et l’entrée de l’esca- déjeuner ayant fini très tard, les bre « lier de service réservé aux domestiques | convives manquaient un peu d'appétit, conv. et aux fournisseurs. malgré la délicatesse du menu et ia pere Pe De ce côté, parallèle à la Seine, un | fection des mets. de la mur fermait la propriété. En revanche, la chaleur étant très ri éte Une porte bâtarde s’ouvrait sur le ; forte, on buvait ferme, et les carafes écart chemin de halage, de vin de Champagne glacé, servies dès Vent Cette partie du jardin était singuliè. | le commencement du repas, se vidaient raissé rement triste. comme par enchantement. To Henri s’approcha de la porte et l’ex- L’orcheste des Tsiganes faisait enten- mêm Fe amina, dre ses plus originales mélodies, parmi | reton Deux gros verrous et une forte serru. | lesquelles 86 détachait PE un motif Le re la garnissaient, de valse inspirant des idées de danses quen , D'habitude la clef de cette serrure | aux jeunes têtes, end 6taitaccrochée à un clou dans une sor. Grâce au vin de Champagne et aux j Mn
te de petite niche pratiquée à cet effet | accords de l'orchestre, ia gaieté et l'a. dirig. nimation étaient générales sous la tente
dr à mm s
rideau de
de la main
le tour de p Aline et faisant des
| dit-il en 16 le petit rs vous J
lettre chifs rec embar.
us réussi ?
obscurs, — aon travail
1 reste, 0e ous remet.
ré infini, et
vice. LEE 2]
niel,
er
Trois personnes seulement, — Daniel Savanne, Henri et Philipe — ne partageaient ni cette animation,ni cette gaie-
Ils étaient, tous les trois, préoccupés, inquiets, mais, au milieu du bruit des conversations et des éclats de rire 8e mêlant et s’entre.choquant,personne ne remarquait leur attitude contraire.
Tout à coup on entendit, aflaiblis par : distance, les sons d’un orgue de Bar-
arie,
Daniel et sonneveu échangèrent un regard.
Robert Vernière, absorbé par la con.
versation, n'avait rien entendu,
Claude Grivot, lui, tressaillit,
Le son de l'orgue lui déplaisait et lui rappelait Véronique Snllier, sa victime ns après un frisson uerveux,il n’y pen- 88 plus.
enri Savanne était assis au bout de la table à une place choisie par lui.
Quelques instants après avoir échan.
gé un coup d’œil avec son oncle il se leva sans être remarqué, souleva l’un des rideaux de la tente et disparut en le laissant retomber derrière iui,
D’un pas rapide il se dirigea vers la porte bâtarde examinée par lui deux on trois heures aupararant,
En ce moment l'orchestre des "Tsiga.
nes attaquait un morceau très brillant dont l’entrain endiablé redoublait l’animation générale,
La gaieté devenait bruyante et Robert Vernière habituellement un peu «ombre semblait le plus joyeux de tous les convives,
Personne ne s’aperçut que les rideaux de la tente juste à l’endroit par ou Hen.
ri était sorti s’entrouvraient légèrement écartés depuis le dehors, et que dans l’entre-vaillement une tête pâle apparaissait.
Tout à coup un cri aigu retentit, en même temps que les rideaux soulevés retombaient,
Les conversations s’arrêtèrent brusquement, et chacun 8e retourna vers l'endroit d’où le cri était parti,
Mme Vernière quittant sa piace se dirigea vers ies tentures en face desqueiles se trouvait s0n mari,
Elle allaitles atteindre quand elles s’écartèrent, et Henri Savanne apps.
rut.
IL était pâle comme un mortet paraissait chanceler,
—Est-ce vous qui avez poussé ce cri Hi cher enfant ?—lui demanda Amé.
—Oui madame...—répondit.il
—Et pourquoi ?
—J'ai posé le pied à faux et la doue leur a été si vive qu’elle m’a arraché bien malgré moi l’exclamation que vous avez entendue et dont je vous fais tou.
tes mes-excuses...
—$Souffrez.vous encore !
—Un peu, mais du moment que ce n’est pas une entorse, ecla ne sera rien,
Et tout en boîtant d’une façon très prononcée il regagna sa place et se ras.
sit.
Personne ne pouvait soupçonner qu’Henri venait de mentir,
Daniel Savanne seul avait compris, et il 8e disait :
—L’assasin est reconnu !
Le dîner était fini.
Mme Vernière donna le signal de quitter la table et se dirigea vers le salon où un concert allait avoir lieu, — Mathilde, Aline, les damesinvitées, et quelques hommes, la suivirent...
autres restèront sous la tente, fumant, causant, et écoutant Kobert dont la verve était intarissable,
Philippe, debout, appuyé à l’un des supports de la tente, ne le perdait pas de vue, et par moments une lueur étrange brillait au fond des prunelles du jeune homme.
Daniel s’était levé pour rejoindre son neveu qui venait de sortir,
Ils. s’abordèrent à deux pas de la tente, tout près de l’endroit où Philipe pe se trouvait adossé,
Le magistrat ailait questionner Heu-
ri, Celui-ci ne lui en laissa pas le temps.
—Ne me demandes rien SE Rien | — Plus tard..Quand il en sera temps ..e Bieuiôt,.... Vous sâures iout.., Quoique Heari parlât très DAS se
nimuntier
Philippe derrière la toile qui le masquait avait reconnu Sa VOLX,
Ile bougea pointet se contenta de tourner un peu la tête pour mieux pré-
l'oreille.
SEUL, l’assssein de Richard Verniè.
re ?..— reprit M, Savanne dont Philip.
pe reconnut également la voix.
—Il est ici... Oui...Je sais qui il y est, et vous ne tarderez guère à le savoir comme moi...—Mais nous ne devons point nous en rapporter à un premier regard, à une première épreuve...—Il vous en faut une autre qui soit décisive, et nous l’aurons, je vous 1» promets. Novr l’aurons cette nuit...—ÆEvitons le scandale inutile... Attendez, comme
j'attends...
— Et, si l’homme nous échappe!
—Il ne nous échappera pas, je.vous le jure !—Je veille sur lui !...... ;
—Peut-être cette épreuve décisive que tu désires l’aurai-je faite avant toi !
dit M. Savanne,
— Expliques- vous. :
—Plus terd...—Tu as raison, point de sceudsle !— Ne t'éloigne pas de cet evdroit afin que je puisse t'y trouver si j'avais besoïn de toi...
—Je ne m'éloignersi pas.
Et le magistrat quitta son reveu qui rentra sous la tente et s'assit en face de Robert.
Philippe avait tout entendu: -
L’aseassin de Richard Vernière était dans la villa de Neuilly parmiles invités de son beau père !—On l'avait reconnu |...
Mais qui donc ? :
On le surveillait et, avant de le désigner, l’oncle et le neveu voulaient une épreuve décisive.
Soudain le jeune homme frissonna de la tête aux pieds. :
Ab je le connais aussi, moi, mure mura-til,— ou du moins je le devine! —Je ne sais quelle épreuve ils veulent tenter, mais je garantis que l'homme ne {eur échappera pas, ca’ je veille com.
me eux, moi |...
En quittant son neveu, le juge d'instruction s'était dirigé vers le pavillon habité par le jardinier concier
Berthaut, revenu du Pare-Saint-Maur i
ee rer aa > à Safi:
depuis un quart d’heure, l'y attendait,
—Venez avec moi....—lui dit Da niel,
Il l’entraîna sous les arbres et pour.
suivit :
—Donnez-moi vite le bijou que vous êtes allé chercher.
L'agent secoua la tête en répondant :
—Je ne rapporte rien, monsieur,
—Rien |—répéta Daniel,
—Je n'ai rien trouvé.
— C’est que vous avez mal cherché ! !
—s’écria le magistrat avec un geste de colère.
Pardon, monsieur, Germain et moi nous avons bien cherché.,,,., Nous avous"fouille non seulement le tiroir dé.
signé par vous, mais tous les autres, et examiné, un à un, les objets qu’ils
renfermaient, La breloque ne s'y trouvait pas.
. —On me l'a volée, alors, fit M, Savan.
ne, Car elle n’a pu s’égarer. Mais com.
ment ? Mais qui ?
—Parbleu ! ce n'est pas difficile à deviner ! Le voleur est celui qui avait intérêt à ce qu'elie disparut.
Une ride profonde creusa le front de Daniel,
—Vous alles rester ici, Berthaut, chez le jardinier, reprit.il, j'aurai peut-être besoin de vous,
—Bien, monsieur, j'attendrai.
Le policier rentra dans la loge et pria le concierge. jardinier de tâcher de lui trouver, ches un restaurateur ou un marchand de vins des environs, quelque chose à mettre sous la dent, car il était Age et mourrait littéralement de
—Ches un restaurateur ! Chez un marchand de vins !.........s’6cria le bra.
ve jardinier scandalisé.....Quand on est en gala, ici ! et je vous garantis que rien n’y MANQUE, AU Gala less. Attône dez-moi une petite seconde ! Je vais al.
ler faire un tour aux cuisines et je vous rapporterai un joli balthasar dans le a comme celui que je viens de fai.
re
Et il sortit aveo un panier, Au bout de cinq minutes, il revenait
avec une véritable cargaison de victuail les..... toutes nourritures fines, com-
l'y attendait, —lui dit Da
bres et pourjou que vous
n répondant :
monsieur.
al cherché ! !
> un geste de
main et moi .., Nous at le tiroir dé.
8 les autres, objets qu’ils ne s'y trouvait
fit M, Savan.
Ê Mais com-
as difficile à lui qui avait
| a le front de
erthaut, chez rai peut-être
\drai.
à loge et pria cher do lui teur ou un ons, quelque , car il était alement de
! Chez un écria le bra.
Quand on jarantis que sos. Attene | Je vais al.
me il disait,......et dressa le couvert de l’inspecteur qui se mit à table et dé-
vera.
Daniel avait gagné la villa.
Ii cherchait Mme Vernière,
Celle-ci se trouvait dans le salon où € Concert avait lieu, au milieu d’un
&'oupe de jeunes femmes.
Le magistrat s’avanga vers ce grou-
pe.
Amélie le vit et vint au devant de
ui.
Le père de Mathilde était un peu pâ-
le... Sa physionomie était sombre, Mme Vernière s’en aperçut,
—ÆÊtes.vous souffrant, cher monsieur Savanne f..... demanda.t.eile vive-
ment.
—Pas le moins du monde, chère ma.
dame, mais j'ai besoin de causer nn mo-
ment avec vous.
—Je suis tout à votre disposition.